DES ROIS SÉLEUCIDES DE SYRIE
3a4. Alexaiidib LS Gbaitd étant décédé sans laisser de postérité légitime , ses états immenses devinrent la proie d'un grand nombre d'étrangers qui , sous le litre de gouverneurs , s érigèrrnt , chacun dans son département , en souverain. Pour terminer néanmoins les débats qui pourraient s'élever futrr eus, ils convinrent de placer a leur tête un fantôme de royauté dans la personne de Philippe Aridéeou Arrhidée, frère naturel d'Alesandre. C'était une espèce d'imbécille qui, après avoir donné de belles espérances, était tombé dans cet état par l'effet d'un breuvage qu'Olympias, femme du roi i'hilippe le Grand , dont il était chén , lui avait donné dans la crainte que son élévation ne fit ombrage a la grandeur future d'Alexandre, son fils. Roxane, fille d'un seigneur Hadrien et veove d'Alesandre, était cependant enceinte de sept mois, à la mort de son époux , d'un fils qui fut nommé à sa naissance Alexandre Aigus. Perdiccas, a qui Alexandre, en mourant , avait remis son anneau , étant resté a Babylone, fut déclaré tuteur du jeune prince ainsi que d'Aridée, et en même tems régent du royaume. On date du règne de Philippe Aridée les années du nouvel empire , et celleère , commençant l'an 3»4 avant Jésus-Christ (1), fut appelée l'ère
(1) Le premier jour de U 4aS'.aioée de Nabonauar, crrreipoit-
de Philippe dans l'Egypte , où elle fut quelque tems en usage. Pour affermir son autorité, Perdiccas épousa l'année suivante Cléopllre , sœur d'Alexandre. Le corps de ce prinre étant resté jusqu'alors (3a* ) a Babylone , l'un des premiers soins de Perdiccas fut de le faire transporter en Egypte , où ses cendres furent enfermées dans une urne d'or dans la ville d'Alexandrie.
Les co-partageants de la succession d'Alexandre étant au nombre de trente-trois, la concorde ne pouvait pas régner long- tems entre eux. Après deux années de guerre, les plus puissants, ayant exterminé les plus faibles, réduisirent les gouvernements a quatre principaux, dont le premier, com posé de la Macédoine et de la Grèce , resta au pouvoir de Cassandre , fils d'Antipater ; le second, qui comprenait la Thrace avec la partie de l'Asie qui s'étend le long du Bosphore cl de l'Hetlespont , fut le partage de Lysimaque ; le troisième , qui embrassait le reste Je l'Asie avec U Babylonie et la Mésopotamie, devint le département de Séleucus, et le quatrième qui renfermait l'Egypte, laLybie, l'Arabie, la Palestine et la Célésyrie, fut abandonné a.Ptolémée, fils de l agus. Perdiccas, néanmoins, en qualité de tuteur des deux
■tant *o 13 novembre 3a4 avant J. C. ( Noit its tditttn. )
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les »<< fuuiLLW ci w t^iiucins «|U1
S le premier dan* ses expédition*. La Babylonic fai oonee a Séleucus, fil* d'Anliochus , qui avait servi lilippe, pire d'Alexandre, avec bjtlus grande du-
rai* « dr régent de leur» états , conserva b prééminence sur res gouverneurs. Mai* la hauteur avec laquelle il exerça km autorité, leaaoulcva contre lui. Etant passé en Egyple pour faire 1a guêtre à Ptolémée , il engagea témérairement «on année dan* un endroit du Nil, qu'il croyait çueablc et où il perdit deux «aille homme* qui te noyèrent. Ce revers excita contre lui une révolte générale. Il fut investi dans «a lente ri massacré avec une partie de* officiera qui lui étaient le plu* attachés (3ai).
