DES ROIS ET DE LA RI
RiODKS a eu différent noms dans l'antiquité la plut reculée. Celui de Rhodes lui est resté dans la plupart des auteurs connus. Les étymologistes ont dit beaucoup de choses lur l'origine de ce nom. Il suffit pour l'intelligence des mëilaillcs , dont la connaissance est inséparablrrnent liée a l'histoire , de savoir que la rose qu'on trouve sur le revers de plusieurs pièces de monnaie des Rhodicns , fait allusion i la quantité de roses qui croissaient dans ce territoire, ou à Rriode, fille d'Apollon et de Vénus, ou à un bouton de rose d'airain qui ,1 ce qu'on prétend , fut trouvé en jetant tes fondement de la ville de Lindcs. (Juoi qu'il en soit, Rhodes est une lie de la mer Méditcrranécsituée vis-à-vis des côte» JeLycic et de Carie. Le climat en est des plus agréables et des plus fertiles en toute sorte de fruits exquis. Oe la est venue la fable, que ce pays a été autrefois inondé d'une pluie d'or L'île de Rhodes peut avoir cent vingt milles détour, et ne contenait*, du lems d'Homère , que trois villes appelées Lindus , Camire et Jalise, du nom des petits-fils de Pnoebus qui , suivant Slrabon et Cicéron en furent les fondateurs. La ville de Rhodes qui effaça les trois autres et devint la capitale de toute l'île, ne fut certainement bitie que plusieurs siècles après celles-ci , et pendant la guerre du Peloponèse, c'est -a dire entre l'an iai et 4«4 avant J. C. Hippolame (i), natif de Milet, l'un des meilleurs architectes que la Grèce ait jamais produit, en dirigea tous les ouvrages. Du tenu des Romains , Rhodes s'éiait rendue si fameuse par les science* , qu'elle a été mise par quelques anciens en parallèle avec Athènes. Son colosse n'a pas été moins renommé. C'était une statue de cuivre érigée en l'honneur d'Apollon ou du Soleil , que sa grandeur a tait regarder comme une des sept merveilles du monde. Chacun de ses pieds posait sur deui rochers placés à l'entrée du port ; ils laissaient assez d'espace en hauteur et en largeur pour donner passage a un vaisseau entrant a pleines voiles. D après ce colosse ,1'ile a été appelée , par quelques auteurs , Colossa , et les habitant Colossiens. Mais ces Colossiens ne sont pas ceux auxquels saint Paul adressa une de ses épitres. Ceux-là habitaient Colosse , ville de la Phrygie majeure. L'Ile de Rhodes fut premièrement peuplée, selon Diodore, par les Telchines, originaires de Crète, et ensuite par les Héliades, ou petit-fils de l'herbu*. Peu de tenu avant la guerre de Troye , Rhodes passa tous la domination d'un Héraclide. Mais, après cette guerre, les Doriens qui étaient proprement des Péloponésierts, te rendirent maîtres de la meilleure partie de l'Ile. Ces Doriens étaient descendus, suivant Eusèbe, de Tharsis , ou selon saint Jérôme, de Dodanim, l'un et l'autre fils de Javan , petit-fils de Japhet. Les Rhodiens s'adonnèrent de bonne heure au commerce. On prétend que dès l'année 719 avant J. C. , ils étaient déjà maîtres de la mer, et que les premières lois de la navigation , celles-là même qui ont été incorporées dans les Pandectes, viennent d'eux. Leur gouvernement fut d'abord monarchique , mais nous ne pouvons rien dire de certain de leurs premiers princes , leurs histoires n'étant pas parvenues jusqu'à nous. Ceux qui ont régné pendant et après la guerre de Troie , ne sont qu'un peu plu» connus, et c'est par eux que nous commencerons la chronologie historique des rois de Rhodes.
THitFOLiMB,filt d'Hercule , peu de temt avant la guerre de Troie, ayant tué par mégarde Lycimnius, quitte Argos et va fonder une colonie dans 111e de Rhodes. Il devient un peu de tenu roi de toute l'Ile , qu'il gouverna avec beau-
ÎPUBLIQUE DE RHODES.
[ coup de justice et d'équité. La guerre de Troie étant survenue (1293), Thlénolème y accompagna Agameranon , et laissa l'administration de son royaume entre les mains d'un nommé Buias , qui avait partagé sa fuite quand il s'était sauvé d'Nrgos. Quelques auteurs disent que ce prince fut tué devant Troie par Sarprdon ; d'autres prétendent qu'il revint chez lui chargé de dépouilles , et qu'ilcontinuade gouverner son royaume en bon roi.
Dont te n'est connu que de Pausanias, et on le suppose roi de Rhodes parce que son fils porta cette couronne.
Damacète était ce fils de Doriée. Un oracle lui ordonna d'épouser la fille du meilleur des Grecs. Il épousa la troisième d'Aristomène, chef des Messéniens (lequel vivait en l'an 685 avant J. C.), et persuada à ses compatriotes de quitter le parti des Laecdémooiens. Damagète eut de ce mariage :
DiAGOitE, qui succéda àson père sur le trône de Rhodes, et se rendit si célèbre par son attachement aux lois de la justice:, que les princes qui portèrent la couronne après lui furent tous appelés Diagorides, comme s'il avait éle le chef de la famille royale.
Evagoius n'est connu par aucune particularité de son règne. Laerce ne nous a conservé que son nom et celui de son fils , qui suit.
57t. Cl£oiole, né à Linde,dans l'Ile de Rhodes, fut le succeseur d'Evagoras. Il voyagea en Egypte, où il étudia la philosophie. A son retour dans sa patrie, il obtint l'estime, non-seulcnieni de se* compatriotes , mais aussi celle de tous les Grecs , et fut mi* au nombre des sept sages. Il était coutemporain de Solon, et avait à-peu-près les mêmes inclinations et les même* vue* de politique. La vie peu connue de ce roi philosophe n'offre qu'un événement assez rare ; c'est qu'il fut heureux en femme, en enfin*, en amis, en domestiques et en sujet*. Quoique très-attentif sur lui-même , il était sujet à des emporlemen* de colère que Cléobuline sa fille, aussi aimable que spirituelle, aussi spirituelle que vertueuse, avait seule l'adresse de calmer. Cette fille illustre et savante excella dans le talent de faire des énigmes. Cléobule mourut dan* sa soixante-dixième année , sans laisser d'eafao* maies.
