IRE SAINTE
CEMENT DU MONDE.
heures, après quoi Dieu créa la lumière , atîn de séparer le jour de la nuit (1). Tel fut l'ouvrage du premier jour, qui fut de vingt-quatre heures comme les suivants. Car de supposer que les ténèbres qui précédèrent la création de la lumière eurent une durée indéfinie, c'est se jouer de l'Ecriture, et prêtera Moïse un langage trompeur, en lui faisant prendre dans un sens évidemment forcé ce jour qu'il dit composé de soir et de malin : /urtu/nyuc ttt vtsper tt muue dits uhms ( id est primus ).
Le deuxième jour, Dieu fit au milieu des eaux une étendue (rhtikiti en hébreu, qui veu^ dire expansum ou extotsum ) pour séparer les eaux d'en haut des eaux d'en bas ; par 00 1 l'on entend , suivant l'interpretatio i la plus vraifemblabie , (lu'il tlrctPea l'air <]e\ narlit tilrt terrestres tlmit il était rem- \
pli , et le rendit capable de soutenir les nuées et les vapeurs aqueuses qui formèrent les eaux supérieures.
Le troisième jour . Dieu fit sortir la terre du milieu des ! eaux , qu'il rassembla dans un grand réservoir nommé la mer. Ensuite il créa les herbes, les plantes et les arbres avec les fruits el les semences propres* leurs différentes espèces.
Le quatrième jour, Dieu créa le soleil, la lune et tous les autres astres , parmi lesquels sont comprises les planètes qui ,
(l) Les opinions mit beaucoup varié sur la figure de la terre. Il y a eu de* philosophes et de» pere» de l'elglise qui ont prétend* que la terre n'était qu'une superficie plate, d'une étendue immense, ilont le dessous n'était point habité. Les moindres notions astronomiques suffitenl pour dévoiler l'absurdité de cette opinion, qu'on attribue a lléraclite . el qui a été soutenue par Laclaace et saint Augustin. Anasimandre, dit-on, crut la terre de fijpirc cylindrique, c'esl-a-dire semblable a une colonne mode Leucippe voulait qu'elle rut la forme d'un tambour. Démocrite la prétendait plate el creuse, dani le milieu, comme un bawin. La figure sphérique, et parfaitement ronde, est celle qu'on lui attribue le plus commuoé- | ment depuis la dérouverte du Nouveau-Monde. Il n'en est pas, en i l kl , qui l'accorde mieux avec la plupart des phénomènes célestes et svec l'expérience du plus grand nombre des voyageurs.
La détermination de son circuit a donné de l'exercice a beaucoup 'le savants, tant anciens que modernes. Les uns. par des observatiuus astronomiques, les autre*, par des opérations géométriques, se sont efforcés d'arriver au même terme. Mais ces différents moyens n'ont pas produit le même résultat. Celui sur lequel on fait le plus de fonds aujourd'hui, donne, s la circonférence d'un grand cercle de La terre, oooo lieues, de a.aoo loues environ chacune. En conséquence delà figure sphérique attribuée à b terre , on la nomme globe terrestre. 11 y a cependant lieu de douter si elle forma un globe parfait. Il résulte, même des opérations de messieurs de l' académie, qu'elle est plutôt un sphéroïde appbti par les pôles. Mais on n'estime pas que la différence qu'ils donnent soit suei grande pour rien changer su système de géographie. ( ffttt 4m matuterit. )
La distance de l'équaleur au p6le boréal est évaluée maintenant ( 1819) S 5,i3o,74o toises, ou 1000 myriamèlre». La terre est un sphéroïde aplati aux noies. L'axe de re sphéroïde et le diamètre de l'équaleur sont dans le rapport 4c 3o5 à 3o6. ( iVsVe «V/ Editnri.)