Pjrton , tommaodant des troupe* de Perdiccas , lui fut donné pour *ucce**eur dansb tutèb de* deui roi* «t la régence ae leur* état*. Mai* Euridice , femme de Philippe Aridée, l'ayant pris en «version, l'obligea en peu de tem* d'abdiquer. I« troupe* nom mirent en a* place Aalipater, a qui elles déférèrent un pouvoir «ans limite*. De* qu'il en fut revêtu , il fit des province* un nouveau partage dont il exclut les partisan» de Perdiccas et d'Eumènes qui avait secondé le pi alors donnée sou» Philippe . ,
tinctioo. Ce fut a b recommandation de Ptolémée, autant
3u'a «on mérite personnel et aux service* de ton père, que éleucu* fiit redevable de cette province; et telle est l'origine fortune A laquelle il parvint oVpui ef des argyraspides ( c'est ainsi qu'on nomma soldat* qui avaient obtenu , aou* Alexandre , d'argent ), étant en marche contre Antigooe , essuya de U pan de Seleucws le refus d'un secours qu'il lui avait demandé. Pour ae venger U tourna ses armes contre Séleucus. Mai* étant entré dam la Babylonb en 4«7 , il courut risque d'y perdre son armée par une manœuvre de Séleucus qui , ayant tait couper les digues de l'Euphrate, inonda son camp ri laissa A peine le tem* à ses troupes de gagner les hauteurs. Anligone , l'étant venu trouver A Babylone , voulut . comme supérieur, l'obliger a lui rendre compte de sa conduite et de l'emploi qu'il avsil (ait des finances depuis qu'il gouvernait la province. Sur son refus il se prépare a lui taire la guerre. Séleucus, n'étant pas en forces pour lui résider. *e retire en Egypte auprès de Ptolémée , son ancien ami (Diodore, l. XIX). Ils dénotent ensemble à Cassandre, gouverneur de Macédoine, et à Lysimaqae , qui commandait en Thrace, pour les engager i se joindre à eux contre les entreprises d'Aniigonr. Celui-ci, dès qu'il apprit cette quadruple alliance, s'efforça de la rompre, en proposant aux chefs de renouer leur ancienne amitié. Mai» les conditions qu'il mit
de la chef de
le troupe bouclier»
la
a ses offres ayant été rejetée», il fallut en venir Celles de Séleucus ayant prévalu après quelques années de guerre (3 1 a), il revint triomphant a Babylone, où H fut reçu avec de grands applaudissements. I>s peuples des environs, enchantés de sa valeur, de sa modération et de son équité, vinrent en foule se ranger sous ses lois, et ce fut alors qu'il prit le litre de roi de Syrie , nom presque inconnu jusqu'alors et sons lequel furent comprises l'ancienne Assyrie , la Mésopotamie, la Médie, la Baciriane, avec une grande partie de l'Asie mineure. I.e commencement de son règne le nom a l'ère fameuse des Séleucides, dont nous traitons dans no* préliminaires. Mais ce qui servit le plus a i: taliser ce prince, ce fut la fondation d'une nouvelle ville sur l'Oronle, qui fut nommée Antioche, soit du nom de son père , soit du nom de son fils, appelés l'un et l'autre Anhochus. ■ Cette ville succéda bientôt à Babylone pour
• être le siège de l'empire des Syriens et la reine de l'Orient. > Mais Séleucus ne lui donna m assez d'étendue pi assez de
• magnificence pour mériter ce titre. Antioche , dans sa - splendeur, était enfermée dans une enceinte d'i
• dix mille pas, qui comprenait quatre villes séparées l'une
• de l'autre par quatre murailles et leurs fortifications parti-
■ culières. La première fut bâtie par Séleucus; la seconde
• par ceux qui s'jr jetèrent quand elle devint capitale de
■ l'empire et qui y furent ai lires par les privilèges que l'on » accorda aux citoyens; la troisième par Séleucus Callini-
■ eus ; la quatrième par Antiochus Epiphanes—. A deus
• lieues de la ville, au midi de l'Oronle, étaient un petit
■ village et un boi» arrosé par un grand nombre d'agréables « ruisseaus. Séleucus consacra cet endroit de délices à
• Apollon et a Diane. Il leur fit bâtir un temple ; bientôt il
• y eut un oracle d'Apollon , et ce village , si connu sous le » nom de Daphné, devint un des lieux les plus célèbres du
• paganisme. » (L'abbé Cuyoo, Htttoù-t Jtt SéUtuidts , tome VII , pp. 3S-36. )
Nicanor, gouverneur de Médle, ne vit point «Tun mil tranquille b prospérité de Séleucus. Résolu de la
par
