Pyrrhus , qui ne pouvait souffrir le repos , agrée la
S ro position que lut font les Tarentins et tous les Grecs 'Italie, de commander leurs troupes jointes aux sienne* , contre le* Romains. Le* sages discours oc Cinéas le Thessalien , disciple de Démosthènes et le plus grand orateur de son tems, ne peuvent le guérir de son avidité pour la gloire. Il s'embarque, avant le commencement du pnniems, sur la mer d'Ionie pour l'Italie. Des qu'il a gagné la pleine mer, un vent impétueux du nord l'emporte, et le fait aborder i la cote d'Italie avec des peines infinies et un trèsgrand danger; le reste de la flotte ne peut tenir la route. Il continue, néanmoins, la sienne; un vent de terre menace sa galère d'être entrouverte ; Pyrrhus se jette â la mer avec ses amis et ses gardes, et lutte une partie de la nuit contre les vents et le* vagues; le lendemain, le vent étant baissé, le roi d'Epire est jeté sur le rivage, le corps faible et abattu, mais le courage toujours grand et invincible. Les Messapiens lui donnent tous les secours qui étaient en leur
pouvoir, Pyrrhus rassemble tout ce qui était échappé au naufrage, et marche vers Tarente, dont il oblige les habitants de quitter leur vie molle et oisive, de prendre les armes et de s'assujélir a la discipline militaire. Pyrrhus, ayant appris que le consul Levinus s'avançait contre lui avec une puissante année , se met en campagne , avant le mois de juillet , avec le peu de troupes qu'il avait ; car ses alliés n'étaient point encore arrivés. Les deux armées se' rencontrent lorsque celle des Romains avait déjà passé la rivière de Siris, non loin d'Héraclee. Pyrrhus leur livre bataille, et combat lui-même avec la plus grande intrépidité d'un héros , mais en oubliant le devoir essentiel de conserver celui de qui dépend tout le sort d'une armée. Cet oubli lui eût coûté la vie sans un Macédonien nommé Léonat, qui tua on cavalier romain prél a porter le dernier coup au roi. Echappé a ce danger , Pyrrhus charge jusqu'à sept fois les ennemis, qui le reçoivent, dit-on, autant de fois avec beaucoup de courage. Ce prince, ayant eu lieu , dans ces actions, de s'apercevoir qu'on s'attachait particulièrement a sa personne , avait eu la prudence de donner son manteau et ses armes a son ami Mégaclès. Ce changement lui sauve la vie et pense lui être funeste. Mégaclès est blessé et jeté par terre; un cavalier lui arrache son manteau et ses armes, el se bile de les porter a Lévinus ; toute l'armée romaine entre dans une joie inexprimable ; celle des Grecs tombe dan* la plus grande consternation, croyant avoir perdu son général. Pyrrhus parcourt diligemment tous le»; rangs , la tête nue , et se fait reconnaître par ses soldat*. L méprise cesse; le combat se rétablit : les éléphants , en met tant le désordre parmi les Romains, qui n'avaient point en' core vu de ces animaux, décident principalement du gain de la bataille, ou les Grecs font un grand carnage de l'armée du consul. Pyrrhus, uns perdre de tems, s'empare du camp des Romains, retire plusieurs villes de leur alliance, ravage tout le pavs, et s'approche de Rome jusqu'à la distance de quinze lieues. La rencontre du consul Tib. Coruncanius, à Frénésie, oblige le roi , oui se voyait entre deux armées consulaires, de s arrêter et de se retirer en Campante. Les Romains envoient, sur la fin de cette année, des ambassadeurs 1 Pyrrhus pour traiter du rachat ou de l'échange des prisonniers. Fabricius était a la léte cl* cette ambassade. Le roi d'Epire remet aux Romains, sans rançon, deux cent*
firitonniers , et permet a tous les autres d'aller a Rome , sur a parole que Fabricius lui donne qu'ils reviendraient a Tarente après le 7 décembre ou la fêle des Saturnales, dans le cas où le sénat n'accepterait point la paix.
