GS
5oo
Somme
Crue dei LXX.
Seth . so5 707
Enos 190 7>5
Caïnan 170 740
Malaléel 65 ;3o
Jared 16a 800
Henoch i65 aoo
Mathusala 187 7"*
J-amcch 188 565
Noé 5oo 45o
Somme . . . 3161
Noé étant entré dans l'arche a l'âge de six cents ans, il m faut qu'ajouter cent ans à chacune des trois sommes cidessus , pour avoir l'année du monde où commença lr déluge , selon chacun de ces trois textes ; et cette année est l'an t656 , selon l'hébreu ; i3o7 , selon le samaritain ; et aa6a , selon le texte grec des LXX , comme nous l'avons dit ailleurs.
El comme le déluge commença le dix-septième jour du second mois de l'an 600 de la vie de Noé ( Gen. VII , v. 11 ), et qu'il finit le vingt-septième jour du second mots de l'an 601 de Noé, jour auquel il sortit de l'arche {ilid. VIII , v. 1 4, 1 5, 1 6 ), où il avait demeuré un an et dix jours . selon l'hébreu et rt*tre Vulgatc, qui le font entrer des le dixseptième jour du second mois de la 600*. année de sa vie , comme nous avons dit; au lieu qu'il n'y a demeuré qu'une année juste, suivant le texte grec, qui ne l'y fait entrer
3ue le vingt-septième jour (et non pas le dix-septième) u second mois de sa 600'. année. Mais quoiqu'il en soil de ces deux différentes leçons, toujours est-il bien certain
3 11e le déluge a commencé le second mets de l'an boo e Noé et fini au second mois de sa 601*. année Les trois textes s'accordent sur ce point , et ne diffèrent que sur l'année du monde a laquelle il faut rapporter le déluge; et comme, selon l'hébreu que nous suivons avec notre Vulgate , l'année 600 de Noe, concourt avec l'an i656 de la création; c'est a celte même année que nous plaçons l>
déluge , et que nous faisons finir le premier âge du monde, c'esl-a-dire , au second mois de ftn 16SG.
S. En lisant ce que M. de la Molette a écrit sur la chronologie des deux premiers âges du monde , nous avons vu qu'il rapportait la naissance d'Abraham a l'an 3g 1 du déluge. Ce qu'il y a de singulier, c'est que pour autoriser cette date, il dit ( tom. a , pag. 306) : « Nous avons montré » que le déluge a fini, selon l'hébreu , l'an du monde 1657. » hetranclions , continue-t il, ce nombre iG5? de if)48, qui
• est l'an du monde où Abraham est né, selon le ml me texte;
• il nous restera après celte opération 391 , ce qui exprime la » vraie différence îles deux nombres , et ce oui nous donne en » même tenu l'année précise du déluge qu est né le père des
• croyants. •
Voila ce qu'il dit : Mais, i». il est clair que retranchant 1667 de 1348, il ne reste nue 291 et.non pas3<jt , et il ne paraît pas que ce soit ici une faute d'impression , puisque dans ta même page, et seulement qnatre lignes plus bas, l'auteur répète encore que • la naissance d'Abraham , selon l'hébreu , « concourt arec l'an du déluge 3nj. » Ou si l'on veut que ce toit une faute d'impression, il faut convenir qu'il est assez vu prenant que la même faute se trouvant deut fois dans un >i petit espace, et en chiffres très-lisibles, on ne s'en soil pas aperçu, et qu'on ne l'ait pas corrigée au moins dans l 'errata, ou cette faute n'est point marquée.
Mais, i". quand m'oie on corrigerait cette faute, et qu'au lieu de 3gi , on lirait 20,1 , l'auteur ne serait pas encore Ibndé à dire, comme il fait , que c'est li , selon l'hébreu , la véritable année de la naissance d'Abraham, puisque drpuis celle d'Arphaxad, jusqu'à la soixante-dixième de Tharc , on 1 d'abord deux cent quatre-vingt-dix ans suivant la table chronologique de l'auteur mime , à quoi ajoutant les deu» ans écoules depuis le déluge jusqu'à la naissance d'Arphaxad que Sera engendra la centième année de son Jgc, el ùienm'a post diluvium. ( Gen. XI, v*. 10. ) Cela fait aga ans , et non pas seulement 391.