(a) « Quand dans le silence des préjugés, dit un philosophe mo-
• deme, |e compare lesdifférealssyslèmesde religion, qui partagent
• le monde, je trouve que celui delà révélation est le plus simple et
• le plus raisonnable, et qu'il ne lui manque, pour réunir tous les
• suffrages, que d'avoir été proposé le dernier. Je suppose, en
• effet, qu'aujourd'hui que noi pic'trndus philosophe* ont épuisé
» cessité, d'atomes, de monde animé, de matière vivants, enfin . de matérialisme de toute espère; s'il s'en élevait un parmi non»,
• qui , se proposant d'érlairer le monde . annonçât l'être des êtres ,
• le dispensateur de toutes choses, et qui s'êcnll aux hommes : Dieu » dit, tt toit fat /ail. Quelle universelle admiration n'rsrilcrait-
• il pas , et avec quel applaudissement unanime n'acrucillerait-on
■ pas un système si grand, si consolant, si sublime, si propre i
■ élever lame et a donner une bise à la veilu, un système si Irap- » pant, si luraineus , ri simple; un svslèmc offrant moins de choses
• incompréhensibles a l'esprit humain qu'on n'en donne d'absurdes » dans les autres ! »
(0 Que Dieu ail créé la lumière avant le soleil et les étoiles, cela n'a rien de contraire, suivant plusieurs philosophes modernes, à la saine physique. 11 existe encore actuellement une lumière, disent-ils, qui semble faire le tour du ciel en forme de ceinture , et qui n'émane , suivant toutes les apparences, d aucun astre. C'est la voie lactée. M. Cassini et d'antres habiles astronomes, ont à la vérité cru que c'était un amas d'étoiles que leur petitesse, jointe à leur grand éloirnement de la terre, ac permettait pas de distinguer. Mais It célèbre abbé de la Caille assure, qu'avec quelque attention qu'il ait con«déré cette lumière, » l'aide d une lunette d'aprochet^ quatorse pieds, il n'y a jamais pu découvrir aucune étoile. ( Mem d* t'Acmd.dtt St. de Paris, an 17SS, p. 19S.) M. l'abbé Mann conjecture, d'après M. Halley, l'un des plus grands astronomes qu'il y ait eu, que cette voie n'est autre chose qw un grand amas d'une lumière primordial*), ou un assemblage d'un fluide électrique en bien plus grands quantité qu'ailleurs. C est la même matière , dit-il . dont ont «'te Inrmej le soleil el In clones, ci 1 lui poutraii tlire que la matière de la voie lactée est comme l'excédent de celle qui fut employée pour la formation des astres. Mais cette opinion parait détruite par la dérouverte que M. Ilerschell prétend avoir nouvel leraenl faite d'un grand nombre d'étoiles très-distinctes dans la voie lactée, a l'aida d'un télescope de vingt-quatre pieds. Il ne s'en suit pas, né eu moin*, d« là que toute lumière émane désastres, puisque <*n< leur influence il exista réellement dans l'univers une matière électrique, dont le* parties assemblée* peuvent produire une lumière capable d'éclairer la terre; et c'est ainsi que nous concevons
rrt'jtion de la lumière avant la création de* autres.
ABKEGK CHROMILOGIQUE
leur nombre, sonl néanmoins lumineuses par la lumière du M.leil , qu'elles refléchisscnt. Ces» en ce »eo» que Moïse apj >elle la lune, comparée au soleil, le moindre luminaire, parci qu'elle renvoyé sur U lerre la lumière qu'elle reçoit de cet astre.
I.e cinquième jour, Dira créa le» poissons el tous les animaux qui vivent dans l'eau. Il créa aussi le* oiseaui du même limon dont il avait formé les poissons.
I.e sixième jour il fit les animaux, tant ceux qui marchent que ceux qui rampent sur la terre. Ensuite il dit , foison* l'homme à noire Image et à notre resttmblancc, et qu 'U domii* iiirtcs poissons delà mer, sur les oiseaux du citi, tur les Utes, sur les reptiles et sur toute la terre. Dieu donc forma I homin. de la poussière de La terre ; il répandit sur son visage un «o iflle de vie, et l'homme devint un être vivant et animé. I! fut créé pur et sans tache dans le corps et dans l'ime, J*rv celte pente vers le mal, qu'on appelle rotieiipiseeiice, r; sans aucun empêchement pour le bien , soit du coie de l'entendement, soit du côté de la volonté, comme il convenai' * unecreaturesorlicimmédiatemeiildesmaiusdc la divinité. \(\»m fut le nom que le seigneur lui imposa. Ce nom veut lire en hébreu terre rouge , pour nwiquer a 1 nomme qu'il avait été lire de la terre.
Adam fut placé dans Eden, ou dans le paradis terrestre, «iiuéilansla lerre de Chus, nommée aujourd hui leChusistan, à laquelle on donne aussi le nom d'Ethiopie orientale pour la distinguer de l'Ethiopie méridionale , voisine de l'Egypte. C'était un jardin délicieux nlanlé de toutes sortes d'arbrt"
[ excellents, et arrosé d'un fleuve, nui se divisait en quatre canaux. Parmi ces arbres , les deux plus remarquables et uni-
: qnes, chacun dans son espèce, étaient l'arbre de vie, don: les fruits devaient servir a conserver a l'homme la vie , 1,-. santé, la vigueur; et l'arbre de la science (expérimentale) du bien et «Tu mal. Dieu défendit à l'homme Je manger du fruit de ce dernier, le menaçant de la mon , s'il violait cette défense.
