‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 210 sur 532 · DES IU)IS SÉLRUUIJES DE SYRIE · texte numérisé non relu

DES IU)IS SÉLRUUIJES DE SYRIE

Le traitement qu'il fit I année suivante i la ville de Jérusalem , après l'avoir emportée d'assaut , surpassa toutes les horreur» qu'il avait commues jusqu'alors (170). {Voytt la chronologie historique de l' Histoire-Sainte.)

Ptolémee Philométor restait toujours captif entre les mains d'Antiochus ; les habitants d'Alexandrie le croyant perdu pour eux , ou n'espérant pas le revoir de long-t ems, le déclarèrent déchu du trône, et mirent en sa place Ptolémee , son frère puîné, qui eut d'abord le surnom d'E vergeté, et ensuite celui de Physcon , à cause de la grosseur de son ventre. Antiochus feignant de prendre les intérêts du premier , rentre en Egypte , et après un combat naval f où il fut vainqueur, bloque Alexandrie, dont il forme ensuite le siège. Les ambassadeurs de différentes villes de Grèce, s 'étant entremis pour négocier un accommodement , il ne leur donna qu'une réponse vague et continua son entreprise. Hais bientôt désespérant de prendre la place, il changea de dessein et jugea plus a propos de laisser les deux frères épuiser leurs forces l'un contre l'autre, pour se rendre maître ensuite du royaume qu'ils se disputaient. Ce fut dans celte vue, que s'élant retiré à Memphis, il rendit la libéra* a Philométor, et fit semblant de le remettre en possession de l'Egypte , en se réservant Péluse , comme une clé qui lui ouvrait a volonté l'entrée de l'Egypte. Les deux frères s 'apercevant du piége qu'il leur tendait , prirent le parti de se réconcilier , et de s'asseoir ensemble su même trône. Antiochus les voyant par là disposés a réunir leurs forces contre lui, rentre plein de fureur en Egypte, et commence d'y répandre la désolation ; mais il fut arrêté

Sar des ambassadeurs romains, qui, étant arrive»! a son camp evant Alexandrie, le somment de se retirer. Sur le délai qu'il demanda pour délibérer, Popilius Leoas, l'un d'entre eux, avec une baguette qu'il tenait i la main, décrivit autour de lui sur le sable un cercle, exigeant , qu'avant d'en sortir, il rendit une réponse positive. Déconcerté par ce coup d'autorité , il se soumit aux conditions qu'on lui im posa et consentit a évacuer entièrement l'Egypte. On n'en demeura point la ; il fallut encore quelque tenu après qu'il rappelât ses troupes de l'île de Chypre , dont les Egyptiens étaient possesseurs depuis un grand nombre d'années.

La fureur que ces humiliations allumèrent dans le cosur d'Antiochus ^ étant impuissante contre les Romains , il l'eihata, en s en retournant, sur les Juifs, qui ne lui avaient donné aucun sujet de plainte. Rien n'approche de la perséculinn qu'il leur suscita pour les contraindre d'abjurer la loi de Moïse et d'embrasser le culte des idoles. Mais tandis qu'il sévissait contre eux par les plus horribles tourments, il se [•longeait lui-même dans les plus sales voluptés, et s'attirait i-galement par-la le mépris et la haine du public. 11 ne se leshouorait pas moins par ses folles profusions, qui tournaient â la ruine de ses peuples. Sa cruauté surpassait encore sa passion pour les plaisirs.

Tandis qu'il travaillait a détruire la religion des Juifs par les supplices les plus cruels , Dieu suscita un vengeur à cette nation, dans la personne 'de Matalhias, prêtre de

appnt , pour surcroît de doule les Juifs avaieot remportées s Timothée. Transporte de ragi aussitôt en marche pour aller

r, les grandes victoires que r ses Généraux Nicanor et | a cette nouvelle, il se mil fiacer dans le sang de toute la nation jnive l'affront qu'il en avait reçu. La diligence que fit son cocher fut telle , que la voilure versa , et de sa I chute, le prince eut le corps entièrement froissé. Pour continuer la roule, on fut obligé de le mettre sur une litière, j dont il ne put supporter long-tems le mouvement, parce qu'à ces maux extérieurs se joignaient des douleurs d entrailles que rien ne pouvait adoucir. Il s'arrête à Tabès sur les fron- 1 Perse et de la Babylonie,

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de vers

Modin , vénérable par son âge . sa valeur et sa vertu. Tous rtua qui avaient le sèle de ta loi étant venus se joindre i lui , il fondit avec eux sur les Syriens , qu'il mit en fuite, et punit de mort ceux qu'ils avaient obligés d'apostasier. En mourant il laissa cinq fils , tous gens de cœur , surnommés Maehabées, dont le troisième, appelé Jndas, se signala par un grand nombre de victoires qu'il remporta sur les généraux d'Antiochus ( Voy. la Chronoi. histor. detHisi. Ste.)

