D'ABRAHAM
3Î07. Le premier jonr du premier mois fa3 octobre), Noé ayant levé le couvercle de l'arche, regarde U lerre et s'aperçoit que la surface en est sechée. Le vingt-septième Jour du sleuiième mois (18 décembre) , Noé , par l'ordre du Seigneur, sort de l'arche avec sa famille et (oui les animaux. Dieu dit a Noé et a ses enfants, au sortir de l'arche: que tous les animaux soient saisis de crainte eh cotre présence , qu 'ils tremblent en vous voyant , tant les animaux terrestres que les oiseaux du ciel. ( t ) (Gènes, ch. IX, v*. a.) Alors, il dresse un autel sur lequel il offre un sacrifice au Seigneur en actions de grâces. Dieu promet de ne plus noyer la lerre par un second déluge, et donne pour gage de sa parole l'arc - en - ciel, non que ce signe n existe point auparavant, mais parce qu'il doit durer autant que le monde (a). Dieu permet a l'homme de se nourrir de tout ce qui est vivant et animé; mais il lui défend de manger la chair mêlée avec lé sang, afin de lui inspirer plus dTiorreur pour l'homicide.
On ne peut douter que notre globe n'ait éprouvé une révotiition prodigieuse pendant les oént cinquanté jours qu'il fut inondé par le déluge. Dans cette commotion terrible qui agita l'air au point de rompre les cataractes du ciel , la terre , par contre -coup dut être ébranlée jusqu'aux fondements. Dans celle irruption des eaux, renfermées dans les abtmrs souterrains, les terres durent s'ébouler, (es masses de pierre se rompre , les montagnes se partager , et dfc nouvelles montagnes durent se former des terresentraînée* par leseaux. Par une suite nécessaire du même événement , les eaux après le déluge ont dû se retirer dans les lieux Tes plus enfoncés, jiuqn'au point où les pieds des grandes masses éboulées se son) affermis l'un contre l'autre. Les eaux: , en gagnant le pied des terrains les plus inclinés ont été changées de place en
Slusieurs endroits , et ont laissé dans leur ancien séjour , ont sous habitons aujourd'hui une grande partie, les plantes marines , tes poissons , les lits profonds de coquillages et de sable , que nous y trouvons avec tant de surprise; en plusieurs endroits ces poissons, ces plantes, ces coquillages se sont pétrifies avec le tenu , par l'insinuairtm des eaux de plaie, du sable et du limon. Car de recourir à l'hypothèse d'un déplacement graduel des eaux successivement répandues sur toute la surface de noire globe, dans la longue durée des siècles , c'est ce qui est démenti par la nature elle-même , qui nous montre par-tout les effets surprenants d'une tourmente universelle , arrivée tout-a-coup dans les dehors du
3 lobe, d'une dislocation subite, d'un éboulcxtient affreux es parties friables. Gardons- nous, toutefois, d'outrer les choses dans cette matière , en rapportant au déluge , avec
(1) Il resta encore das vestige* de la crainte de l'homme , qui fut imprimée dès le eomineucemeni, par le créateur, au bêles it* plus féroces. Nimirum . dit Pline l' Ancien { I. 4 > c- 4) • *»e est **tmra nm, hmc patent im tjw s*ritsima fennm mtsimmeee namyiiam t iJiiie çtod ti firent timtrr , et itatim ittlttliger* eur stt timendmm.\\ Tant néanmoins as-ouer que celle crainte, par une providi spécialr, fui bien plus forfe dan* le* animaux, insméd' le déluge, qu'elle nrl «t présentement. Sans ctb le
quer et se attendre, jurait couru risque de devenir laV0'6 uc» b*te» carnassière».
(a) Peut-être qu'avant la pluie , qui forma le déluge , it n'avait jamais plu «ne la terre , el qu une abondante rosée y tenait Heu de pluie pour l'humecter. Dans cette supposition, qui n'a rien de contraire S l'Ecriture , Tarc-en-ciel n'aurait point encore paru. Car ut physicien conviendra que la pluie du déluge ne pouvait pro-
duire ce (3) Ce'Cha
1 rtait frira de MitiraTm , ou
,lei
certains philosophes, la naissance des montagnes et l'incli naison dè l'écliptique Sur l'équaleor , pincipe de la variété des saisons ; comme si avant cet événement notre globe eût été une plaine universelle, et la température de l'air un
primeras perpétuel. Qui ne voit en effet que les montagnes
sont un des ornements de la terre , dont elles diversifient la surface et distinguent les différentes cootrérs ! que sans elles , nous n'aurions ni sonrees cTcau, ni fleuves, ni fontaines : que leurs sommets fournissent les simples les plus salutaires , les pâturages les plus délicats: que les niantes les plus délicieuses , les arbres les plus utiles ne se plaisent que sur les coteaux qu'elles forment en commençant A s'élever ; enfin les mon tagnea de la lune , plus hautes que celles de la lerre , sontelles aussi l'effet d'un déluge ? A l'égard de l'inclinaison d> récltptiqùe, si avant le déluge son plan se confondit avec celui de l'equaleur , d'où vient qoe dans les autres planètes ces deux plans se croisent aussi , et sont inclines l'un sur l'autre en différents degrés? l'antiquité pa venue a conservé quelque souvenir du déluge. On a confondu le patriarche Noé avec Deucafîon , avec Saturne , avec Xisuthrus ; on a mile f histoire de Sera avec celle de Pluton , celle de Japhet avec l'histoire de Neptune , et celle de Cham avec celle de Jupiter.