I marcha contre lui a b tète de dix mille hommes de pied et de sept mille chevaus, qu'il avait tirés de b Médie et de la Perse. Séleucus, qui n'avait avec lui aise trois mille fantassins et quatre cents cavaliers , passa le Tigre avec sa petile troupe, et s'étant caché dans des marais, attendit l'occasion de surprendre l'ennemi, qu'il savait n'être pas éloigné. Ce qu'il avait prévu ne tarda pas d'arriver. Dès b nuit suivaule , apprenant que Nicanor ne veillait point dans son camp, il y fait une irruption subite, oui le remplit d'épouvante et de tumulte. Car tandis que les Perses se défendaient avec courage, il arriva qu'Evagre , leur satrape , et d'autres de leurs chefs les plus baves , succombèrent dans b mêlée; après quoi b plus grande partie de bur armée , effrayée par le danger qui la menaçait , et non moins irritée de la dureté du gouvernement d'Antigone, passa sous les drapeaux de Séleucus. Nicanor, alors rraignant de tomber entre les mains du vainqueur, prit b Tuile A travers les déserts, avec un petit nombre des siens. (AppiiminSyr.) Cette victoire fut promptemrnt suivie de b conquête de la Médie , de b Susiane et des pays voisins , où Séleucus n'eut qu'a se présenter pour soium-iire ces provinces, tant les peuples étaient prévenus en sa faveur. Celte prospérité si grande et si rapide . encou prendre b litre de roi, qui ne lui fut Ptolémée , ni par ses autres amis.
Anligone, A la nouvelle de ces socès, fil partir en diligence Démétrius, son fils, avec environ vingi mille Macédoniens, pour se re me lire en possession de la Babvlnnic- Celui-ci ne négligea rien pour exécuter les ordres de son père. Pal roc le, nommé gouverneur de Babylonie par Séleucus, ne se trouvant pas en forces pour résister A Demotrius, n'allendit point son arrivée, ei conseilla aux Babyloniens d'abandonner leur ville, tandis qu'il se retirait avec une faible troupe dans les lieux de sa province les moins exposés aux corses de l'ennemi. Arrivé a Babylone, Démet ri ui , la trouvant déserte , assiégea l'une des deus forteresses, et éprouvant trop de résistance, l'abandon ua pour s'avancer dans le pays , qu'il ravagea.
Séleucus, de retour de b Médie on il était alors, eut bientôt chassé le peu de troupes que le vainqueur avait laissées a Babylone, et la mit en étal dé ne plus céder a de nouvelles ai laques. C'est de cette époque que les Babyloniens comptaient la fondation de bur royaume, que toutes les nations de l'Asie ont placée six mois nlulAt.
Pendant qu'Antigone, Cassandre, i.ysimaqoe et Ptolémée s'entredetruisaient par des guerres cruelles, Séleucus pensait à reculer les limites de son empire. Non-seulement il s'affermit dans b possession de b Médie , de l'Assyrie et de ftabylone, mais portant ses armes plus loin, il réduisit la Perse , b Bartriane , l'Hircanie et loutes les provinces endeça de l'Inde, dont Alexandre avait fait b conquête. Ayant ensuite déclaré b guerre a Androrote ou Sandrocoir, satrape de l'Inde, il mena contre lui une armée considérable, i laquelle celui-ci opposa six cent mille hommes, et un nombre prodigieux d'eléphani. Séleucus voyant qu'il ne pourrait triompher par les anrn s d'un ennemi si redoutable, prit le parli de composer et de faire la paix avec lui , moyennant cinq cents éléphans que le satrape lui donna (Vaillant, Seltucùi. imp.n. i5. ) Cassandre, l.ysitnaque et Pioletnée,
np. n,
ayant pris , a l'exemple de Séleucus, le titre et les ornemens delà royauté dans leurs déparlemens(3o7), secouèrent le joug de la dépendance où les tenait Anligone, et assemblèrent des troupes considérables pour lui faire face. On en vint, près d'ipsus, ville de Phrygie, A une grande bataille des quatre rois contre Anligone et Demétrius son fils. Celui-ci, i la téic de sa cavalerie, étant tombé sur Anlioehns, fils de Séleucus, le mit en fuite. Mais en le poursuivant avec plus d'ardeur que de prudenre , il laissa échapper la victoire, qu'il tenait, pour ainsi dire, entie ses mains. Car , en s'en revenant , il ne put rejoindre son infanterie, devant laquelle Séleucus, pendant son absence, avait fait placer quatre cenls éléphans, qui l'empêchaient d'y pénétrer. Séleucus, feignant de vouloir attaquer celte infanterie abandonnée A elle-même, y répandit une telle épouvante, qu'une grande partie se rendit A lui sans combattre, et le reste prit là fuite. Antienne, cependant , attendait le retour de son fils ; mais accablé par uue gréUde traits, il tomba mort sur le champ de bataille. "
trius ayant reparu, ne trouva , au lieu d'une pleine victoire quSI se flattait d'avoir remportée, que les traces d'une enlière défaite. ( Plulorrh. m Dtmttrio. ) Séleucus , dans l'endroit même où l'imprudence de son ennemi l'avait
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rendu vainqueur , Gt bâtir une ville nommée de son nom , pour consacrer la mémoire de cet événement ; après quoi , poursuivant ses conquêtes dans la haute Syrie, il fonJa , sur rOronte , la célèbre ville d'Antioche , du nom de son père ou de son fils.
