‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 208 sur 532 · UC1DES DE SYRIE · texte numérisé non relu

UC1DES DE SYRIE

Arsace, roi de* Parthes, avait profité des troubles qui s'étaient élevés entre les deux frères pour étendre s* domination dans l'Orient. Séleucus, n'ayant plus de frère a redouter, entreprit de réduire les provinces qu'Arsace avait soulevées couiie lui(a.36). Une première expédition lui ayant mal réussi , il en fit une seconde qui fut encore plus malheureuse que la première : car Arsace l'ayant battu, le fit prisonnier. Les Gaulois qui, depuis environ trente ans, avaient passé l'Hellespont , profilèrent de la captivité de Séleucus pour envahir plusieurs contrées de la Syrie. Arsace cependant traitait ce prince avec beaucoup de générosité. Il semblait disposé a lu rendre la liberté (aa5), lorsqu'une chute de cheval le précipita au tombeau après un règne de vingt ans. ( Justin, ibùL) De sa femme Laodice, Séleucus laissa trois enianis, deux fils, Séleucus et Antiochus, avec une tille mariée a Mithridate IV, roi de Pont, auquel elle apporta la Phrygie en dot. ( Voyex Anact II, roi des Parthes. )

SÉLEUCUS III, «DamMU CERAUNUS.

aa5. Séleucus, fils atné de Séleucus Calli nique, lui succéda le titre très-peu mérité Je Ccraunus, ou le Foudre qu'il s'était donné lui-même. On ignore comment le roi des Parthes lui permit démonter sur le trdne. Il y porta une santé faible avec un cenie tros-barné. Heureusement pour lui , Acheus, son oncle maternel , homme de coeur et Je tête , ayant pris en main le maniement des affaires, soutint l'état sur te penchant de sa ruine. Attale, roi de Pergame, s'étant saisi de l'Asie mineure jusqu'au mont T auras, Séleucus fut obligé de marcher contre lui, accompagné d Acheui , ion oncle , après avoir laissé la régence de la Syrie a un carien , nommé Hermias. Mais comme il était en Phrygie, deux de ses pre miers officiers se prévalant de la disclc qui régnait dans (armée , conspirèrent contre lui , et l'empoisonnèrent dans la troisième année de «on règne (aa3). «

ANTIOCHUS III, subuomhe LE GRAND.

aa3. ANTIOCHUS , frère deCeraunus , mort sans enfants , fut élu par l'armée, pour lui succéder a l'âge d'environ dix-neuf ans, au refus d'Acheus a qui elle avait offert le trdne. Ce prince était alors en Babylonie, où son père l'avait envoyé pour y recevoir son éducation. Le nouveau monarque, après avoir pris possession de la couronne, nomma pour son premier ministre , Hermias le carien et Gl partir pour l'Orient deux frères, appelés Molon et Alexandre, après avoir revêtu le premier du gouvernement de la Nèdie , et le second de celui de la Perse. Acheus chargé des provinces de l'Asie mineure, continua la guerre contre le rot de Pergame, sur lequel il reprit tout ce qu'il avait usurpé sur l'empire de Syrie.

aaa. Alexandre et Molon étant arrivés dans leurs gouvernementSfS'y comportèrent en souverains, sans vouloir reconnaître l'autorité d Antiochus. Plusieurs gouverneurs particuliers qu'ils avaient séduits, entrèrent dans leur révolte, dont le préteste était la dureté avec laquelle Hermias le carien , exerçait le ministère. Antiochus fait partir une armée pour réduire Molon. Celui— ci , préparé a la bien recevoir , vint au devant d'elle, et l'ayant mis en fuite , s'avance jusque sur les bords du Tigre où il se rend maître deClésiphon, près Je Seleucic. De nouvelles troupes envoyées par le conseil d'Ilermias , sous la conduite Je Xenète, s'avancent jusqu'à Séleucie. Molon, feignant vouloir regagner la Médie, abandonne-son camp a l'ennemi, après s'être éloigné d'une journée de chemin. Mais tandis que l'armée de Xenète se livre à sa joie et à la débauche, Molon survient de nuit (aai ), et en fait an affreux carnage. Ayant ensuite passé le Tigre , il prend Séleucie , et de là va se rendre maître de toute la Babylonie et la Mésopotamie. ( Poiybe, 1. V.)

