‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 331 sur 532 · SYRACUSE EN DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

SYRACUSE EN DÉMOCRATIE

Syracuse el la Sicile, délivrées de la tyrannie devinrent en peu de lems le pays du monde le plus peuplé , le mieux cultivé et le plus riche. Cet heureux état ne dura pas longtems.

Gélon avait donné le droit de bourgeoisie dans Syracuse, 1 à plus de dix mille étrangers. Il en restait plus de sept mille qui ne pouvaient parvenir a la magistrature. Les possesseurs et les prétendants prennent les arme* , ceux-ci pour attaquer, ceux-li pour se défendre. (46t.) Un combat naval ne décide rien ; il est suivi d'une bataille sur lerre, où le* séditirui «ont entièrement défaits. Six cents hommes, qui s'étaient distingués dans celte guerre , sont récompensés par les Syra-

ruuin. d'une ennmnn» d'or.

Dbucbtics, né a Neçtum, aussi hardi qu'entreprenant, et vaillant dans l'exécution , se met, environ dans ce temsci , i la téle de ceux qui avaient élé chassés de Catane par Hiéron, et soutenu par les mécontents de Syracuse , il entreprend de les faire rentrer dans leur* terres. Les étrangers prennent les armes pour se maintenir. Ils sont vaincus et se retirent a Inoesa, qu'ils appellent Etna, el Catane reprend son premier nom. L'exemple des exilés de Calane étant imité

par ceux qu'Hiéron avait chassés des autres villes de Sicile, le* étranger* en sont expulsé* et se retirent è Mei-

ce

Les Ségestains

454> On procède cette année qui ne se fit pas sans de grandes ce et les Lilybéens répandent beaucoup de champs situés auprès de la rivière de

Typdandb, citoyen de Syracuse , homme riche et hard

conçoit le dessein de s'assujettir sa patrie. Il du petit peuple. Les intentions de Tyndaric

veries, on l'arrête, on le déclare pour lui. Le*

en prison. La populace se et les premiers citoyens

courent aux arme* ; les principaux séditieux sont arrêtes et exécutés avec leur chef. Quelques autres citoyens importants de Syracuse, entreprennent néanmoins d'imilerTyndaride. Les Syracusains établissent , a cette occasion (454) ,

TfMJUS D'AOUeKKTS.

Démarète, en mariage a Gélon, prince de Syracuse, el épousé lui-même la fille de Polizele, nièce de Gélon. Ces alliances ne lui furent pas inutiles. Tyrille, chassé d'Himère , s'élait retiré a Carthage , dont il implorait la protection. Anaxila*, gendre de Tyrille, promit aux Carthaginois qu'il se joindrait a eux s'ils voulaient venger son beau-père, t arthage qui ne demandait qu'un prétexte pour faire une invasion dans la Sicile , saisit celui-ci , et déclara la guerre è Théron. Amitcar , fila d'Hannon , fut nommé général de celte expédition (4#o). Son armée élait composée de trois cent mille hommes. Plusieurs Siciliens se déclarèrent pour Carthage, eotr'auire* le* Selinontins. Amitcar avait outre cela deux mille vaisseaux longs, et plus de trois mille vaisseaux de moindre grandeur qui portaient de* munitions et des vivres. Amilcar s'approche d'Himère, dont les habitants viennent en mauvais ordre au-devant de lui. Le* Carthaginois en luent beaucoup, et mettent le reste en fuite. Ce premier échec perdait les Himéréens sans ressource. Gélon, invité par Théron, arrive heureusement i leur secours et les tire d'affaire. Les Himéréens ne furent pas long-tems reconoaissans du bon office que le roi d Agrigente venait de leur rendre. Il est vrai qu'ils étaient opprimes parThratydée. Las de ce joug, ils députent secrètement au prince de Syracuse, pour lui offrir la souveraineté de leur ville. Hiéron découvre a Théron tout ce qui se tramait à Himère. Cette confidence rend le* deux rois amis , mais coûte la vie i tous les Himéréens qui étaient entrés dans la conspiration. Leur vrlle fui

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

| le Pétaltsme , qui ressemblait ,\ l'Ostracisme des Athéniens.

m l'assemblée du peuple, chaque citoyen écrivait sur I une feuille (en grec Pelalon) le nom du Syracusain dont le crédit était a craindre pour la liberté de la ville. Celui doot le non était inscrit sur un plus grand nombre de feuilles était exilé pour cinq ans. Dès lors , les plus distingués de la ville par leurs richesse* ou leur mérite, n'osant plus se mêler du gouvernement par la crainte de l'exil, les premières place* étaient pour les plus hardis cl pour ceui qui n'avaient rien a perdre. Le peuple lui-même abolit bientôt ce pétalume qui produisait des séditions encore plus I fréquentes.

