DES ROIS DE BYTHINIE
L'oiSTOinB sacrée ne fournit aucune lumière sur les premiers habitans de U Bithynie , et les auteurs profanes sont remplis de tant de contradictions , qu'il n'est pas possible de prendre un parti qui oc soit sujet a des difficultés insurmontables. Le seul article dont la plupart semblent convenir, c'est que les Bébryces , et ensuite les Bithyniens , ont habité celle contrée. Arrien, originaire de Bithynie, avait écrit une histoire de ce pays , que nous n'avons plus. Eustathe, quia puisé dans Amen, dit que c'est de Bébrycé, Glle de Danaiis , que les Bxbryces avaient emprunté leur nom. Celle princesse , malgré les ordres de son père , conserva la vie à celui des enfant d'iïùgyptus qu'on lui avait désigné pour époux. Dans la crainte que DanaUs ne U sacrifiât à son ressentiment , elle alla chercher un asile dans les cantons de l'Asie que possédaient alors des peuples barbares. Ceuxci , malgré Irur grossièreté , admirèrent la sagesse des Bébryces, et voulurent être appelés désormais Bébryciens. Ils prirent, dans la suite, le nom de Bithyniens, a cause d'un fleuve de Thrace appelé Belhyas. Appollodore nous apprend cjue quarante-neuf rois occupèrent le trône de Bithynie lusqu'au tenu où les Romains en devinrent les •• Mais nous n'en connaissons qu'un fort petit nombre.
Dadauus ou DjSSALctS, roi de Bithynie, régnait du tenu de Cyrus le jeunr. La perte de la bataille de Salirai ne et de Platée ayant beaucoup affaibli les farces de la Perse , les Grecs remirent en liberté les villes grecques d'Asie qui étaient sous la domination de cette puissance. Byzance et Chalcédoinc furent de ce nombre. Ces deux républiques, continuellement harcelées jusque- la par les Bithyniens , pour les limites de leurs territoires respeclifs, se liguèrent ensemble; et, ayant levé dans la Thrace un nombre considérable de soldats , pénètrent dans la Bithynie, où elles saccagèrent plusieurs bourgs et Greni un grand nombre de prisonniers, qu'elles livrèrent tous au tii Je l'épée avant de quitter le pays. Il parait néanmoins que ers peuples se réconcilièrent, et que vers l'an 4io avant J. C. ils vivaient en bonne intelligence. Les Chalcédoniens étant sur le point d'être assiégés par
Alcibiade (4°9)> envoyèrent en Bithynie leurs effets les Hais les Bithyniens , épouvantés par la répu-
plus préi
Ution du fameux capitaine athénien, lui livrèrent le dépôt qui leur était confié. Huit ans après ( 4°> ) , les Bithyniens fftjcèrent la honte de cette lâcheté, en combattant avec vigueur et succès contre les braves soldats qui, sous la conduite de Xénophon, firent la plus mémorable retraite qui fut jamais. La disgrâce ayant a la vérité rendu les Grecs plus circonspects, ils prirent ensuite des mesures plus justes , de Grent les Bithyniens en deux rencontres, et arrivèrent à Chrysopolit couverts de gloire et chargés de butin. Quoique les auteurs ne disent pas le nom du prince qui régnait alors en Bithynie, en refléchissant sur ce qu'ils racontent de cet empire, on ne peut s'empêcher d'attribuer les succès de. Bithyniens à Dasalcès. Ce prince ne jouit pas long-lcim du
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Pli.
rm éclatante en Bithj a Alexandrie < n'osant t
A MYCVJ4 est le plus ancien roi de Bithynie dont le nom soit parvenu jusquà nous. Il était, dit-on, Gis de Neptune et de la nymphe Mélié. Prince belliqueux et entreprenant , il désola, pendant le cours de son règne, les provinces voisines de la Bébrycie. Priolas , frère de l.yrus, roi des .M.rgandiuiens, voulut défendre les états de celui-ci contre les invasions d'Amycus; mais il fut défait, et périt dans une bataille qu'il lui livra. Hercule , qui revenait alors de la conquête de la toison d'or, touché des malheurs de f.ycus, son ami et son ancien hôte, rétablit les affaire* Jésespérées des Mariandyniens par une victoirj qu'il remporta sur les Bébryces. Clément donne Amycus pour l'inventeur du combat du ceste. Ce prince excellait dans cet exercice, et forçait ceux que la tempête avait jetés sur les côtes de ses étals, a s'essayer avec lui. Plusieurs étaient lombes sous ses coups , lorsque les Argonautes abordèrent au port de Calpc. Pollux eut l'honneur de combattre au cesle un prince Je son voisinage, redouté même des étrangers par sa valeur féroce , et
de le luer. Telle est l'opinion la plus universellement reçue pour le rétablissement de la ville d'Astaque. La cotonu sur le compte de cet Amycus. I d'Athéniens et de Mégariens qui s'y soutenait contre le»
t ! guerres continuelles que lui faisaient les barbares depuis
, qu'on ne doit pas confondre avec un autre de plus de trois cents ans, subit enfin le joug du roi de Bithynom, qui était fils de Teléon et fut père d'Eryx, nie. Charmé de sa nouvelle conquête, ce prince en reroi d'une contrée de la Sicile , devint , comme proche pa- lève les ruines , la décore de plusieurs beaux édifices, et en rent, le successeur d' Amycus, i la mémoire duquel, comme fait la capitale de ses étals. Memnon dit qu'il mourut âgé d'un héros, il consacra, avec les Bébryces, une chapelle de soixante quinte ans. dans le Nymphcum de Chalcédoinc.