EnASTtOR desrendait de Diagorc. Cléobuline lui résigna l'autorité souveraine dans Rhodes. Il ne paraît pas que ce prince en ait fait un usage digne d'être remarqué dans l'histoire. Pitsdare l'appelle un prince pacifique , et dit qu'il régna sans inquiéter te* voisins et sans en être inquiété. Quelques prince* de la même famille occupèrent le trâne de Rhodes après lui. Le seul dont les anciens fassent mention est Diagore, qui suit.
DiACOttB II était contemporain de Pindare. Il fut vainqueur aux jeux olympiques, isthmiques, néméens et argiens. Ce prince eut deux filles, Callipaterre et Phérénice, avec trois fils, Acusilas, Damagéle et Doriée. Ils furent tous trois vainqueurs aux jeux olympiques. Après qu'on les eut proclamés selon l'usage, ils coururent embrasser leur père qui était présent, et ayant mis leurs couronnes sur sa tête, ils le portèrent en triomphe à travers la foule. Le père ne
(1) Suivant l'HUt Unir., t. XII, et Callicnle, selon M. Mctot.
Acad. des Inser. , t. XXIII . p. 157. ( Haie éet Béilturt.)
uvanl soutenir
«rit de joie, meurt eitttt les bras de ses enfants, plus digne d'envie par le genre de sa morl , qu'à cause de Uni de victoires qui l'avaient égale au» dieux iicndanl M vie. Doriee, le dernier des enfants de Diogore, lut chasse de Rhodes, on ne sait pourquoi. Son exil' ne dura pas long- teins. A son retour , il se déclara ouvertement pour les Ucedemoniens, et servit même dans leur llotte sur des galère» équipées a ses dépens. Les Athéniens le firent prisonnier, et le renvoyèrent sans rançon en considération de h gloire qu'il avait acquise, en nombre d'occasions, aux yeux de toute la Grèce.
%Les chronologies mettent entre les denv Diagores, un espace de deux cent cinquante ans. L'histoire ne fournit que le peu que nom venons de voir pour le remplir. A la mort de Dia^ore 11 , elle noas montre sur le troue de Rhodes la famille des Asclepiadet, quoiqu'il y eut encore des Diagoridrs. Cela suppose quelque grande révolution; mais celle révolution uc doit pas avoir eu un effet bien durable , pu'uqu'au tems de l'cspédition de Xerxè* en Grèce, Rliodcs, suivant Diodore , n'avait plus de rois. C'est de cette époque que nous croyons pouvoir dater le commencement de la république de hhodes.
HHODES EN RÉPUBLIQUE.
480. Rhodes, rendue osa liberté, s'appliqua plus que jamais .111 commerce et à la navigation; devenue puissante par mer, « Ile établit plusieurs colonie* dans des pays éloignes , hhodes, en Ibérie, Parthénope, etc., les îles Gymnésiennes, qu'on a depuis appelées Baléares , étaient soumises a sa domination. Durantb guerre du Péloponese (43i), Rhodes sedépour les Athéniens; mais ceux-ci avant été défaits en Sicile (4i3.)t elle prit le parti des Lacédemooiens. Cunou, commandant la llotte des Perses (394) , battit les Lacédémonicns et répara le Pirée qu'ils avaient détruit. Les Rbo- Jicns retournèrent, pour lors, a l'alliance d'Athènes, qui ne pouvait leur être qu'avantageuse. (3o,t .) Cependant leurrépii- !>liquc était partagée en deux factions; le peuple était pour le* Vtliéniein, et les nobles pour les Ijcédemontena : la dernière t'emporta enfin , et l'aristocratie succéda à la démocratie. ( 35!». ) Le* habitants de Rhodes , de Chio , de Cos et de Byzauce se liguèrent contre les Athéniens, et firent celle guerre qu'on appela la guerre des allies. (355.) Après quatre ans de combats, la paix se lit par la médiation du roi de Perse. Le* Ithodiens et les autres alliés conservèrent leur liberté et leur indépendance. Mausole, roi de Carie, qui avait aidé le* alliés a secouer le joug d'Athènes, se déclara pour l'aristocratie, et devint peu-à-peu souverain de Cos et de Rhodes, la noblesse devenue odieuse au peuple, n'osant lui résister. Deux ans après ( 353), ce prince étant venu à mourir, le peuple et la noblesse de Rhodes se réunissent, chassent les garnisons de Mausole et recouvrent leur ancienne liberté. Ils équipent ensuite une (lotte, dans le desseiu de se rendre maîtres de la Carie. Artemise, veuve de Mausole , ordonne aux habitants d'Halicarnasse , où cette flotte devait débarquer, de témoigneraux RhoJiensde la disposition à se rendre. Ceux-ci mettent pied à terre sans opposition, arrivent jusque* dans la place et laissent leur flotte vuide. La reine fait alors entrer ses galères par un canal qu'elle avait fait faire exprès, entre dans le grand port, se saisit de la (lotte ennemie , y fait monter ses soldais, se remet en mer, et prend le chemin de Rhodes. Les Rhodiens étant entrés dans la capitale de la Carie , sont tous égorgés. Artemise arrive a La vue de Rhodes, sur des vaisseaux couronnés de laurier*. Les habitants ne doutent point que ce ne soit leur flotte victorieuse. (35a.) La reine de Carie ne trouve aucune résistance , et se rend sans peine maîtresse de Rhodes. Elle fait
mourir les premiers citoyens', comme principaux auteurs de l'expédition contre la Carie , et fait dresser dans la capitale des Rhodiens, un trophée de sa victoire, avec deux Statues de bronze, dont l'une réprésentait la ville de Rhodes, et l'autre. Artemise qui marquait celte ville d'un fer chaud. Les Rhodiens ainsi subjugués et humiliés, implorent secrètement la protêt lion des Athéniens. Démosthène fait , a cette occasion , la fameuse harangue intitulée : Pour ta liberté des Rhndiem. Par l'impression que ce discour* fit sur les Athéniens, ou par une suite de la mort d' Artemise, (35t.) qui mourut peu de tems après qu'elle se fut rendue maîtresse de Rhodes , le* Rhodiens recouvrent leur liberté. Neuf ans après celte événement, (34o.) Philippe ayant entrepris le siège de Byzanee , les Rhodiens et leurs alliés y envoient des troupes qui obligent le roi de Macédoine a faire la pais
