WALERAN
Waleran, ou Galeran, est le premier comte de Meulent dont l'histoire nous ail conserve' le nom par des monuments contemporains. Il serait superflu de rc'peter ici ce qui a été' dit de son origine , de ses alliances et de sa vie à l'article du Vexin j il suffira d'observer que, réunissant au comté du Vexin celui de Meulent, il possctla par conséquent la partie de ce dernier, qui est située sur le Pincerais, et .qu'étant mort vers l'an 9(35, sa succession fut partagée entre Gauthier, son fds, qui eut le Vexin, c'est-à-dire Pontoise , Chaumont, Mantes, etc., et Robert, dont on ne connaît pas la filiation, qui eut Meulent.
RORERT Y\
HoBERT \" succéda à "Waleran dans le comté de Meulent, "Tout est si obscur à cette époque, qu'on ne sera point étonné de ne pas trouver ici des éclaircissements satisfaisants sur ce qui concerne ces premiers comtes. On ignore l'origine de Robert, le nom de sa femme, et les droits qu'il eut au comté de Meulent. La chronique de Saint-Nigaise de Meulent nous donne lieu de croire que ce seigneur était originaire de Chartres ou du pays chartrain : elle appelle même Hugues, son pctit-lils , seigneur charlrain, dominii:^ carnolensis. Celte même chronique nous apprend que c'est Robert ([ui fit bâtir le petit pont de Meulent, pour arriver plus commodément à l'église de l'iIe , où les reliques <le Saint-Nigaise avaient été déposées par l'un des comtes ses prédécesseurs j que c'est lui aussi qui le premier forlilia ce lieu, le munit de remparts, et y fit construire nu château à la place de celui qui existait dans l'ancienne ville du côté de Noncienne, ou Locenes, actuellement Thun , entre Meulent et Vaux. Ce nouveau château, construit dans l'ile ou fort, fut habité par ses successeurs jusc^u'à Robert III, ([ui en fit faire un autre sur la pointe de la montagne de Saint-Nicolas. Enfin cette chronique marque (pi'en l'année 990 Robert avait déjà pour successeur soa lils, de même nom que lui.
ROBERT ir,
Robert II jouissait du comte de Meulent en 990. Il e'pousa. Alix de Vexin , fille de Gauthier II, dit le Blanc, comte da Vexin. Ce mariage est prouvé par une lettre qu'Yves de Chartres écrivit à l'occasion de celui de Robert III, dans laquelle il rappelle leur ge'néalcgie. Le prélat de'sigiie les personnages par leurs quahtës de comtes de Meulent , sans nommer Robert ni Alixj mais leurs noms sont transmis par d'auUes monuments. Cette alliance unit e'troitement les maisons de Meulent et du Vexin. Il est très-vraisemblable que c'est Alix qui apporta en dot à Robert la porlion du comté de Meulent qui s'e'lend sur le Vexin, et que de son chef il n'avait auparavant que la porlion chartraine du Pincerais. Ils laissèrent trois fils , Hugues et Galeran , successivement comtes de Meulent, et Richard de Ne'aujEle.
HUGUES 1"
997. Hugues I*"", dit Tète d'Ourse , capiit iirsœ , e'tait comte de Meulent en 997. Il souscrivit , cette anue'e-là , avec Bouchard (comte deCorbeil) et Anseau (de Paris, seigneur de Maule), une charte du roi Robert, par laquelle ce monarque donnait à l'e'glise de Saint-Magloire, entr'autres choses, la dirae et le panage de la forêt d'Yveline. (Bouquet, T. X, p. 574; ^"■^^- de Véglise de Paris, p. 65o. ) Il en souscrivit une autre la même anne'e avec ce monarque, plusieurs e'vêques et seigneurs, par laquelle Bouchard , comte de Vendôme, donne au monastère de Saint-Valeri des biens situe's dans le Ponlhieu. Sa signature se trouve place'e dans cet acte irame'diatement après celle de Gauthier II dit le Blanc , son aïeul maternel. (iMabil. , Ann. , S. Ben. , T. IV, p. 122.)