Mucapobis est placé , par Denys de Byzance , au des rois de Bithynie. U eut pour successeur :
procure. Dercyllidas, après avoir traité rnabase (3çjA) , prit Jes quartiers d'hiver avagea une partie de ce pays. Desalce> mpagne contre des troupes aguerries et disciplinées, se contenta de les observer. Ce prince habile tombe sur le quartier des Thraces qui étaient a la solde de Dercyllidas , défit leur infanterie et s'empara du butin qu'ils avaient rassemblé en différentes oeca sions. Le général grec , appelé ailleurs par des affaires plus importantes, quitta la Bithynie au commencement du prinlems. Daesalcès, tranquille de ce côté-là . donne ses soins
et eut
MANOaox , qui , lié d'amitié avec Phobus , descendant de Codrus , remporta , avec son aide , de grands avantages sur ses voisins. Blepsus, frère de Phobus, persuadé par Man- - , lui amena une colonie de Phocéens,
Butibas , fils de Daualrès, fut son m me lui un assez long règne , dont on ne n aucun détail. Il vécut soixante-quinze ans, sui
Bias ou Bas remplaça sur le trône Botiras son père. Sous son règne, Denys, tyran d'Héraclée , forma le siège d As-
Les Bébryces étant devenus jaloux de ceux-ci , travaillent a se défaire d'eux. Mais , avertis par Lampsacé , fille de
— .~ Jiége d Astique. Mais il parait que son dessein était moins d'er — cette place que de se défaire des Héracléotes, qui lui suspects. Ces deux princes étaient en effet intéresses réunir contre la puissance d'Alexandre le Grand , qui naçait également leurs étals (333). Calas, l'un des géw du héros macédonien, ayant pénétré dans le royaume de ses compagnons lui érigèrent un superbe mausolée , et Bithynie, Bas marche à sa rencontre , et met en déi donnèrent le nom de Lampsaque a la ville qu'ils habitaient, phalanges, dont toutes les forces persanes n'osai»—
Mandron , ils évitèrent les la princesse étant morte peu
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la vue. Alexandre, occupé ators uniquement de la pnursuile de Darius, remet à un autre tenu la vengeance de l'aifronl que ses armes avaient reçu en Bithynic. Bai, depuis ce lems , gouverna paisiblement fa bithynic jusqu'à sa mort (3ao), ariivec dans la 71*. année de son âgé, la 5o«. de son règne, il la 4*. après la mort d'Alexandre.
ZipetÈs, ou ZipoETES. fil» de Ras, est regardé par M. Kollin comme le fondateur du royaume de Bilhynie. C'est lui en effet qui , pendant que les capitaines J'AlrxanJre partageaient et se disputaient la succession de leur maître , achève d'affranchir la Bithynie du joug de la Perse, cl recula plus qu'aucun autre de tes prédécesseurs les limites de se» elats. Pour se prémunir contre les républiques de f.halcédoine el d'Astaque , il partagea son année en deux corps el assiégea en même tems l'une et l'autre. Plolemee , général d'Aulignne, marche a leur secours. Zipœlés n'ounl hasarder une bataille contre un ennemi si redoutable, seul nrgotirr avec lui. Celui-ci exige qoe non-seulement il relire ses troupes, mais qu'il s'engage a ne plus inquiéter les deux repu bliqiie* J.e* conditions sont acceptées (it 5); mai» alors Anli gone ne peut plus veiller! la conservation des colonies asiatiques, a cause des affaires qu'il avait sur les bras. Zipelès ne laisse pas échapper l'occasion qu'il avait de te venger du traité honteux qu il avait fait. Ses troupes s'étant répandues .lans les cantons appartenants aux Chalcédoniens, y portent la désolation. Le» Chalcédoniens au désespoir, ramassent en Thrace et chet eux le plus de troupes qu'ils peuvent. Les Bitanlins «'étant entremis pour les Chalcédoniens , ZipoMès, qui avait intérêt a le» ménager, cède a leurs remontrances et renonce a une conquête presque certaine. Lysiraaque, maître de la Thrace, songe a s emparer de la Bilhynie (381). Mais aes généraux l'ayant attaque , furent défaits, avec perte Je la vie. La joie que causa cette victoire a Zipœtès fût si grande , qu'il ne pût y survivre , étant mort à l'âge de 76 ans, dans la 48'. année de son règne.
