BÉRÉNICE ET PTOLÉMÉE ALEXANDRE II
8i. Biftsuact, fille du rot Ptolémée Lathyre, fut placée mr le trône d'Egypte, après la mort de son père, au défaut d'héritier nvllr. Plusieurs écrivain» la nomment Cleo pitre , parce que c'était un usage établi dans la maison des rois d'Egypte , que tous les fil» avaient le nom de Ptolémée, et les filles celui de Cléopaire; après quoi il fallait des noms propres pour les distinguer les uns des autre*. Celle remarque, dit Prideaui, est nécessaire pour débrouiller plusieurs obscurités de l'histoire d'Egypte, qui , autrement , embarrasse raient les lecteurs.
Bérénice gouverna d'abord seule pendant six moi* , après lesquels le jeun* Alexandre, que Sylla avait emmené a Rom< pour le mettre sous la protection du sénat , ayant été rrn voyé en Egypte , y reçut la main de Bérénice , avec laquelle il partagea le trône. Mais au bout de dix-neuf jour* , s étant dégoûté d'elle , il s'en défit par le poison. Ce trait de cruauté annonçait la résolution où était Alexandre de souiller son règne par l'indolence et la débauche. Sa conduite vérifia parfaitement le pronostic. La mort de .Sylla arrivée l'an 7W avant Jésus-Christ, ravit a Alexandre soi 'plus télé protecteur; le* Egyptiens, le voyant dépourvu de cet appui , virent éclater 1 indignation que sa vie infime
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impirait, et le chassèrent du IrAne (t>S.) Il se relirs dans
sa fuile a Trr . ou il mourut consumé de chagrin , après» quinte ans de règne ( Vaillant , Hist. PluUm. , p. |33. )
En mouianl, ifût an testament par lequel il déclarait le peuple romain son héritier, moins par affection pour lui que pour susciter de* affaire* è Auletes, que les Egyptiens, après l'avoir chassé , avaient mis i sa place. Il y eut de grand* débals au sénat à l'occasion de celte succession. On se contenta , pour le moment , de faire venir de Tyr tems les effets qu'Alexandre y avait i sa mort, ce qui n'était
Sas renoncer loul-è-fait au reste de la succession. La t bien connaître que et
PTOLÉMÉE AULETES.
, surnommé Aolxtes, ou le joueur de flûte . dit aussi Duns I , fils naturel de Lathyre, fut placé sur le trône d'Egypte, âpre» l'expulsion d'Alexandre IL II avait une secur, nommée Cléopitre, qu'il én©u»a, et un frère, qui obtint le royaume de Chypre. Egalement pervers, ces deux frère* se déshonorèrent par des vices diamétralement opposés; le prrmir par sa prodigalité, qui lui faisait sacrifier tous les revenus de l'elat è »es plaisirs ; le second par une avarice sordide, qui le portail i entasser richesses sur richesses , sans oser en faire usage.
Î9. Lorsque Jules César fut nommé pour la première foi* consul, Auletes, pour gagner sa bienveillance, lui fil présent de six mille talent. Le roi de Chypre n'en usa pas de itM?n>e è l'égard de Clodias, chevalier romain, dislingw par sa naissance et ses taWis. Celui-ci ayant ele fait prisonnier par des pirate*, sur les côte» de Cilicie, envoya demander è ce prince de quoi payer sa rançon , et n'en put obtenir que deux talent. Plus généreux que lui, les pirate-s. méprisant celle somme, renvoyèrent leur prisonnier sans rien exiger de lui. Clodius chercha è *e venger de la mesquinerie du roi de Chypre i son égard. S'elaol fait élirr tribun, il obtint du peuple un décret qui ordonnait a Caton , depuis surnomme J'I'i rqtte, el son ennemi , d'aller déposer le roi de Chypre , et prendre possession de cr royaume, au nom du peuple romain , en vertu d'un prétendu testament d'Alexandre 1 , qui l'avait déclaré son héritier. Calon , le phi» équitable et le plus modéré des Romains, n'accepta que par contrainte cette épineuse et injuste commission. Etant arrive a Rhodes, il écrivit an roi de Chypre pour lui faire part des ordres qu'il était force d eiecuter, et l'exhorter è céder son Ile aux Romains, sans résistance, promenant de ne rien négliger pour lui faire obtenir un dédommagement. Ce fut un coup Je foudre pour l'avare el faible monarque , qui , ne se trouvant capable,] ni de faire face i la- puissance romaine , ni de survit re è la i perte de ses trésors , prit le parti de s'empoisonner. Ca'on I ayant appris rette nouvelle avec étonnrmenl , passe en Chypn pour recueillir ta succession du roi drfunt , montant à sept mille taleos, ou vingt-un millipos, qu'il San transporter a Rome sans en rien retenir.
