DES B.OIS UE BABYLONE
U confusion el le détordre qui régnèrent pendant cette longue anarchie. Elle aboutit enfin au re avènement du trône cl à l'riiinciion de la monarchie Babylonienne.
6aS. N a bo poussa B avant partagé lu province» <1* l'empire d'Assyrie avec le* Mèdes, ne songeait qu'a youir tranquillement du fruit de te» travaux. Mai* l'envie , toujours attachée tus grand» prosperitét, ne lui permit pa« dt goûter (et douceur* de cette profonde paix dont il t'était lutté. Néchao, roi d'Egypte, entreprit de lui eolever une partie de set conquêtes $07), et t'avança , dam ce dessein , avec une puissante armée , jusque sur les bonis de l'Eupbrate. Cette expédition lui beureute; il prit Carchemi» avec d'autres places, et revint triomphant en Egypte. Ce qu'il y eut de plut Qchcux pour NabopoLssar, c'est que la Syrie et la Palestine, enhardies par ce succès , «n prirent occation de te soustraire a son obéissance. Trop Age et trop infirme pour aller en personne réduire 1rs rebelles , il chargea de ce soin Nabuchodonosor , sou fils, après l'avoir associe a la royauté. C'est de cette époque, ainsi qu'on l'a remarque ailleurs , que les Juifs commencent à compter les années de Nabuchodoimsor, à U dillcrrnce des Babyloniens, qui ne les comptent que de la mort de son père , arrivée deux ans après. Le jeune prince étant venu en Syrie, battit l'armée des Egy puent, reprit Carchemi», et subjugua tout ce qui était compris entre l'Euphrate et le fleuve d'Egypte , c'està-dire la Syrie et la Palestine. Car comme l'Euphrate bornait la Syrie au nord-est, le fleuve d'Egypte bornait la Palestine au sud-ouest. Ce fleuve d'Egypte, dont il est ti souvent parlé dans l'Ecriture , comme servant de borne a la Palestine, dj rôlé de l'Egypte, n'était pas le Nil, mais une petite rivière qui, coulant tu travers du désert qui est entre cet deus Ptyt, passait anciennement pour It limite commune. C'est jusque là que s'éieodait la terre promise a la postérité d'Abraham (Genèse, v. XV, e. 18.) et qui fut enmilr (Jastté, v. XV, c. 4.) divisée par le sort (['rideaux. ) Ce fut dans le cours de cette expédition que Nabuchodonosor apprit la mort de Nabopobusar, arrivée après un règne de vingt-un ans commences.
6o5. NaiuchobOsosoR , successeur de Nabopolassar son père , après avoir été son collègue porta l'empire de Babylone,, par se» exploits , au plu» haut point de gloire et de prospérité. On a rapporté dans la Chronologie de l'Hmoirr Sainte ses expéditions en Judée. Après la ruioe de Jérusalem , il revint en Syrie ta vingtième année de son règne, et mit lesiege devant Tyr dans le le ras qu'lthubal encLaitroi(585). Cette ville , par les richesses que lui procurait son commerce, valait un royaume, et plusieurs de ses citoyens élaienldeven us autant de princes par leur opulence et le fuie qu'ils étalaient. tft résista aux effort» des Babyloniens l'espace de treizeans , dorant lesquels Nabuchodonosor fil la guerre avec succès aux Sidoniens , aux Ammonites , aux lduroecns et aux Moabiles. A la G11 Tyr fut soumise à son tour ; mais Nabuchodo noaor ne retira d'autre fruit de ses dépenses et de tes fatigues incroyables , qoe de se voir maître de quelques maisons vides d'habilxnset de biens. LesTyriens prévoyant qu'après une délense longue et périlleuse ils seraient obliges de se rendre, t'étaient retirés avec leurs effets dans une lie voisine du rivage (S7a) , où ils avaient bati une deuxième Tyr, qui égala dans la suite la gloire de la première. ( V. les rois de Tyr. ) Honteux d'une conquête aussi stérile que pénible , Nabuchodonosor mena son armée en Egypte dans la vue de la dédommager par le riche botin qu'il riperait y faire. Dieu lui avait en effet promit les dépouilles de l'Egypte pour le récompenser du ttnkc qu'il venait de lui rendre a Tyr ( c'est l'expression du prophète Exéchiel) en exécutant ses vengeances contre cetteville superbe. Les divisions intestines qui déchiraient ce royaume, lui en ouvrirent aisément l'entrée. Il le parcourut