PTOLÉMÉE DENYS IL
5t. Ptolhmf.f , fils aîné de Piolémée Auletes et surnommé Denys, lui succéda dans sa treizième année, sous la régence d'un conseil qu'il avait nommé en mourant. En montant sur le trAne, Piolémée épousa CléopStre, sa sœur, agée pour lors de dix-huit ans, comme son père l'avait ordonné. Ptolémée étant encore mineur, l'Eunuque Photin, et Achillas, général de l'armée égyptienne, s'emparèrent de son gouvernement, et voulurent en exclure Cleopitre, quoiqu'elle eât atteint l'Jge de majorité. La princesse refusant de prier sous leurs lois, ils vinrent i bout de la chasser. Etant passée en Palestine , cl de là en Syrie , auprès de sa soeur Arsino* , elle } leva des troupes pour faire valoir ses droits a main armée. Elle était en roule pour retourner en Egypte, lorsque la bataille de Pbarsale se donna entre César et Pompée qui se disputaient l'empire. Le second, vaincu et obligé de fuir, se retire en Egvpie avec Cornélie sa femme, qu'il avait retrouvée dans l'Ile de Lesbos. Il se flattait d'y être bien accueilli du roi Ptolémée, dont le père lui devait la couronne. Mais ce prince, gouverné par l'eunuque Photin, qui faisait auprès de lui les fonctions de premier ministre, par Achillas , général de ses troupes, et par Théodote , son précepteur, se détermine a le faire mourir. L'espérance de ces pernicieux conseillers était de lui procurer par la l'amitié de César, et Achillas se chargea de l'exécution. S'étanl avancé sur une chaloupe au-devant du vaisseau de Pompée, avec Septimios, tribun d'armée, et quelques soldats, il le pria d'entrer dans sa barque, parce que près du rivage il o'y avait pas assez de fond pour un vaisseau. Il y entre, et
la ville
en consul (car il l'était cél tbb}, précédé des haches et i ins sViffensent de cet air qu'il pn rent i l'en punir. Feignant de
dans le trajet, Achillas et Septimius le tuent i la vue de sa femme, qui, du vaisseau où il l'avait laissée, le suivit des
yeux.
48. César qui élait è la poursuite de Pompée , apprend sa ort en approchant d'Alexandrie, où sa tèle lui est présentée. Ce spectacle lui tait verser des larmes. Après a*oir à et devoir de l'humanité, il fait son entrée dans en consul (car il l'était célle année pour la
des faisceaux. Les end parmi eux , et méconnaître leur , il donne des fêtes , et assiste, comme en pleine pais, aux conférences des gens de lettres, qui étaient en grand nombre dans cette ville. Mais, en même tenu, il n omet rien pour attirer a lui les soldats de Pompée, dispersés ça et là. Cléopîire étant revenue en Egypte, il veut s établir jug« de ses différends avec Ptolémée, son frère, sur la succession de leur père. L'eunuque Photin le récuse, et se met en devoir de l'aiiaquer avec vingt-deux mille hommes, la plupart soldats romains, que le général Achillas lui fournil. César, de son cAlé, avait pris ses précautions en fortifiant le qoati:er o* il était, avec deux légions qui l'avaient suivi , et en s'assurant de la personne de Ptolémée. Achillas étant venu l'attaquer, il le repousse; et s'étant emparé de la tour du Phare qui défendait le port, il met le feu aux vaisseaux qu'il y trouva; de la, poussées par le vent, les flammes se portent à la bibliothèque, dite le Bruchion , riche de quatre cent mille volumes, dont elles consumèrent U plus grande partie. César cependant engagea Piolémée à taire cesser le soulèvement do peuple , et s'éiant aperçu de la correspondance de Photin avec Achillas, il fait mettre a mort cet orgueilleux ministre.
