‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 362 sur 532 · CHRONOLOGIE ROM AIN K · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE ROM AIN K

élevé au consulat le 34 février, ce consul oui, comme on le trouve dans Plularque ,'fut lue (11) la veille (les calendes Je mars , n'aurait pat vu faire a Rome la récolte des blés ; il est néanmoins certain que, pendant le consulat de Brutus, on récolla de ces grains à Rome. Brutus fit jeler dans le Tibre les blés, partie battus, partie en gerbe, et encore épars dans l'aire d'un champ de Tarquin , qui , après l'expulsion de ce roi , avait été consacrés au dieu Mars , ne croyant pas que des biens destinés aux dieux dussent servir à l'usage des. hommes (ia). Comment Brutus eût-il trouvé des gerbes et des blés dans les aires, si, nommé consul le 24 lévrier romain, 14 mars julien, il est mort le aq janvier romain, ib° avril julien i Les mois de mars et d'avril juliens sonl-ils les mois de la récolte i* Mais si Brutus a été nomme consul le t". juin romain, 3o mai julien, suivant nous, sa mort arrivée le 29 janvier romain de Vannée suivante , ne l'aura pas empêché de voir récoller des blés pendant »on consulat.

Quand Tarquin fut chassé , il assiégeait la ville d'Ardée, et le siège durait depuis si long-tems que l'armée n'en pouvait plus supporter les fatigues, et était toulc disposée a la révolte (i3). Si on eOl été au 24 février romain, 14 mars julien, de quelles fatigues, de quelle lenteur, l'armée auraiiellc pu se plaindre:" Les Romain» entraient en campagne au plutôt sur la fin du mois de février julien : quinze jours de guerre leur auraient-ils rausé une lassitude insupportable? Mais si l'on était déjà au 1**. juin romain, 3o mai julien , selon nos calculs , I armée , après un siège de trois mois, aura pu se lasser d'une opération si longue, s'irriter contre son chef, et être prèle à se soulever.

On trouve dans Denys d'Halicarnassc que dans une réponse faite par Junius Brutus aux députés du sénat , lors de la première retraite du peuple sur le mont Sacré , ce plébéien reprochant aux Patriciens les services que le peuple n avait cessé de rendre depuis l'expulsion des rois pour la défense de la liberté commune, leur dit (i4) que 1* peuple en était déjà a la dix-septième année de guerres, de combats et de fatigues. Ce calcul suppose qu'il y avait alors seize ans révolus que les rois avaient été chasses , et que la dix-septième année était commencée. Il est certain que dans l'époque de Varron l'expulsion des rois tombe à l'an de Rome a4-> • cl que la première retraite du peuple et la réponse de Brutus sont de l'an 201. A l'égard du mois où Brutus répondit aux députés du sénat , on trouve dans Denys d'Halirarnasse, que le peuple était encore sur le mont Sacré lors de cette réponse (i5), et qu'il en revint au pluldl le 10 décembre romain (iH) , jour où il procéda, dans Rome, à l'élection des premiers tribuns ; de sorte que cette réponse a été faite avant le 10 décembre romain. Si les rois avaient été chassés le 24 février de l'an 245 , la dix-septième année n'aurait pas couru lors de la réponse de Brulus , faite avant le mois de décembre de l'an 261. Le mois de février étant dans ces premiers siècles le dernier mois de l'année , le mois de décembre aurait été le onzième mois de la seizième année , et la dix-septième n'aurait commencé que le 24 du mois suivant, qui était le mois de février; mais si l'on attache, comme nous le faisons, l'expulsion des rois au 1". juin de

(11) Plaimnt. , in Paplicalà , pag. i5i : Tarnuioii filiu» Anna, et Romrans consul Brutus.... Siuaul «ectdère.. .. nxtgnatum ai uni prtdie kaland. mania*.