en vainqueur d'un bout à l'autre, et en récompense remporta d'immenies richesses. Ce fui après avoir terminé ce» guerre» qu'il donna »es soins aux embellissement de Babylone. Douze siècles au moins qui s'étaient écoulés depuis Sémiramis, avaient considérablement détérioré la plupart de» ouvrages que cette princesse y avait faits. L'architecture d'ailleurs s'était perfectionnée dans ce long espace de teins. Nabuchodonosor ayant donc rassemble tout ce qu'il y avait d'habile* ouvrier* dans tes états, les employa à reconstruire Babylone, et a y déployer toutes les richesses de leur art. On ne répétera point la description tuccinte qu'on a laite de cette superbe ville a l'article de sa fondatrice. Il est impossible de discerner ce qui était de l'invention de Sémir?-
mu, et ce que Nabuchodooosof y avait ajouté. Quoi qu'il ensuit, rien n'égalait Babyloue, après que ce prince y eni mis la dernière main , dans tout ce que l'industrie des hommes avait jusqu'alors enfanté. Il s'admirait lui-même en contemplant son ouvrage; et se croyant au-dessus de 1 humanité , il disait avec transport 1 N'est - ce pat moi qui ai blti cette grande Babytooe i Un jour qu'il roulait celte pensée orgueilleute dans son esprit, Dieu tout a coup le dégrade de ton espèce, en le '.frappant d'une maladie qui lui persuade qu'il est un boeuf sauvage , et lui en donne tout l'instinct. On l'encliaine dans les premier» acc^s de sa ma ait* Il rompt ses lien», et fuit dans les champs où il broute l'herbe avec les bCiet, exposé comme elle» aux injures de l'air. Cet état , qoi lui avait été prédit un an auparavant llir.le prophète Daniel,. en dura sept 1 pendant ce trm», son lus aine tint les réoet du gouvernement, assisté d'un conseil qui modérait son pouvoir. Enfin, rendu à luwné'me , .Nabuchodonosor remonta sur le.lrôoe qu'il occupa encore l'espace d'un an, c'est-i-dire jusqu'à sa mort, arrivée Ja quarante-troisième année de ton règne, . .
moins par \t naissance. tn effet , g clelirr de son père.
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56*- EmMEnoDAC, 6b ah»é de NabuchoJono sor, pa viol , après la mon de son père , à la royauté , moins p vœu de la nation que par le droit de i lorsqu'il exerçait la régence durant le I il avait commis , malgré le frein qu ou avait mi» a rité, des actes de violence, qui avaient obligé ce monarque , après avoir été rétabli, de le punir par l'emprisonnement t.nfermé dans le même lieu que Jécnoniat, roi de Juda, il contracta avec lui des liaisons qui furent salutaires à ce dernier, Eviluierodac, dès qu'il se vit placé tur le trône , le lira de la prison où il languissait depust trente-tept ans , et le mit à la téte des princes qui faisaient l'ornement de sa coin Ce fui peut-être le seul acte de générosité qu'il exerça durant ton règne. Maître de te livrer à ses penchant, il te plongea dans la débauche, et gouverna ses peuples avec un *cepir< de 1er. Hait l'atrocité de sa conduite ne retla pas loog-ten» impunie. Ses plus proche» parents conspirèrent contre lui ; et afltv-t avoir, régne environ deux ans , il fut assassiné par son beau-frère,
960. NiatGUStOB, appelé Nbucasolasar dans te canon de Ptolémee, chef des conjuré» qui avaient mis à mort Evil luerodac , donl il avait épouse la soeur, lui succéda par le bois de la nation, qui le regardait comme son libérateur. Ce orince avait en effet des talents noue amwtnifr. |] rte
ait en effet de» talents pour gou de valeur, ni de capacité ; mail
verne
