CHAPITRE IX
Les
de règle et les intercalations doubles aux Us
civiles paires et mon
bisseittlts.
Numa ayant d'abord prescrit l'ordre alternatif pour toutes les intercalations , y avait dérogé par rétablissement des cycles pour les huit dernières années ; et cet ordre n'avait été conservé que pour les seize premières années de chaque cycle ; mais lorsque les cycles forent abandonnés, la première institution de Numa reprit, sur ce point, toute sa vigueur, et on revint 1 la règle qui attachait indistinctement l'intercaUtion légale et ordinaire a chaque deuxièi— année.
Pour procéder avec justesse dans le calcul des années romaines , et discerner entre les intercalations rapportées dans l'histoire , celtes qui ont été légales et ordinaires , des intercalations extraordinaires et arbitrairement surajoutées par les pontifes , il est essentiel de connaître 1 quel ordre d'années civiles paires ou impaires tombait l'interralation régulière; et comme de deux années juliennes impaires, l'une est commune et l'autre bissextile, il est nécessaire aussi de savoir A quelle espèce d'années juliennes répon dait l'année civile qui devait recevoir l'intercalai ion simple de vingt-deux jours, ou l'inlercalalion double de vingttrois. On verra , dans notre table chronologique , que sur
, les calculs de la pro-
gression de rens.
Pour élaircir ces objets et les déterminer avec certitude, des auteurs et des monuments on trouverait que telle année civile a reç ne suffiraient pas. Comme il dépendait des pontifes d'intercaler arbitrairement , tout auteur qui dit seulement que telle année on a intercalé , ne prouverait pas qu'elle a été intercalaire de règle ; pour cela , il ne faut rien moins que des autorités qui constatent que l'intcrcalation mise à une année, y tombait de droit et lui était due; mais aussi un seul exemple de celte nature , pourvu qu'il soit bien circonstancié, suffit pour fixer le sort de toutes les années de droit intercalaires; car toutes les intercalations de règle, soit qu'elles fussent simples ou qu'elles fussent doubles, ayant été alternatives, il s'ensuit que s'il est prouvé qu'une année impaire a été intercalaire de règle , toutes les années impaires doivent de même l'avoir été ; et s'il est prouvé aussi que celte année impaire a été de droit intercalaire double , et qu'elle réponde a une année julienne non bissextile, mais commune, il en résultera encore que toutes les intercalations doubles ont correspondu a des années juliennes communes, et toutes les intercalations simples aux années juliennes bissextiles.
Nous avons un exemple de ce genre et qui fait une preuve complète : il est de l'année où Te calendrier de Numa fut aboh ; et pour découvrir toute l'économie de ce calendrier, nous sommes obligés de parler de sa destruction, et de nous écarter de l'ordre des tenu que nous avions suivi jusqu'ici.
La réformai ion du calendrier romain , par Jules César, tombe a une année impaire. César la fit l'an de Rome 707 fa}. Suétone dit (1) que celle année était intercalaire dé droit et suivant la coulume. C'était donc aux années civiles impaires que tombait l'intcrcalation de règle.
De plus , celte année 707 était de droit intercalaire Jouble. Censorin dit (a) qu'outre les soixante-sept jours que César fut obligé d'ajouter à cette année pour la remettre au cours du soleil, jours qu'il plaça entre les mois de novembre et de décembre, il avait auparavant intercalé vingt -trois jours dans le mois de février. Si cette n'avait pas été intercalaire double , César aurait l'intercaUtion du mois de février , dans les par la règle ; et en et de décembre soixa y plaça, il de jours qui lui émit romaine au point d'où il partir. Les vingt-trois jours intercalés par le mois de février, ne furent même pas regardes surajoutés extraordinairement celle année , mais lui appartenants de droit , et quoiqu'il soit certain que César l'augmenta en tout de quatre-vingt-dix jours, néanmoins, Dion Cassius (3) dit qu'il n'en ajouta que soixante-sept , et que ceux qui ont voulu assurer qu'il y en mit davantage , sont dans l'erreur. Cet auteur ne compte point les vingt-trois jours intercalés en février : il les considère comme ne faisant pas partie de l'addition de Jules César , et comme appartenants de droit a cette année ; et de la il résulte qu'elle é règle intercalaire double.
Or , l'année civile 707 répond a une année juli commune et non bissextile : les i concouraient donc avec les années juliennes communes; et par une conséquence nécessaire, les intercalations simples correspondaient aux années juliennes bissextiles.