DES ROIS DE MACKDOINK
rien dp complot <le Persée. Les veux du père , à la fin , s'étant ouverts sur ce crime, il tombe dans un chagrin violent , oui oblige Persée à s'éloigner de la cour , dans la crainte de sabir le même supplice que son frère; Philippe, ne pouvant l'atteindre , pense a le déshériter et a faire tomber sa couronne sur la tèïe d'Antigone , son cousin , fils d'Antigone Doson. Dans cette disposition , il meurt à Amphipolis, dans la quarante-troisième année de son règne et la soixantième de son âge, en 178.
178. PEHSéB, fils naturel du roi Philippe, dès qu'il apprend la mort de son père, se hSte d'aller prendre possession du IrtînC que son crime lui avait acquis. Antigone, son rival , fils de Doson , était alors occupé, par ordre de Philippe , a rassembler les Baslarnea peuple voisin des embouchure du Borvslhène, pour renforcer un corps de troupes destiné 1 faire la guerre aux Romains. Etant revenu en Macédoine, il est assassiné par ordre de Persée. D'autres forfaits , non moins atroces , signalent le commencement do règne de ce dernier. Héritier de la haine de son père contre les Romains, il envoie des ambassadeurs en Grèce et a Cirthagc, pour leur susciter des ennemis. Le sénat, instruit de ses intrigues et d'un grand nombre de meurtres qu'il avait commis, n'hésite point a lui déclarer la guerre. Le consul Licinius, chargé de celte expédition, s'embarque avec son armée à Brundusium , d'où il arrive en Thessalie , où Persée l'attendait a la tête de trente-neuf mille hommes de pied et de quatre mille chevaux. C'était la plus forte armée que les Macédoniens eussent eue depuis celle qu'Alexandre le Grand avait menée en Asie. (171) Persée engage, les bords du Pcnéc , un combal de sa cavalerie contre celle des Romains , dans lequel il remporte un avantage considérable , la perte de l'ennemi avant été de deux mille deux cents hontmes tués sur la place, outre un grand nombre de prisonniers , tandis que la sienne ne fut que de soixante hommrs. Mais au lieu de rendre sa victoire complète en poursuivant l'ennemi qui était en désordre, il lui donna le lems dé se réparer. Il fait pis : il envoie des ambassadeurs faire dés propositions de paix. Loin d'être acceptées, elles réveillent le sentiment nue lés Romains avaient eux-mêmes de leur supériorité , et Persée , malgré lui , se détermine à continuer la guerre. Le reste de la campagne se passe , du coté de* Marrdonienr, à Harceler l'ennemi avec assez de succès. Le préteur Lucrtliu* ne laisse pas cependant d'emporter d'assaut la ville d'Haliarte , en Béotie , et de soumettre celle de Thébcs , qui se rend d'elle-même.
iGo. Le consul Q. Marcius Philippus, persuadé que c'est dans le cœur de ses étals qu'il fautattaquer Persée , pénètre , après beaucoup de fatigues, dans la Macédoine. Le roi n'a pas plutôt appris son arrivée , qu'une vive alarme le saisit. Le conseil et La prudence l'abandonnant tout à coup , il laisse. aux Romains l'entrée libre de son pays, et se réfugie,
pays, et se rclugie précipitation , a Pydna. Revenu de son indigne frayeur , il en a une telle honte que, pour n'en Laisser ni traces, ni témoins , il livre a U mort Andronic , qu'il avait chargé de brûler toutes ses galères a Thessalonique , quoique celui-ci eût été assez prudent pour ne pas exécuter ses ordres. Nicias qui , par obéissance , avait jeté dans La mer tous les trésors
n Persée avait à Pclla, éprouva le même traitement qu'An • tic , et les plongeurs mêmes , qui avaient répare cette faute en retirant ces richesses du fond des eaux , ne furent pas mieux traités. Les Rhodiens , que Persée avait gagnes , menacent les Romains, par leurs députés , de se joindre a ce prince, s'ils ne lui accordent pas la paix. (Liv., I.44.)
1G8. Paul Emile, nomme consul, part pour la Macédoine avec le préteur Cn. Octavius,qui commandait la flotte. Une armée forte de trente mille hommes, dont plus de douze mille d'infanterie romaine , avait prévenu l'arrivée du consul en Macédoine. Persée sollicite de toute part des secours ; mais son avarice lui en tait perdre de considérables. Son armée était néanmoins de dix mille hommes plus forte que celle des Romains. Avec cet avantage , il croit pouvoir bavarder une bataille. Le consul s'étant préparé de son coté , l'engagement commence le sa juin (1) sous les murs de Pydna. Persée voyant ses bataillons pénétrés par les ennemis , au lieu de les repousser avec vigueur , comme il le pouvait ,
Lendemain de V4c lip»c de lune du ai juia . dont parle Tile-
prend honteusement la fuite. Vingt mille de ses soldats restent sur le champ de bataille, les autres le suivent jusqu'à Pella. Trouble jusqu'à ne pouvoir plus recevoir de conseil, il poignarde de sa main deux officiers de sa maison , qui viennent lui représenter ce qu'il doit faire pour se tirer du mauvais pas où il s'est engage. De Pclla, où il ne se croyait pas en sûreté , quoique la plus forte place de son royaume , il se transporte avec précipitation a Amphipolis, 06. il fait embarquer son argent, quHl tramait partout après lui; de là il se rend avec quelques vaisseaux à Galipse(Tite-Live), ou Alepse ( Plutarq. , VU de Paul £«.), et le lendemain à l'île de Samothracc.