33o6. Naissance d'Arphaxad , fils de Seni.
Noé ayant planté la vigne boit du vin sans en connaître la force et s'enivre. Cham son fils l'ayant aperçu nud dan» sa tente, s'en moque, cl va le dire à se* frères; mais ceux-ci prenant un manteau .et marchant à reculons, en couvrent leur père, pour cacher sa nudité, de manière qu'ils n'en virent rien eux-mêmes. Noé revenu de son ivresse, maudit Chanaan (3), fils de Cham, ou plulAi, suivant l'hébreu, prédit que cette postérité sera maudite A cause de sa méchanceté. Il bénit au contraire Sem et Japhet, c'est-à-dire qu'il annonce Çcar tous les verbes sont exprimés au futur dans le texte original) les bénédictions que Dieu versera sur les descendants de ces deux patriarches. (Bullel.)
3171. Arphaxad engendre Salé (et non pasCaïnan) a l'âge de cent trente-cinq ans. Les exemplaires dé la version des Septante, qui sont parvenus jusqu'à nous, mettent entre Arphas-ni el Salé, Caïnan, qu'ils donnent pour fils de ce dernier et qu'ils font engendrer et mourir au mi me âge que Caïnan , fils d'Enos. Mais il faut remarquer, avec Louis Cappel , qu'Eusèbe et Jule Africain , quoique tous deux attaches â la version des Seplante , ne font point mention de ce second Caïnan. fi est vrai que celui-ci • se rencontre dans l'évangile de saint Luc , parmi les ancêtres de Jésus-Chrisi , au même rang que dans les Septante; mais il y a tout lieu de croire que c'est une interpolation dans l'un et l'autre lexte. (Voy. les noue, éc/oirciss. sur le Pentateuque tamar. , p. 161. )
l 3o4i. Salé engendre Heber â l'âge de cent trente ans.
3958. Noé meurt âgé de neuf cents cinquante ans. On croit qu'il n'eut point d'enfants depuis le déluge ; s'il en lavait eu, Moïse n'aurait pas manque de le marquer, et il ne nous dirait pas que de Sem, Cham et Japhet sont descendus tous les peuples du monde (4).
2907, Phalrg.
Heber i l'âge de cent trente-quatre ans , engendre
Tous les hommes , depuis le déluge , vivaient rassemblés dans les plaines de Sennaar, entre le Tigre et l'Euphrale, et dans les régions voisines ; ce qui est également attesté ,
que Menés, aoleor des Egyptiens, le mime qu'Isiris ou Osirm, et frère aussi de Chna, que lés étrangers apppclèreut Phénix , duquel sortirent lei Phéniciens.
(4) Au tems dn déloge, suivant le calcul le plus modéré de cens qni supputent b multiplication de l'espèce humaine par la durée d«j la vie des patriarches, la population devait monter A cent milliards, au lietl qu'elle ne monte aujourd'hui qn'a un milliard Mais comment cent milliard* d'hommes pnuvaienl-ils habiter sur notre globe, et y trouver leur subsistance r On répond, i*. que la mer, dans l'ancien monde, embrassait beaucoup moins d'espace qu'elle n'en occupe aujourd'hui, la plus grande partie des eaux étant alors renfermée dans les entrailles de la terre et formant ce grand abîme qui fui rompu au déluge ; a» que la terre était itiromparabtement plus fertile leversercnl l'< les principes jugement du lecteur
il! rompu au déluge ; a» que la terre était inrompara . fertile avant que les eaux , qui la couvrirent el la bou espace d'une année, ne l'eussent dénaturée , est altéra de sa fécondité. Nous abandonnons cette réponse ai
ABHËGÉ CHRONOLOGIQUE
comme l'observe Josephc, par les historiens prophaoes el par 1rs livres sacres. Mais comme la nécessité de subsister le» obligeait de s'écarter souvent les uns des autres, la crainte de se disperser uns retour dans ces courses fréquentes, leur fit prendre des précautions pour prévenir ce malheur. Dans cette vue, fls entreprirent de bâtir avec des briques cuites au soleil et liées entre elles arec un bitume, une ville, et d'y élever une tour extrêmement haute, afin qu'étant aperçue île loin , elle leur servit de signal et de point de réunion. Mais celle entreprise n'entrait point dans les desseins de la Providence , qui jugeait la dispersion des hommes nécessaire pour repeupler l'univers. Le genre humain ne parlai l alors qu'une langue L'Être-Suprême rompit ce lien qui unissait si étroitement les hommes. Il mil dans leur langage une telle confusion, que ne s'entendant plus les uns