Cléopatrc faisait négocier alors auprès de César son retour Kg)Ptc- L'ayant obtenu , elle arriva secrètement au pied liiteau d'Alexandrie; et pour tromper la garde égyptienne de son frire, elle se fait envelopper dans un paquet de hardes et porter de cette manière dans l'appartemeal de César, qui fut agréablement surpris en la voyant. BienlAi , par sa jeunesse , les grâces de sa figure et les charmes de son esprit , elle captiva le cœur du romain , au point qu'elle s'en rendit absolument la maîtresse. Arsinoè*, sa sœur, étant aussi de retour en Egypte, se rendit au camp d'Achillas; mats ne trouvant pas ce général assez docile i ses volontés elle le fit assassiner, et donna le commandement des troupes à Ganymède. Ce nouveau général , dans un combat naval que les Romains lui livrèrent, les repoussa si vaillamment, qu il les obligea de se retirer en désordre. César fit preuve alors d'une grande présence d'esprit. Son vaisseau dans lequel s élait sauvé un grand nombre des fuyards, élail près de couler bas. A la vue du danger, il se jette dans la "^r." îu8e.» *en»n«» d'une main hors de l'eau , des papiers qu il lui était important de conserver, et tenant des dents, sa cotte d'armes, il rejoint sain et sauf sa flotte à deux cents pas de là. («wi». Cossùu, I. XLni, Plulareh. in Casar: Sueton. m César.) Y étant parvenu, il dépêche des chaloupes au secours de ses gens, qui loin d'élre découragés par l'échec qu'ils venaient d'essuyer, n'en devinrent que plus Gers et plus terribles. Les Alexandrins feignant alors de vouloir se rendre , redemandent an vainqueur leur roi Piolémée, qu'il leur renvoie d'autant plus volontiers, que ce prince lui était à charge. Mais Piolémée ne se vit pas plutôt à la tête de ses troupes , qu'en oubliant le devoir de la reconnaissance, il se déclara contre sou bienfaiteur, et ne pensa qu'à continuer la guerre. Il fut puni de son ingratitude, s'éiant noyé dans un combat quil livra aux Romains sur le NiL
47. Cèsàr , dontles Alexandrins implorèrent de nouveau la miséricorde , leur donna pour reine Cléopatre, soeur du roi défunt, à laquelle il associa Ptolémée, son frère, surnommé "Enfant , et chassa Arsinoë avec Ganymède. S'étant livré ensuite à la débauche et à l'oisiveté auprès de Cléopàire 1 eut de cette princesse un fils , nomme Césarion. Obligé de retourner à Rome , dans le mois d'avril , César -nène avec lui Arsinoè*, qu'il avait prise dans la dernière rre, et la fait marcher chargée de chaînes d'or, dans, triomphe, après quoi il lui rendit la liberté, avec défense néanmoins de retourner en Egypte. Cléopàtre, quelques, années après, la fit assassiner dans le temple d'Ephèse, où elle s'était réfugiée. (44.) Ptolémée l'Enfint , son frère et son époux, élan! parvenu à l'âge de quatorze ans, terme fixé pour sa majorité , éprouva de sa part un semblable sort. Elle se défit aussi de lui par le poison, pour concentrer en elle-même toute l'autorité. (Joseph. Antiu I. XV r. i 1
CHRONOLOGIE historique
CLEOPATRE sboib.
Ciéopvthe, après U mort de Jules César, assassiné le «5 mars de l'an quarante-quatre avant l'ère chrétienne, n'Iiésitr point a se déclarer coulre 1rs meurtriers de ce grand homme. Cassius l'un des principaux d'entre eux, étant venu en Orient, lui fit demander jusqu'à deux fois une flotte considérable qu'elle tenait toute équipée pour l'employer en cas de besoin. Sa réponse fut qu'elle ne pouvait lui envoyer que la peste et la famine qui affligeait alors l'Egypte. Cassius et Brulus s'élani donne la mort, après la bataille de Philippes , (4aav.J.C.) toute la puissance romaine se trouva entre les mains du triumvirat, composé de Warc- Antoine , d'Octave , (petit-neveu , par sa mère Allia , de César qui l'avait adopté), et de M. Lepidus.
4t. Antoine s'élant rendo en Orient, Cléopllre , d'après des invitations réitérées, vint le trouvera Tharse, en Cilicit et n'eut pas de peins a captiver son cœur. Il y eut enire eux , pour les (êtes aussi délicates que somptueuses qu'ils se donnèrent , un combat qui engagea le triumvir « ruiner l'Asie, pour égaler la prodigalité de la reine. Hais elle le surpassa toujours a cet égard. Dans une de ces orgies , la n ine ayant détaché de ses oreilles une perle d un prix inestimable, la fil dissoudre dans le vinaigre cl l'avala. Ou estima ce repas un million. (Macrvè. Sa/um., L II c. Ce fui • n Egypte que ces fêtes se célébrèrent. Apres y avoir passe ■ rois mois, Antoine fui appelé en Syrie, par la guerre que l'arorus, roi des Parthes, déclara aux Romains; Cteopaire ne tarda pas a venir l'y joindre. Antoine pour reconnaître- «on atlachi ment , lui lit don de la Phemcie, de la bas* Syrie, des îles de Crète et de Chypre, de la Lybie et de la Cyi enaùpie , à quoi il ajouta, quelque tems après, le canton de la Judée, qui porle le baume, et le pays des Nabatéens. U entreprit ensuite son expédition contre les Parthes , laquelle ayant mal réussi par sa laule , il se disposa, l'année suivante, a la reprendre. Mais à peine eut-il passe la Syrie, qu» les regrets de Cleopltie qui l'avait accompagne jusqu'à l'Euphrate , le rappelèrent en Egypte. Mais la complaisance qu'il eut pour elle, de maltraiter Oclavie, sa femme, saur consanguine d'Octave, et départager l'Orient entre les deux fils qu'il avait eus de la première, souleva contre lui les Romains excites par Octave, et occasionna la guerre civile qui divisa tout l'empire , et en changea entièrement la face* Après avoir tait , de part et d'autre , les plus graods préparatifs sur terre et sur mer, les deux triumvirs en vinrent* une bataille navale, sous le promontoire d'Aclium, dansl'Epire,3t ans avant J.-C. Elle lut décisive; Cleopltrr qui accompagnait Antoine, avec sa flotte, ayant pris la fuite, l'entratua lui-même après elle par la crainte qu'il eut de s'en voir séparé. L'armée d'Antoine, quoique si lâchement abandonnée de son général, soutint eucorc avec fermeté le choc de l'ennemi, jusqu'à ce que, manquant de tout et livrée par ses chefs, elle se rendit sept jours apr^ la bataille. (Tile Cive, I.CXXXII.)
