‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 330 sur 532 · SYRACUSE GOUVERNÉE PAR DES ROIS · texte numérisé non relu

SYRACUSE GOUVERNÉE PAR DES ROIS

4g t. Géutt" , élevé a la suprême puissance dans Syracuse, parle choix même des Syracusains, comme il est dit dans la Chronologie des Tyrans de Géla , travaille nouveau royaume, en y amenant des habita Camarine, etc. etx'occupe du soin d'augmenter, d'embellir et de fortifier Syracuse. Un présent de blé qu'il fait aux Romains dans le besoin pressant qu'ils en avaient, lui concilie l'amitié de la république. Les Mégariens néanmoins lui déclarèrent la guerre. Gclon marche contre eux, les oblige de se renfermer dans leur ville, les y assiège, et les contraint de se rendre a discrétion. Le vainqueur détruit Mégare, mais traite les riches avec bonté, et fait transporter, hors de la Sicile, le trop grand nombre de populace qui se trouvait en cette ville , afin de rendre moi os fréquentes les séditions.

488. Gélon remporte cette année, qui était la première de la olympiade , le prix de la course du charriot aux jeux olympiques.

1 j puissance des Carthaginois était déjà formidable ; Geion comprend que pour préserver la Sicile de leur joug, il fallait affaiblir de bonne heure celte puissance. Les Grecs refusent de se joindre a lui , malgré le grand intérêt qu'ils y avaient pour leur commerce (484). Le roi de Syracuse se charge seul •lu poids de la guerre, attaque les Carthaginois unis aux Egestains , et remporte sur les un» et les autres une victoire signalée.

48o. Gélon refuse 1 son tour d'aider les Oeca contre Xercès , qui menaçait toute la Grèce d'une ruine entière , à moins qu'ils ne veuillent le déclarer général de la Grèce. La condition n'ayant point été agréée, il envoie Cadmus avec trois vaisseaux de cinquante ramrs chacun, pour obser ver les événements de la guerre des Perses contre le» Grecs , et pour se concilier les premiers dans le cas où ils réussiraient contre les derniers. Ceux-ci ayant été les vainqueurs, Gélon eut besoin de tout son pouvoir contre les Carthaginois, oui ne cherchaient que l'occasion de porter la guerre en Sicile. La retraite de Térille, chassé d'Itunère par Théron, leur fournit celte occasion. Gélon s'avance au secours de Theron , son allié, qu'ils tenaient investi dans Himère. I. 'armée du roi de Syracuse était de cinquante mille hommes de pied et de cinq mille chevaux. Sa cavalerie ayant surpris les Carthaginois, en fait un grand carnage , et ramène plus de dix mille prisonniers qui sont conduits à Himère. |,es Sélinunlins venaient au secours des Carthaginois. Géloo les prévient , fait entrer secrètement , dans le camp des ennemis, un gros corps de cavalerie sicilienne qui met le feu aux vaisseaux carthaginois, et va de là tomber sur leur armée de terre. Le combat commence avec beaucoup d'ardeur; mais la

nouvelle de la première victoire et de lamorld'Amilcar, général carthaginois, lait perdre courage aux uns, et ranime rlui des autres. Les Carthaginois prennent la fuite; mais quinze mille d'entre eux perdent la vie, Gélon ayant donné ordre de ne faire aucun prisonnier. Ceux qui avaient pu fuir, sont comme assiégés sur une éminence où ils s'étaient sauvés. La disette d'eau les oblige de se rendre a discrétion. Cette défaite fut une des plus complètes qu'on trouve dans l'histoire. Gélon, victorieux, néglige de porter, comme les : conjonctures l'y invitaient , ses armes dans l'Afrique, Il commence par récompenser ceux qui , par leur valeur , lui avaient procure la victoire, chacun selon leurs grades et leurs mérites , envoie aux temples d'Himère et de Syracuse les plus riches dépouilles des ennemis, licencie ses alliés, et retourne à Syracuse , où il bâtit un temple magnifique en j l'honneur de Cérès et de Proserpine, protectrices de la Sicile. ! (Dwd., liv, V ). l-a prospérité même ne diminue rien de sa : modérai ion. Anaxilas, lyran de Rhége, et les villes de Sicile qui avaient favorisé les Carthaginois, obtiennent facilement le retour de sa bienveillance. Carthagc elle-même, toute i éplorée, en est quitte pour deux mille talents, à quoi pouvaieot monter les frais d'une guerre qu'elle avait suscitée, et cette somme est destinée pour la construction de deux chapelles, où devait être déposé, comme sous la caution des dieux , le traité de paix , avec la promesse de ne plus sacrifier d'enfants à Saturne. Les Carthaginois, bien contents d'un si bon marché, font présent dune couronne d'or de deux cents talents i Démarète , femme de Gélon. Cette princesse convertit cet or en une nouvelle monnaie , appelée de