330. Antiochus, affligé de ces revers, résolut d'aller luimême à la téle de son armée combattre les rebelles. Après avoi r pris ses quartiers d'hiver près de l'Euphrate, if passa le tigre, et campa dans la province d Apollonie, où 1 armée de Molon étant venue à lui, dans le plus bel ordre, semblait menacer ce prince d'une nouvelle deLiie. Mais après quelnues escarmouches, l'action étant devenue générale, on vil 1 aile droite des rebelles passer tout-à-coup sous les enseignes du roi , et livrer ceux qu'elle abandonnait à la vengeance des Svriens, qui les taillèrent en pièces. Molon ne pouvant survivre à ce malbeur, qui lui A tait toute espérance , se perça

lui-même de son épée, et les principaux complices de sa révolte imitèrent son exemple. Le ministre Hermias n'avait pas prévu que cette guerre dût finir avec un succès si rapide. Le prompt retour de son maître dérangea le pian des vengeances et des cruautés qu'il prétendait exercer contre ses ennemis. Désabusé par son médecin , Apollophane , qui l'avait accompagné, sur le compte de ce dangereux favori, Antiochus revint dans la résolution de se défaire de lui. L'ayant attiré à part dans une promenade, il le fit assassiner par des gens apostés, au grand contentement du public. Les femmes d' A pâmée, dans la joie que leur causa cet évinceront, se jetèrent sur sa femme et ses enfants qu'elles tuèrent à coup de pierres. Jusqu'alors Acheus, oncle du roi, l'avait servi avec le sèle et le désintéressement le plus marqué Ayant fait rentrer sous la puissance de son neveu les nrovinces^qu'Altalus , roi de Pergame, avait envahies , il en avait été nommé gouverneur. Mais Hermias, par ses procédés violents envers lui, l'avait contraint, pour sa sûreté, de se révolter et de prendre le litre de roi d'Asie. Antiochus, alors occupé du projet de recouvrer les provinces que le roi d'Egypte, Ptolémée Philopator, avait envahies sur la Syrie, crut devoir remettre à un autre tems celui de réduire son oncle. Ayant donc porté vers ces provinces toutes ses forces, il emporta d'assaut Sélrucie, et pénétra dans la Célésyrie où Théo Joie, qui en était gouverneur, lui remit les villes de Ptolémaïde et de Tyr, dont il s'était rendu maître. Une trêve de quatre mois ayant interrompu les hostilités, elles recommencèrent avec une nouvelle fureur à l'expiration de ce terme. Les deux rois en vinrent à une bataille à Raphia, près de Gaza, où Antiochus fut défait avec uneperte considérable, l'an aiy avant l'ère vulgaire.

ai6. De retour en Syrie, après avoir abandonné ses conquêtes au vainqueur, il dispose tout pour marcher contre Acheus. Etant entré dans l'Asie mineure, il ae ligue avec Attalus, roi de Pergame, et presse tellement Acheus, qu'il l'oblige à se renfermer dans Sardes (ai 5). Ce rebelle après un an de siège, s'étaot renfermé dans la citadelle, s'y défendait avec valeur, lorsque, trahi par deux Cretois, il tomba entre les mains d'Anliochus qui lui fit trancher la tête.

ai4- Les pertes qu'Antiochu» avait faites et celles qu'il était menacé de faire en Orient , devinrent alors les objets Je son attention. Tiridale, fils d'Arsace I, roi des Parthes, s'était rendu maître de la Medie, royaume le plus puissant de la haute Asie par son étendue et par ses richesses. Antiochus ayant rassemblé toutes ses forces pour en faire le recouvrement , viol à bout d'en chasser les Parthes maigre les efforts que fit Tiridale pour s'y maintenir. Il passa ensuite dans 1 Hyrcanie qu'il réduisit toute entière sous ses lois; mais il avait affaire à un ennemi qui trouvait dans son génie des ressources pour se relever Je ses pertes. Antiochus, après lui avoir livré divers combats, voyaut que la guerre traînait en longueur sans lui assurer de succès décisif, prit !<■ parti d'entrer en négociation avec lui. Par accommodement fait entre eux le pays des Parthes et l'Hyrcanie restèrent au pouvoir de Tindate sous la promesse qu'il fit de joindre ses troupes à celles d'Anliochus pour l'aider à se remettre en possession des autres provinces de l'Orient. Celle qui lui tenait le plus au coeur était la Baclriane usurpée par Théodote qui , de gouverneur, s'en était fait souverain, et dont le Gis en avait été dépouillé par un autre rebelle nommé Eulhydème qui s'y maintenait avec valeur et habileté. Antiochus l'ayant attaqué avec une armée formidable , remporta sur lui une victoire complète qui lui mérita le surnom de Grand. Il ne put néanmoinschasserde la Baclriane Eulhydème avec lequel , après divers autres combats moins heureux, Antiochus fut obligé de Çiirc un traité de paix dont la principale condition fut qu'Euthydème resterait maître de la Baclriane avec le titre de roi. Eulhydème ayant présenté son fils Dcmé- Irius au roi de Syrie , ce prince le prit dans une telle affection , qu'il lui promit sa fille en mariage. Par reconnais sance le père fit présent à Antiochus de tous ses éléphant , et lui ouvrit la roule pour pénétrer dans les provinces d'O rient qui lui restaient a subjuguer. I.a victoire l'ayant accompagné partout où il se présenta, Antiochus, après une absence oe sept ans, revint par l'Arachosie, la Drangiane ei la Perse dans sa capitale , où il fit une entrée triomphante.