Ainsi nous accordons bien a l'auteur qu'Abraham est né l'an du monde 1948; mais nous nions, i°, que retranchant 1GS7 de 30,48, il reste 391, et quand au lieu de 3gi , on remettrait 391, comme la justesse du calcul l'exige, nous nierions encore que cette date, pour la naissance d'Abraham lenuis le déluge, fut la véritable. Et cela, par la raison que le leluge étant arrivé l'ao i65(i de la création ; si on y ajoute les agi de l'auteur, cela ne ferait que 10,47, au qu'il (•connaît , et nous le reconnaîtrons avec lui , que suivant le texte hébreu, la naissance d'Abraham concourt avec l'an du nonde 19+8, qui est l'an aga, et non pas 391 , et encore uoiiu iijt du déluge.
El quand il y aurait quelque changement a faire a celte laie de au a , ce ne serait sûrement pas en la diminuant d' innée qu'il devrait se faire, mais plutôt en l'augmcnl d'une année, et comptant 2193, au lieu de 39a, parce que l'écriture nous disant que Sem engendra Arpliaxau deux ans ■près le déluge , on pourrait prétendre que cela signifie deux tus pleins et entiers après la Gn du déluge. Et comme il ne iinit qu'en 1657 de la création, on pourrait conclure de là ,
3u'Arphaxad naquit en 1649 du monde, puisqu'il fut engen ré deux ans après le déluge , biewùo post- diluvium. Ajoutant donc a >65g , les ago qu'il y a depuis la naissance d'Arphaxad, jusqu'à la soixante— dixième dcTharé , on a l'an du monde 1949, d'où ôtant les it>56 que l'on comptait au tems du déluge , il resterait ag3 pour l'année de la naissance d'Abraham depuis le déluge, suivant le texte hébreu.
Mais rien n'oblige a mettre la naissance d'Arpliaxad a l'an t65g de la création, parce que le déluge ayant fini, selon te texte hébreu, au second mois de 1637, il suffit qu'Arphaxad soit né a la fm de i658, pour pouvoir dire avec vérité qu'il est né deux ans après le déluge , surtout dans le langagv île l'écriture, suivant lequel une chose est souvent dite être arrivée après deux jours, ou deux années (ou tout autre nombre) quoiqu'elle soit arrivée ou le second jour, ou la seconde année, comme quand Jésus-Christ dit, au rapport Jes Juifs, post très dû* rtsurgam (Math. 37 , v'. 63.) Ou bien ; oporttt fitium homitàs.... Occidi , et post tris dits rtsurgere ( Marc 8, V. 3i.) Cela ne signifie pas qu'il ne soit ressuscite qu'après trois jours pleins el entiers ; mais qu'il devait ressusciter le troisième jour depuis sa mort. De même , quand l'écriture dit que Sem engendra Arphaxad deux ans après le déluge , on est fondé a croire que cela signifie simplement qu'il l'engendra la seconde année du déluge.
une tant
REMARQUbS CHRONOLOGIQUES.
et comme de là jusqu'à la soixante-dixième «le Tharé, il y a 390 ans , et 21)2 depuis le déluge ; c'est donc I cette dernière année que, suivant le sens le plus littéral de l'écriture , nous mêlions la naissance d'Abraham, puisqu'elle dit , que Tharé étant âgé 4e soixante-dix ans engendra Abc am , Nachor el Aran; ce qui naratt dire, assez clairement, qu'il était l'aine de ses deux frères; d'autant plus que ceux qui lut Aient le droit d'aînesse , et le font naître soixante ans plus tard , ne se fondent que sur ce qu'il est dit ( tien. XI , ?'. 3a ) , que Tharé vécut deux cent cina ans, ce qui nous parait Être une taule réelle dans le texte hébreu ; soit parce que le samaritain ne donne a Tharé que cent soixante-quinze ans de vie, soit pour les autres raisons que nous avons données dans notre petite dissertation sur la chronologie des deux premiers âges du monde.
