TROISIÈME GUERRE PUNIQUE
La guerre est déclarée aux Carthaginois. La ville cTUti- 1 ue , considérable par sa richesse , sa grandeur et la com- ,
que,
modilé de son port , se soumet d'elle-même aux Romains. \jt consul M. Manlius Ne pus est nommé pour commander l'année de terre (149). Son collègue , M. Censorinus, est fait général de la flotte romaine. Les Carthaginois envoient des ambassadeurs à Rome, avec plein pouvoir de déclarer ] que Carthage se soumettait et tout ce qui lui appartenait a la discrétion des Romains. Le sénat promet aux Carthaginois la liberté, l'usage de leurs lois, et la conservation de ] tous leurs biens, à rondilion d'envoyer à Lilybée , comme I otages, trois cents jeunes gens des plus qualifié*, et de [I faire tout ce qui serait ordonné par les consuls Carthage cède au lems; les otage* sont fournis. Les consuls demandent ensuite qu'on leur délivre uue quantité de blé suffisante pour ' la subsistance de leurs troupes, toutes les galères carthaginoise* à trois rangs de rames , toutes les machines de guerre , cl enfin toutes les arme* qui pouvaient être dans I ville. Carthage, hors d'état de rien refuser, accorde tout. I Censorinus ordonne aux habitants d'abandonner leuf ville. I«es Carthaginois se décident à mourir , plutôt que d'o à ce dernier ordre du sénat romain. Les consuls comn cent par réduire la plus grande partie du plat pays leur obéissance. Ils attaquent ensuite la place par mer par terre.
s48. AsDRCiAt VU et Imilcon III , surnommé Fabeas, I ou Pbambas, ruinent toutes les opérations des Romain I contre les Carthaginois. Mais ceux-ci perdent bientôt !' Phaméas qui passe dans le parti des Romains. Les Car t ha- | ginois , néanmoins , remportent divers autres avantage* il sur le* Romains commandes par le consul Calpurnius Pison , le* obligent vers la fin de la campagne à lever le siège d'H ip. |
DES ROIS DE. MAURITANIE. 3<w
poxarytus, et rai ternissent l'an leur de ceux qui faisaient le liège de Carthage. Une négociation, entamée entre les Carthaginou et Andriscus , roi de Macédoine, échoue. Un nommé Bitbyas leur avait heureusement amené un secours de huit cents chevaux , os qui n'empêche pas Mantinus , lieutenant de Pison , de prendre M égare qui disait partie Je U ville de Cannage , et d'obliger ceux qui l'occupaient rte se retirer dans une Mire partie appelée Byrsa. Asdrubal, outré de cette déroute , lait avancer sur le mur tout ce qu'il avait de prisonniers romains et les livre aux traitements les plus inhumains , pour ôter aux habitants de Carthage toute espérance d'accommodement. Scipion Emilicn fa. t travailler jour et nuit au siège. En vingt - quatre jours tous ses ouvrages sont établis. Les Carthaginois, de leur part, n'oubliaient rien pour leur défense. Enfin le vingtsixième jour, on en vient a une attaque qui est longue. et opiniâtre, mais qui ne décide rien. Le vingt-«ept?éme , une autre, qui recommence, dure bien avant dans la nuit, et se termine par la prise de quelques postes avantageux que les Carthaginois sont forcés d'abandonner aux Romains. Scipion occupe le reste de la campagne a s'emparer de toutes les places fortes qui étaient encore au pouvoir de* Carthaginois, et fournissaient des vivres a Carthage. Duraut l'hiver (147), et pendant les grands froids, toute l'armée carthaginoise de quatre-vingt-quatre mille hommes est 1 aillée en pièces ou faite prisonnière, en défendant Ne pheris , dont le siège avait duré vingt-deux jours. Quatre