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thienne. Son père s'appelait Léodamas. L'ayant perdu et sa , étant fort jeune, il se maria i Erilhte, dont il Né avec une ambition excessive, on très-grand

gc , beaucoup d'esprit et d'adresse , Phalaris fut soup- ':, par ses compatriotes, d'aspirer i la

rourace

çonne, par ses compatriotes, d'aspirer s la tyrannie. On "le chasse d'Astyphalée , où il laisse sa femme et son fils, et se retire a Agrigcnte avec de grandes richesses , dont il se servit avec succèsjpour gagner l'affection des Agrigentins. Abusant de leur affection , il devient bientôt leur maître (564) 1 et répand le sang de ceux mêmes qu'il imaginait être lés ennemis de sa tyrannie. Cependant il connaissait le prix de la clémence , et faisait quelquefois des actions dignes des plus grands hommes. 11 eut de longues guerres avec ses voi sins. Nous en ignorons le détail : on sait seulement que lorsque la force nelui réussissait pas, il avait recours à 1 adresse ; et ou lui attribue l'invention d'une machine, avec laquelle on lançait au loin des matières combustibles, et qu'on nomma Phalarie. Périllc , fameux fondeur , crut faire sa cour 4 ce prince, en lui donnant une autre machine de son invention. C'était un taureau d'airain plus grand que nature , fait de telle sorte qu'on pouvait l'ouvrir par le dos , et in-

La victoire de Salami ne ayant rendu la paix i la Grèce , (îelon ne voit plus de motif de prendre les armes, et préférant les talents estimables à ceux qui son! brillants, il s'occupe du bonheur de ses sujets. Il voulait surtout s'assurer de leur amour. Dans celle vue, il convoque une assemblée générale , où il ordonne que tout le peuple se rende en Il y parait lui-même désarmé , sans suite , sans apet rend compte de sa conduite. Les Syracusains répondent par des acclamation» de sauerw, de bienfaiteur, et quoiqu 'idolâtres de la liberté, ils conirntenl à ce que l'un des frères de Gclon porte la couronne après lui.

Le reste du règne de ce prince se passe tranquillement a faire des lois sages et i procurer l'abondance dans ses états. Il était depuis long-tenu malade d'une hydropisie; voyant approcher son dernier moment , il nomme pour son successeur Hiéron, l'aine de ses frères, (47 8.) et recommande, en mourant, qu'on suive i l'égard de son corps les lois qu'il avait faites contre les somptuosités funéraires. Cependant on lui fit un superbe monument , qui fut dans la suilc détruit par les Carthaginois. Mais celui qu'il s'était formé dans le r«ur de* Syracusains par sa valeur , sa prudence , sa modération et son humanité, subsistait encore, lorsqu'au tenu de Dcnys le Jeune, les Syracusains , éianl rentrés dans leur liberté, abbattireut les sUlues de tous les tyrans, excepté celle de Gélon. Il avait régné sur eux pendant ire ne ans.

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I réduire un homme dans son ventre. Si on mettait du feu dessous, les cris de celui qui y était enfermé ressemblaient au mugissement du taureau. Phalaris estima ne pouvoir mieux récompenser l'auteur de cet ouvrage , qu'en lui en faisant faire I essai sur lui-même ; mais le tyran s'en servit dans la suite contre ceux dont il voulait se défaire. Quel qu'occupé qu'il fût du soin de se maintenir dans la tyrannie. Phalaris ne laissait pas d'avoir relation avec les philosophes. Zénon , l'un d'eux n'ayant pu réussir a lui persuader d'abdiquer la tyrannie , forma une conspiration contre lui. Elle fut découverte. Comme on lui donnait la question dans la place publique, le philosophe adressa la parole aux Agrigentins, et leur parla avec tant de force contre b tyrannie et leur lâcheté a la supporter, qu'ils se jetèrent sur Phalaris, et le lapidèrent (048). D'autres veulent que les Agrigentins l'aient enfermé dans son infernale machine. D'une manière ou d'autre, ils furent délivrés d'un tyran exécrable.