3oo. La concorde ne régna pas longtems entre les rois confédérés. S'éunt séparés en deux factions , Séleucus s'attacha a Démétrius , et Ptolémée a I.vstmaque. Le premier , voulant s'allier a Démétrius par les liens du sang, lui députa son (ils Antiochus pour demander en mariage sa fille Stralonice. Démétrius, ravi de cette demande inattendue, fil voile d'Athènes sur une flotte , avec sa fille . pour se rendre en Syrie. Sur sa route, il rencontra en Cilicie , Philé, sa femme, qui revenait de Chypre. Séleucus étant venu de Babylone au-devant d'eux, les atteignit 1 Orossus , ville maritime à l'entrée de la Syrie. Plusieurs jours de divertissement s'étant écoulés , Séleucus s'avise de demander à Démétrius, pour une somme d'argent, la Cilicie, que les rois , aprè s l'avoir enlevée à Anligone , avaient cédée à Plislarque , frère de Caasandre. Cette demande choqua Démétrius, dont la réponse fut qu'il ne démembrerait pas ses étais pour en faire part a son gendre. Pour mettre en sûreté celte province contre le» entréprises de Séleucus, il prit soin o*en munir toute* le* place* par de bonnes fortifications.
20.4- Antiochus , Gis ai né de Séleucus , fut enflammé d'une si violente passion pour Stralonice , sa belle-mère , qu'il en tomba dangereusement malade , dans l'impuissance où il croyait être de l'épouser , parce qu'elle avait déjà un fruit Je son mariage. Le médecin Erasistrate avant découvert la cause de son mal, en avertit le père, qui, dans la crainte Je perdre ce fils qu'il chérissait , se mit au - dessus des règles , et lui fit épouser sa femme , après avoir obtenu le consentement de son armée , qu'il avait assemblée pour la consulter sur ce sujet. A cette grâce , il ajouta le don de lous ses états, n'en retenant pour soi que la partie qui était située entre l'Euphrate et la Méditerranée.