Cependant le consul s'étant emparé du camp, en distribue le butin 1 l'infanterie , et abandonne à sa cavalerie le pays d'alentour , à La réserve des villes dont il ne permit pas le pillage , et des trésors du roi , qui furent transportés à Rome (ibï). Toutes les places fortes sa rendent au général romain dans l'espace de deux jours, excepté Pydna , qui obtient une capitulation. Paul Emile étant à Amphipolis; reçoit de Perse* une lettre par laquelle il demande à traiter ce lui. Les commissaires que le consul loi envoie étant nus le trouver a Samothrace , refusent toute composition , a moins qu'il ne remette absolument son sort à la disposition du peuple romain. Persée se réfugia dans le temple de Castor et de Pollux, comme dans u n asile sacré,avec Evandre le Crétois, l'infâme assassin d'Eumène, roi de Pergame. Ce meurtrier étant entre les mains des ennemis , pouvait charger de son crime le roi de Macédoine. Dans la crainte que cela n'arrive , Persée le fait tuer, et un magistral corrompu par ce prince déclare qu'Evandre s'est donné lui-même la mort, t.:' trait de la plus noire ingratitude perd le roi dans l'esprit de tous ses amis, Persée, uns pouvoir et sans espérance , sent l'excès de son malheur, et se rend lui-même à l'amiral Octavius , auquel il savait que tout le reste de la famille royale avait déjà été livré par Ion de Thessalonique. Le consul , sur l'avis qu'il reçoit d'Octavius , fait venir Persée auprès de lui, et lui fait rendre tons les honnenrsque la situation où il était pouvait permettre. ( Plutarch. in Paul. Emit.)
Après avoir mis ordre aux affaires de la Macédoine , Paul Emile va visiter les plus célèbres villes de la Grèce , et, 1 son retour, il trouve dans Apollonie dix commissaires envoyés par le sénat pour régler tout dans sa nouvelle conquête. D'après ces régtemens, la Macédoine devenue libre, dans le style des Romains, fut plus esclave qu'elle n l'avait jamais élé sous la domination de ses rois ; aussi U
ens ne laissèrent-ils échapper depuis cet affranchissement prétendu , aucune occasion de prendre les armes contre leurs nouveaux maîtres. Persée arrivé a Rome , a sa bonne part de l'humiliation de son pays. On le confine dans une pr<son publique (167), en attendant la cérémonie du triomphe. Celait aux 27, aH, 39 septembre qu'elle était fixée. Ces jours étant arrivés, Persée est donné en spectacle, ainsi que Philippe et Alexandre ses deux fils , et sa fille encore en bas âge , avec leurs gouverneurs et tous les officiers de leurs maisons. Après la fêle, Persée est ramené dans sa prison, c'est-à-dire dans un cachot de la grandeur d une rhambre à neuf lits, ou , selon Diodore, cite par Pbotius, il resta confondu avec les plus vils malfaiteurs, sans qu'on songeât, pendant sept jours, à lui fournir le moindre aliment. Dans la suite , il en reçut de la compassion de ceux qui étaient en prison avec lui. Sur les remontrances de M. Emile, l'un des principaux Romains, il fut enfin transféré dans un lieu plus commode. Mais après y avoir passé deux ans , les barbares qui devaient lui servir de gardes ayant quelque mécontentement de lui , l'empêchèrent de dormir et le firent mourir d'insomnie , après un règne de onze ans , qu'il avait déshonoré par son avarice et sa cruauté. ( Excerpl. Diodori , I. XXVI. ) Son père avait eu le talent de réparer, par sa prudence, les affaires les plus désespérées ; etjui , habile seulement dans la prospérité , commettait faute sur faute dans le malheur.