453. Les Syracusains déclarent la guerre aux Tyrrhéniens | qui continuaient de désoler la mer de Sicile par leurs pirateries. Phaïle , et ensuite Appelles, commandant une Botte de soixante vaisseaux a trois rames , ravagent toutes les rôles des Tyrrhéniens, descendent en Corse , prennent l'.£lbalie (aujourd'hui l'Elbe), et reviennent a Syracuse, ! chargés de butin et de -

4S0. Dbocetius, cependant, continuait de régner sur ! d'anciens Siciliens retires au milieu des terres, et sur toutes I leurs ville* , excepté celle d'ilybla. Comptant sur ses force* et sa réputation, il attaque ouvertement les Grecs, prend Enna , dont il tue le prince par surprise , déclare la guerre aux Agrigentins , assiège leur château d« Motium , les bat et prend leur forteresse. Le* Syracusain* envoient contre lui Bolcon avec une armée considérable. Deucelius La dc- . fait. Bolcon , qui n'était peut-être qoe malheureux , est I condamné a mort comme un traître. Une envoyée contre Deucelius , est plus heureuse que la première. Le prétendu roi de* Siciliens, après une action tressautante engagée près de Nomes, est abandonné de ses soldats, qui veulent même le tuer pour finir la guerre. Deucelius prend la résolution hasardeuse d'aller secrètement pendant la nuit 1 Syracuse. Il entre dan* le un suppliant , et y déclare qu'il se Siciliens, a l'autorité de* Syracusain*. On délibère sur ce que l'on fera. Le peuple, toujours cruel, veut qu'on traite le prince a la rigueur; le* principaux opinent qu il convient de respecter un ennemi qui se rend. Ce dernier avis prévaut Deucelius est exilé a Corinlhe, où on lui fournit [tout ce qui était nécessaire pour y vivre honorablement. Mai» ambition était incurable. Un oracle lui ordonne d'aller bâtir une ville sur le rivage de Sicile, qui borde la mer Tyrrhénienne. Le peuple l'en croit sur sa parole. Il arrive en Sicile | bien accompagné (44b); les Sicilien* accourent è kii

a leur roi. Archonides, prince des lJeibitci* son entreprise. Une ville qu'on appelle Calacle , jisrcc qu'elle était assise sur un beau rivage , s'élève et en peu de tems est bîlie. Des projet* encore plus vastes roulaient dans la tète de Deucetius. Mai* une maladie le précipite dan* le tombeau. (44°-)

446; Les Agrigentins, mécontents de ce qu'on avait fait grice è cet ennemi commun sans le* consulter . déclarent la guerre aux Syracusain*. Différente* ville* de Sicile prennent >art à cette querelle , chacune tuivant ton inclination. On *r >at près du fleuve d'Himére. Le* Syracuiains remportent la victoire, et tuent mille Agrigentins. Les vaincus demandent la paix et l'obtiennent. Les Syracusains , a la téte des autre* Grecs de Sicile, entreprennent de réduire les anciens Siciliens. Les Trinacriens se défendent jusqu'à la mort ; les vieillards se la donnent presque tous eux-mêmes pour ne pas devenir esclaves; Trinacrie est détruite ei tout ce qui y était habitants mi* en servitude, ver* 43g.

4a8. Syracuse ayant privé les Léontins du commerce de terre et de mer, ils ont recours aux Athéniens, dont ils descendaient. L'éloquence de l'ambassadeur (Jurgis* persuade aux Athénien* d'envoyer de* galères aux Léontins. Lâche* et Charéade débarquent à Rhége, d'où ils font des course* dans le* tles de Lipari qu'ils ravagent, et se retirent sans avoir pu le* obliger à se rendre. Les Athéniens passent le reste de l'hiver a Rhége. Combat naval l'année suivante entre les Syracusain* et les Athéniens. Charéade est tué (4*7) ; l-arhès marche avec les alliés contre Mylès, et contraint les habitants de rendre la place. \je% Messiniens se livrent et donnent des otage* ; le fort de Peripolium , sur la rivière de Halése, tombe au pouvoir des Athénien*. Pendant l'hiver ils attaquent , conjointement avec leur* alliés , la ville de Nesse, dont il* «ont obligé* de lever le siège , après y avoir perdu beaucoup de monde. Lâchés fait une descente dans la Locride où il a plus de succès ; il ravage le pays des tiiméréens , d'où il navigue vers le* îles d'/Eole , et revient à Rhége. l'ilhodore, successeur de Lâchés est battu par les Locriens.