»8S. Ptolémée Ceraunus, ou le Foudre, fils afné de Ptolémée Philadelphe, irrité de ta préférence que son père avait donnée a Ptolémée, surnommé depuis Evergéte, son fil» puîné, pour lui succéder, abandonna l'Egypte, et se retira d'abord auprès de Lysimaque, roi de Ihrace, dont le Gis, Agalhocle, avait épousé LysariJra, sa sceur. Lysimaque étant mort à Cyropédion . dans uue bataille donnée contre Séleucus, (aHa) il se rendit à la cour de ce dernier, qui le reçut avec de grandes démonstrations d'amitié. Mais il paya rr bienfaiteur de la plus noire ingratitude. Séleucus ayant résolu d'aller passer le reste de ses jours en Macédoine, sa patrie , d'où il était parti pour accompagner Alexandre le (irand dans ses expéditions militaires , abandonna ses étals .l'Asie à son fils Antiochus. Etant arrivé près de Lysimachie en Thracc , il y aperçut de loin , sur une éminence , un autel dont il demanda le nom, qu'on lui dit être Argos. C'était un nom que l'oracle avait prédit devoir lui être fatal. Ceraunus, qui l'accompagnait , vérifia l'oracle en lui enfonçant, par derrière, un poignard dont il mourut sur-lechamp, sept moi* ou environ après Lysimaque, la soiianletreizième année de son âge et la trente-deuxième de son règne. L'assassin s'éUnt sauvé a Lysimachie, gagna les soldats de Séleucus en leur distribuant (es trésors de ce prince , et les engagea par là et par la crainte qu'il leur inspira, a le reconnaître pour roi de Syrie. Séleucus, dit Vaillant, fut le plus grand de tous les successeurs d'Alexandre , et par l'étendue de ses états et par la sagesse avec laquelle il les administra. 11 fut la terreur de ses ennemis par sa valeur et le père de ses sujets par son humanité. Il posséda jusqu'à soixante-douze satrapie* ou grandes provinces , qui toutes s'accordèrent à célébrer ses vertu*, pn compte jusqu'à trentequatre villes qu'il fonda, et auxquelles il donna des noms grecs, après y avoir appelé des colonies de Macédoniens. Il était ami des lettres et mérita la reconnaissance des Athéniens, en leur renvoyant de Perse la bibliothèque que Xercès leur avait enlevée ; ce qui lui mérita une statue d'airain qu'ils lui érigèrent dans un de leurs portiques. ( Arrian , de rtt. AlexmdX VII, Pausanias ut Atbcis. ) Nullement épris de sa grandeur, il avait coutume de dire , que si l'on savait combien il en coule de peines pour vaquer aux affaires du gouvernement , à écrire des lettres et i répondre à celles qu'il recevait, on ne daignerait pas ramasser le diadème,
s'il était tombé à terre. Une preuve de sa force prodigieuse, c'est que dans un sacrifice que faisait Alexandre , le taureau, sur le point d'être immolé s'étant échappé, il le retint avec ses mains par les cornes, et le ramena. C'est li raison qui le fit nommer le Biscornu. Il passait aussi pour constant qu'Apollon avait eu part à sa naissance et qu'il avait remis à Laodicée , sa mère , une bague sur laquelle il y avait une ancre gravée, dont tous ses descendans portèrent, dit-on, l'empreinte sur la cuisse en naissant.
La mémoire de sa f«rce et de sa valeur s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans les anciens monumens. On voit encore aujourd'hui de* médaille* où il est représenté la tête rouverte d'une peau de lion , et sur le revert avec l'emblème d'un taureau furieux.
Outre la fameuse Anlioche, *ur l'Oronte, Séleucus avait fait bâtir seize autres villes de même nom, neuf Sélcucies , Jont une située sur le bord occidental du Tigre, vis-à-vis de l'endroit ou est aujourd'hui Bagdad, trois Apamées et
ANTIOCHUS. I, oit SOTER.
aS*. ANTlOCBtU , fils aîné de Séleucus et d'Apaméc , raccédaà son père avec Stralonice sa femme et belle-mère, dans loua les élals doot il avait déjà possédé de son vivant une partie. Il y avait lieu de s'attendre qu'ayant en main le* forces nécessaires pour venger la mort de son père , il commencerait par les employer contre le meurtrier de ce prince. Mais par une faiblesse inconcevable, il se laissa gagner par 1rs fausses excuses et les basses flateries de Ceraunus, jusqu'à faire non-seulement la paix avec lui, mais à donner en mariage sa fille à Pyrrhus, beau- frère de ce meurtrier. Plusieurs villes de l'Asie mineure nui , après la mort de Lysimaque , s'étaient données à Séleucus , indignées de cette làchelé, secouèrent le joug que celui-ci leur avait impose, et refusèrent d'obéir à son fils. ( Justin, I. 17.) Il en coûta bien des combats à ce dernier pour se mettre en possession de loule la succession de son père. Tandis qu'il était occupe à réduire ses sujets rebelles, Anligone-Gonatas fit une expé dition en Macédoine avec se* force* de terre et de mer, dans le dessein de prévenir Ceraunus, qui se disposait à envahir ce royaume. Mais celui ci , avec les vaisseaux de Lysimaque, dont il s'était emparé, lui livra un combat sur mer, dont il sortit victorieux, et de là 6t voile vers la Macédoine, dont il se rendit maître, tandis qu'Antienne fuyait en Béotie. Les Gaulois chassés de leur pays par Ta famine, ne souffrirent pas qu'il jouit paisiblement de sa conquête.