Les Rhodiens entrent dans les sentiment* de confiance de* Athéniens et des autres Grecs , pour Alexandre le Grand, (335.) et remettent volontiers, entre le* mains de ce conquérant, leurs villes cl leurs ports. Ce prince leur terooimoigne beaucoup d'amitié et plus d'estime que pour aucun peuple de la Grèce. (3a40 A *» «nort *>* prennent les armes , chassent les garnisons macédoniennes et recouvrent encore une fois leur liberté. Quelques années après (3i5) , une inondation terrible pense submerger la ville de Rhodes. Antigone , l'un des capitaines d'Alexandre, irrite Je ce que les Rhodiens lui avaient refusé du secours dans la guerre de Chypre , envoie contre eux son fils Démétrius. (3oS. ) Celui-ci arrive devant Rhodes, avec une flotte de plus de deux cents vaisseaux de guerre et plus de soixante dix de transport, monté* par quarante mille hommes. Mille I autres barques étaient chargée* de vivre» et de toutes sortes de machines de guerre. Beaucoup d'étrangers et de pirates, attirés par l'espérance du butin, marchaient a la suite de Démélnus. Les Rhodiens, après avoir fait sortir de la ville toutes les bouches inutiles, comptaient six mille citoyens en état de porter le* armes et mille étrangers. Un décret du si'uat , qui promettait la liberté à tous les esclaves qui feraient quelque belle action, qui assurait aux maîtres le prix de chacun de ses esclaves , une sépulture honorable à tous ceux qui périraient dans le combat , une subsistance honnête aux pères , mères , femmes et enfant* , et une dot de mariage pour les filles de ceux qui se seraient sacrifiés pour le salut ■le la patrie , des honneurs, des récompenses, des distinctions , allument une ardeur incroyable dans tous les ordres ilr la ville. Ces insulaires n'attendent pas m*me l'ennemi ; ils le préviennent , l'attaquent , coulent a fond quelques vaisseaux d'une petite floltequi lui apportait des vivres, en brillent plusieurs , et emmènent grand nombre de prisonniers.
Démétrius, néanmoins, ayant fait dresser ses machines, commence a battre les murailles du nort , avec une ar.ieur incroyable, et continue l'attaque pendant huit jours entiers. Le* assiégés le repoussent toujours, mènent le feu i ses machine*, et l'obligent a leur donner quelque relâche. Ils en profitent pour reparer le* brèches, cl Démétrius pour raccommoder se* machine*. Un assaut général n'a pas plus de succès : bon nombre de soldats macédonien* et d'ofiieiers de marque y perdent la vie. Des machines qui lançaient des pierres du poids d'environ cent cinquanle livre* chacune, ébranlent les tours et ouvrent tes muraille* ; mais les brèches sont défendue* par les Rhodien», plus inébranlable* que des murs. Démétrius fait donner l'escalade tout a-la-fois , par mer et par terre. L'attaque se fait partout avec furie; partout on résiste avec intrépidité. Une quantité prodigieuse de flambeaux de paille et de traits allumés, jetés dans le port par l'ennemi, semblait devoir brûler tous 1rs vaisseaux, pendant que) les ballistes battaient le môle sans ducontiuuation. La diligence des assiégés pourvoit à tout. Ils éteignent les feux , et attaquent les bâtiments ennemis qui portaient le* machines, avec tant de violence, qu'ils les crèvent ; l'eau y entre de tous cotés , et plusieurs coulent a fond. Mais Exresle, très-habile amiral rhodien , est fait prisonnier. Cent cinquante Gnossiens, et cinq cent* hommes, envoyé* d'Egypte, arrivent au secours de Rhodes. Démétrius prend la résolution de faire toute* se* attaque* par terre. U'abord, il pratique secrètement plusieurs mines; mais lorsqu'elle* étaient sur le point de produire leur effet , un déserteur les révèle aux habitants, qui contreoiineut, et obligent l'ennemi d'abandonner son ouvrage. Un Milésieo, nommé Athénagore, et dévoué* Ptolémée, promet a Démétrius de lui livrer la ville, et d'y introduire, de nuit, ses 1 loupes par les mines. Démétrius y envoie un détachement de soldat* choisis , sou* le commandement d'Alexandre Macédonien. Celui-ci n'est pas plutôt arrivé au poste marqué, qu'il se voit environné, de tous côtés, et (ait prisonnier. Enfin, Démétrius se voyant sans autre ressource, (ait approcher des muraille* sa redoutable machine , appelée Helépole. Chacun de se* côté* est soutenu par des tortue* et de* béliers d'une grandeur extraordinaire. Le général macédonien en attend le plus grand succès. On tonne la charge , on donne un assaut général de tous côté*. Le* murs ébranlé* , sont sur le point de tomber. Une ambassade de Cnidiens, i Déracinas, obtient une suspension d'armes. Les Rhodiens ne veulent point de capitulation aux conditions proposées. L'attaque recommence tout de nouveau , et avec une fureur nouvelle. Toutes les machines jouent a-la-fois. Une grosse tour de pierre quarrée, avec la muraille qu'elle flanquait, eu est abhaitue. Mais les assiégé* se soutiennent a la brèche,
DE LA REPUBLIQUE DE RHODES
nemi est repousse; il» reçoivent, i jn-gfjntsf on secours abondant de
avec tant de râleur, ou malgré la vigilance Je
vivres de la pari de Piolémée^ Cassandre et Lysimaque, ce qui relève leur courage. Ils entreprennent de mettre le ira aux machines des ennemis. Démetrius craint qu'elles ne joient bientôt réduites en cendres, et les fait retirer, mais après avoir perdu beaucoup de monde. Pendant qu'il s'occupe a les réparer, les Rhodiens réparent leurs moradles , on en forment de nouvelles , et prennent tous les moyens de soutenir detiouvelles attaques. Elles recommencent en effet ; de grandes brèches ouvrent un large passage à l'ennemi. Les assièges, par des prodiges d'intrépidité et de valeur, le re poussent autant de fois qu il approche ; ils perdent néanmoins plusieurs officiers de le vaillant Amyntas, leur commandant.