Adam avait reçu de Dieu même avec l'intelligence et I* vie le don de la parole, c'est - a -dire , non -seulement U | l'acuité d'articuler des sons , mais aussi le langage dont ■> *e servit pour exprimer ses pensées , et les communiquer aux autres. Car ceux qui pensent que les langues, même la primitive, sont absolument d'institution humaine, et qu'elle» loivent leur origine a certaines conventions arbitraires que les hommes ont faites de donner certains noms aux choses, n'ont jamais considéré avec attention ce qu'ils avancent. En effet , il faut déjà ourler et être entendu pour convenir d< ipielqncs points arbitraires. Il faut que le son formé par un homme soit joint dans l'esprit d'un autre à cerlaioe idée; il faut en un mot que le commerce soit établi par la parole, pour attribuer des significations nouvelles a dès mots nouveaux. S-ins cela les hommes seraient tous muets le» uns â l'égard de» autres, et n'auraient de communs que les cris généraux qui marquent les passions et les mouvements violents, et non les expressions qui servent à unir les hommes par un commerce réciproque de pensées. L'expérience doit nous convaincre de celle vérité. Il suffit d'être né sourd poui être muet toute sa vie , et plusieurs sourds de naissance n'établiront jamais un autre langage que celui des gestes et des signes pour se faire entendre. Ce fut donc un bienfait particulier que la parole .dont le premier homme et ses descendants devaient a Dieu une reconnaissance particulière. (Ouguct.)(i).
Le premier usage , à ce qu'il paraît , qu'Adam fit de ce don, fut à l'égard des bétes. Dieu 1rs lui amena toutes, afin que comme leur maître , il leur imposât des noms ; et U nom, dit l'écriture, qu'il donna à chacune d'elles , est celui
(i) Jean-Jsrques Rmisieau, après avoir bâtante lei sentiments divers »ur l'origine drs langue*, finit par dire qu'il en» porté S: le.t regarder tomme m frètent Je la Dmeité. La chora e»t certaine par l'autorité de l'Ecriture Sainte, à laquelle ce philosophe ne croyaii pas. D'autres, néanmoins, qui font profession «l'y croire, s'épuisent en raisonnements noue montrer que toutes les langue», même lu primitive, sont d institution humaine, tant s'embarrasser de In contradiction qui « trouve entre leur assertion el le iccil de Moïse
(a) Dire, avec des philosophes modernes , que les jours que Dieu employa pour la création, ne doivent pas s'entendre de jour» nalu tels, mais signifient des millier* d'années qu'on ne neut déterminer, c'est se jouer de l'Brrilure-Sainle el prêter a M.,îse un langage inintelligible dans un réeil qu'il fait pour l'instruction du peuple. Ne vaudrait-il paa mieux, en effet, qu'il eût supprimé l'histoire de la création du monde, que de réduire à un non.hre de sis jours,
au elle porte encore aujourd'hui. Tel est le sens de la Vulgale ; et s'il était conforme à l'original (chose dont on dispute), il n'y aurait nul doute que la Tangue primitive ne fut l'hébreu. Au resie , dans h nombre de ces bêles que Dieu fit comparaître devant Adam , il ne paraît pis qu'on doive mettre les poissons, mais aeolement les animaux terrestre».
Il manquait a l'homme une compagne pour l'enlretenir H coopérer avec lui a la propagation de son espèce. Dieu lui •nvova donc un profond sommeil pendant lequel il tira une ie si-s cMes dont il forma la femme. Adam a son réveil U .lorama Eve , parce qu'elle devait êlre , comme le porte son ■on. , la mère de tous les vivants , ainsi se termina le sixième jour.
Dieu se reposa (c'est -4 - dire, cessa d'agir) te septième ,our qu'il bénit et sanctifia (a). C'est pour cette raison que ce jour fut appelé sa bat , el qu'il a toujours été aancii lié a la lin de chaque semaine par le peuple de Dieu , jusqu'à ce qu'à ce que l'église chrétienne lui ail substitué le Ji manche ou premier jour de la semaine, en mémoire delà résurrection du Sauveur. Mais on demande en quelle saison Dieu créa-l-il le monde? Est-ce au printemsP Est-ce en iiitomuc ? Car les clironologiste» sont partagés entre ces deux disons. Il nous parait certain que ce fut dans la dernière, puisque tous tes Iruits étaient alors en maturité.