manquait ni de valeur , m de capacité ; mais l'ambition le perdit. Non content du vaste empire qu'il venait d'usurper . il voulut encore y joindre la monarchie des Mèdei. Dans c dessein, il envoya des ambassadc-un aux rois des environs . pour les exhorter à l'unir avec lui contre Cyasare, roi de» Mèdes, dont ils leur peigoirent l'ambition tout le» couleurs qui convenaient à celle de leur ma lire. Plusieurs de ces princes, effrayés par le danger chimérique de voir leur puis sance engloutie par celle des Mrdes, ou séduits par larges du roi de Babylone , entrèrent dans la ligue qu'on leur proposa. Le plot empressé comme le plus riche d'entre eux . fut Créant , roi de Lydie. Les Indien» que Nériglissor avait tutti lail solliciter, montrèrent plus de circonspection. Avant de se décider, ils envoyèrent tur les lieux des personne» tages et prudentes pour t'informe r de la vérité des chose*. Cyaxare, cependant instruit de ce qui se tramait contre lui , prit se» mesures pour se mettre en état de défense. Il avertit LaoïLysc, roi des Perse», son beau-frère et son allié, de lui envoyerune armée pour prévenir l'ennemi. Cyrui, fils de Cambyse , jeune prince en qui la valeur et la capacité devançaient les aonéet, vint à la tète de trente mille homme» d'élite, qu'il joignit aux troupes des Mèdes. Chargé du commandement général de l'armée , il fut environ deux ans à la dresser aux exercices avant de la mener au combat. Après lui avoir rendu familier l'usage des armes , il marcha contre l'ennemi, et Nériglissor vint à sa rencontre. Dès qu'on fut en présence, le» Babyloniens, emportés par la présomption que leur donnait la supériorité du nombre , engagèrent le combat, ei firent leur décharge avant d'éïre encore assez près. Leurs traits s'épuisèrent en vain. Le» troupes de Cyrus fondant enmile tur eux le sabre ou la hache à la main , en firent un affreux carnage. Nériglissor ayant échappé à cette bouchr rie, se hita d'aller rejoindre un autre corps d'armée , qu'il avait à dix journée» de là. Ces vainqueurs s'etant mi» 4 ta poursuite, 1 attaquèrent peu de tenu après qu'il fut arrivé dans ton nouveau ramp, et remportèrent une nouvelle vie-
aia
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
I toireavec on riche bulin. Nériglissor périt dans celle action, et laissa ses alliés , par ta mort , «barges du poid» d'une guerre I destructive.
55. Lamaosoabchob» SU de Neriglisaor, loi succéda. C'était un jeune furieux défi connu par ses emportement et sa ernaulé. Il soutiot sur le trône la réputation odieuse qu'il s'était faite dans la vie privée. Gobria» et Gadaus, deux de ses généra»» dont il avait fait mourir les deux fils, l'an pour avoir été plus adroit que lui a la chasse , l'autre , parce qu'une de ses concubines avait fait l'éloge de sa bonne mine et de set belles manières , irrités de celle double barbarie se jetèrent dans le parti de Cyrus , et devinrent les plus terribles ennemis des Babyloniens. I-aborosoarcbod voulut marcher avec quelques troupes a leur poursuite ; mais Cyrus étant venu k leur secours le poursuivit lui-mime iusqu aux portes de Babylone. Cjt revers ne l'empêcha point de continuer ses débauches et ses cruautés. Ses sujets abrégèreul la durée d'un reroe si lyrannique, en l'assassinant le neuwisdeson '
534. Nhosadius , appelé I.abihct par Hérodote , Naro.vndsl par Josephe et Ualthasar par Daniel, fils d'Evil I merodach , monta sur le trône après la mort de Laborosoar- ! ebod. Il était a peu près do rafmf 5g« que lui , et n'avait pas de meilleures inclinations ; mais les qualités qui lui man- I] qnaient pour régner, se rencontraient heureusement dans ■I Nitocris, sa mère, qu'on peut mettre a coté de l'illustre Sémiramii. Tandis qu'il s'endormait dans le sein de la volupté , I cette princesse prit en main les rênes du gouvernement. Elle acheva les ouvrages nue Nabuchodonosor avait entrepris pour l'embellissement et la sûreté de Babylone ; c'est a elle qu'on attribue la construction des quais de cette ville. Ils étaient comme ses murs , faits de brique cimentée avec du bitume , et des portes d'airain fermaient et muraient les avenues de toutes les rues qui aboutissaient a ces quais. De cette sorte ils servaient a préserver Babylone des inondations de l'Euplirate, et a mettre celte place a couvert des surprises de l'ennemi , du côté de la rivière. Pour la construction de ces ouvrages, il avait été nécessaire de détourner le cours du fleuve. Nitocris en vint a bout en faisant creuser, à enté de rÈupbralè, un lac immense pour recevoir ses eaux. Ce réservoir, après qu'elles furent rentrée* dans leur lit , fut conservé pour rémédier aux débordements du Heuve. Cependant Cyrus méditait sérieusement la conquête de Babylone. Le bruit de ses préparatifs et les remontrances de Nitocris tirèrent enfin Nabooadius de son assoupissement. 