379. La perte si considérable que la république avait faite au combat d'Héraclée n'avait point abattu le courage des Romains. Une harangue d'Appius décide le sénat i refuser toutes les propositions faites par Cinéas, disciple de Démosthènes et chef de l'ambassade envoyée par Pyrrhus , è moins qu'il ne sorte loul-a-fait de l'Italie. On continue la guerre. Nouvelle bataille auprès de la ville d'Asrulum , dans VA polie , entre les Grecs el les Romains. Quinze mille hommes de part et d'autre y perdent la vie. Décius, l'un des consuls ,
Lest tué. Pyrrhus est blessé. Il reste maître du champ oV itaille. Comme on le félicitait sur ce succès : Je suis
perdu, dit-il, si je remporte encore une pareille victoire. Il sentait, en effet, qu'il ne lui était pas aussi facile qu'aux Romains de réparer ses pertes.
L'année suivante (378), Fabricius, qui commandait 1rs Romains , ne veut point triompher de Pyrrhus par des moyens honteux. Le médecin de ce prince offre de l'empoisonner , si on lui promettait une récompense proportionnée è un si grand service. Le consul écrit prompte— ment a Pyrrhus, qu'il eût è se précautionner contre une si noire perfidie Le roi, bien informé de la vérité, fait punir son médecin , et témoigne sa reconnaissance a Fabricius et aux Romains, en renvoyant au consul ions les Romains prisonniers sans rançon. Fabricius, qui ne voulait ni grâce de la part d'un ennemi, ni récompense pour n'avoir pas commis la plus abominable des injustices , renvoie au roi d'Epire un pareil nombre de prisonniers samnites et tarent ins.
Des députés de Sicile viennent remet Ire Syracuse , Agrigenlc et la ville des Léonlios entre les mains du roi d'Epire , el le conjurent de les aider a chasser les Carthaginois. Des courriers de la Grèce arrivent en même tems , apportant la nouvelle que Céraunus avait été tué, et que la Macédoine semblait lui offrir un nouveau trûne. Pyrrhus trouve plus de
DES ROIS D'ÉPI RE
gloire a gagner dans la proposition des Siciliens; il Laisse une grosse garnison a Tare nie, cl passe en Sicile, vers le milieu de l'été. A son arrivée, il se reod du tire de Syracuse. Sostraie, ou Sosis traie, qui la gouvernail, eiThynion, qui commandait dans la citadelle, lui livrent l'argent du trésor public et environ deui cents vaisseaux qui lui facilitent la conquête de loule la Sicile. Pyrrhus, avec trente mille hommes de pied , deux cent cinquante chevaux et une flotte de deux cents voiles, allait chassant «levant lui les Carthaginois et ruinant partout leur domination («77). 11 leur enlève la ville d'Eryx , la plus forte place qu'ils eussent dans l'île; il bat, dans un combat, les habitants de Messine, appelés Mamerlins, et rase toutes leurs forteresses. Les Carthaginois n'avaient plus, dans loule la Sicile, que la seule ville de Lilybée. Pyrrhus ne veut leur accorder la paix et son amitié (a-fî) qu'a ta condition, par eux , d'abandonner entièrement la Sicile, et de remettre la mer de Libye cotre tes Grecs et eux.