Mhènes. et Je auelauea antres villes une suspension effet ; les Rhos par le général Démetrius fait côtés. La ville t obliges
marque Des am
iliens, rejetant macédonien ,
queiq neore de Démetrius on n'a point d'autre les conditions offert
en roeme
hostilité tems la
har
inmenci
: de tou
est attaquée par mer et par terre. Les t de courir partout. Pendant ce lems-Ia, quinze rentj hommes des meilleures troupes macédoniennes, sous la conduite de deu» excellents officiers, Alcime et Mancie, entrent dans la brèche , forcent 1rs retranchements qui étaient derrière , et vont se porter dans la ville , au» environs du théJtre , après avoir tue, ou rais en désordre tout ce qui s'opposait a eux. Toute la ville est en alarme. Les chefs des Rhodiens défendent cependant, avec la plus grande sévérité, aux officiers et aux soldats d'abandonner leurs postes ;puis,prenantavec eux l'élite de leurs troupes, viennent fondre sur le de lâchement ennemi, percent jusqu'à leur centre, tuent lescommandants , et sèment facilement le désordre ou la mort parmi ceux qui restent. Démetrius espère encore dans les effets desa terrible machine. Il se prépare a faire avancer son Helépole contre la ville. Un ingénieur rhodien ouvre une galerie souterraine sous les murs de la ville et sous le chemin par où l'Helépole devait en approcher. L'épouvantable machine est mise en marche. Elle arrive jusques sur l'endroit où l'on avait miné, l e terrein ne pouvant supporter un si énorme poids, fond tout-à-coup, et elle s'enfonce si avant en terre, qu'il n'est plus possible de l'en retirer. Après un an entier d épreuve, Démetrius reconnaît enfin que Rhodes et les Rhodiens sont invincibles (3o4)> " consent a la paix, 1 condition qu'ils donneront du secours à Anligone , dans toutes ses guerres , excepté dans celles qu'il aurait contre Plolémée, roi d Egypte. Démetrius, réconcilié avec les Rhodiens, leur fait présent, avant son départ, de toutes les machines qu'il avait employées au siège. Ils les vendirent , dans la suite, et l'argent qui revint de celte vente, servit en partie a faire le colosse dont on a parlé ci-dessus.
La paix rétablie dans Rhodes, les habitants s'appliquent a la navigation et au commerce, qui les rendent les souverains de la mer, et le peuple le plus riche de toute la Grèce, t. es Rhodiens jouissaient de cet te paix, depuis longues années, lorsqu'un tremblement de terre abbatit (aa4) leur fameux colosse , sans épargner ni les maisons particulières , ni les édifices publics. Les Rhodiens envoient des ambassadeurs chéz tous les princes voisins, pour implorer leur secours. Ce désastre , par la libéralité de tous ces princes , tourne a l'avantage de Rhodes, qui , en peu de tems, se rétablit dans un état plus opulent que jamais.
Six ou sept ans depuis , les Byzantins, obligés de payer aux Gaulois un tribut annuel de 80 talents, s'avisent de mettre un impôt sur toutes les marchandises passant par le détroit de Ryzance (si 7). Les Rhodiens ne croient pas devoir souffrir cette entrave a leur commerce. Us déclarent la guerre aux Byzantins. Prusias II, roi de Bithynie, se joint a eux; Aliale et Acheus , épousent la cause des Byzantins. Cavare , roi des Gaulois de Tnrace , se rend médiateur. Les deux parlis consentent a la paix. Rhodes entreprend de ta procurer a Attale I , roi de Pergame , son allié. Philippe de Macédoine ayant envahi les terres de ce prince, fait mettre le feu a la flotte des Rhodiens pour les empêcher de secourir leur ami. Les Rhodiens arment contre Philippe. Un combat naval donné près de l'île de Ladé(3o3), vis-à-vis de Milet . tourne à l'avantage du roi de Macédoine. Mais l'année suivante (tôt), il est pleinement défait a la hauteur de l'île de Chio , par les flottes réuoies d'Atlale et des Rhodiens. Au retour de celle victoire , les Rhodiens et les Pergameniens renouvellent leur alliance avec Athènes. Cependant Philippe ne cessant point d'inquiéier les villes grecques qui refusaient
de se déclarer pour lui contre les Romains, les Rhodiens , qui avaient fait alliance avec la république , envoient des ambassadeurs a Rome (200), qui joignent leurs plaintes a celles des autres villes grecques contre le roi de Macédoine. Les ambassadeurs Rhodiens sont reçus avec distinction par le sénat. Rome déclare la guerre a Philippe. Les Rhodiens , avec leurs alliés, se rendent maîtres d'Orée, place forte située sur la cote orientale de l'Eubée, appartenant a Philippe, et ravagent ensuite tous les pays d'alentour, déclarés pour le roi. L'année suivante, Erytrée, ville peu éloignée I des bords de l'Euripe , est prise d'assaut (199) par les allies , ' aussi bien que celle deCaryste. Ils assiègent ensuite Cenchree, l'un des ports de Corinthe; mais un corps de macédoniens et un bon nombre de déserteurs romains qui défendaient la ville, obligent ceux-ci et les Rhodiens de lever le siège. Cependant les Rhodiens, avec leurs seules forces, enlèvent à Philippe, Pérée, petite province de la Carie, séparée de Rhodes par la mer Carpalhienne (190). Ils donnent une preuve signalée de leur attachement a la république et de leur zèle pour les intérêts de la Grèce dans la guerre contre le roi de Syrie. Les Romains , de leur côté, ne veulent conclure la paix avec Philippe , qu'à la condition de céder aux Rhodiens Stratonice et la meilleure partie de la Carie. Mais les armes romaines ayant eu tout le succès possible dans la Syrie, k l'aide des bons services des Rhodiens, le sénat croit devoir les en récompeiiser d'une manière encore plus libérale, en leur cédant prèférablement