11 alla trouver a Sardes le roi Crésus, lui représenta le péril 1 commun , dont les menaçaient l'un et l'autre les armes | triomphantes de Cyrus, et l'engagea, tant par ses discours, que par l'immense quantité d'or qu'il fit briller a ses yeux , à renouveler l'alliance avec lui. Crésus ayant réuni tous les peuples qui lui étaient tributaires, leva une année de quatre cent vingt mille hommes, avec laquelle il alla an devant de Cyrus, qui n'en avait pas la moitié; nuis celte supériorité apparente n'empêcha pas le roi de Lydie d'être vaincu i la fameuse bataille de Thymbrée. Sa défaite fut suivie de la I conquête des provinces comprises entre le Pont-Kuxin, la mer Egée et l'Euphrate. Cyrus et Cyasare ayant ensuite soumis les contrées situées au nord de Babylone, s'avan- J cèrent vers cette ville pour en faire le siège. Ce ne fut point une surprise ; Nitocris s'y attendait et avait , en conséquence , pourvu la place abondamment de virres.
Les Babyloniens, se confiant en la force et la hauteur dé leurs murs , ne paraissent dessus que pour insulter a
t approcher. Ils se moquent de folie un fossé large et profond
l'ennemi , lorsqu'ils le voient tes machines , et traitent d
que Cyrus fit creuser autour de la ville. (Jette entreprise orcupa l'espace d'environ deux ans les assiégeants. Lorsqu'elle fut achevée , Cyrus, pendant une nuit où tes llaby Ioniens, a l'occasion <Pune fête, se livraient a la débauche, fait faire une saignée k l'Euphrate, au-dessus de la ville, pour le décharger dans le ranat qu'il lui avait préparé. Il fait rompre en même tems la digue qui séparait l'Euphrate du lac Nitocris (,538). Les eaux de ce Neuve, détournées par cette double ouverture, laissèrent, en peu de tems, son lit à sec. Cyrus avait cependant partagé son armée en deux corps , dont l'un fut posté k l'endroit où l'Euphrate entrait dans là ville , et l'autre k celui ou il en sortait. Au signal qni leur fut donné , tous les deux entrèrent en même tems ni le lit du fleuve , et s'étant introduits dans les rues par ' , dont les portes étaient restées 'ouvertes par la
négligence des Babyloniens; ils marchèrent droit vers le palais, dont ils égorgèrent la garde. Nabdnsdius vint audevant (Feux, l'épée k la main, suivi de ceux qui étalent k portée de le secourir. Il est tué sur-le-champ , et l'on fait main-basse sur tous ceux qui l'accompagnent. Cyrus fait publier, par la ville , un édit par lequel il promet là vie sauve a tous ceux qui mettront bas les armes. Les RaNvlonieni , rassurés par-M , se soumettent sans peine au vainqueur. Telle fut la fin du royaume de Babylone. Ainsi tomba l'orgueil de celle superbe ville, cinquante ans après la ruine de Jérusalem et de son temple. Par-la, furent accomplies les prédictions d'Isale, d'Habacuc et de Daniel. Ils avaient clairement annoncé que Babylone serait bloquée par les Mèdes , les JUamiles, autrement les Perses et les Amrénieas ; que son fleuve serait mis a sec ; qu'elle serait prise dans un jour de fête et de réjouissance ; que ses habitants dormiraient d'un sommeil qui n'aurait point de réveil. On a parlé dans b chronologie de l'Histoire Sainte, sur l'an 538 avant Jésus-Christ, du festin que Balthasar fit cette nuit aux grands de sa cour, de l'impiété qu'il eût de faire apporter; au milieu du repas , les vases du temple de Jérusalem , pour y boire avec ses convives, en l'honneur de ses dieux ; de ces trois mots énigmatinues , qu'une main, pendant cette profanation , traça miraculeusement , sur le mur de la salle , visa-vis de Balthasar, et de l'explication funeste que Daniel lui en donna. La mort de ce prince arriva dans la dit-septième année de son règne.