378. Ceraunus les voyant arriver en Macédoine tous lu conduite de Brennus, marcha contr'eux et leur livra un rombat qu'il perdit avec la liberté. Ces barbare* l'ayant en leur pouvoir, lui coupèrent la tite comme à un brigand, et la présentèrent au bout d'une lance à l'ennemi. Soslhène, l'un de* princes macoiloniens, ne les laissa pas jouir long lems du fruit de leur victoire. Ayant rassemblé la jeunesse de Macédoine, il les contraignit de vider le pays qu'ils
rita d'être salué roi par son armée. \ Justin., 1. I4.) La mort ne lui permit de jouir de ce royaume que l'espace d'environ trois ans (276). Après qu'il eût cessé de vivre, la Macédoine devint l'objet de l'ambition d'Antiochus ei d'Antigone - Gonalas , oui la réclamaient l'un et l'autre comme un bien paternel. Ce* deux concurrens s'éunt accommodés après quelques débats, le premier céda la Macédoine à l'autre, et lui donna de plus en mariage Phila , que Séleucus 1". , [son père , avait eue de Stralonice, nièce du mime Anligone.
»7{. Les Gaulois, après la défaite de Brennus, passèrent au secours de Nicomède , roi deBithynie, contre Zipète, son frère puîné , qui lui disputait ses élals. Rétabli par leur valeur, Nicomède les envoya sur les terre* d'Antiochus , 00 ils envahirent tout ce qui s'étendait depuis la mer jusqu'au mont Taurus, et te fut de leur nom que ce pays fut appelé la Gallogrèce-Galatie. Animé* par ce succès , Us travaillèrent à s'étendre du coté de l'Orient. Vaincu dans une bataille qu'il leur livra aux environs du mont Taurus, Antiochus teignit , pour relever le courage de ses troupes, une apparition d'Alexandre le Grand, qui lui ordonnait, pour gage de la victoire , de donner à chacun de ses soldats un mot de ralliement pour l'écrire sur leurs habits. Pleins de confiancr en ce signe, ils fondirent sur les barbares, qu'ils mirent en
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fuite. Leur débile commença par les éléphant de l'armee syrienne , qui mirent le détordre dans celle des Gaulois. Ce fut en mémoire de cet événement qu'on lui donna le surnom de Sotu ou Sauveur.
at>4- Antiochut n'eut pas le même avantage dam la guerre qu'il entreprit contre 1 Egypte. Aussi était-elle manifestement injuste. Magas , prince de Cyrène , époux de sa saur Apamce, était en guerre avec Ptolémée-l'hiladelphe , roi d'Egypte, qu'il voulait détrôner, il l'engagea, pour faire diversion, à (aire une descente du côté oc Pelute, tandis qu'il attaquerait ce pays par la Lybie. Antiochus par- là s obligeait À rompre sans raison le traité que Sélcucus, son père , avait conclu avec Ptolémée I. Mais Philadelphe avait si bien muni ses frontières, que l'année syrienne ne pût les forcer. Contraint de la rappeler par les ravages que celle de Ptolémée faisait par représailles eo Syrie, il ne remporta de son expédition que la honte d'avoir lait une entreprise humiliante et injuste. (Patuanitu , im Attkh. )
36 t. Ce prince mourut dans une heureuse vieillesse, après avoir régné dix-neuf ans depuis ta mort de son père. Deux villes célèbres le reconnaissent pour leur fondateur, l'une située dans la Margiane, contrée des Part h es , à laquelle il donna le nom d'Anlioche , l'autre en Pbrygk, qu'il nomma A pâmée.