du port appelé Cothon sont ruinées ; Byrsa , ou la citadelle , attaquée en même terni, affaiblie d'ailleurs, par la famine ne peuj^ plus^tenir. C>ux^qni^ l'occupaient s'avancent en
la vie sauve pour tous ceux qui voudraient sortir. Scipion leur ayant accordé leur demande, Asdrubal se remet luimême au pouvoir des Romains. Sa femme , loin d'imiter son exemple, égorge elle-même ses enfants et se brûle dans le temple ; neuf cents transfuges, que le consul avait exceptés du pardon , ae précipitent dans les flammes qui détruisent la citadelle et le fameux temple d'Esculape 046). Le sénat envoie ordre au proconsul de détruire Carthage. En conséquence, cette ville infortunée est rasée jusqu'à ses fondements. Mais sous le consulat de Oomitiut (iaa) , C G race h ui entreprend, par ordre du sénat, de la rebâtir, et y conduit une colonie de six mille citoyens, qui fut
crut de manière , que sous les consulats de M. Tullius Decula et de Cn. Corn. DoUbelU (81), elle était déjà une des villes considérables de l'empire romain. Jules César, faisant la guerre en Afrique contre les partisans de Pompée , y laisse à son retour une colonie de trois mille hommes , a laquelle se joignirent plusieurs habitants des villes voisines. Durant les premiers siècles de l'ère chrétienne , on la considérait comme la capitale de l'Afrique. Sous le règne de Constantin, Maxence la réduisit presque en cendres (S.a dcp. J.-C). Genseric, roi des Vandales , durant ses guerres d'Afrique (439 dep. J.-C), s'en rendit maître le 19 octobre. Quatre - vingt - quinze ans après, les conquêtes de Bélisaire la réunirent a l'empire romain ( 533 dep. J.-C. ). Enfin, sous les successeurs de Mahomet (698 dep. J.-C), elle tomba au pouvoir des Sarrasins qui la détruisirent au point qu'il n'en reste aujourd'hui d'autres traces que des égoùis et des citernes qui n'ont point été endommagés par la tans.
CHRONOLOGIE
DES ROIS DE
La. Maurjt a ïii , ou la Maraoats , était bornée k l'orient par la Malva , ou Mulucha ; au couchant , par l'Océan atlantique ; au midi , par la Getulie ou Libye intérieure ; et au nord , par la mer Méditerranée. Elle a été ainsi appelée d'après les Maures, ses premiers habitants, et il y a lieu de croire que ces Maures devaient leur origine è Phut , l'un des 6b de Cham ou i Lud, son petit-fils et fils de Misralm, dont les descendants sont en effet désignés dans le dixième chapitre de 1a Genèse, par le nom de Maures, ou Mauritaniens. Les Phéniciens y envoyèrent de bonne heure des colonies. Quand elles se furent multipliées, elles se partagèrent en plusieurs cantons ou tribus et prirent divers noms.
Tingis, ou Tingi , était la capitale de U Mauritanie, qui , i cause de cela , est appelée assez souvent dans les auteurs , Tingitanie. On la nomme aujourd'hui Tanger , et elle fait partie du royaume de Fes.
On ne peut pas dire absolument de toute la Mauritanie qu'elle fut gouvernée par des rois. 11 semble que plusieurs tribus conservèrent leur liberté et leur indépendance , comme les Arabes qui demeurent dans le royaume d'Alger, et Tunis, U conservent encore aujourd'hui. Mais il est constant aussi, qu'au moins la plupart des provinces de Mauritanie obéissaient à des princes ou à des chefs dont le gouvernement était monarchique , et dont quelques-uns même ont donné leurs noms i quelques cantons. L'ancienne histoire de ces rois est mêlée de beaucoup de fables , et les auteurs sont partagés pour les débrouiller. Le célèbre Newton eu celui qui a proposé sur ce sujet le système le plus raisonnable.
Ammon , père de Sesac , roi d'Egypte , a été , selon
ï HISTORIQUE