Avanl la formation de l'homme , Dieu avait créé des sub- •tanecs purement spirituelles ; ce sont les anges. Mais une partie de ces.intellisenccs »'étant révoltée contre le créateur ut précipitée dans les enfers. Le démou ( c'est le nom commun aux mauvais anges ) , ne vit pas sans jalousie le bonheur de l'homme, four l'en Taire decheoir, il se déguise ,ous la forme du serpent , et par ses discours séduisants, il •ngage Eve 1 manger du fruit défendu. Adam a qui elle n présente ensuile, par une lâche complaisance, imite sa prévarication ; leurs yeux s'ouvrent a l'instant ; ils reconnaissent, par la révolte de leurs sens, qu'ils sont nuds , ils en rougissent , el leur premier soiu est d'entrelacer des feuilles le nguier (3) pour se couvrir. Dieu se promenant après midi, sous une figure sensible, dans le paradis terrestre, appelle Adam; il se cache, et forcé de repondre, il veut excuser sa faute en la rejetant sur sa femme. Celle-ci a son tour accuse le serpent de l'avoir séduite. Dieu maudit les ser pent, le condamne à ramper sur son ventre et a manger de ta terre tous les jours de sa vie, lut déclare qu'il mettra des inimitiés entre lui el la/emme , entre la postérité de l'un et celle de l'autre, el lui prédit que le fils de la femme, dont d tachera de mordre le talon , lui écrasera la tète. Tout ce langage est figuré, et ne peul se prendre a la lettre. Il n'y a point J'interprète qui dans la prédiction ne reconnaisse une prophétie des plus expresses et des plus claires de la venue Ju Messie , libérateur du genre humain. Mais comme la malice du démon n'excuse pas ceux qu'il a séduits , Dieu condamna aussi l'homme el la femme avec leur postérité , •ju'ils rendirent coupable comme eux (;), a mener sur la lerre une vie misérable, qu'une mort inévitable devait lerinincr, après quoi il le» chassa du paradis. Lorsqu'ils furent sortis de ce lieu de délices, le seigneur mit, pour en garder l'entrée un chérubin, arme d'un glaive etiucclant, comme la Hamme , afin que ni Adam ni aucun homme n'y put rentrer dans la suite.
Il y a beaucoup d'apparence que ce délicieux séjour une fois abandonné devint bientôt semblable aux pays qui l'environnaient et qu'il se ressentit de la malédiction dont Dieu frappa la terre , a cause de la désobéissance d'Adam.
496a. Naissance de Caïn. Eve lut donna ce nom en le mettant au monde, et dit : J'ai possédé un homme par la pûce du Seigneu,.
composé» chacun dm loirrlJm malia, l'espace de lems où elle se fit, •i, dans le vrai, sotxanle-dii milliers d'années suffisent a peine, comme on le suppose , pour celte opération ?
(3) Peut-être de bananier, espèce de figuier qui n'a point de branches, et dont les feuilles, desrendant de la rime . ont une longueur de quatre à cinq pieds sur une largeur proportionnée.
(4) C'est rc qu'on appelle le pérhé originel, que tout homme spporle en naissant , el qui est U sourra de toute* les misère» asix- |uelle» il est aujel. • Mystère le plus incompréhensible de tous, et - sans lequel, rependant , nous sommes incompréhensibles a noi*,-
• mêmes Le nœud de notre condition prend ses détour» et ses pli,
• dans rel abîme, de soi te que l'homme est plus inconcevable sans
• ce mystère, que re mystère n'est inconcevable à l'homme. *t Prmrrt de Pascal. )
DE L'HISTOIRE SAINTE
4qfii . Naissance li'AbeL Ce mol est prophétique, et veut à\n affliction. Abel se fait pasteur de brebis t Caïn s'adonne a l'agriculture. Il» offrent l'un et l'autre des sacrifices au Seigneur. Caïa lui présente des fruits de la terre, et Abel les premiers nés de son troupeau avec leur graisse. Dieu rejette les sacrifices de Caïn a cause de ses mauvaises dispositions; mais il accepte ceux d'Abel, parce qu'ils étaient offerts par la foi du Messie i venir. (Voila donc les sacrifices, et par conséquent le culte extérieur établi des le commencement du monde, non par une invention humaine , mais par la révélation divine. Cm c'était a Dieu à manilésler aux hommes la manière dont il voulait être extérieurement honoré; la raison par elle-même est insuffisante, comme chacun le sent en soi , pour faire ce discernement. Il est même vraisemblable que Dieu marqua des- lors les espèces d'animaux qu'il voulait lui être immolés; et de la, la distinction des animaux purs» et des animaux impurs. Dieu fil enfin connaître aux hommes, que ces sacrifices incapable* par eux-mêmes de l'honorer et de l'apaiser, n'étaient que les types et les figures de la véritable victime, qui dans la suite, devait lui éfre offerte pour les péchés de tout le monde). Furieux de la préférence que Dieu acecordait à son frère, Caïn emmena Abel daos la campagne et le tua.
jusqu'au ciel , et demande vengeance a grands cris. Dieu reproche a Caïn l'éoormité de son crime, le maudit , et le condamne a mener une vie errante et vagabonde. Caïn dit au Seigneur (suivant l'hébreu), que la peine qu'il lui impose est au-dessus de ses forces, qu'il ne pourra la supporter, et qu'il s'attend a être mis a mort par le premier qui le rencontrera. Dieu le rassure contre celte crainte, en lui imprimant un signe effrayant, pour empêcher les hommes d'attenter à sa vie, ou plutôt en faisant devant lui un miracle, lui persuader que ses jours sont en sûreté. ( Hébreu. ) ïn se retire à l'orient d'Eden.