Antoine ayanl atteint Cléopllre dans sa fuite, entra dans son vaisseau et l'accompagna jusqu'au promontoire de Té-
(l) La bataille d'Actïam M donm le a ou plulât le 3 septembre de Tan 3i avant J^su»— Christ.
L'année e'ejpliean» dont il est ici question, est la sept cent dix - neuvième de Nabonausr. Elis commença réélisaient le 3t août du calendrier julien, bien entendu, ia scisicnM année de ce
nare dans le Pelnponèse , d'où il cingla vers l'Afrique, tandis qu'elle prenait la route de l'Egypte ; mais les ressources qu'il se (lallait de trouver en Afrique lui ayant manqué, il vint rejoindre dans Alexandrie Cléopllre qu'il trouva occupée du projet de faire transporter par terre sur des chamois tout ce qu'elle avait de navires , jusqu'è la Mer- Rouge , dans le dessein d'aller s'établir dans quelque contrée éloignée où elle n'aurait rien! craindre. Octave, de son coiés'rlanl rendu en Syrie avec sa flotte, fit marcher son armée de terre le long de l'Afrique pour attaquer l'Egypte de toutes parts. S'etanl approché d'Alexandrie, sa présence ranima le courage d'Antoine qui dans une. sortie qu'il fil sur la cavalerie ennemie remporta quelque avantage. Mais bientôt après ce succès fut suivi d'une désertion presque générale de son armée qui ae déclara pour Octave; alors, transporté de fureur, ■I commanda à Ero», son affranchi, de le percer de son épée. Eros au lieu d'obéir s'enfonce lui-m*me son poignard dans le sein, et expireaux pieds de son maître. Tu m upprendi mon devoir, dit alors Antoine, et s'élant plongé son epre dans le corps , il tombe 1 la renverse sur son lit. Cleopltrr. était allée cependant s'enfermer avec deux de ses femmes ■laits une tour qu'elle avait fait construire pour sa sépulture. Antoine ,1 demi mort , apprenant qu'elle est encore vivante , demande qu'on le transporte auprès d'elle. Cléopllre, de rieur de surprise, refuse d'ouvrir la porle, et jette par la fenêtre des cordes dont on lie Antoine , après quoi , avec le secours de ses deux femmes , elle le lire en haut , l'embrasse et le jette sur un lit. Un instant avant de mourir il dit 1 la reine , qui tenait son visage collé sur le sien : • Je meun coulent puisque je meurt entre va* brut; et je ne rougi* point de mu déjaite , puùuu'éUmt Romatm je tuù coûtai par sus Romaiju m II expira peu de tems après a l'ige de Stt ans. ( Pluton, in jinton. ) Sa mort fui de près suivie de l'entrée d'Octave dam Alexandrie 1 la léte de ses troupes. Tous le* ha bilans s'élant prosternés pour implorer sa clémence , il Icor pardonna par respect , dit-il , pour la mémoire d'Alexandre leur fondateur, pour la beauté de leur ville, et pour le mérite du philosophe Areus, leur concitoyen, dont il honorait le profond savoir et la vertu.
Cléopllre, dam une visite que le vainqueur lui fil , re connut par les réponses vague* qu'il lui donna que le sceptre était perdu sans ressource pour elle et pour ses entant Alors , s'abandonnant au désespoir, elle se dl piquer au bras par un aspic qu'elle tenait enfermé dans un panier de figues pour tromper la vigilance de* gardes qu'on avait mises auprès d'elle ; elle mourut peu de minutes après sans convulsion* et sans douleurs , 1 effet du venin étant de causer un profond assoupissement. Cléopllre était alors dans la vingideuxième année de son règne et la trente-neuvième ( non la quarante-neuvième) de son âge. En elle finit, après avoir Juré deux cent qualre-vingi-quatoreeans, le royaume des Lapides ; après quoi l'Egypte fui réduite en province romaine, et gnuvernée par un préfet qu'on y envoyait de Rome. La bataille d'Actium donne lieu è une nouvelle ère que te* Egyptiens appellent l'ère actiaque (i). Elle ne commença néanmoins qu'on an après celle célèbre victoire, c'est adire le ag du mois d'août de l'an 3o avant J.-C. , ' le premier jour de l'année de* Egyptien».
letss anoéat , cm an avait fait six bisseitilet au lieu de quatre , le premier jour d» Tannée égyptienne . avait aaisé da 3l aont au ao. ( fer" le savant Pelau, dt lieclr frai». //* X , c. l<a. )
On expliquera celle inleecalaliea vicie UM , 1 l'artida des Romains, (tteieéu Mditemrt.)i