à Euménès la Lycie et la Carie (189). Les Rhodiens, quoique amis de la liberté, oppriment les Lyciens( 177). Ceux-ci se plaignent au sénat de Rome. Des commissaires romains calment les mécootens, et les Rhodiens traitent dans la suite les Lyciens leurs sujets et les alliés de la république avec plus de douceur et d'équité. Euménès néanmoins réussit à prévenir les Romains contre les Rhodiens. La république les soupçonne d'intelligence avec Persée(t7o). Celui-ci en effet n'avait rien négligé pour engager Rhodes au moins à devenir neutre, mais vainement jusqu'alors. Des avantages remportés par la flotte macédonienne sur les Romains , décident ceux de Rhodes à garder la neutralité entre Rome et Percée (169). Rome s'en irrite. Les Rhodiens tâchent d'appaiser la colère du sénat. Caton même parle en leur faveur. Ils sont contenu de ne perdre que la Lycie et la Carie, qui leur sont ôlées par les Romains. Quelque tenu après néanmoins Rome les admet au nombre des alliés de la république , et ils achèvent de recouvrer ses bonnes grâces , en forçant les Cauniens d'abandonner le siège de Calynde, ville fameuse de la Carie. Les Romains accordent même aux Rhodiens que ceux d'en tr'eux qui avaient eu autrefois des terres dans la Carie et la Lycie, en soient remis en possession, et que pour signaler leur reconnaissance (16a), ils érigent une slalue à Minerve dans letempledeceliedéesse à Rome. La bonne intelligence rétablie entre les deux républiques subsista long-tems.Milb.ridate, roi de Pont, ayant déclaré la guerre aux Romains, ceux de Rhodes sont les seuls de tous les Grecs qui demeurent fidèles à la république romaine, et reçoivent dans leurs murs non-seulement les Asiatiques chassés de leur pays, et Cassius lui-même , autrefois gouverneur de la province de Pergame , mais encore ceux des Romains qui avaient besoin de refuge. Cette conduite détermine Milhridate à tourner (*8) ses forces contre celte Hé. Les Rhodiens néanmoins l'obligent d'en lever le siège après lui avoir tué beaucoup de monde et pris la meilleure partie de sa flotte. Les Rhodiens ne sont pas moins utiles à Pompée dans la guerre contre les corsaires ciliçiens (67) , et les forces navales de Rhodes ont une part considérable aux victoires de cè général romain. Dans la guerre civile allumée entre lui et César (49) , Pompée ne leur eut pas moins d'obligation. Après sa mort (4<J) , les Rhodiens se déclarent pour César, et s'attirent par-là le ressentiment de Cassius. Celui-ci parait devant Rhodes avec une flotte puissante. I.es Rhodiens voudraient l'appaiser, mais ne peuvent se résoudre à remettre entre ses mains leurs vaisseaux , leur port et leur ville. Archelaus , qui avait enseigné le grec a Cassius , ne peut engager son disciple à relâcher quelque chose de ses prétentions. Rhoiles se determioe à la résistance (4a). Sa flotte, après avoir combattu Jong-tems avec une valeur incroyable , est défaite par celle de Cassius. Les Romains prennent ensuite d'assaut la forteresse de Loryma, située dans le continent, et passent de là avec leurs forces de terre dans l'Ile. Un second combat sur mer , encore plus sanglant que le premier , promet pendant quelque tems la victoire aux Rhodiens; mais la décide à la fin en faveur des armes romaines. Celles-ci , immédiatement
aGO
CHRONOLOGIE HISTOHIQUE
«près, bloquent la ville par lerre cl par mer. Quelquesuns de* habitait* craignant cjue la ville oc fût prise par famine ou d*a*saui, ouvrent secrètement les portes au consul. Castius ne laisse pas de traiter la ville comme si elle eût été prise d'assaut , condamnant a mort tous les principaux citoyens qu'il soupçonnait d'être ses ennemis, proscrivant les autres, pillant les trésors de tous les particuliers , et imposant a la ville une amende de Soo talents. Quelque tenu après la mort de Cassius, M. Antoine rend aux Rhodiens leurs anciens privilèges , et leur donne les îles d'Androi , de Te nos, de Kaxe, avec la ville de MynJe. Les taxes dont ils accablent ces différens pays, obligent Antoine de révoquer son propre don. Depuis ce tenu , les Rhodiens perdirent ou ■ecouvrèrent leur liberté, selon que Rome était contente ou mécontente d'eux. Vespasien réduisit Rhodes enfin en province romaine, et l'obligea de payer un tribut à la république. Cette province (depuis J. C. ;4) fol appelée la Pruvinct des fia.
Nolo. On sera sans doute bien aise de retrouver ici
Il y avait a Rhodes un fameux peintre , nommé Protogène, natif de Caune , ville de Carie. Soo atelier était hors de la ville, lorsque Démétrius en forma le siège. Il ne quitta point ta demeure et n'interrompit point son travail. Le roi, surpris de cette tranquillité, lui en demanda un jour la raison : prince , lui repondit Prologène , c'esl que je suis persuade que si vous avez déclaré la guerre aux Rhodien , vous ne la faites point aux beaux-arts. Démélrius donna des ordres pour qu il fut en sûreté , même au milieu de son camp.
Jje chef-d'œuvre de ce peintre était Vlalite ; lalise passait pour le fondateur d'une ville de ce nom, dans 1 lie de Rhodes. (A'ote des Editeurs.)
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
DES ROIS D'ÉPIRE
Lj'Épiu était anciennement un royaume considérable de la Grèce , borné au nord par les monts Cérauniens ; au mid par le golfe d'Ambracie; a l'est par laThessalie et la Macédoine, et a l'ouest par la mer cTlonie. Elle s'appelait premièrement Epinis Dodoaea, le continent des Dodonéens, et dans la suite, elle fut nommée Epire, ou le Continent, sans addition, suivant la signifiait ion du mot grec Epeiros.