NicnMi.DE I, Gis atnéde Zi postés et son successeur , comrr.ença son règne par le massacre de deux de ses frères. S'étant déclaré en faveur d'Antigone Gnnatas, compétiteur d'Antiochus Soter, pour le troue de Syrie, il appela « son secours les Gaulois, qui vinrent alors pour la première fois en Asie (378) , la 3". année de la isS*. olympiade. (Pausan. in Phoc.) Avec leur secours , il conquit tout ce qui avait appartenu a son père. La reconnaissance l'engagea a partager avec eux sa conquête , et la portion qu'il leur assigna lût appelée Galatie ou Gallo-Grèce. Tranquille dans ses ctata , il Dltil près d'Astaque une nouvelle ville, qu'il nomma de son nom Niconu-die. En mourant . vers s5o, il nomma pour son successeur TlBITE, l'un de ses Gis. Mais celui-ci fut chassé avec l'aide des Gaulois par ZtLA ou Z1ÈLA8, son frère. Ce dernier, ingrat envers ceux qui l'avaient mis sur le trône, forma le dessein de se défaire de leurs chefs dans un repas. Mais averti* a propos , ils le firent périr dans k) même prége qu'il leur avait tendu , vers l'an a37.
Pnuatas, surnommé Ccnegos ou le Ckasslur, fut le successeur de Zcla son père. Ayant fait alliance avec les Hhodiens contre les Byzantins , il réduuit ces dernier» aux plus grandes extrémités. Jlitourna ses arme» ensuite contre Kumène , roi de Pergame, qu'il vainquit par l'adresse et la valeur d'Annibal, qui s'elail retiré chex lui. Le» Romains dont Kumène était ami , prirent sa défense, et proposèrent à Prusias, de leur livrer ce héros, leur ennemi capital. Prusias, après avoir résisté quelque tems à leurs sollicitations, se rendit enfin, effrayé par le» menaces du prêteur rlaminius (i83). Mais Annibal prévint l'exécution de son lâche dessein , en s'empoisonnant lui-même. Prusias ayant ainsi acquis au prix de son honneur l'amitié des Romains, se rendit »ei«e ans après a Rome , où il fut reçu avec une magnificence à laquelle il répondit par des bassesses d'es clave (167). S'elant fait raser la tête, il parut devant le sénat avec l'habit . le bonnet el la chaussure d'un affranchi. Le discours qu'il adressa a celte assemblée fût assorti a son équipage. De retour en ses états, il entra en guerre avec Attate, roi de Pcrgame, auquel il enleva la capitale de son royaume et d'autres places (i54). Mais les Romains l'obligèrent de tout rendre et de faire satisfaction au vaincu. De retour en Rylhinie , il ne s'occupa plus qu'à vexer ses sujets par des extorsions de toute espèce. Devenu par sa tyrannie odieux a ses peuples rt à sa propre famille, il termina sa vie infâme (148; par la main de Nicomède son fils.
Nicomède II monte sur le trotte de Bilhynie , après l'avoir souille par le meurtre de son père. Son règne , quoique long , n'offre pas de grands événements. Il eut de fréquentes querelle» avec Mithridate, roi de Pont, dont il avait épousé la sneur Apamée, veuve d'Ariarathe, en l'honneur de lai|urllt- ■I bltit la ville d'Apamre. Nicomède finit ses jour» après avoir occupe le IrAne cinquante-huit ans (qo). La douceui •le ton gouvernement lui méiita l'amour de ses sujets el leurs regrets après l'avoir perdu.
