ONZIÈME DICTATEUR
Q. SERVILIUS PRISCUS FIDENAS 11.
417-4*6. La découverte de la conjuration des esclaves, faite sous le dernier Iribunat militaire, découverte que, suivant Tite-Live, les Romains attribuèrent a la protection spéciale des dieux, dut faire regarder cette année civile comme heureuse pour la république, et porter les pontifes i y ajouter une inlercalalian dans le mois de février, qui concourut avec le précédent tribunal militaire. Députés de Tusculum qui annoncent que les Eques, aidés des Lavicains, campent près de la ville tTAIgide. Séntlns-consulte qui ordonne nue deux tribuns militaires seront charge» de la guerre, et que le troisième restera pour veiller à la sûreté de Rome. Discorde entre les tribuns qui ambitionnent chacun le commandement de l'armée. Q. Servilius termine , par l'autorité paternelle, relie dissension indécente. Il ordonnes C. Servilius, son fils , de céder i ses collègues et de se contenter de la garde de Rome. Mésintelligence entre les deux tribuns dans le camp; elle alla si loin qu'il fallut que les chefs des légions les déterminassent è établir qu'ils commanderaient chacun un jour alternativement. Bataille donnée par L. Sergius qui était de jour. U est battu el abandonne son camp. Les débris de l'armée se retirent i Tusculum, ou reviennent a Rome et y portent la terreur. Dictature de Q. Servilius Priscus, le vainqueur de Fidènes. Il choisit pour maître de la cavalerie C. Servilius Axilla, son fils. Victoire de Servilius : il prend le camp des ennemis, et abandonne le butin au
soldat. Prise de la ville des Lavicains, où les vaincus s'étaient retirés. Servilius revient è Rome et abdique huit jours après avoir été nommé dictateur. Sénatus-consulte qui , pour prévenir les demandes séditieuses des tribuns snr lés lois agraires, ordonne l'établissement d'une colonie è Laviques. Quinze cents citoyens y furent envoyés et reçurent chacun deux arpent de terre. Quatorzième lustre ([Fastes Ca/ntolins, où le nom du censeur L. Papirius est marqué : on ignore le nom de son collègue). Ce lustre aurait dû être tait Tannée précédente 336.
Triksuts militairts t P. LccRETnia Tbicipitiitos II, L. Sbrvilius Structus II, Agrippa Menemus Lahatus II, Sp. Vxturios Craascs Cicoannu , entrent en charge le i3 octobre romain , 8 octobre julien 4<6.
4i6-4i5. Anciennes querelles sur les lois agraires renouvelées par les tribuns du peuple.
Triions mûitanrt : A. SEMpnrmics Atrathtcs III, M. Papirius Mugillahus II , Q. Fabius Vibolakus , Sp. Nautiub RutilCs 11 , entrent en charge le i3 octobre romain H40, a8 septembre julien 4-5.
4i6-4'5. Sn. Moscilius, tribun du peuple pour la quatrième fois, suivant Tite-Live, et Sp. Metilius pour la troisième fois , d'où il suit que leur tribunal avait commencé a l'an de Rome 336, portèrent une loi pour faire ordonner que toutes les terres ci-devant conquises sur les ennemis, seront partagées aux citoyens. Le sénat ayant adopté l'avis d'Appius Claudius , petit-fils du décemvir, réussit, par ses sollicitations et ses caresses, è détacher six tribun* du parti qui proposait la loi, et è les porter i s'opposer à toute poursuite ultérieure de la part de leurs collègues.
Tribuns militairts : P. CORirtUOS CoASCS, Q. QuiKCTIU*
CinciKWATUS, C. Valkrius Potitds Volusos, H. Fabius Vibulanus , entrent en charge le i3 octobre romain 341 , 10 octobre julien 414.
4i4.-4ia. La ville de Voles, dépendante des Eqoes, dont les habitants , par des incursions sur le territoire des Lavicains, nuisaient aux colons qu'oo venait d'y établir, est prise par les Romains. Loi portée par le tribun L. Sextius , par laquelle il propose d'établir une colonie sur les terres de Voles, ainsi qu'il eu avait été envoyée une à Laviques. Ses collègues , gagnés par les patriciens , déclarent qu'ils s'opposeront è toute loi que le sénat, assemblé pour en faire l'examen avant qu'elle soit rapportée au peuple* n'aura pas autorisée.
Tribuns militairts : Q. Fabius Vibulahus II , Cn. ("oantucs Cossus , *P. Postumius Albus rUciu-Rwsis, L. Valkrius Potitus, entrent en charge le i3 octobre romain 34*. , ai octobre julien 4i3.