Ainsi, pour ce qui est delà naissance d'Abraham, nous nous en tenons a ce que nous avons dît; savoir, qu'il est né l'an tg{8 de la création, et aoa du déluge, suivant le texte hébreu.
An reste . si nous avons relevé la faute qui se trouve dans cet endroit de la chronologie de M- du Content de la Molette, de quelque façon qu'elle s'y soit glissée, ce n'est sûrement pas dans un esprit de censure et de critique; mais senlcmeni pour prévenir l'erreur où pourrait tomber un lecteur peu attentif, en lisant cet endroit d'un livre qui est entre If s mains de tout le monde , ou qui du moins mérite bien d'y être, et qui ne nous a pas peu servi dans ce que nous avons
mois
endroit du Merrure de fronce , d'août 1775 , pog' «8.
Texte. • Je pense que quand les sept vaches maigres eurent dévoré les sept vaches grasses, et que l'Egypte éprouva la disette, si Pharaon, ou le Pharaon, avait eti le sens commun, il aurait permis a son peuple d'aller acheter du blé a Babylone et a Damas; et s'il avait eu un casnr, il aurait ouvert ses greniers gratis , sauf a se faire rembourser au bout de sept ans , que devait durer la famine. Mais « forcer ses sujets a lui vendre leurs terres, leurs bestiaux ,
• leurs marmites, leur liberté, leurs personnes, me paraît » l'action la plus folle, la plus impraticable , la plus lyran-
• nique ».
Remarques. On fait ici deux reproches à Pharaon , ou plulot à son ministre; le premier, de n'avoir pas eu U sens commun ; le second , de n'avoir pas ta un caur.
Nous examinerons dans la suite le second de ces reproches ; mais comment douter que le premier ne soit bien fondé, après la preuve invincible quen donne l'auteur de l'apologue, «Si Pharaon, dit -il, ou le Pharaon (c'est
■ Joseph qu'on n'a pas osé nommer) , avait eu le sens com-
■ mun, il aurait permis a son peuple d'aller acheter du blé
• a Babylone et a Damas ».
Mais, t°. où l'auteur a-t-il trouvé qu'il n'ait pas été permis aux Egyptiens d'aller se pourvoir de blé par tout où ils en pourraient trouver?
a*. Où a-t-il pris encore , qu'à Babylone et a Damas on n'éprouva pas la même famine , ou que l'abondance y fut si grande en ces années-la, que leurs greniers pourraient fournir même aux étrangers ?
Jusqu'à ce que le faiseur d'apologues nons ait produit l'arrêt de défense, ou quelqu'acle équivalent sur le premier de ces deux articles, et quelque titre un peu valable sur le second, il ne doit pas trouver mauvais qu'on ne l'en croie pas sur sa simple parole.
Le second reproche est encore plus grave que le premier; mais est-il mieux fondé ?
En parlant de Pharaon ou du Pharaèn , le critique ajoute
tout de suite greniers gratis
S'il avait eu un cœur, il aurait ouvert ses
Ce petit mot de gratis vient au secours du censeur , qui,
sans cela, aurait été un peu embaraué, car les gteniersi furent ouverts aussitôt qui' le besoin se Gt sentir.