(■a) Diomjs, , lit. }', p. i8li : Quidquid fruraenti erat>in ifn* earapi arci» , vel in stipula vel Iritum jam , nulli permiserunt asportant ; »rd ut ctxcndim , nec in horrri inferri licitum in piofluentera sbjici jiu>erunt. Litiat, lit. II, cap^ S : Destrtam^ram

fudère in Tibcrim . tenu! fluenteni aqua , ut raedii* rnloribus solck Pla/arti . in Poplicoté , f. 100 ; Forte ibi Une mesti» «rat , jacebantquc ad bue inanipuli.

(i3) Diaajs. , lit. IV , p. aSi : Clinique bostU forliter résilierai et dîù dtuaret ubsidio , pariler et in castris milites icnlum bcllum faligavit, et cives io urbe continua tributs penitus esluuieruiit , spcclabatque rcs ad defeelionem ; modo quia prtcbcrcl initions. Lieiaj , lit. I , cap. 57 : Lougo magis , quant acri bello.

(■4) Idem, lit. VI. p. 400: Dits ( regibu» ) cxpulsis, vobis

ftrinripalum eorum. delulimus. . . . Multa magna et continua btlorum pcrleula propter vos eiaccrbavirnus , qui bus >am decitnum seplimum annum atlrrimur , pro commun! liberlate pugnantes. ( 1 5) Diaajs. , itid. , p. 3q^ H sec.

(16) Itid.,?. 410: Aanuos tnagistratos creavit hi quinque

primi tribuoiliam polestatcm acceperunt , quarto die anlc idus decesnbris . queraadmodum fit cl noslro temporc,

(17) Qaa-sl. Hem. .p. a68 : Cur a januario novum annum auspirsnlur?. .. Alii <ir tradunt, drtemhtrm a marlio

l'an 245 , la dix-septième armée depuis cette expulsion a comrjH'ticé le 1". juin de l'an atii, et le mois de décembre | est le septième mois de celle dix-septième année. On ne peut donc «aire cadrer la date donnée par Denyt d'Ilaiirar- [ nasse avec l'époque de Varron, qu'en tuant celle expulsion a un mois antérieur aox mois de décembre et de lévrier. Il en est de même dans la manière de supputer de Denys d'Halicar nasse , quoiqu'il suive l'époque de t alon. Cet auteur ayant relardé d'un an la fondation de Rome, il retarde (ont de même tous les événements postérieurs ; et dans cet esprit , il fait correspondre l'expulsion des rois à l'an de Rome 346 de Varron , et la retraite du peuple a l'an 262 ; d'où résulte la même impossibilité de trouver la dix-septième année entre ers deux événements, si l'on soutient que les rois ont elé chassés le 34 février. Ainsi , il est évident que les rois n'ont pas été chassés le 34 février, que celle date n'est pas moins inconciliable avec l'histoire qu'avec les anciens auteurs, et que les calendes de juin sont la vraie date de cet événement.

Plularque ne dit point que les premiers consuls soient entrés en charge aux calendes de janvier ; il rapporte ce sentiment comme le fondement de (opinion de ceux qui ont soutenu que les Romains ne faisaient commencer l'année civile à ces calendes , qu'a cause que le premier consulat y avait commencé (■-) ; mais loin d'approuver ce sentiment, Plularque réfute les conséquences que l'on voulait tirer de ce faux principe, cl il établit que c'est par une raison toute différente que le commencement de l'année civile a été al lâché au i'r. janvier : de sorte que si l'on examine bien Plularque, on trouvera qu'après avoir rapporte ce sentiment comme objection , il ne s'y arrête point cl le rejette.

A l'égard de l'année où les rois ont été chassés , les bases que nous avons posées suffisent pour la fixer; les rois ayant été chassés le i*'. juin de la deux cent quaraulr-qaairièmc annéc de leur régne, et leur règne n'ayant commence nulle 1". octobre de la première année de la fondation de Rome, il s'ensuit que leur expulsion tombe au 1". juin de la deux cent quarante-cinquième année depuis celle fondation ; et pour fixer celle date avec encore plus de précision , nous disons que les rois ont été chasses deux c»nl quarantetrois ans huit mois romains depuis l'époque de leur règne, deux cent quarante-quatre ans un mou neuf jours romains depuis la fondation de Rome.

Page 1