les autres, ils abandonnèrent l'ouvrage ? et se répandirent par toute la terre , chacun selon sa famille et sa langue. Sêm demeura en Orient , et de lui sont sortis tous les orientaus, depuis les monts Amanus et Taurus, et depuis l'Eupliraie jusqu'à la grande mer des Indes. De Cham sont venus les Philistins, les Egyptiens et les aociens peuples d'Afrique. Japhet tourna vers l'Occident , ce fut le pere Je tous les peuples de l'Europe et de l'Asie septentrionale (i). Tel fut le partage que firent entre eux les enfants de Noe , non par aucune convention , mais par une secrète impulsion de la Providence , nui voulait que toutes les parties de notre globr fussent habitées. Ce ne fut qu'a pas lents et comme par degrés qu'ils s'éloignèrent du centre de leur dispersion. A mesure que la population s'accrut, les familles se pressant les unes et les autres , reculèrent leurs limites pour se mettre a l'aise , et s'avancèrent de proche en proche jusque vers les extrémités de la terre , sans s'apercevoir de la différence des climats. Les guerres qui s'élevèrent entre elles , obligèrent plusieurs à passer dans les îles, pour y chercher une retraite; et enfin, après une longue suite de générations, toute la surface de la terre se trouva couverte d'habitants.
28U}. Mort d'Arphaxad , âgé de quatre cent trentehuit ans,
2808. Mort de Son a l ige de sis cents ans. 3777. Pbaleg 1 lige de cent trente ans , engendre Rëu ou Ragau.
3.736*. Mort de Salé a l'âge de quatre cent trente-trois ans. 3608. Mort de Phaleg k l'ige de deux cent trente-neuf ans. a645. Rëu engendre Sarug i l'ige de cent trente-deux ans. 36)7. Mort d'Heber, igé de quatre cent qualie ans a5i5. Sarug, igé décent trente ans, engendre Nachor.
«436. Nachor engendre Tharé i Tige de soixante et dianeuf ans.
3367. Mort de Nachor i l'ige de cent quarante-huit ans.
a3€6. Tharé vécut soixante et dix ans , et engendra (successivement ; Abram, Nachor et Aran. (Gènes. XI, v. 36.) Tel est , suivant Moïse , l'ordre de la naissance de ces trois enfants. Ce n'est pointé raison de sa dignité, et comme père des croyants, ainsi que le prétendent quelques commentateurs, qu'Abram est nommé le premier, mais parce qu'il était vraiment l'ataé. La date de l'âge auquel engendra Tliarr , sans cela serait inutile. Etait-ce, enelïel, ) époque de la naissance d'un autre de ces enfants, que de celui dont les Juifs descendent , qu'il était important de marquer en cet endroit? Tharé demeurait avec sa famille , a Ur de Chaldée , ville qu'Ammien Marcellin place entre Nisibe et le Tigre , el était adonoé au culte des idoles.
3356. Naissance de Saraï fille de Tharé , et d'une autre femme que la mère d'Abram , dont elle devint l'épouse.
3396. Dieu apparaît dans la personne d'un ange qui le représentait , 1 Abram , el lui ordonne de quitter la ville d'Ur en Chaldée, sa patrie, pour aller s'établir dans la terre qu'il lui montrera. « Je vous rendrai père , lui dil-il , d'un grand • peuple, et je vous comblerai de bénédictions: je rendrai
(1) L'Ecriture ( Gémis. X , v. S. ) , en parlant du descendant* de Japhel, dit, suivant la teste hébreu : A ceux-ci fureml assurée» les Iles éet Gentil* dmus leurs terne , cisceu setum son leufugt et eet famillee dans leurs umtiaas. « Ici l'Europe, dit M. l'abbé Mann , est expressément qualifiée comme n'étant qu'un assemblage d'Iles, ee qui serait littéralement vrai , si alors la mer Caspienne, la mer
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• votre nom célèbre, et toutes les nations de la terre seront - bénies dans vous. » Abram par sa naissance était engage dans le culte idolâtre des Chaldéens, qui était celui du feu. On prétend que ce fut ici le premier moment de sa conversion. Mais il y a plus d'apparence qu'il connaissait déjà le vrai Dieu. Quoi qu il en soit , il obéit sans hésiter ; et avant pris Tharé son père , Saraï sa femme avec Lot fils de son frère Aran, il arrive, après avoir passé l'Euphrate, dans une ville de Mésopotamie, nommée Harrao ou Chsrran, qu'on croit être la même que Chartes, fameuse par la défaite des Romains sous la conduite de Crasius.