On a des lettres qui portent le nom de ce prince ; mais le silence de toute l'antiquité sur ces lettres , le style de déclamaieur, le peu de soin qu'on a eu d'y conserver la vrai-

DE LA SICILE

Hiéiio* fut dans le commencement de son règne, injiute, cruel t ennemi des sciences ; mais étant tombé malade , la conversation des gens célébra qui étaient alors en Sicile , tels que Pindare , Bacchylidc, Simon ide, Eschile, etc., le rendit tout— a-coup juste, clément, généreux, protecteur de» Musc*. Il conçut néanmoins de la jalousie contre son ! frère Polizèle , a qui Géion , en mourant , avait recommandé d'épouser Déowrète , sa veuve. Pour éloigner ce frère , ou peut-lire pour le faire périr, lliéron lui donne le commandement du secours qu il envoyait aux Sibariles ; mais Polizèle refuse de passer en Italie, et se réfugie chez Théron , roi d'Agrigcnte, son gendre , pour mettre ses jours en sûreté. Hiéron , cependant , ne veut point profiter de l'occasion qu'il avait de se venger de la boane réception que Théron avait faite a Polizèle; et Théron, opposant bienfait a bienfait , réconcilia les deux frères, qui, dans la suite, vécurent en bonne intelligence.

474< La ville de Curaes , par le secours du roi de Syracuse conserve sa liberté contre les Tyrrbénieus qui voulaient se l'assujettir.

47a. Thrasydre , tyran d'Agrigente , après la mort de son père Théron , déclare la guerre a l'ancien ami de son pèi

deux mille hommes aux Syracusains , et quatre mille aux Agrigenlins qui recouvrent leur liberté.

Hiéron prit beaucoup de part aux aflàires d'Italie. Il eut, avec les' Italiens, des guerres dont le détail ne nous est pas

, tyran de Rhége , étant mort , Hiéron reçut è Syracuse les deux fils de ce prince et leur conseilla de retourner a Messine, pour y exercer l'autorité souveraine. Le prince de Syracuse commit sur la Gn de son règne

Flusieurs violences qui firent oublier ses bonnes actions. I mourut (467.) a Calane, après avoir régné onze ans et

mois, laissant un fils nommé Dinomène, qui appâ-

tent, n'avait pas les talents nécessaires pour gouverner ville impatiente du joug ; car Hiéron désigna pour son successeur Thrasybule , son frère. Les nouveaux habitants nue le roi défunt avait établis a Calane , ne laissèrent pas Je rendre de grands honneurs a sa mémoire ; elle a été célébrée mdme par Pindare , Bachylidc, Simonide , Eschile , et d'autres anciens auteurs, comme celle d'un prince doux, , etc.

Thbjlsibcle , s'tmaginant affermir son autorité , en commence l'exercice par des violences énormes. I-es Syracusains se résolvent à tout risquer pour chasser le lyran. Des députes , envoyés è Agrigente, a Sélinunle, a Minière, et aux anciens peuples du pays, sollicitent du secours et en oblien-

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, et le dialecte attique substitué au dorique qui était constamment en usage dans la Sicile, en démontrent tellement la supposition , qu'elle est avouée aujourd'hui de presque tous les savant*.

. Alcamenb gouverna Agrigente, après la mort de Phalarit , avec un grand succès.

Alcaîidm, successeur d'Alcamène, se distingua par la douceur de son administration. Il ne fut pas moins heureux que ton prédécesseur , et prit à son exemple la pourpre qui etaU l'haVillement des roi

Thkhon descendait, i ce qu'on prétend, d'Agenor, de Cadmus, etc. Son père s'appelait Enésidème, et avait servi avec distinction dans les armées d'Hippocrate , tyran de Géla. On ne sait par quelles voies il parvint a l'autorité souveraine qu'il exerçait celle année (47°): mais s'il faut en croire Pindare, il fut un prince très-généreux , qui néanmoins eut peine à soutenir son autorité. Capis et llippocrate , ses parents , qu'il avait même comblés de bienfaits, se révoltèrent contre lui, et attirèrent plusieurs personnes dans leur parti, dont Tyrille , tyran d'Himère , était le chef. Théron et les mécontents se livrent bataille auprès d'Himère. Le roi d'Agrigente remporte la victoire. Tyrille prend la fuite, et Fheron établit son fils Thrasidée dans H 1 mère. Pour affermir davantage son autorilé. Théron avait donné sa fille,

nem . Le lyran perd dans une action sur mer presque loua ses vaisseaux. Une seconde sur terre ne loi réussit pas mieux. Il fait proposer un accommodement aux Syracusains qui exigent qu il abdique , ce qui leur est accordé. |( 466. ) Son règne n'avait pas duré un an. Le roi détrôné je retire i Locres. Les Syracusains établissent un* fête en mémoire de cette heureuse révolution , et aident les autre* villes de Sicile a exterminer les tyrans. ( Uiod. L. v. )

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