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Elle comprenait plusieurs
les plus renommés furent [es Molosses, dont la ville capitale était Dodo ne, fameuse par l'oracle et le temple de Jupiter ; 1rs Cbaoniens , dont Orique était la ville principale ; les Thesprotiens, ou Tesprotes, qui avaient pour capitale Buihrole ; et Ambracie était celle des Aearnaniens; a l'entrée du golfe était le port d'Adium, célèbre par la victoire il' Auguste sur Antoine.
Les rois d' Epire prétendaient descendre de Pyrrhus, fils d'Achille, qui était venu s'établir dans ce pays. Ils s'appelaient Eacides, du nom d'Eacus, grand-père d'Achille. Les tems antérieurs a Pyrrhus étant couverts de la plus épaisse obscurité, et les mis, qu'on suppose avoir gouverné les Molosses avant son arrivée, élaot beaucoup mieux connut par le témoignage des poêles que par celui des historiens, nous commencerons notre chronologie historique par Pyrrhus.
Pyhbhds I on NiOrTOLtKX , est le premier des Eacides qui régna dans l'Epire. Il était Gis d'Achille et de Déidamte , lille de Lycomède , mi de Pile de Scvros. Le père de Pyrrhus ayant été tué devant Troie , Dioroède et Ulysse rengagèrent » se charger du commandement des troupes qu'Achille avait menées contre Troie. Il se distingua beaucoup au siège de cette ville. Quand les Grecs s'en furent rendus maîtres, il tua de sa propre main Priant , précipita Aslyanax , fils d'Hector et d'Adromaque, du haut d'une tour, immola Polyxène, lille de Priam , sur le tombeau de son père , et lui/
■le Delphes, pour avoir épousé Hrrmionb , fille de Ménélas et d'Hélène , laquelle avait été promise en mariage à Oreste. Le corps de Pyrrhus fut enterré dans le temple où il avait été assassiné. Lorsque les Gaulois firent irruption en Epire, on offrit des sacrifices annuels sur son tombeau , et on institua des jeux solennels en son honneur. La pyrrhique, espèce de danse d'uo homme armé , reçut son nom de lui , parce qu'il la dansa le premier autour du tombeau de -son père Achille. Le surnom de Néoptolème ou de jeune guerrier lui avait été donné quand il alla pour la première fois au sir-ge de Troie, parce qu'il était encore fort jeuae en ce
Lanaua , première femme de Pyrrhus , était fille de Cléodée, l'un des descendant d'Hercule ; elle fut mère de Pyrrhus , d'Alevai , d'Ethuesle et de cinq filles. Hbrsjione , sa seconde femme, ne lui donna point d'enfants; il eut d'Andronuque, sa troisième femme ou sa concubine , Molostus , Piélus et Amphialus. Pyrrhus mourut en bas âjje ; Alevas fut élevé par son bisaïeul Pélée, roi de Phlhie en Tliessalie , et nommé par ce prince l'héritier de sa couronne ; Ethnesie vécut avec son frère en Thessalie , et donna son nom è la tribu des Ethnestes , dont Stephanus fait mention. Amphialus passa en Asie avec sa mère, et y ayant tué en combat singulier, Arius, roi de Teuthanie, régna a sa place, et choisit Pergame, déjà bâtie par les M) siens pour le lieu de sa résidence, d'où lui est venu le surnom de Pergaraos. Parmi les descendants d1 Amphialus, on trouve un cer lain Pracès, qui fonda un temple en Uconie, a l'honneur d'Achille. La postérité d'Alevas régna en Thessalie jusqu'à Xercès, sur qui les Macédoniens conquirent celte province , qu'ils rendirent libre. Les cinq Gîtes de Pyrrhus furent toutes
Andronaaque en Epire, où il alla s'établir parle du fameux devin Détenus , fils de Priam, avec les Minaidons, qui avaient servi sous lui et sous sou père pendant la guerre de Troie. Pyrrhus se soutint dans son nouvel éta Glissement par le secours des Pélopides, dont il était parent , contre les naturels du pays. Ceux ci à la fin le reconnurent pour roi. Mais son règne ne fut pas de longue durée , puisqu'immédiatemenl après avoir réglé les affaires de son nouveau royaume, il fui tué par Oreste dans le temple même
Molossi», après la mort de Pyrrhus soo père , resta sous la tutelle d'Hélenus,à qui Pyrrhus avait donne Amlromaqur en mariage avec une riarlic de son royaume. Deleous roi tout le soin possible de sou élève, et lui laissa à sa mort cette portion du royaume J' Epire qui lui avait été conférée par Pyrrhus. Mulossus étant venu à mourir sani enfants , selon Pausanias , donna toute l'Epire à son frère Pielus.
PléLUS nu PylaDÈs régna dans l'Epire ; c'est tout cr que nous en savons. On ignore pareillement les événements et les
DES ROIS D'ÉPIHE.
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des rois qui oni rempli le long intervalle < enire Piélus et Admctc.
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480. Achète était sur le trdoe d'Epire , et avait sous sa domination la plus grande partie de ce pays dans le tenu que Xercès envahit la Grèce. Il ne se déclara ni pour les Perses ni pour les Grecs ; mais après la défaite des premiers , il rechercha l'alliance des Athéniens. Thémistocle Cl rejeter sa. demande avec mépris, parce qu'Admète n'avait fourni aucun secours contre l'ennemi commun. Cependant le roi d'Epire fut assez généreux pour oublier ce mauvais office , et reçut Thémistocle dans son exil (471) avec de grandes marques d'amitié et d'estime; il refusa même de le livrer aux Athéniens et aux l.acédcmonicns , qui le menaçaient de guerre en cas de refus, et lui fournit de l'argent avec tout ce qui lui était nécessaire quand il quitta l'Epire pour se renare en Perse. Admète eut de sa femme Pbthie , un wul qui lui succéda.