Tandis que ce prince s'acharnait a vouloir détruire la nation juive, malgré les pertes qu'elle lui faisait essuyer, il l d Orient des nouvelles qui le jetèrent dans le plus grand Artaxias , roi d'Arménie, s'était révolté contre lui , Herse refusait de lui paver les tributs ordinaires. Obligé «artager. ses forces, il chargea I.ysias , son parent, du de réduire, avec une partie de ses troupes, la Judée, et marcha , avec l'autre , contre le rag/j' Arménie. Vainqueur de ce dernier , qu'il fit prisonnies^pl entra dans la Perse ' itt6. ), où il se Salait de frouver des richesses capables le réparer le désordre que ses prodigalités avaient mis dans ses finances. Il comptait surtout faire un riche butin dans la ville d'Elvmaïde, capitale, suivant dom Calmet, du pays d'Elam. Elle était fameuse par son temple de Diane , où l'on prétendait qu'il y avait des richesses immenses. Mais les habitants de la campagne et les bourgeois de la ville, prévenus de son dessein , s armèrent pour la défense de leur temple, et repoussèrent honteusement Antiochus. (164.) Outré de cette disgrâce, il se rendit a Ecbalane, où il

I meurt rongé

au commencement du prinlems , après avoir reconnu , mais par une fausse pénitence , la main de Dieu I qui le frappait. ( Voy. la Chronot. fuslor- de l'Hist. Ste.) Les historiens profanes s'accordent avec les livres sacrés pour (aire de ce prince le portrait le plus aflreux. Sa conduite fut [ si extravagante, qu'au lieu du nom d'Epiphanes (l'illustre), on lui donna celui d'tpimanes , qui veut dire l'insensé. Il n'y eut en effet aucun genre de folie auquel il ne s'abandonnât.

ANTIOCHUS V, sunNOMVÎ EUPATOR.

16L AltTiocHUS V, fils d'Ant iochus Epiphanes, devint son I successeur 1 l'âge de neuf ans. Son père, dans sa dernière uuladie , 1 avait recommandé â Philippe, son ami, dès l'enfance , en le nommant régent de ses état» et lui remettant les habits royaux pour les porter à son fils. Mais tandis que Philippe fait transporter â Anlioche le corps du roi défunt , Lysias s'empare de la tutèle du jeune prince, qu'il surnomma iPAToa , et du gouvernement de la mo

se

contents d'Egypte.

Judas Machabee faisait cependant des progrès en Judée, I contre les Syriens et les peuples voisins qui leur étaient alliés. Ptolémee Macron, gouverneur de la Célésyrie et de la Palestine, voyant le succès de ses armes, prit le parti de se réconcilier avec lui. Ce fut un crime impardonnable aux yeux de Lysias. Macron , auparavant .pourvu du gouvernement de l'Ile de Chypre par le roi d'Egypte , l'avait livrée, par mécontentement , au roi de Syrie. Lysias se prévalut de sa réconciliation avec Judas pour l'accuser auprès du jeune monarque d'une trahison semblable â celle qu'il avait faite â son premier maître. Dépouillé, en conséquence, de ses emplois, il ne put survivre â sa disgrâce et se donna lai mort par le poison. Délivré de cet objet de sa haine, Lysias , a la sollicitation des Juifs apostats , assemble une armée prodigieuse qu'il emmène en Judée pour délivrer la forte- | ressc d'Acra , que Judas assiégeait , et reprendre la place de Bethsura qu'il avait recouvrée. Judas, n'étant point en forces pour faire face i cette multitude, se contenu de la harceler et remporta , sur plusieurs de ses détachements, divers avantages très-considérables. Aux perles qu'il faisait essuyer aux Syriens, se joignit la famine causée par l'année sabbatique où ta terre , suivant la loi demeurant inculte, ne produisait rien.Philippe.de sa retraite en Egypte, observant l'embarras où se trouvait Lysias , profila de la conjoncture pour rétablir ses affaires et dépouiller son rival â son tour de l'autorité qu'il avait usurpée. Etant passé en Perse et en Médie, il y rassembla un corps de volontaires avec lequel il s'empara du palais. d'Antiocbe , où il prit le titre de premier ministre, et s'empara de l'administration du royaume. A la nouvelle de celle révolution, Lysias se hâta de faire la paix avec les Juifs, et ayant emmené Eupator en Syrie , il réussit à dissiper la faction de Philippe. ( Mâchai. , 1. 1 , c. 6. )|