Plein de grandes espérances, le roi d'Epire se propose de nouveau la conquête de l'Afrique. Il avait assez de vaisseaux pour ce grand dessein, mais il manquait de matelots ; il force es villes, avec beaucoup de rigueur, de lui en fournir. BientOt sa puissance se convertit en une domination insolente et lyraonique. Par une conduite si différente de celle qui lui avait si bien réussi, il aliène tous les esprits. Thy- 'tion , qui l'avait très-bien servi , devient , avec plusieurs autres illustres citoyen* de chaque ville, la victime de la cruelle politique de Pyrrhus. Soslrate n'évite la mort qui lui était préparée , que parce qu'il trouve le moyen de sortir le Syracuse. Le roi d'Epire se rend odieux à loule la Sicile. Plusieurs villes se liguent contre lui avec les Carthaginois, d'autres avec les Mamerlins. Pyrrhus, sur la fin de cette année, sort de Syracuse sous prétexte d'aller au secours des Tarentins, qui en effet l'avaient prié de revenir chez eux. Les Carthaginois l'attaquent au moment qu'il s'embarquait ; et il perd , dans le port même , quatre-vingt-dix-huit de ses navires, et n'en conserve que douze. Les Mamerlins, arrivés avant lui en Italie, au nombre de dix mille, traversent sa marche , lui tuent beaucoup de inonde et deux éléphants. Néanmoins il arrive a Locres, où il y avait un célèbre temple consacré à Puisrrp'mc. Pyrrhus, dans une extrême disette d'argent, enlève tous les trésors de la déesse, les charge sur ses vaisseaux et se rembarque. Le lendemain , sa flotte est battue (Tune violente tempête, et les vaisseaux qui portaient le riche et sacré butin sont jetés sur la cote des Locriens. Le roi fait reporter tous ces trésors dans le temple où il les avait pris, et arrive a Tarenle avec vingt mille hommes de pied et trois mille chevaux (17S). Après s'être recruté des meilleures troupes qu'il trouve dans la place , il s'avance à grandes journées contre les Romains , campés dans le pays des Sarnnites.
Le consul Manius Curius était retranché près de la ville de Bénévenl , pour attendre les secours qui lui venaient de la Lucanie. Pyrrhus se haie de l'attaquer, et par deux fois est battu de manière i ne pouvoir plus tenir en Italie , où il avait perdu vingt-cinq mille hommes.
374. Pyrrhus, après avoir abandonné l'Italie, repasse en Epire avec huit mille hommes de pied et cinq cents chevaux. N'ayant plus de fonds pour (aire subsister ses troupes, il cherche, dans la guerre, le moyen de fournir a leur entretien. Avec un renfort de quelques Gaulois , il se jette dans la Macédoine, se rend maître de plusieurs villes sans aucune peine , débauche i Antigone plus de deux mille soldats, attaque Antigone lui-même, et l'oblige de prendre la fuite pour maintenir dans l'obéissance quelques places maritimes. Après ce combat , peu de villes de la Macédoine lui résistent; mais il se décrie parmi les Macédoniens en abandonnant celle d'Ege aux Gaulois , qui la pillent, qui/buillent jusejues dans les tombeaux des rois, dissipent el jettent
373. Cléonyme, Spartiate, arrive auprès do roi d'Epire , pour le prier de mener son année contre Lacédémone. Le Spartiate avait a se venger de l'injustice de ses concitoyens et de l'infidélité de sa femme. Pyrrhus accepte la proposition. Cléonyme le conduit vers Sparte avec vingt-cinq mille hommes d'infanterie, deux cents chevaux et vingt -quatre éléphants. H n'est pas plutôt entré sur les terres de Sparte , qu'il se met a les ravager et a les piller. Il arrive sur le soir devant Lacédémone, mais diffère au lendemain l'attaque «le la ville. Dès que le jour parait . Pyrrhus marche 1 la tête
de son infanterie pour commencer l'assaut. On combat, de part et d'autre, avec une valeur et une bravoure égale jusqu'à la nuit , qui sépare les combattants. Au point du |our suivant , le combat s'engage de nouveau. Tout semblait désespéré du côté des Spartiates et des Lacédémoniens , lorsqu un des généraux d'Antigooe leur amène de Corintbe un