Mut pourquoi les ouvrir gratù, des qu'on était eo étal j de payer, comme on le fat au moins pendant les cinq premières années de la famine ? On voit bien que l'auteur n'y ! met rien du sien, et il est aisé, comme on dit coenntoneruent, d'être libéral dn bien d'aulnri. Mais comme il a bien senti que ce gratis était un peu Irop sec , il ajoute : « sauf a se faire rembourser au bout de sept ans, etc. sauf donc aussi a Pharaon, pendant tout ce letnt-la, de soutenir la dignité royale . payer ses officiers, ses soldau , et faire toute autre dépense nécessaire nos rien lires* de at ' sujets. Cela n'est-il pas bien aisé a un roi ï
« Mais , continue le censeur, forcer ses sujets à lui vendre I ■ leurs terres, leurs bestiaux, leurs marmites, leur liberté,
leurs personnes, me parait l'action la plus folle, la plus
• impraticable (elle a pourtant été pratiquée), la plus ly—
• rannique ».
Ne nous laissons pas éblouir par une vaine déclamation; et d'abord , est ce donc là même chose de dire qu'un roi forcé ses sujets à lui vendre ses terres , etc. , ou que ses I sujets, par le malheur et la circonstance des tems, ont été forcés de vendre leurs terre» au roi ? On sent la différence I qu'il y a entre ces deux façons de s'énoncer; mais il fallait bien rendre odieux Pharaon, ou son ministre, et plu- I lot tous les deux, de même qu'il a fallu le mot de marmites , J dont il ne fut jamais question, pour égayer un peu le discours aux dépens de qui il appartient.
De plus , dans le texte rapporté plus haut , on confond mal-a-propos des choses qui ont besoin d'être distinguées ; car la vente des terres ne fut pas faite la même année que l'échange des bestiaux. Ce fut Joseph qui , la sixième année de la famine, proposa cet échange aux Egyptiens, qui l'acceptèrent volontiers ; et oa peut bien avoir un caur, et proposer de prendre en paiement du bétail pnnr de Car- I gent, surtout de la part «Ton ministre sage et eilairé, qu'on ne peut soupçonner d'agir pour une autre fin que pour le bien du roi et de ses sujets.
Pour ce qui est de la vente des terres et des personnes , ce furent les Egyptiens eux-mêmes qui en firent la proposition a Joseph , la dernière année de la famine; et cette proposition fut bien modifiée et adoucie dans la suite, puisqu'au lieu des terres et des personnes que Joseph avait acquises i son maître, on ne retint que le cinquième du produit des terres, et qu'ils possédaient le reste en toute II propriété, et les cultivaient pour leur propre compte. Ainsi, la vente des terres, des personnes et de la liberté, qu'on fait sonner si haut , se réduit i la redevance annuelle de ce cinquième de leurs fruits : en voici (a preuve.
Après cela, dit le texte sacré (Génès. chap. XLVII,v«. i3 et suiv. ) Joseph dit au peuple : « vous voyez que vous êtes
• 4 Pharaon , vous et toutes vos terre*. Je m'en vais donc vous donner de quoi semer ^ et vous sèmerez vos champs , afin que vous puissiez recueillir des grains. Tous en donnerez la cinquième partie au roi , et )e vous abandonne les quatre autres pour semer tes terres et nourrir vos familles
• et vos enfants. Ils lui répondirent : notre salul est entre I
• vos mains. Regardez-nous seulement d uo œil favorable , » et nons servirons le roi avec joie. »
Est-ce donc la un peuple aussi déponilté de ses terres et de sa liberté personnelle , qu'on veut le faire entendre ? Du moins la reconnaissance que témoignent les Egyptiens de la grâce qu'on leur accorde, et la promesse qu'ils font de servir leur roi avec joie , ne s'accorde guère* avec l'idée que M. *** veut donner de l'action de Joseph , qui n'a fait ou a sujet ir plus particulièrement les sujets a leur prince , et assurer un revenu fixe au trône : on ne peut que plaindre ceux à qui cette actiun paraît ta plus folie , la plus imprutu-Ms et la plus tframque. Et on avoue francliement qu'on armerait beaucoup mieux avoir rr coeur et le sens commun du Pharaon , que de celai qui trouve qu'il a manqua de l'un et l'autre.