4*6. Dix vaisseaux de Syracuse et autant de Locre* , imparent de Messine sans aucune résistance. Le* Syracusains hasardent une bataille dan* le détroit de Rhrge , avant que le secourt qui devait leur être amené par Sophocle el Eurymedon , soit arrivé. La flotte de Syracuse était de plu* de trente vaisseaux ; celle des Athéniens n'était que de seise galères auxquelles s'étaient joinU huit iux de Rhége. Les Syracusains , quoique plu» fort* en

TTRAKS d'aGRIGSMTB.

dépeuplée , et Théron y fit venir des Grecs et de» Dorien* | qui s'y établirent

47a. Tbéroa fut victorieux aux jeux olympique*, el mou rut sur la 6a de celle année, qui était celle de sa victoire Pindare et Diodore en parlent très- avantageusement. Le* Agrigentins loi rendirent, après sa mort, les honneurs qu'on ne rendait qu'ai

TnmasTUÉB succéda a «on pire Théron, et fut en guerre I avec Uieron, roi de.Syracuse, qui le vainquit. Quelque tems apr.s . U fut tué par propre* citoyen», et lr

TYRANS DE GÉLA.

5o3. CiiiflBnX, oatif de Patane, parvint 1 la neté dan* Géla, comme l'anétiu* y était arrivé cbea les Léontins, et (ut un sort a peu prêt semblable; car il fut tué I par uo habitant de Gela, appelé Sabille (496). Il avait régné I sept an*.

HirpocRATK était frère de Cléaodre , et lui succéda. Il eut, dans le commencement de «on règne , de grandes guerres avec le* Callipolitains , les Naxieus, le* Zancléeni et le* I Léontins. Il les vainquit en joignant la force è la pedidlr.

Hippncrate fit aussi la guerre aux Barbares, c'est-à-dire aux [I anciens peuple* de Sicile, et en subjugua plusieurs. Il se ibrouiha ensuite avec le* Syracusain*, sur lesquels il remua» fameuse victoire auprès du fleuve Elore. Le*

TïtASS DE S S LA.

Corinthiens el les Corcyréen* offrirent leur médiation , et la paix se fit. Hippocrate rendit les prisonniers aux Syracusain* , qui lui cédèrent Camarine , où il envoya une colonie. Après avoir régné avec beaucoup de bonheur pendant cinq an* (4j)a), ce prince fut tué dans une bataille qu'il donnait aux Siciliens , devant Hybla.

Gélon, l'un des hommes les plus célèbres qu'ait eut la Sieste , descendait d'une famille originaire de l'Ile de Télos, Jans la mer r-gée, qui vint s'établir en Sicile lorsque Géla fut fondée. Télines, son aïeul, était prêtre des divinités in Cernait* chez les Géiéem, qui par reconnaissance d'un service important qu'il leur avait rendu, confirmèrent b prêtrise dans ai famille. Telines eut pour fils Uinomène* , lequel eut quatre fils, Gélnn , Hiéron , Thrasibule et Polizèle. Gélon embrassa la profession des armes , el y réussit si bien qu'Hippocraie le fit gênerai de sa cavalerie. Après la mort du tvraa de Géla , le* (Jéléen* voulaient secouer le joug de ses ennnla. Gélon , sou* prétexte de reconnaissance pour son bienfaiteur, prend le parti de ces enfants ( Kuclidc et CléandrrJ, et remporte la victoire sur le* Geleens; mais conserve la souveraineté pour lui-même. Son autorité étant bien établie dans Géla, il accepte la prière que lui font quelques principaux citoyens bannis de Syracuse, de s'employer i les rétablir. S'étant présenté pour cet effet avec une armée devant cette ville, aussitôt on lui en ouvre les porte*. 11 y rétablit ceux qui en avaient été chassés , et consent à prendre en main l'autorité souveraine dans Syracuse. Aussitôt qu'il en est possesseur, il cède è son frère Hieron celle qu'il avait dan* Géla.

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