corps de troupes assez considérable, et Aréus, roi de Sparte , frère de Cléonyme , un renfort de deux mil le hommes de pied. Pyrrhus voyant qu'il oe peut résister, renonce a son entreprise , et sé met a ravager le plat pays , dans la résolution
il y p, -11
37a. Aristéas, l'un des principaux ci ile le roi d'Epire à venir en cette vi
d'Argus, invite le roi d'Epire à veair en cette ville' pour le soutenir contre Aristippe. Pyrrhus se met en marche. Aréus lui dresse plusieurs embuscades dans le chemin , taille en pièces les Gaulois et les Molosses, qui formaient son arrière-garde. Ptoiémée, détache pour la secourir, est lui-même tué dans le combat ; ses troupes se débandent et prennent la fuite. Evalcus , capitaine de grande réputation , commandant la cavalerie lacedéinonieone , les poursuit et s'éloigne considérablement de son infanterie sans s'en apercevoir. Pyrrhus fond sur lui avec son intrépidité ordinaire dans les batailles, se jette le premier au milieu des ennemis , tue tout ce qu'il rencontre, et, tout couvert du sang des Lacédémoniens, cherche partout, dans la mêlée Evalcus, l'atteint, le perce de sa javeline , saute è terre, combat i pied et renverse sur le corps d'Evalcus autant de lacédémoniens qu'il s'en trouve sous sa main. Après avoir soulagé en quelque manière son affliction en assouvissant sa colère et m vengeance dans le sang de ceux qui avaient tué son fils Ptoiémée , il continue sa route vers Argos. Aristéas lui en fait ouvrir une porte. Pyrrhus y fait entrer ses Gaulois pendant la nuit , pour se saisir de la place avant que d'être aperçu. Elle était déjà bien garnie de troupes argieooes, de Crétois et de Spartiates, qu'Aotigooe et Aréus y avaient conduits en
grande diligence. Ayant chargé avec furie les Gaulois, elles les mettent en désordre. Pyrrhus voit bien qu'il faut faire retraite. Hélenus son fils , sur un ordre mal entendu , au lieu de démolir un pan de la muraille pour donner passage aux troupes el aux éléphants, entre dans la ville par la même porte qui devait servir a la retraite , el s'engage dans la rue étroite qui menait à celle porte. Un des plus grands éléphants y tombe en travers mee : 1 ennemi presse ; les
porte, un fles pins g el lient cette porte comme fertroupes de Pyrrhus , en voulant se retirer, se renversent les unes sur les autres; il est lui-même blessé , el tourne son cheval contre celui qui l'avait frappé : c'était unsoldat. Sa mère, qui de dessus le toit d'une maison, ne le perdait pas de vue , voyant le danger qui le menaçait , prend une tuile à deux mains, et la jette sur la tête de Pyrrhus. Dans le moment , dVpaisses ténèbres couvrent les yeux du roi ; ses mains lâchent les rênes; il tombe de son cheval ; un soldat , qui le reconnaît , l'achève en lui coupant la tête. Antigone , après s'être rendu maître du camp et de toute l'armée de Pyrrhus, traite avec beaucoup de bonté el de générosité Hélénus son (ils , ainsi que tous ses amis , et les renvoie en Epire.
Pyrrhus enseigna aux Romains l'art des campements ; mais d'autres rois et généraux grecs l'avaient possédé avant lui , quoiqu'en dise Annibal dans Tite - Live. Pyrrhus fit beaucoup de fautes, et avait pour défàot principal de ne suivre aucune règle dans l'entreprise de ses guerres, que son tempérament , qui ne lui permettait pas de se tenir en repos. Sans consistance d'esprit , comme sans jugement , il commençait tout et ne finissait rien. Si, pour mériter le titre de grand capitaine, il ne faut que du courage, de la valeur et de l'audace, il eut certainement ces qualités; il manqua de celles d'un bon roi qui , aimant véritablement ses peuples, fait consister son courage à les défendre , son honneur a tes rendre heureux, sa gloire k leur procurer une paix tranquille et assurée.