4«34. Naissance de Seth (ce nom veut dire suktùué.) Adam son père le reçut comme un présent du ciel , prévoyant qu'il remplacerait, par sa piété, le religieux Abel (s). Adam, a la naissance de Seth, était âgé de cent trente ans.
4739. Naissance d'Enos, fils de Seth et héritier de sa vertu , son père étant âgé de cent cinq ans. L'Ecriture dit que ce fut lui qui commença d'invoquer le nom du Seigneur , c'est-a-dire, a lui rendre un culte public, accompagné de certaines cérémonies. Le nom d'enfant de Dieu fut donné de son tenu i la famille de Seth , pour la distinguer de la postérité de Caïo , et des autres habitants de la terre , qui furent appelés les enfants des hommes. Les premiers persévérèrent dans la piété, tant qu'ils ne se mêlèrent point avec les seconds, et ces deux races formèrent, l'une la cité de Dieu , et l'autre la cité du Démon.
463g. Naissance de Caïnan , fils d'Enos , âgé pour lors de quatre-vingt-dix ans.
45€o. Naissance de Malaléel , fils de Caïnan; agi! de soixante et dix ans.
45o4. Naissance de Jared , fils de Malaléel , âgé de soixante-cinq ans.
434a. Naissance d'Henoch , fils de Jared , îgé de cent soixante-deux ans. L'Ecriture dit de lui qu'il marcha en la présence du Seigneur, et lui fut agréable paras foi. Après avoir été trois cent soixante -cinq ans sur la terre, Dieu l'enleva ( l'an 3978 avant Jésus-Christ) en l'exemptant de la mort , et il ne parut plus , ayant été transféré dans un lieu inconnu-, d'où il doit revenir vi s'opposer
la voie de la pénitence et de la
4177. Naissance de soixante-cinq ans.
d'où il doit revenir vers la fin des siècles, pour a l'Antéchrist, et faire rentrer les nations daos
Mathusala, fils d'Henoch, Igé de
(1) L'an iaâ du momie , suivant le calcul de Whislon, dan* sa Théorie de la Terra, et le* auteur! de l'Histoire univerMlle, le nombre de* homme* devait monter a quatre mille. SuckfaoUM le porte jotqu'a cent mille. La première toppulation e*t beaucoup plu* vrauemblahle que la seconde. *
4090. Naissance de Lantech, fais de Mathusala, étant âgé Je cent quatre-vingt-sept ans.
3908. Naissance de Noé, fils de Lantech, l'an 18a de lige de son père. Son nom signifie repos ou soulagent* ni. Lantech, en effet , dit en le voyant naître : Cet enfant nous cmtottr* 4es travaux çue itou, sou/frxmt à coûte de ta malédiction dunt Dieu a frappé la teirx.
Après avoir donné la suite des descendants de Seth , il esl i propos d'y joindre celle des descendants de Caïn ; l'Ecriture ne touche que fort rapidement ceux-ci, sans marquer ni le lems de leur naissance, ni celui de leur mort.
Caïn fut père d'Henoch , dont il donna le nom a une ville qu'il bâtit après la naissance de ce fils, dans un lieu que l historien Josephe appelé Nais; preuve que le genre humain ftail déjà fort multiplié dès-lors; preuve en même tenu qui Taïn ne mena pas une vie errante jusqu'à la fin de se» jours. Quelques-uns lui attribuent l'invenlinn de l'arc; il est certain que celle arme est la plus ancienne de toutes. L'usage en a été connu de toutes les nations policées, et tous lés peuples sauvages qu'on a découverts jusqu'à présent , s en servent. Les femmes mêmes chez les Tyriens, descendants des Phéniciens, qui doivent leur origine aux Cananéens, portaient ordinairement un carquois et un arc: l'irginiiusTyriis mot est gettare Phare Ira m. ( Virgil. iEneid. , liv. I, v. a4o.)