ao4- Enorgueilli par ses succès, Antiochus fit une ligue avec Philippe, roi de Macédoine, pour enlever l'Egypte à Ptolémée Kpiphanes , jeune prince igé seulement de cinq

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CHRONOLOGIE HISTORIQUE

ans. Par le liaité fait entre eux, Philippe devait avoir l'Efple avec la Carie, et la Phénicie avec la Célésyrie devait ire la part d'Amiochus. Ce dernier «'étant jetésar les deux provinces qui devaient lui revenir, les attaqua si vivement, qu'en deux campagnes il en fit la conquête fio3). Tandis ue Philippe faisait des progrès a peu près semblables de son ité, Aristoméne , régent de l'Egypte , eut recours aux Romains pour leur offrir ta tulelte du roi Ptuléraée. Le sénat l'ayant acceptée, envoya des ambassadeurs an roi de Syrie et au roi de Macédoine pour les inviter à laisser l'Egypte en repos (aoi). Ces ambassadeurs ayant été mal reçus , 6copas , général des Egyptiens, est envoyé pour travailler au recouvrement de la Palestine et de U Célesyrie. Les progrès rapides qu'il fait dans ces deux provinces y rappellent le roi de Syrie, occupé alors contre Atlalus, roi de Pergame , avec lequel il se hâta de faire la paix 4 la sollicitation des Romains. S'clant remis en possession de la Célesyrie et de la Palestine, il repasse dans l'Asie mineure avec U résolution de faire rentrer sous tes lois tout ce qui avait appartenu a Séleucus Nicalor. Monté sur sa flotte, il se rend maître de plusieurs villes maritimes do ce pays et des isles voisines. Il n'épargne pas plus les villes grecques de l'Asie qui étaient dans la jouissance de leur liU-rté. Nouvelle ambassade Je Rome, dont celles-ci avaient imploré la protection, pour sommer Antiochus de rendre la liberté a ces villes, et au roi d'Egypte ce qu'il avait usurpé sur lui. U cotisent au premier de ces articles, el promet de s'accommoder avec le rot d'Kgyple. Un faux bruit de la mort de ce dernier «'étant répandu , m se hîta pour aller luisuccéder. Désaotssésor la route, il fait voile vers Anlioche. Tandis qu'il s'y occupe a délibérer s'il s'engagera dans une guerre contre les Romains, arrive a sa cour le fameux Anoibal, aprèss'ètre échappéde Carthage où ses compatriotes étaient près de le livrer aux Romains ( iq5);il détermine le roi de Syrieaprendrc le parlisur lequel ilhéxitail , et l'exhorte a porter la guerre droit en Italie. Antiochus, néanmoins , préfère de marcher en Grèce , et fait pour cela ses préparatifs. Lorsqu'ils sont achevés , Annibal revient a la charge, et propose d'envoyer au moins une partie de la flotte syrienne sur les cdles d'Italie , pour occuper les Romains cher eux , et les empêcher de transporter toutes leurs forces en Grèce , mais les courtisans s'opposent a ce conseil. Antiochus et les Romains se mettent en route, chacun de son coté , pour se rendre en Thetsîtie. Les Romains, auxquels «e joignit Philippe, roi de Macédoine , attaquent , sous les ordres du consul M. Acilius, les Syriens au détroit des Thermopyles ( iqi ) , et dès le premier choc, les ayant mis eu fuite , ils ioocneal la terre de leurs corps en les poursuivant. Antiochus s'étaot sauvé A Chalcis, dans l'Eubée, te rend ensuite a Ephèse (190), d'où il mande a ses troupes d'orient de venir iiicesumraeut le [oindre dans la Chersouese Je Thrace. (Tile Live, liv. XXXVI.) Battu sur mef p" C. Livius, il passe en Asie, où l'année suivante il est de nouveau défait par le consul L. C. Scipion el Scipion l'Africain , son frère, a Magnésie, au pied du mont Sipyle, le 1 S décembre (190.) Obligé de demander la paix , sesamW sadeurs sont renvoyé» a Rome , où l'on confirme les conditions du traité que les vainqueurs lui avaient dicté. ( Tite Live, liv. XXXVII.) Par ce traité, Antiochus renonce a toute prétention sur aucune ville de l'Europe , évacue tontes celles d'Asie, en deçà du mont Taurus, donne pour otage son fîla Antiochus , et consent a payer 1rs frais de la guern L'auteur du livre des Macbabées, 1". livre, chap. VIII, v. 7 el 8 , ajoute que le roi des Syriens tomba entre les mains des vainqueurs , cl qu'il ne recouvra la liberté qu'en leur cédant le pays des Mèdes, des Indes et leurs plus belles provinces. Mais le» historiens prophanes ne disent rien de ces circonstance.