Après la mort de la reine Antigone . Pvrrhos avait épouse trois autres femmes : la première était fille d'Antoléon , roi des Péonivns ; la seconde , appelée BlKCBKMA , était fille de Bardullis, roi des lllyriens; et la troisième Lanassa , fille d'Agatocle , roi de Syracuse. Celle dernière lui apporta en mariage l'Ile de Corcyre, et lui donna un fils nommé Alexandre. Bircenna fut mère d'Hélénus. Il eut aussi une fille appelée Néréide, mariée 4 Gélon , 01s d'Hiéron II , roi de Syracuse , et une autre nommée Olympia* , qui épousa son frère Alexandre.
Dès que les Epirotes eurent appris la mort de leur roi , ils
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
, el se et
à discrétion. Antigon* lé , et fit renfermer le d'or (i). Ce prince avait
mit f ni bas les Ira traita avec corps de Pyrrhus régné viugl-lrois
37a. ALIXAMDRK saccada a Pyrrhus, son père ; il y avait déjà quelque tems qu'il était monté sur le trône d'Kpire , lorsqu'il envahit la Macédoine. Antigone Gonalas élait alors avec son armée devant Athènes. Ayant appris cette invasion, le roi de Macédoine accourut aussitôt pour défendre ses état» ; mais ses propres soldats l 'abandon nent et il est obligé de prendre la fuile. Son fils Démétrius rassemble un corps de troupes, el après avoir délai t Aleiandre en bataille raugée, il le chasse non-seulement de la MaceJoine, mats aussi de l'Epire.
^ riens, et ayant remporté sur eux une victoire complète, vécut en paix tout le reste de son règne. Elien le dépeint
Alexandre passa dans le pays des Acarnaniens , où il lève de nouvelles troupes avec lesquelles il retourne en Epirc. Un si grand nombre de ses sujets se joint i lui , que Dcmctrius juge a propos de reprendre le chemin de Macédoine.
1-e roi d'Cpire entra , dans la suite, en guerre avec les lllyi '
il vécut en paix
comme un grand général, el dit qu'il^oreposa un livre sur la manière Je ranger une armée en bataille. Il eut de sa sœur Olympia», un lits nommé Ptoleroée et une fille , nommée Purina, qui épousa Démélrius II, roi de Macédoine.
a4a. Ptolbm&e était fort jeune quand son père vint a mourir i il resta sous la tutelle de sa mère et donoait de grandes espérances. Mais il mourut étant a peine sorti de minorité, dans le tems qu'il marchait contre les Etoliens qui s'étaient emparés d'une partie de l'Acarnanie, appartenant à l'Epire. Il laissa un fila et une fille.
Praaacs III , fils de Plolémé*, eut un règne encore plus court que celui de son père ; il le passa tout entier sous la tutelle de sa grand'mère Olympia* , et fut lâchement assassiné par las Ambraciens.
Deidame 00 Laobamie , fille de Piolcraée et sœur de Pyrrhus, succédai son frère. Les Epirotes, ne voulant pas vivre jouï le gouvernement d'une femme, engagèrent Nestor, l'un île ses garde», a la tuer. L a&sassin ayant manque de cœur au moment de l'exécution , la malheureuse princesse »e réfugia dans le temple de Diane," ou elle fut inhumainement massacrée par un certain Miton , qui , ayant été condamné à mort pour avoir tué sa mère , se racheta du supplice, en auassiiunt sa souveraine. Douze jours après ce meurtre, il fut saisi d'un accès de fureur et se tua loi-m^me. Suivant Pausanias, Deidamie, après un règne court et paisible, mourut tranquillement dans son lit, hissant, faute de successeur , la liberté aux Epirotes d'établir parmi eux telle forme de gouvernement qu'ils jugeraient a propos. <v>um qu'il en soit, La famille des Pvrrhides ayant fini en cette princesse , les Epirotes changent en effet la (orme de leur gouvernement , et ne sont plus soumis qu'a des magistrats ou préleurs élus annuellement dans l'assemblée générale de