1 5a. La Macédoine, depuis environ seize ans, obéissait tranquillement aux Romains, lorsqu'il parut un aventurier d Adramite en Troade , qui se donnait pour le fils naturel de Persée , et se nommait Andriscus. 11 composa sur sa naissance une fable qu'il débitait partout sur son passage. Mais voyant qu'elle ne prenait pas faveur en Macédoine, il se retira en Syrie auprès du roi Démétrius Soter , dont la
Lîve, li'
CHRONOLOGIE HLSTOIUQUK
épouse Persée. Démétrius, qui deméla du precoop-d œil la fourberie , et qui d'ailleurs craignait de se compromettre avec les Romains, 6l arrêter Aodriscus et l'envoya à Rome, où le sénat lui donna Je» gardes. Mais profilant de leur négligence , l'imposteur se sauva en Thracc, où il 6t d'autant plus aisément des dupes , qu'il y trouva les esprits violemment passionnés pour l'indépendance. En peu de tons il se rassembla autour de lui un u grand nombre de gens dévoués a son service , qu'il se vit en état d'en former un corps d'armée. Des qu'il se crut suffisamment en force , il entra dans la Macédoine, et y déclara ouvertement le dessein qu'il avait de faire valoir ses prétentions 1 U couronne. Ouelqucs places subirent promprement le joug de son obéissance, et leur exemple en entraîna plusieurs autres, qui ne demandaient qu'un prétexte pour se soustraire a leurs nouveaux maîtres , et recouvrer leur ancienne constitution. Andriscus alors se revêt des marques de la royauté. Non content d'avoir acquis 1a Macédoine a si peu de frais , il attaque U Th essai ic , dont une partie vint d'elle-même au-devant du joug. L'a flaire commença pour lors a paraître sérieuse aux Romain*. Le préteur P. Juventiu* Thalna et Q. Cœciliu» passent en Macédoine avec une année. («490 Le général romain, arrivé a la distance d'une journée du camp du Pteudo- Philippe (car c'est ainsi que Rome appelait Andriscus ) s'empresse d'en venir aux mains avec les Macédoniens. Andritcus tait bonne contenance , bal et défait enliêrement l'armée romaine. Juventiu* et Cécilius perdent la rie dans la bataille , et une petite partie de leurs troupe* n'échappe a la mort qu'a la faveur de la nuit.
Peu de tems après celle victoire , Andriscus reçoit une amWastade des Carthaginois qui lui offrent de faire alliance avec eux contre Rame; ils étaient alors sur le point de commencer la troisième guerre punique. Andriscus accepte l'alliance. Mais sa bonne fortune obscurcit tout-à-coup ses vertus , s'il en eut , et mit ses vices dans tout leur jour. Avare, fier, cruel, il ne fut plus pour les Macédoniens qu'un tyran auquel néanmoins ils demeurèrent fidèles dans l'espérance qu un successeur plus humain les rendrait un jour encore une fois un peuple libre et indépendant.
Q. Geciliui Méiellus , nouveau préteur , envoyé avec une année en Macédoine, oblige le Pseudo-Philippe i combattre encore pour sa vie et pour sa couronne. L imposteur fait paraître ua courage invincible, La seule bonne qualité qu'il eut , et remporte uti avantage usez considérable , auprèi de Pydna, dans ua combat de cavalerie. Mais tandis qu'il bit après
cela nadir un gros détachement pour défendre ses conquêtes en Thessalie, Métellus livre bataille a l'armée qui était restée en Macédoine , et remporte une victoire si complète qu'Andriscus fut obligé d'aller chercher une retraite cnetle* Thraces. Ceux-ci lui fournirent une nouvelle armée. Mais cédant au désir trop empressé de se revoir maître de la Macédoine , il s'engage dan* une seconde bataille avec le préteur, qui ne fut pas plus heureuse pour lui que la précédente. Vingtcinq mille hommes des siens perdirent la vie dans ces deux actions. Hors d'état de lever une nouvelle armée, il se sauva chex un petit roi de Thrace , nommé Byxas , qui d'abord lui fit un bon accueil , et ensuite le livra entre les mains de Métellus , dans la crainte de s'attirer la vengeance des Romains (i 48.) Métellus l'emmena chargé de chaînes à Rome où il servit d'ornement è son triomphe.
Un autre aventurier , nui se disait aussi 01* de Perséé et se faisait nommer Alexandre, eut le même sort que le premier, si ce n'est que Métellus ne put le tirer de la Dardante où il se tint caché.
Un troisième , qui se nommait Philippe , ayant paru sur la scène, fut vaincu et tué par le questeur Trcbellius, après quoi U Macédoine resta '
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Voici U date de cet événement, selon dîfîérros auteurs: Le iq juillet 3*4 (Petau, Doctr. Temp., lom. a, p. 598). Dans l'été de l'année 3a4 ( Fréret). Le aa mai 3a3 (Û <terius). Vers le 18 avril 3a3 (Calvis!us).-Én 3a3 (M. Ideler, lom. 3, du PloUmee de M. Halma^. Mais de loin les auteurs qui ont
Pris soin d'éclaircir ce point de chronologie , nul ne paraît avoir fait avec plu* de succès que le savant auteur des Annales des Lagides. Il termine ses recherches de celte manière : « L epooue de la mort d'Alexandre restera donc » Gxée d'après les rapports les plus authentiques, exacte- » ment combinés, au ati diriius macédonien , 6 lhargelion
• athénien, quatrième année de U cent treizième olytn-
• piade , tij pliamenolh, quatre cent vingt-quatrième de » Nabonassar, 3o mai 3a3 avant l'ère chrétienne ». (//«n des Lagides, t. I . p. l?q. )
Au lieu de 3a3 , il faut lire 3a4 , parce que la quatre cent vingl-<jualriéme année de Nabona**ar, avant commence le 13 novembre 3a 5 , le 3o mai suivant tombe en 3*4- (Editeurs).