4ia.-4n. L'accord de la plupart de* tribuns avec le sénat, la résistance qu'ils opposaient de concert et è la sollicitation des patriciens , aux desseins de L. Sexlius , leur collègue , portèrent les pontifes à prolonger leur tribunal , en ajoutant l'intercalai ion dans le mois de février de cette snnee civile. Les Eques reprennent la ville de Voles , et la renforcent par rétablissement d'une colonie. Guerre contre ce peuple. P. Postumius , tribun militaire , magistrat sévère et d'un caractère intraitable , en est chargé. Siège de la ville de Voles , mal défendue par les Eques , que la perte de plusieurs combats avait découragés. Postumius s'en empare , après avoir promis è ses soldais de leur accorder le butin, et viole sa parole. Murmures et animusité de l'armée contre son général. Appelé à Rome pour résister avec ses collègues aux intrigues que L. Sextius , tribun du peuple, renouvelait pour taire passer les lois agraires, il augmenta l'animosité contre loi. Le tribun du peuple ayant dit dans une harangue que ceux qui avaient conquis la ville de Voles et ses terres, étaient dignes de les posséder, Postumius se lève et répond, malheur à mes soldais, s'ils remuent. Mutinerie de l'armée informée de ce propos. Postumius, revenu au camp , croit appaiser les mouvements par des supplices ; P. Seslius , son questeur militaire , est blessé ; Postumius lui-même est lapidé sur son tribunal. Poursuiir criminelle ordonnée pour venger ce crime. Les tribuns du peuple s'y opposent ; le sénat craignant qu'une procédure contre toute Parmée , et la colère excitée par le gouverne-
1 DE I.'HISTOIRK ROMAINE. ^
II ment sévère des patriciens, ne portent le peuple à élever des
I plébéiens au tribunat militaire , suspend les poursuites et
II Lit tons ses effort» pour la nomination de cumuls. Les II tribuns du peuple , décidés a saisir celte occasion pour 1 mettre les plébéiens en possession des charges curules , 1 refusent d'y consentir, et cette dissension n'ayant pa être 1 terminée mat U fin de l'année consulaire, il y eut un
1 Gantait : M. CoKHKtttJt Comus , L. Fuaics Medcl- 1 Lie* 03 , entrent en charge le i3 décembre romain 343 , t". 1 janvier julien 4u-
4ti.-4>i°- L'interrègne fit retarder l'année consulaire; et comme Ïite-Live dit ( liv. V, chap. 9 et 11.), que 1 l'an de Home 353, elle était attachée au t3 décembre ro- 1 main ; n'étant arrivé entre celte année 44* et l'année 353 aucun événement qui ait pû la déranger, il faut qu'elle ait été fixée 1 ce jour (i3 décembre) par l'interrègne de cette ! année— ci» Ainsi l'année consulaire, par l'effet des deux interrégne* des années 334 1 34i, s'est avancée d'une année entière. L'interrègne de l'an 334. qui, suivant Tite-Live , absorba la plus grande partie de l'année, ayant évidemment été plus long que celut-ci, U est nécessaire de porter le commencement du consulat de l'an de Rome 335, vers les derniers mois de l'année civile , afin que par ce second interrègne-ci , quoique plus court , l'année consulaire poisse atteindre le i3 décembre où elle doit se fixer. C'est ce motif qui nous a détermines a placer le consulat de l'an 33$ an t3 octobre romain, (fes/es les années 334 cl 335. ) Succès du sénat dans la contestation qu'il avait avec les tribuns. 11 réussit a taire nommer des consuls. A peine éiaicnt-ils installés que le sénat ordonne qu'il sera informé du meurtre de Postumius , devant les personnes que le peuple assemble par ses tribuns voudra commettre. Le peuple en confie l'instruction et le jugement aux consuls, qui, usant de modération , se contentent de rechercher un très - petit nombre de coupables, dont la plupart préviennent le supplice par leur mort. Mécontentement du peuple; il compare là lenteur des patriciens dans l'examen et l'exécution des lois qui lui sont favorables , avec leur promptitude dans les jugements qui doivent être portés contre lui. Guerre des Volsques qui ravageaient les terres des Herniqurs. Le consul L. Furius, n'ayant pas trouvé d'armée ennemie, s'empare de Ferentino. Les Romains en donnent les terres aux Herniques. Quinzième lustre; il est nécessaire , pour trouver le nombre des lustres suivants. Le dernier ayant été fait l'an de Rome 337, celui-ci aurait du l'être suivant la règle des cinq a ai, l'année précédente 34a-
Cousais Q. Fabius Awbcstus , C. Fobiuc Ps.au» , entrent en charge le i3 décembre romain 343 , i3 janvier julien 4'°»
4ii.~4>o. Les succès du sénat dans la nomination des consuls , et dans la vengeance du crime commis en la personne d'un patricien , tribun militaire , ta modération et la retenue des tribuns du peuple, modestia trdunorum (Tite- Live, L IV, chap. 5a.), portèrent les pontifes à prolonger l'intercalation dans le mou de février de cette année civile 343, pendant laquelle a eu lieu l'administration des consuls et des tribuns précédents. Troubles excités sur les lois agraires, par L. lcilius , tribun du peuple, qui regarde l'exécution de ces lois que Sp. lcilius, tribun l'an 373, avait soutenus de toute l'autorité tribunilienne , comme un devoir impose a sa famille. Contagion a Rome, lcilius ne fut pu écouté.