16a. Mais une autre révolution plus terrible que celle-ci menaçait en même teins Eupator et Lysias. Dèmélrius, fils de Séleucus Philopator, et cousin d'Eupator , était en otage depuis douce ans i Rome , où il sollicitait vainement la liberté de retourner en Syrie. Impatient de ne pouvoir l'obi, tenir, il s'échappa furtivement de Rome , et reprit la route de son pays. A son arrivée â Tyr, on fit courir le bruit qu'il était envoyé par le sénat pour prendre possesssion du royaume de Syrie , qui lui appartenait comme fils de Séleucus Philopator, (frère aîné d'Antiochus Epiphanes. Les troupes, aussitôt, se déclarent contre Eupator, qu'elles enlèvent du palais avec Lysias, le régent, et amènent. l'un et l'autre à Démétrius, qui les fit même â mort. {Joseph. Antù}., I. XIII, r., 16; Justin., I. XXXIV. c. 3.) Eupator n'avait qu'environ onze ans, et en avait » peine régné deux.

CHKONOl.OUlt HISTORIQUE.

DEMETRIUS, »v

163. DSMi-rajua, fil» dû Séleucus Philopator, fut placé m» , le tronc Je Syrie a l'âge d'envi too vingt-trots ans. Son règne , ( omrncnça par un acte de justice qu'il exeec» contie deux favoris d'Anliocht» Epiphane* , qui vexaient impunément la

Kovince de Babybnie. Ayant puni de mort l'un et relègue luire , il mérita par- la le titre qu'on lui donna de Soter ou r. Le bonheur qu'il rot, peu de tenu aprèa, d'enlever I à Ptolémée Pbilomelo* l'tte de Chypre, sembla fortiher celle dénomination. Mai* la anilc de ion règne la démentit. EeHé i de aea auocèa il te plongea tlana la déhancha, et abandonna le aoin de l'élat a ses minittrea, auaai corrompt»» que lui. Le mécontentement général qu'excita le désordre de* affaires publique* donna lien à de* conspirations qni tarent tecrètemenl fomentées par Ptolémée Philo met or , auquel ae joignirent Allalus , roi de Pcrgame, et Ariarailie, roi de Cappadoce. Ce* trois princes trouvèrent, dan* l'esprit vindicatif et le génie industrieux d'Héraclide, le» ressource» qu'ils recherchaient pour effectuer leur ressentiment. Celait un (homme qui, ayant été favori d'Antiochus Epiphanes, était tombé sous le règne suivant dans la disgrâce , et menait une privée dans nie de Rhodes , où il s était réfugié. S'etant i concerté avec eus, il jeta tes yeu» sur un jeune rhodien de basse naissance, nommé Bala , pour en faire un personnage capable de détrôner et de supplanter le roi Déméirius. Lui ayant persuadé uns peine de se faire passer pour le Gis d'Anliochus Epiphanes, il l'instruisit soigneusement de ce qu'il avait à dire et a faire pour jouer habOemenl son rôle. Après l'avoir ainsi dressé, il le conduisit a Rome avec Laodice , GUe véritable d'Antiochus Epiphaoes, qu'il avait mise du complot. Le* largesses qu'il fit aux grands à son arrivée , le* disposèrent en faveur ae son élève, qu'il présenta au sénat tous le nom d'Alexandre. Il y fut d'autant mieux accueilli , qu'on y était fort indisposé contre Démétrius. lt obtint un décret par lequel on reconnaissait l'imposteur pour le fils d'Aothiocus Epiphanrs, avec assurance de b protection et Jes secours du peuple romain. Muni de cette patente, il s'embarqua pour la Syrie, et dan* la route il fil uo grand nombre de partisans à l'Imposteur, principalement a Epbèse, où grand nombre de mécontents vinrent se joindre aux troupes qu'il avait levées en Grèce. Arrivé en Palestine, il se ren dit maître de Ptolémaïde , où il prit ouvertement le titre de roi de Syrie. Démétrius, par-là, réveillé de son assoupissement, assemble son armée et marche contre Alexandre, qu'il défait dans une première bataille. Les trois rois, le* Romains et le* Juifs, qui t'étaient déclarés contre Démétrius, mirenl l'usurpateur en état de se relever. Déméirius voyant les préparatifs d'une nouvelle bataille crut devoir, en cas de malheur, pourvoir a la sûreté de ses deux Gis, Anliocbus ei Démet nu», en les confiant à un ami qu'il avait a Gflide, dam llle de Crète , pommé Lasthène. Les deux rivaux ne tardèrent pas en effet d'en venir aux mains une seconde (bis Le choc alors fut décisif. Déméirius y perdit la bataille et la vie ( 1S0). ( Juttù.., I. XXXIII , c. a. j

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