ANT10CHUS II, soasoxjti le DIEU.
aCi. Autiochu», fils d'Antiochus Soleret deStratonice, monta sur le trône de Syrie après la mort de son père. Le surnom Je TttF.OS ou Dieu, fui fut donné par les Milt-siens pour les avoir délivrés de Ti marque, leur tyran. Il fut eh guerre pendant la plus grande partie de son règne avec Ptolémée' Philadelphe, qui, las d avoir les armes a la main contre un ennemi qui ne lui laissait point de repos, lui donna pour épouse Bérénice, sa fille, quoique Antiochus fut déjà marié avec Laodice , dont il avait deux fils , Séleucus et Antiochus. L'attention de Philadelphe pour Bérénice, sa fille, fut portée au point qu'il lui faisait porter continuellement de 1 eau du Nil pour sa boisson. Mais ensuite dégoûté de cette seconde épouse, Antiochus reprit, après la mort de Philadelphe, Laodice, sa première femme. Celle-ci se défiant de l'inconstance de son mari, le fit secrètement empoisonner après quinte ans de règne. Pour dérober au
Îiublic la connaissance de son crime, elle 6t mettre dans le it d'Antiochus un homme du peuple, nommé Artemon , qui lut ressemblait parfaitement, le donnant pour ce prince dangereusement malade. (Plïn., I. VU, en.) Ayant fait ensuite publier la mort du roi , elle lut fit donner pour successeur son fils atné, du premier lit. (Pafrr. Mme. , I. IX , c. i4-) Hé rose, prêtre de Bel us, et historien de Babylone, vivait au commencement du regoe de ce prince; car il lui dédia son histoire de la Caldée et de ses rois, dont Josephe et Eusèbe nous ont conservé d'excellents morceaux , sans lesquels il serait impossible d'avoir une suite exarte des rois de Babylone. Ce fut sous le régne d'Antiochus le Dieu que les Parlhes , l'an aS6 avant Jésus-Christ , excités par Arsacc, secouèrent le joug de la Syrie, i laquelle ils étaient soumis depuis la mort d'Alexandre le Grand , et formèrent un étal particulier et indépendant, dont le chef de la révolution fui le premier roi. ( V. la Chronol. fustor. des Arsaridts. )
A-peu- près dans le même lems , Tbéodote se révolu aussi dans la Bactriane , et de gouverneur qu'il était , se fil roi de cette province. Cet exemple fut bientôt suivi par les autres nations de ce côté-là ,. qui toutes secouèrent le Joug en même tenu, de sorte qu Antiochus perdit toutes le sjp ravinées orientales de son empire nui étaient au-delà du Tigre. ( Appûtn. m Parthkù opud Photiam , cod. 58. )
SÉLEUCUS II, sr/BJumut CALL1N1CUS.
246. SaXECCU*, fils d'Antiochus le Dieu, lui succéda en bas âge, sous Uftutèle de Laodice, sa mère. Celle princesse ayant tout le pouvoir en main , crut devoir, pour sa sôreté , remployer a se défaire de Bérénice , sa rivale. Bérénice informée de son dessein , se sauva avec son fils dans le bourg de Dapbné, où des troupes envoyées par Laodice ne tardèrent pas i venir l'assiéger. Les villes d'Asie instruites de son malheur, firent partir des troupes pour aller à son secours. I* roi Ptolémee-Evergète , frère de Bérénice, accourut de son côté à sa délivrance. Mais la princesse et son fils étaient déjà immolés a la fureur de Laodice avant l'arrivée des uns cl des autres. Ptolémée , pour satisfaire sa vengeance ,
parcourut , le fer et la flamme a la main , la Syrie , sans y rencontrer d'obstacle. Laodice étant tombée entre tes mains , il assouvit sur elle sa vengeance, après quoi il passa l'Eu— phrate, en soumettant tout a ses lois jusqu'au Tigre. Rien ne l'eôt empêche de te rendre entièrement mettre du trône de Syrie , sans une sédition qui le rappela en Egypte. En pjriant, il partagea le gouvernement de ses conquêtes entre deux de ses généraux; Antiochus, qu'il mit à la tête des provinces, situées en-deçà du mont Taurus, el Xanlippe , qui commanda celles qui étaient au-dela de celte montagne. Il s'en retourna chargé d'un bulin immense, consistant en
3 uaranle mille talents d'argent avec une quantité prodigieuse e vases d'or et d'argent et des statues, montant au nombre de deux mille cinq cents , dont une partie étaient les idoles d'Egypte, que Cambyte, lorsqu'il fit la conquête de ce pays, avait emportées en Perse. Les Egyptiens, ravis de recouvrer les objets de leur culte , donnèrent par reconnaissance à Ptolémée le surnom d'Evergète ou de Bienfaisant.