4*9. TnanTHBAS ou Abym bas I , dit aussi Thabbytas ou Tiiakrtm , était fort jeune quand son père Admète vint a mourir. Il fut , par un décret du peuple, mis sous la tutelle de SabylintUè, homme de la première distinction et d'une probité reconnue. Sabylinlhe l'accompagna à Athènes , où le jeune prince puisa toutes les connaissances propres a former l'esprit et le cœur d'un bon roi. Aussi surpassa-t-il tous ses ancêtres dans la science de régner. A son retour d'Athènes, il fit des lois, établit un sénat avec des magistrats , et régla la forme du gouvernement. Les Molosses cl les Antitaniens seuls le reconnaissaient pour roi ; les autres peuples d'Epire avaient leurs rois particuliers, ou vivaient dans l'ii '
385. A IX ETE est celui que les historiens nomment roi d'Epire après Tharymbas, sans nous dire de qui il était fils. Ses sujets le chassèrent du trône ; il se réfugia a Syracuse. Denis, tyran de cette ville , forma , par son entremise , une ligue avec les III) riens, et lui donna une grande armée pour le rétablir sur le trône. Il parait que cette expédition réussit en faveur d'Alcèle. Ses états furent envahis quelques années après par Jason (-$76), tyran dePhères. Les Athéniens étant entrés en alliance avec Alcète par la médiation de Timolhée , Jason retira ses troupes de l'Epire , et laissa Alcète tout le reste de son règne.
NÉOPTOLÈHE 11 et Abyxbas 11 étaient les deux fils d1 Alcète. Après la mort de leur père, l'aîné partagea l'autorité souveraine avec son cadet , pour éviter une guerre civile
Sue celui-ci voulait susciter. Les exploits, ni les événements u règne de Ncoptolème, ne sont point parvenus jusqu'à nous. Il laissa un fils nommé Alexandre , et deux filles , Troas et Olympias , et mourut après un règue fort court. (36o).
AbymbaS II était resté seul maître de l'Epire par la mort de son frère , il la gouverna, contre l'attente de ses sujets, avec beaucoup de prudence , d'équité et de modération. Il aimait les sciences et les savants. Ce fut a lui que Xénocrate, philosophe chalcédonien , dédia quatre livres qu'il composa sur l'art de régner. Ce prince éleva aussi avec beaucoup de soin les enfants de son frère. Il épousa Troas , l'une de ses nièces , et donna l'autre , Olympus, en mariage a Philippe, roi de Macédoine, qui eut d'elle Alexandre le Grand. Les
ambitieuses qu avait Arymbas eo faisant épouser sa nièce par le roi de Macédoine, ne lui réussirent pas. Philippe, bien loin de se prêter a son ambition , lui déclara la guerre , peut-être en faveur de son beau-frère Alexandre. Ce |eune prince, placé sur le trône, aurait cédé plus facilement que son oncle quelques ports de l'Epire , fort utiles au succès des grands desseins du roi de Macédoine. <^ooi qu'il eu soit, celui-ci , détourné par des affaires plus importantes , se désista de cette guerre, mais relira le jeune prince des mains de son oncle, soit pour mettre u vie en sûreté, suit pour tenir Arymbas en respect. Arymbas régna presque dix ans après celle réconciliation , et laissa deux fils, Eacide et Alcète, et une fille nommée Beroa, qui, selon quelques auteurs , épousa Glaucias, roi d'Ulyrie.
34*. Alexakmu, frère d'Olympias, fut mis «oui en possession du Irone de son oncle, a l'exclusion d'Eacide, par le crédit de son beau-frère Philippe, qui lui donna dans la suite en mariage LléopSlre, Qu'il avait eu d'Olvin-
eche et à I lom
fut traité de
pias. Alexandre n'avait que vingt ans lorsqu'il fut le trône d'Epire.
Les Samnilcs et les Lncaniens firent la guerre contre Aleiaudre, qui était passé en Italie au secours des Tarent ins, avec qui le roi de Larédémone était en querelle. Le roi d'Epire fit fiîa) une desrente a Pastum , ville maritime près l'embouchure du fleuve Sybarus, réduisit sous son obéissance plusieurs villes des Lucanicns et des Brutiens. Apr* s avoir vaincu ces peuples , il fit alliance avec les Romains.
Alexandre passa une seconde fois en Italie , et fit de nouveau la guerre aux Lucaniens et aux Brutiens; il leur prit plusieurs villes, et envoya en Epire plus de iroia cents ôiagcs, presque tous appartenants aux. meilleures familles des places qu il avait conquises. Il les défit encore dans une autre bataille ; mais comme il poursuivait un corps de Lucaniens , un soldat de cette nation , dont il avait formé une compagnie de gardes pour sa personne, lui décocha une ^e qui le perça par derrière, pendant qu'il passait achevai la nage le fleuve appelé l'Achéron. Le corps mort du roi » dans l'eau , qui le porta dans le camp ennemi , où il raité de la manière la plus indigne. Une femme, dont le mari et les enfants avaient été pris par les Epirotes , ayant obtenu , a force de prières , que les restes epars de ce cadavre (que les Lucanicns avaient mis en pièces) lui fussent remis , elle les j»orla, pour avoir la liberté de sa famille captive, a CléopAtre et a Olympias, l'une femme et l'autre sœur du feu roi. Tous les anciens parlent de ce prince comme n'ayant été inférieur ni en habileté ni en courage i son neveu Alexandre le Grand. Orose dit qu'il fui tué par les Samnites dans le temps qu'il faisait des préparatifs de guerre contre les Komains (3ix ). La mort de ce prince peut se rapporter a l'automne de celle mi-nie année, suivant M. de Nicolaï , Acad. des Inscript. , tom. XII , p. 353.
Eacide, Gis d'Arymhat II et petit-fils d'Alcèle I , étant monté sur le trône de l'Epire . épousa la cause d'Olympias contre Cassandre , et mit sur pied une puissante armée pour lui faire lever le siège de Pydna, où celte reine a était renfermée. Plusieurs de ses sujets, a qui il avait fait prendre les armes pour celte expédition contre leur gré, se mutinèrent contre lui. Alors il les congédie et marche avec ceux qui veulent bien le suivre vers Pydna (3i6). A peine a-t-il quitté l'Epire, que les mutins l'ont passer un décret par lequel ils bannissaient Eacide du royaume , et concluaient une alliauce avec Cassandrc. Celui-ci dépêche aussitôt Lycisque en Epire pour y gouverner en son nom. Les Epirotes s'elant bientôt repentis d'avoir banni leur roi, le rappelèrent; mais Eacide jouit peu de ce retour de bonheur, avant été tué la même année (3i3) dans une bataille contre Philippe, frère de CassanJae. Ce prince avait régné dix-huit ans, et avait eu de sa femme Phtia, fille de Ménoo le Thessalien et l'un des Héraclides, Pyrrhus , si fameux dans l'histoire , avec deux filles , Déidamte et Troiade , dont la première épousa Démétrius Poliorcète.