Consuls : M. Papibius Mugillarus, C. Nautios Rôti lus , entrent en charge le 1 3 décembre romain 344s 3 janvier julien 40.J.
410.-409. Famine a Rome occasionnée par les maladies contagieuses de l'année précédente. Députés envoyés dans différentes villes pour acheter des grains t ils en sont empêchés a Capoue et a Cornes , par les Samnites , maîtres de ces villes. Les tyrans qui gouvernaient la Sicile permirent les achats.
Consuls t M. JEmuvs MAimicnros , C. Valebius P0TITO8 Voloscî, entrent en charge le i3 décembre romain 345, a3 décembre julien ,4°9'
409.-408. Troubles domestiques et guerre au dehors après la famine. Les Eqoes et les Volsques entrent dans les terres des Latins et des Héroïques. Opposition i la levée des troupes par M. Mscnius, tribun du peuple qui voulait faire passer les lois agraires. Prise d'un fort des Romains par les ennemis. Les collègues de Mamtus, gagnés par le sénat , et imputant k ce tribun b perle du tort qu'une armée aurait pu ssuver, déclarent qu'ils aideront les consuls dans h levée des troupes. Cependant te peuple refuse de s'enrôler, et Valerios est obligé de recourir i la force et aux punitions. Le fort dont les ennemie s'étaient emparés est repris par l'armée romaine. Valeriut annonce que le soldat qoi a refusé de servir, ne mérite pat [de partager le butin et augmente l'animosité des troupes contre lui. Ovation de Valerius. Les soldats et le peuple accompagnent son triomphe , se permettant de* chansons mordantes contre le consul et comblent d'éloges le tribun Mumius. Ce plébéien , assuré que le crédit qu'il s'était acquis le porterait au tribunal militaire, en cas qu'on choisit ce genre de magistrature pour fan née suivante, en est exclus par l'ordre que donne le sénat de nommer des consuls.
Consuls : Ch. Cobkelios Coiso* , L» Fobio» Meddlliiros 11 , entrent en charge le i3 décembre romain 346 , 4 janvier julien 4°7-
408.-407. Premiers questeurs plébéiens. Une seule des quatre places fut donnée a un patricien. Le peuple , séduit par la promesse que lui font les trois lcilius, ses tribuns, d'exécuter plusieurs projets oui lui seraient très-avantageux, te venge dans la questure du succès que le sénat avait eu en obtenant qu'il ne serait point nommé de tribuns mililitaires, et qu'il serait procédé * l'élection de consuls. Projet formé par les lcilius de faire parvenir des plébéiens aux premières magistratures curules. nouvelle invasion des Eques et des Volsques dans les pays des Herniques et des Latins. Les tribuns du peuple empêchent de lever des trou- : pes, avant qu'il soit arrêté qu'on nommera pour l'année suivante des tribuns militaires. On apprend a Rome que le fort repris par les Romains la campagne dernière, vient d'être forcé par les ennemis. Cet échec ne diminue ni la fermeté du peuple ni l'inflexibilité de ses tribuns. l<e sénat est obligé décéder, et consent a la création du tribunat militaire. Biais se refusant a laisser a des tribuns séditieux', l'espoir d'obtenir la récompense qu'ils se sont promise de leurs manoeuvres , il exige pour condition, que ni les tribuns actuels ne peuvent être élevé* au tribunat militaire, ni qu'aucun tribun du peuple ne pourra être continué dans le tribunat plébéien. Siège par les Romains du fort que •] les ennemis venaient de reprendre. Ou est obligé de le lever. Prise d'un autre fort appelé Vcrrugoy sur les Volsques. la-
Trihims militaire* : C. JUUUS JoLOS , P. Cobxelius Cossus! C SbbviuuS Auala, entrent en charge le i3 ; décembre romain 347 • »5 décembre julien 407.