Irad naquit d'Henoch , et donna le jour â Maviafcl , dont le fils Malhusaèl fut père de Lantech. Celui-ci eut deux femmes en même lems, Ada et Sella, premier exemple dr la polygamie. Ada lui donna deux fils, Jabel qui fui le père des pasteurs et de ceux qui habitent daos les tentes, et Jubal . qui fut l'inventeur des instruments de musique , et apprit aux hommes i en jouer. Sella fut mère d'un (ils et d'une fille; le fils, Tubal-Caïn, devint un habile ouvrier dans loin ce qui concerne les ouvrages en fer, et» cuivre, en argent , ele C'est évidemment, dit dom Cal met, le Vulcain de la fable. Leur nom et leur métier conviennent parfaitement. La fille, appelée No>ma, inventa la manière de filer et de faire les toiles , et les étoffes de laine. C'est , i ce qu'il paraît , la Minerve des Grecs, qu'on nommait aussi Nemanoun, suivant Plutarque (tie Iside et Osiride. ) Moïse ne conduit pas plut loin la race de Caïn. Elle fut très-méchante, et corrompit celle de Seth par les alliances qu'elle fil avec elle. De ce mélange il sortit des monstres dans l'ordre de la nature cl dans 1 ordre de la religion. Ce sont, dit l'Ecriture (suivant la Vulgale), ces géants fameux par leur taille ei par le débordement de leurs mœurs : hommes sans frein , ils abusèrent de leur force pour opprimer le faible, et pour le rendre cnmolice des abominations dont ils donnaient l'exemple. L'hébreu, néamoins, ci les Septante semblent dire qu'avaut ces sortes alliances , il existait des géants.
4o33. Adam meurt à l'âge de neuf cent trente ans. Dans le cours d'une si longue vie , il eut la douleur de voir combien un seul crime est fécond, et jusqu'où peut aller la dépravation du cœur humain. Ce spectacle lui devint salutaire en produisant dans son coeur des vifk sentiments de pénitence, qui lui méritèrent le pardon. C'esl ainsi que Dieu, par l'exemple du premier auteur de nos malheurs, a voulu nous apprendre a ne jamais déscs pérer de sa miséricorde
3g34. Mort de Seth â l'âge de neuf cents ans. Ladépration de ses petits-fils empoisonna ses dernières années,
dans le tombeau.
vation et le fit
avec
38a4. Mort d'Enos, fils de Seth, â l'âge de neuf cent cinq ans. Ce fut un des derniers justes de l'ancien monde.
3739. Mort de Caïnan, fils d'Enos, â l'âge de neuf cent dix ans.
3674. Mort de Malaléel, fils de Caïnan, i l'âge de huit " quatre -vingt quinze ans. '
3S4a. Mort de Jared, fils de Malaléel, i l'âge de neuf cent soixante-deux ans.
se spécifie point d'autres enfant* d'Adam que les »t de nommer, san* faire mention d'aucune fille
(a) L'Erri trois fils qu'on vient
née de lui ; mais elle nos* apprend , en général , qu'âpre* avoir engendré Seth , il eut de* fil* et des fille* : Getuu/fse Jt/ios et film, i G mes. v. vr. si. )
AfJfVËOK CHRONOLOGIQUE
L'impiete fait tans cas** de nouveau» progrès, et plus contagieuse que la peste, ette infecte toute U anasu- du genre humain. A la vue de celle corruption générale, Dieu se repent (<»o semble ae repentir) d'avoir tait l'homme , et pire «V te Croire 4e dessus (a terre. Il n'excepte de Cet anathéw <|Qe Noé arec u draille, la soûle où le vrai traite s'était roaiiwewa ; tout le rené ett proscrit , et éfestirré a
Série sous les eau» d'on déluge uriiranM. Dieu prérient ioe de ce dnaatre, et *ui ordonne de arr hc
de bois de cyprès capable de le contenir avec les siens, et des paires il iminim miles et femelles de et»» que espèce Il lui iraoe lui-même le pten et les dimension» de m rriS (ice qui occupa Noé l'espace de cent vingt ans. Prnrlam tout ce tems le saiftt patriarche tie cessa d'exhorter les hommes a détourner par un retour sincère à Dieu les malheurs' dont ils étaient menacés. Mais il parlait à des endurcis qui se moquaient de ses discours et qui taxaient de folie son travail, 1-es incrédules modernes n'ont pas une idée plus avantageuse de l'entreprise da saint patriarche, ou plutôt de la description que Moue a tracée de son ouvrage. Pour dissiper leur vaines objections, il suffit de donner oae explication simple «t littérale du teste sacré qu'ils osent attaquer, l-a voici en abrégé : La figure de l'arche était a peu près celle d'un rrès-grand calfee oa d'une vaste maison , n avant , a la manière des Orient ans, le toit élevé qu'au tant qu'il fallait pour l'écoulement des eaux de 1a plaie. Noé pratiqua dans l'arche, non pas une seule fenêtre de la hauteur d'une coudée, comme porte la