a44- Séleucus voyant Ptolémée de retour en Egypte , *c bâta de faire équipper une flotte sur les côtes de Syrie pour aller réduire les villes de la Haute-Asie, qui s'étaient révoltées. Mais une violente tempête l'ayant presque entièrement détruite , ce malheur émut de compassion les rebelles , qui , te croyant asses puni , rentrèrent de plein gré sous ses lois. Il lui restait encore a subjuguer les vides de l'Asie mineure , qui persistaient dans leur rébellion. L'armée qu'il fit marcher contre elles ayant été battue par Ptolémée, il eut recours i son frère Antiochus, jeune prince de quatorze ans, à qui son avidité féroce avait déjà fait donner le surnom d'/iiarsu ou d'Epervier. Ptolémée voyant qu'il aurait i la fois deux ennemis puissant sur les bras, s'empressa de faire la paix avec Séleucus.
Les villes de Srayme et de Magnésie , dans l'Asie mineure , contenaient cependant un grand attachement pour Séleucus. S'élant liguées, elles s'obligèrent à réunir leurs forces poui le soutenir, el firent graver leur traité sur une grande colonne de marbre qui subsiste encore, et qu'on voit à présent dans la cour du théâtre d'Oxford. Les caracièret. qui sont des lettres capitales grecques , en sont encore assez lisibles. Ce précieux monument fut apporté d'Asie en Angleterre, au commencement du dix-septième siècle, par Thomas , comte d'Arundel , el donné avec d'autres marbres antiques à l'université d'Oxford, par Henri de Norfolk, son petit-fils. On connaît les savant commentaires qu'eu ont fait Seidcn et Prideaux. Antiochua-IIierax , malgré la paix crue Séleucus avait conclue avec le roi d'Egypte , continuait ses préparatifs pour faire la guerre au premier , préien dant ne l'avoir entreprise que tout la promesse que son frère lui avait faite de la souveraineté des provinces de l'Asie mipeure. Pour terminer la querelle , on eo vint à une bataille prèsd'Ancyre, dans l'Asie mineure. Séleucus y fui défait et n'échappa qu'avec peine du combat. Mais Antiochus bientôt après courut un égal danger. Les Gaulois qu'il avait en grand nombre dans son armée, ayant ouï dire que Séleucus était mort dans le combat , s'imaginèrent qu'en se defesanl d'Antiochus , ils te rendraient facilement maîtres de l'Asie mi ueure. Celui-ci averti de le ur Jettera, vida sa caisse militaire pour les regagner. Eumene* de Pergame (241) profita de la conjoncture pour fondre avec toutes ses force» sur Antiochus el sur les Gaulois. Il le fit avec tant d'impétuosité , qui) rem porta une pleine victoire , qui lui ouvrit toute l'Asie mineure ; mais il ne survécut pat long-tems à ce succès, étant mort l'année cuisante d uo excès d'inlempéraace.
Antiochut- Hier ax ayant reprit les armes contre le roi son frère ,'fut si mal mené , que ne trouvant plus de retraite en Syrie, il te vit obligé de te réfugier chez Ariarathe , roi de Gappadoce, dont il avait épousé la fille. Son caractère inquiet el turbulent ne tarda pas à le brouiller avec son beaupère, qui résolut de s'en défaire. Instruit de ce dessein, le gendre te sauva en Egypte, auprès de Ptolémée-Evergèle , aimant mieux te remettre à la discrétion d'un prince ennemi de sa maison , que de te fier à un fîère dont il avait avec tant d'obstination provoqué le ressentiment. Ptolémée n'en usa pas à son égard avec la générosité qu'il avait espérée. L'ayant fait arrêter, il le retint dant une étroite prison durant plusieurs années, au bout desquelles Hierax s'elanl évadé par l'adresse d'une courtisane qui le voyait , il tomba entre les mains d'une troupe de voleurs qui l'assassinèrent. C'est aux avantages, quoique peu éclatant qu'avait remportés sur lui Séleucus, que celui-ci fui redevable du tilre decallinique ou de victorieux qu'il se fit donner. {Justin., I. XXVII. *
DES ROIS SÉLK