Dépouillé de l'Asie mineure qui devint le partage d'Eumenes , roi de Pergame , et le prix de son alliance avec les Romains, Antiochus repasse , couvert de honle, en Syrie. Il s'y occupait a réparer ses finances délabrées , lorsque la manie lui prit d'aller, pour faire ressource , piller le temple de Jupiter Uclus , a Elymaîs , où il y avait de grandes richesses. Celte entreprise sacrilège lui coûta ta vie ( 107.) Le peuple qu'elle mit en fureur s'clant jeté sur lui , le mit a mort dans la trente- sixième année de son règne, et la cinquantième deson iee.fjïraio. liv. XVI.)

Antiochus mourut six ans trop tard pour sa gloire. Avant qu'il se fui compromis avec les Romains, il était regardé comme le monarque de son teros le plus distingué par srs vi rtus politiques et guerrières. Mais depuis qu'il les eût provoqués, elles s'éclipsèrent et le précipitèrent dans un enchaî-

nement de malheurs qui lui firent perdre ta plus florissante portion de ses étals, il conserva , néanmoins , au milieu de ses disgrâces , le fond de son caractère humain , généreux , bien taisant.

SÉLEUCUS IV , «ciwcmMB PHILOPATOR.

187. Séledcus IV, a qui ton attachement pour Antiochus le Grand son père , fil donner le surnom de Pntior a Ton , lui succéda, comme son Gis atné au trône de Syrie. Il avait un frère puîné , nommé Antiochus , qui était en otage a Rome , depuis la paix conclue par son père avec les Romains. Séleucus , sous ce dernier , avait fait preuve de valeur dans la guerre d'Asie , et avait fait prisonnier sur mer le fils du consul Scipion. Il s'était rendu maître du territoire de Périme , dont il avait assiégé la capitale. Il avait commandé 'aile gauche de l'armée de son père a la bataille donnée près du mont Sipyle. ( Uiodori deuii excerpta. ) Peu de tenu après la mort «le son père, il maria Laodice, sa fille, è Persée, Gis naturel dt Phili ppe, roi de Macédoine. Monté sur des vaisseaux rhodiens avee son cortège , U princesse descendit dans l'île de Délos, fameuse par on temple d'Apollon r où elle se distingua par de magnifiques présents qu'elle fit a la divinité ainsi qu eux (habitants. Dans la chronologie historique des Juifs , on a parlé de l'ordre qu'il avait donne a Héliodore , surintendant de ses finances , d'aller piller le temple de Jérusalem (176), et de la vengeance miraculeuse que la justice divine exerça sur cet officier. Par le traité de paix conclu entre Antiochus le Grand et les Romains , il avait été dit qu'il paierait chaque année doute mille talents alliques , et donnerait vingt otages qui se relèveraient tous les trois ans , excepté ton frère Antiochus , qui resterait entre les mains des vainqueur», -tant qu'il leur plairait.

J-e roi de Syrie ayaot obtenu , vers la fin de son règne , le renvoi de son frère , mit en sa place Démélrius , son fils , âgé de douxe an». Mais il n'cul pas la satisfaction de revoir ce dernier ( 176. ) Pendant le voyage que faisaient le premier, pour se rendre! Rome, et 1 autre, pour revenir en Syrie, Héliodore profila de l'absence de ces deux héritiers de la couronne pour l'envahir. Il Gt périr Séleucus par le poison , après le commencement de l'automne de celte an née , la cent trente -septième Je l'ère des Séleucides. Il ne régna

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