Pendant que Caton séjournait è Rhodes, Piolémée Auletes, chassé par ses sujets irrités de. te* débauche* et de «et ditsi pat ion», y vint pour lui faire part du dessein où il était d'aller implorer le secours de Rome pour son rétaUistrment. Calon , après avoir dépeint la corruption qui légnail a Kome parmi les grands , lui conseilla au contraire de retourner dans ses état», et d'y travailler è regagner ses sujets. Il offrit même de l'accompagm-r pour ménager sa réconciliation. Auletes, prêt i suivre ce conseil, en fut détourné l>ar ceux de ses courtisans qui avaient le plu* » redouter I: fureur du peuple qu'ils avaient opprime. Le monarque égyptien s'étant donc rendu A Rome, y vérifia , par ton expérience , ce que Caton lui avait prédit. Après avoir longtemps mendié, psr des Ijassciscs et de» présent», la protectioii des citoyen» les plus acrédites dans la république et le sénat voyant que tes affaires n'avançaient point, il partit pour « rendre è Ephèse, dans le temple de Diane, qui lui servit dtrefuge et d asyle.
Pendant ton absence , les Alexandrin* ne tachant ce qu'il était devenu . t'imaginèrent qn'il t'élaii donné la mort par désespoir. Dans cette persuasion, ils élevèrent sur le IrAne sa fille Bérénice , nommée aussi Cléoplire et Triphènr. Aprenant depuis, qu'il s'était retiré a Rome, ils y envoyèrent ■ne grande ambassade pour se justifier sur les accusation* qu'il ne manquerait pat de former contre eux. Elle fui san effet, parce que les dissenlinns qui régnaient dans le ' •ie permirent pas île s'occuper de son objet
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DES ROIS D'ÉGYFIE.
néanmoins laisser le sceptre entre les mains d'une le» Alexandrins firent venir de Syrie Seleucus, frère d'An tiochus l'Asiatique et parent de Bérénice, pour l'épouser et partager le trône avec elle. C'était un monstre par et la bassesse de ses i ncli nations ; ce nui le fit Cybiosacte, suivant Strabon. 11 porta l'avarice j parer de l'urne d'or qui renfermait les cendres d'. le Grand , et y substituer une urne de verre. Cette action le rendit si odieux a Bérénice, que peu de ^ours après, elle le fit étrangler. Elle prit ensuite , pou grand- pré Ire de Coma ne dans le Pont.
Auleles n'avait pas cependant renoncéau désirde la recommand
ter sur le trAne. A la recommandation du Grand le proconsul Gabinius, gouverneur de Syrie, se chargea du soin de le rétablir, moyennant dix mille talents que ce dernier lui promit, Gabinius , secondé par Marc-Antoine, son
lieutenant . entra dans l'haute , et remporta sur Archelaus plusieurs victoires, dont la dei nirre priva du trAne et de la vie ArcbelaUs, qui s'était défendu avec la plus grande valeur A aie te* , ayant recouvré par là son trAne, y reporta les vices qui l'en avaient fait déchoir. Il débuta par faire mourir Bérénice sa fille, pour se venger de la hardiesse qu'elle avait eue de porter la couronne pendant qu'il était dans la disgrâce. Pour s'acquitter de la dette qu'il avait contractée envers Gabinius, il accabla d'impôts les Egyptiens, et fil mourir, sous divers prétextes, les principaux du pays, dont il confisqua les biens a son profit II répandit, suivant l'ci pression de Dion Cassins ( L XXXI X) , le sang de ses sujets s grands flots, afin de remplir ses coffres de ses trésors. Les Egyptiens souffrirent ces violences sans murmures , étant tenus en respect par la garnison romaine que Gabinius, en parlant d'Alexandrie, y avait laissée. Mais la mort d uo chat, divinité du pays , qu'un soldat romain tua par mégarde, mit i bout leur patience, et ne put être expiée que par celle du coupable qu'ils mirent en pièces, selon Diodore, témoin oculaire de cet événement, ( 1. 1, p. 74. ) Auleles employa le reste de ses jours à vexer ses sujets , et mourut enfin , i leur grande satisfaction , quatre ans et quelques mois après avoir repris le sceptre, laissant , par son testament , ses enfants sous la protection des Romains.
Tons les Ptoléxnées, jusqu'à celui-ci, n'avaient d'autre marque de la dignité royale que le diadème, simple bandelette qui se nouait par derrière la tète. Auletes porta le premier une couronne rehaussée de pointes ou de rayons aigus, ici le qu'on la donnait à Bacchus, et il voulut qu'on le représentai ainsi sur s< l'épaule.