(1 ) Plutarqitt aanre que Pyrrhus, roi des Epirotes n'avait qu'une «Uni occupant toute la mâchoire , «I sur laquelle on votait seulement 4e petites ligaes qui «mblaieut la diviter ca eluiitur». Valere
la nation , a Passaron , ville de la province Molosside. Arislote a composé un livre exprès sur la république des Epirotes ; ce qui donne lieu de croire qu'ils étaient gouvernés par d'excellentes lois. Mais le voisinage des Macédoniens et des lllyrien* troublait souvent le repos dont ils auraient dû jouir sous un gouvernement sage. Ces mauvais voisins pillaient les villes d'Epire, faisaient des incursions continuelles sur ses terres , el l'obligeaient de fournir aux frais des guerres qu'ils faisaient aux autres états de la Grèce. L'Epire avait imprudemment épousé la querelle de Persée , dans la guerre qu'il soutenait cuntre les Romains; après que ce dernier roi de Macédoine eut été vaincu et fait prisonnier (<bo), le sénat irrité envoie 1 Paul Emile ordre d'abandonner au pillage les villes de ce peuple ennemi et de les raser jusqu'aux fondements. Soixante et dix villes en conséquence de cet ordre sont démantelées, et les principaux du pays conduits à Rome, où , après leur procès fait dans les luîmes, ils sont condamné* a mort (167). L'Epire ne revint jamais de ce coup fatal. Lois de la dissolution de la ligue acbéenne (146), ce pays fit partie de la province de Macédoine, sous le nom d ancienne Ëpirr , pour la distinguer de la nouvelle Epire . située à son orient. (Dcp.J. C.) Au tems de la division de l'empire , elle tomba en partage aux empereurs d'Orient, et resta en leur puissance jusqu'à la prise de Conslaiitinople parles Laiins(iao.^, lorsque Michel l'Ange Comnénc s'empara de l'Etolie et de 1 Epire. A la mort de Michel (iai6) , ces pays passèrent i son frère Théodore. Charles, neveu de Théodore et le dernier prince de cette famille , étant mort sans postérité légitime , laisse l'Epire et l'Acarnanie a ses fils naturels. (1430.) A mu rat h 11 les en dépouille. (t443.) Georges Caslriot ( Scanderberg ) , roi d'Albanie, se rend maître (Tune partie considérable de l'Epire. (1 467) A sa mort , elle tombe au pouvoir des Vénitiens , d'où elle passa aux Turcs, qui la possèdent encore a présent sous le nom d'Albanie. r
WWa. Les lecteurs ne seront sans doute pas fichés de trouver ici quelques particularités de plus sur le fameux Pyrrhus. On a vu quelle confiance il témoignait a Cinéas : il avouait que les discours de cet orateur lui avaient acquis plus de villes qu'il n'avait pu en conquérir par '
Lorsque Pyrrhus fut près de passer en Italie , muniqua les vastes projets qu'il avait formés. Les lui dit-il , m'appellent à leur secours ; si je triomphe des Romains, tout I Occident sera soumis i ma puissance. Ditesmoi , mou cher Cinéas , ce que vous pensez de cette entreprise. De quel coté porter* z-vous vos armes ensuite, lui demanda Cinéas; les Romains vaincus, répondit Pyrrhus, je pisserai en Sicile, dont la conquête sera aisée; mais ajouta Cinéas , que ferez-vous après celle expédition ? J'irai en Afrique , et je m'en rendrai maître. La Macédoine et la Grèce reconnaîtront aussi mes lois.... Quand tout sera conquis, que ferons-nous, dit Cinéas, nous vivrons en repos , répondit Pyrrhus. Eh! seigneur, s'écria Cinéas, qui vous emp^be dV vivre dès aujourd'hui? Fur. Boiteau. Epit. I. {Noie da Éditeurs.)
es ar mes.
il lui com- Tarentins,
rapporte la même chose «l'un autre roi. Agellius en dit autant du (àmcBX Sicrnius , qui , pour ce sujet, fut suroonun* Dentatu*.
DES ROIS DE THRACE. a7,
CHRONOLOGI]