NicomEDE III , fil» de Nicomède II , ayant (ait alliance avec Mithridate, envahit la Paphlagonie, et porta se» vue» ensuite sur la Cappadoce. Mais chassé de là par Mithridate. il se relira en Paphlagonie , où il vécut en particulier jusqu'à ce qu'il fut rétabli par Sylla. Mais ce retour de prospérité ni' fut pas durable, et fut abrégé par une prompte mort ("5). Par son testament , il fit héritier de la Bilhynie le peuple romain.
Nota. No» auteurs ont profité , avec raison , de* savantes recherches de M. l'abbé Sevin. Voyti, Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tom. XII, pag. 3t6, tom. XV, pag. ai , et tom. XVI , pag. 1 4 ■ - H* ont cependant omis . dans la liste de leurs rois de Bithynie . un Prusias qui régnait du tems que Cynu occupait le trône de Perse. (JVate ia
DES ROIS DE PEKG AME. a55
CHRONOLOGII
DES ROIS d:
P SB g a MB, était une ville des plus considérables de la Mysie, dans l'Asie mineure. Lysimaque, l'un des capitaines u" Alexandre le Grand, s'en étant rendu maître après la célèbre bataille d'Ipsus {'Sot ), «'appliqua a l'embellir et la fortifier. Sa situation, *ur le fleuve l aïque, qui la traversait de l'est i l'ouest , n'était pas le moindre de ses avantages.
Philbterc, qu'on regarde, avec raison, comme le fondateur du royaume de Pergame, naquit vers l'an 341 avant J.C., deBoa, danseuse et courtisane de profession, qui faisait sa demeure ordinaire a Tios, ville de Paphlagonie. Parvenu à l'adolescence, Philétère s'attacha au macédonien De-rime, qui avait accompagné Alexandre le Grand dans toutes ses expéditions. Cet officier, après la mort de son roi, se déclara en faveur d'Anligone, mais passa ensuite au service de Lysimaquc. l'Inlélère l'y suivit. Lysimaque lui trouvant beaucoup de capacité, le prit pour son trésorier, et lui confia la ville de Pergamc, dans le chiteau de laquelle était son trésor. Phii et ère servit très-fidèlement Lysimaque dans ce poste, pendant un grand nombre d'années. La douleur qu il témoigna de la mort tragique d'Agathocle, fils de Lysimaque, (voyez Chron. hist. de Thmct), le rendit suspect 4 la jeune reine Atsinoc, dont les intrigues avaient procuré cette mort; Philétère, sciant aperçu du dessein qu'elle avait de le perdre, prit le parti delà révolte. Aidé, dans son dessein, de la protection de Seleucus, roi de Syrie, il eut le succès le plus heureux (283 ) , et se maintint dans la possession de la ville de Pergame, ainsi que des trésors de Lysimaque, qui montaient a quatre-vingt-dix mille talents. Dans les troubles qui suivirent la mort du roi de Thrace, et celle de ■Seleucus, Philétère se conduisit avec tant d'adresse et d'ha hilelé, qu'il 'conserva la place, et tout le pays d'alentour . lont il forma un eut, qui fut l'un des plus puissants de l'Asie, et dura cent cinquante-quatre ans, et pendant sept générations dans sa famille. Il en jouit lui-même pendant vingt ans, et mourut l'an a63 avant J.-C, dans la quatrevingtième année de son Sge, sans enfants. Une imprudence de sa nourrice l'avait réduit, pour jamais, à l'impuissance d'en avoir. Il laissa deux frères, Eumèoe et Atlale, dont l'aîné avait un fils qui suit (1).
a63. Egmèxe I, se trouvant, par la mort de son père Kunicne , héritier de la couronne de Pergame , succéda a son ourle Philétère. Anliochusl, roi de Syrie, dont les armes étaient victorieuses, crut pouvoir s'approprier cette succession. Il s'approche de Pergame; Enmène vient au-devant de lui avec toutes ses forces, cl l'attaque si brusquement, auprès de Sardes , qu'il ne lui laisse pas le tems de se reconnaître. Cette victoire, qui coûta peu au roi de Pergame, lui ouvrit toute l'Asie mineure, et augmenta beaucoup son royaume.
3>4'- Après ces succès , Eumèoe s'abandonna 1 l'intempérance et à l'ivrognerie, qui le condusirent au tombeau, après un règne de vingt-deux ans.
Attalb 1, cousin germain d'Eumène, et fils d'Atlale, frère cadet de Philétère, avait eu pour mère Anliochis , fille d'Achéus, qu'il ne faut pas confondre avec cet Achéus, qui secoua le joug de rois de Syrie. Atlale, prince sage ei vaillant , commença son règne par se mettre en état de se
l HISTORIQUE