Vulgate, mats des fenêtres, ou des jours autant sans doute qu il en fallait pour donner de l'air aux différents étages et les éclairer. (Hébreu.) L'arche était longue, dit Moïse, de trois cents coudées, large de cinquante, el haute de trente. En évaluant la coudée a vingt pouces et demi de notre mesure, ces dimensions nous don nent cinq cent doaze pieds et demi de longueur, quatrevingt-cinq pieds, cinq pouces de. largeur et cinquante-un pieds trois pouces de hauteur. Divisée ea trois étages, sans compter la carène, qui servait de réservoir d'eau pour la provision des hommes et des bêtes, elle devait renfermer dans le premier , les quadrupèdes , dans te second, les volatiles et les reptiles, et dans le troisième, loger non seu Iraient Noé avec sa famille, mari toutes les semences, les instruments de labourage, cl tous les aliments nécessaires à la subsistance des hommes et des animaux. Le nombre des espèces qui rampent sur la terre ou qui s'élèvent dans l'air, n'est pas aussi grand qu'on se l'imagine communément. Il est prouvé que celle des quadrupèdes ne va guère au-dela de cent trente ; que celle des oiseaux est i pen près dans le même nombre, et que les reptiles qui virent hors de l'eau, peuvent se réduire a trente espèces ou environ. Parmi les premières on n'en connaît que six plus grosses que le cheval, peu l'égalent, et le plus grand nombre est au-dessous de la brebis. Des oiseaux il nVn est guère qui passent le cygne en grosseur, et presque tous lui sont fort inférieurs à cet rgard. N résulte de la qu'il y avait dans l'arche quatre fois au moins plus d'espace qu'il n'en fallait pour héberger tous les animaux qui devaient y entrer, et fermer tous les aliments destinés i les nourrir dans le
■e loos ces am-
(0 Le* anciens rroyaient qu'il y avait en haut des réservoirs l'eau, et que la terre étant tonte plalr , il y avait a l'eilrcmitë un abîme d'eaux. Moïk, ne voulant enseigner la physique ni la coimofr.iphir , parle selon le système reçu et l'aaasijétil au liann commun. De là tiennent le* termes de cataracte* du. ciel qui « ouvrent tt d'abîmes qui couvrent d'eau toute la terre.
(a) On objecte qui», l'arche étant élevée de quinse coudées au* dessus des plus hautes meatagaes , et par conséquent , dit-on , audessus str la moyenne région ét l'air, Noé et sa famille n'auraient pu y euWtcr Taule de « hsleur et de respiration. Mais on ne fait pas attention qu'a m «rare que les eaux se hatrsssient, Pair s'élevait dam la même proportion ; d'où il résulte que la moyenne région de l'air ■e trouva, pendant le déluge, bien au-dessus de l'espace qu'elle occupe présentement.
Quelques modernes prétendent que la mer a pris la place de la terre aptes le déluge, et que notre continent est le lit que la mer occupait avant cet événement. Mail le Tigre el l'bupbrate , qai arrosaient le séjourd' Adam, coulent encore dana l'Asie. On trouve, dam le, aiiuvii* ^r'ci£rapl(e* , dea ve.ljg*:» du l'IiLion et du (îiliuii ; et quand il n'en réitérait point de traces dans l'histoire , bien des re'vslttt'ror» suffiraient pour rspltrroer roromeal ces deux derniers disparu. Dire qu'avant le déluge il existait , dans les gée» en mer, nn pays appelé Assyrie, et des Neuves l'Kuphrate, le Tigre, etc. , qu'après le déluge on doua» ces mêmes noms i une nouvelle terre el à de nouveaux fleuve* . ce
dStn an. Da reste, il est bien probable qa maux ne prenant aucun exercice passèrent la plus grande partie de oe terris dans une espèce de léthargie ou dfesouptssement, «t qac, par conséquent , ils cousommèrent fort peu dahanenta.
.34o8. Naissance de Sem, T.l, aîné de Noé.
3407. Naissance de Cham, second 64s de Noé.
3406. Naissance de Japhet, troisième fils de Naé.
Ooeiques crirtjnologialea et emutneotateurs de laGcnc^se , font Japhet l'allié des enfants de Noé fondés pHncipalement sur la version, des Septante, laquelle aa v«. ai du chapitre X, porte : la*)** ni stsiisi.*, Sem fréter Japhet mo/orn. Mais i». le tarnarvtaia, l'hébreu, ta paraphrase cfsaldaïasje , et la version syriaque a'acrordent dans cet endroit i donner la primogéniajre a Sem ; 3*. l'ont peut dire avec tlaminias Kobilius que le v« <ii<t>.r des Septante est an hébrafsrae. {Vey. les sur U Pent. samar. pp. 3s4-xa8>
33 1 3. Mort de Lamecb, fâls de Mathusala, a l'âge de sept nt soixante-dix-cept ans.
crut
33o8. Mort de Mathnsala, «s d'Henoch, a l ige de neuf cent soixaule-neuf ans.