3ix Alcetb, frère d'Eacide, élu roi d'Epire aprèslui, était d'un caractère violent, qui porta son père Arymbas a le bannir de sa cour. Ennemi déclaré de Cassandre , il n'oublia rien pour former une armée capable de le faire sortir A jamais de l'Epire.' Lycisquc, dont les troupes élaient en plus grand nombre que les Epirotes , obligea le roi de se renfermer dans U ville d'Eurymène , où il fut assiégé. Alexandre, l'un de ses fils, lui ayant amené un puissant secours , il y eut une sanglante action entre les Epirotes et les Macédoniens, au grand désavantage de Cassandre. Mais peu de jours après celle victoire, Dinias ayant amené un renfort a Lycisquc, celui-ci se vit en élat de hazarder une seconde bataille, où Alcète et deux de aes enfants, Alexandre et Teucer, " la fuite et
ment défaits, contraints de prendre la ville d'Eurymène a l'ennemi , qui
ville d'Eurymèi la pilla et la rasa jusques dans ses fondements. Cassandre , néanmoins, ne refusa pas de traiter avec les Epirotes, et conclut , avec leur roi , une paix honorable (3i 1).
Alcète , délivré d'une guerre fâcheuse, commence à exercer loulc sorte de cruautés envers ses propres sujets. Ceux-ci se mutinent, se révoltent et le massacrent loi et deux de ses fils , Hcsionée et Nisus (ao5) ; les deus autres , Alexandre et Toucer, ont le bonheur de se sauver, et ne reparurent plus dans la suite en Epire. Alcète y avait régné dix-huit ans.
l*YRRi|i!.s U, conimr* fiW J'F.acido et mMît-fiU. nar sa rncre.
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
avait déjà c journct-
de Mënon , comptait parmi ses ancêtres Achille et Hercule. Il était encore a la mamelle, longue son père fut chassé du trône. Deux seigneurs épirotes l'avaient sauvé des mains des mutins et conduit a la eonr de Glaucias , roi iTIllyrie , qui , selon la conjecture de quelque* auteurs, avait épousé Béroa, fille d'Arymbas, petite-fille d'Ascète, et par conséquent tante de Pyrrhus. Glaucias s'était sait un devoir d'élever le jeune prince avec tout le soin possible, et avait rejeté avec horreur la proposition de deux cents talents avec la condition de remettre cet enfant entre le* mains de Cassandrc. Biais il ne parait point que le roi d'Illyrie ait fait aucun mouvement nom- le placer sur le trône, tant qu'il fut occupé par Akète. Ouoiqu'en disent Plutarque et Justin, nous croyons plus vraisemblable que Pyrrhus ne fut rétabli dans se* étal* qu'après la mort de Casaandre et d'Alcèle. Aussi les historiens ne font-ils commencer son règne qu'à cette année (agi), où il avait envirso dix-huit an*. Mais des l'âge de quatorze a quinte ans, ce jeune prince donné des preuve* de sa valeur future à la famen d'Ipsus, où il se distingua entre le* plus brave*, i vant le poste où il était placé et le» ville* grecque* qui lui avaient été confiées par son beau-frère Oémélrius, pour lequel même il porta la générosité jusqu'à aller pour lui en Egypte, comme otage, après la conclusion de la paix entre les capitaine* d'Alexandre le Grand. Pvrrhus était encore a cette cour du roi d'Egypte en aoj. U s attacha particulièrement à la reine Bérénice, dont il épousa la fille qu'elle avait eue de Philippe , son premier mari. Dès qu'il eut épousé Antigone , c était le nom de celte fille de Bérénice , la reine profitant du crédit qu'elle avait sur le roi , son époux, l'engage ? donner i son gendre une flotte et de l'argent. Pyrrhus, avec ce secours , se rend en Epire et recouvre son royaume, après avoir défait un Néoptolèmeque le* Molosses avaient placé sur le trône. Celui-ci a recours aux princes voisins. Pyrrhus, redoutant le» effets d'uoe guerre cède a «on rival «ne partie de ses états. Néoptolème parait d'abord content Quelque tenu après, a l'instigation des ennemi* de Pyrrhus, il tente d'empoisonner ce prince. Sa tentative est découverte, il est mis lui-même a mort.
30,3. Pyrrhus ne demeure pas long-tem» «eut maître de l'Epire. Démélrius, son beau-frère , le chasse de la Thessalie et ravage le royaume , pendant que le roi défait et bat Penlauchus, général de Démélrius. Après ce* victoire* , le* deux prince* se réconcilient et font alliance ensemble.
387. Cinq an* après le roi d'Epire, engagé dans la ligue formée par Ptolémée , Lysimaque et Seleucus , contre uèmétrius, attaque la Macédoine d'un coté, pendant que Lysimaque l'attaquait de l'autre. Avant que Démélrius ail pu venir au secours de ses états, *Pyrrhu* lui a déjà enlevé Itérée, l'une des plus considérables places de la Macédoine , où il trouva les femme*, les enfants et les effets d'un nombre de soldais de Démélrius. L'armée entière de celui-ci abandonne son maître, entre au service de Pyrrhus, et le proclame roi de Macédoine. Pyrrhus consent a partager avec l.ysinfaque les villes et le* province* conquises. Cet accord ne les rend pas meilleurs amis. Les Macédoniens, rebutés par les continuelles expéditions militaires de leur nouveau roi , et sollicités par Lysimaque, abandonnent Pyrrhus, qui se relire lui-même de la Macédoine, après y avoir règne sept mois , et retourne en Epire avec ses troupe* et celles de ses alliés.