33ott. L'année 600 révolue de la vie de Noé , le dr tième jour du deuxième mois de l'année qui commençait alors au mais d'octobre, Noé entre dans l'en- hc avec u fetaurje,ses trois fils et leurs femmes, huit personne» en tant, l-es animaux que Dieu destinait a peupler un nouveau monde, viennent d'eux-mêmes à lui par couple, et il les place, un maie et une femelle de chaque espèce des animaus impurs , el sept de chtcune des animaux purs (quatre miles et trois femelles), dans l'arche que Dieu ferme au dehors après que tout y est entré. Aussitôt les cataractes da ciel sont ouvertes (1); les eaux qui en sortent se précipitent sur le globe. Celles qui étaient renfermées dan» 1rs entraide de la terre, rompent en même tems leurs digues, s'éûn cent sur la surface, et surmontent les plus hautes montagnes de la hauteur de quinse coudées, fa) De celte manière tout ce qui se trouva hors de l'arche, hommes et animaux terrestres , fut englouti par le déloge. H ne faut pas néanmoins s'imaginer que ce châtiment temporel foi suivi pour tous les hommes de la damnation éternelle. Saint Pierre (1. t. 3 w. 19. aa) nous assure du contraire, en disant qu'après sa mort Jésus-Christ nlki prêcher (c'est -a-dire , annoncer leur délivrance) an» esprits oui Aaient m prison ; «ai auttrJiÀs avaient tVr htrréémies, lortta 'au tems de Naé, Us s'attendaient à la petit** M è la honti éè Die* , pendant ya'ou préparait l'arrhe. La nlule cesse au bout de quarante jours 1 mais l'inondai ion subsiste encore cent dix (ours dans le même état ; après quoi les eaux commencèrent i baisser, lie dix -septième jour da septième mois (6 mai, suivant Usserius), l'arche flottante fut portée, suivant la Vulgate, sur le sommet des montagnes d'Ararat en Arménie, (3) oa elle s'arrêta, et le premier jour du dixième mois (vers
n'est pas, a ce qu'il semble, donner une répons* satisfaisante. Car Moïse, parlant de ces fleures, dit positivement que Ce sont les mêmes qui subsistaient encore de son tems. Le Phiiaa, dit-il , e»! ce même fleuve qui entoure tout le pajs d'ffetilall, où l'or est produit. Namea aai PÂitta: iate erf lui détail omsim terra m HniJatli , asV ateatar taeam. Il décrit al il indique «le même les régions »rro- «écs parte Gihoa , le Tigre, et il dit toujours : c'e.tle même fleuve ; iper eit fui titrait , ipse est tai radil (Cenèa , r. a. ) Cette note est de M. l'abbé Royrr ( Jaaeoof di Moatiear, tome IV, page a 00 ). Noua sommes cependant bien éloignés de prétendre que toute» les pariirs du rontinral soient Ici mèanea qu'avasit le déhsge.
(3) Le mat hébreu Ararat ne peut convenir aaai montagnes d'Arménie. Car il «si dit, ailleurs, qu» les hommes tinrent «lu pava d'Orient an pays de Scnnaar; or l'Arménie, loin d'être a l'orient de Scnnaar , eat au sud-ouest. Celle haute montagne où s'arrêta l'arche, est donc la Paropamhie. entre la Perse et le Mogot, qai , étant d'une hauteur etTroyable cl cxtrénKBNnt inculte . il ne faut pas s'étonner que l'arche se soit arrêtée aur son sommet, et que les premiers hommes se soient haléa de quitter un tel pays C'était U qu'était cette forteresse Cloraoa, que prit Alexandre. Josephedil, à la vérité , que c'était aur lea montagnes d'Arménie que l'arrhe s'arrêtât mais Jotaphe ne avait rie» ea gén graphie que «s Judée «I sa GalHée. rejet ce qu'il vous conte . qu'elle y éiait encore. Un savant allemand a trouvé, par Isa haute un, cps% U montagne Noire , d'où combien plus haute que celle d'Ar-
sort I» Dkuube, est de je n» sais méoie, qu'on s'est avisé de noi
{ Longa«ra». )
DE I.'HISTOIKE SAINTE.
le 19 juillet), se montrer.
Noé ayant encore attendu quarante jours fait sortir le corbeau de l'arche. Sept jours après il donna l'essor a la colombe, qui n'ayant pu trouver où mettre son pied , revint le même. jour. An bout de sept autres jours , il la fait encore partir, et elle revint apportant dans son bec un rameau d'olivier. Ayant encore attendu sept jours, il la fait partir une troisième fois, et elle ne revint plus, ce qui annonce que les eaux se sont retirées, et qoe la surface de la terre est a découvert.
DEUXIÈME ÉPOQUE, bttvu la soémE de l'arche Jûsqu'a la vocation