Hugues, en même lems qu'il posse'dait le comté de Meulent, e'tait vicomte-ge'nc'ral du Vexin, et tenait des objets en fief du comte Dreux, son oncle. Il voulut, à ce dernier titre , exercer certains droits, Vicariani, sur les terres de Saint-Cyr, Drocourt et Chaudri, dépendantes de celles de Fontenai-Saint-Pére et de Juziers. Mais les deux comtes renoncèrent authentiquement à leurs présentions en faveur des religieux de Saint-Père-en- Valle'e de Chartres par un acte passé à Juziers, près de Meulent, vers l'an ioi5, en présence des principaux seigneurs des environs de Meulent et de Mantes , à la tète desquels on voit Galerarx et Richard de l!*(eiiufle , frères de Hugues. ( Tabular. S. Pétri
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Carnot.; bibl.du roi, mss. , p. 4^5; et alliances chron. de
Labbe, p. 683 )
Le comle Hugues recouvra une partie des reliques de saint Nigaise , qui avaient e'ie dispersées peudaat les guerres, et les re'unità celles qui étaient à Meulent. li mourut au plus tard l'an loi 5. {Cartitl. S. Aigas. Meileiens. , p. 55.)
Hugues avait e'pouse Elvise, ou Helvise , qu'on croit sœur d'Herluin de Conteville , seigneur normand. 11 donna en douaire à sa femme les terres de Lainville , Lesseville, Montallct-le-Bois, Mégrimont et Janibeville , dans la partie du comte' de Meulent située sur le Vexin. {Cartul. Columbem;.) Helvise avait de son chef la terre des Autels ou Autieux , AlLirium. Après la mort de son mari elle épousa en secondes noces Alexandre, surnommé Azzolin , dont elle eut plusieurs enfants, enir'autres Godefroi , abbé de Coulombs. Veuve pour la seconde fois, elle se i-ctira près de ce monastère, et lui conféra les terres que le comte de Meulent lui avait données en douaire, et les siennes. ( Cartul. Colùmbens. ) Elle vécut pieusement dans sa retraite , et y mourut en odeur de sainteté l'an io52. ( Act. SS. Ben. scecuL 6 pari. I , p. 565 et suiv.; et Ann. S. Ben. , T. IV, p. 5S5. ) On la connaît , à Coulombs , sous le nom de sainte Hc-lvise , comtesse de Meulent; et il y a toute apparence que c'est elle qu'on révère encore à Meulent sous le nom de sainte Avoye: Helvise, ou Avoje, en latin Helvisa , Alvisa, ou Avia , étant un seul et même nom.
GALERAN I", ou W^ALERAN H.
ioi5 au plus tard. Galeran I"', ou Waleraiv H, recueillit, l'an 101 5 au plus tard , la succession de Hugues , son frère, mort sans enfants. Il était déjà marié, ou il le fut très-peu de tems après , puisqu'en io52 il avait un fils qui l'était déjà. Sa femme se nommait Ode, ou Oda, sœur, à ce qu'on croit, de sainte Helvise, comtesse de Meulent, et d'Herluin de Conteville.
Le roi Robert s'étant rendu maître de Sens, l'an ioi5, pour venger l'archevêque Léotliéric des outrages que lui faisait Renaud , comle de celte ville, Galeran et Gauthier, comle du Vexin, traitèrent d'usurpation la conduite du monar(]ue en ce point, et menacèrent de rétablir Renaud les armes a la main. Fulbert, évêque de Chartres, leur écrivit pour les calmer, avouant que c'était lui qui avait porté l'archevêque à livrer sa ville au roi, et justifia ce conseil en peignant Renaud comme ua hérétique et un persécuteur de l'église. Beaucoup d'autres seigneurs étaient dans les mêmes dispositions c|ue ces deux comtes,
parce qu'il» ignoraient les crimes de Renaud. II paraît q[ue Gauthier faisait sa re'sidence , ainsi que Galeran , dans le Pincerais , qui est du diocèse de Chartres , puisque Fulbert les appelle l'un et l'autre ses enfants, et les prie de le défendre comme leur përe spirituel : Ul me tanquam patrem vestrum spiritualem dejendatis. (Bouquet , T. X, p. 4^2 )
Galeran se trouva, l'an 1020, avec Eudes, comte de Chartres, et Hugues, comte du Mans, au sie'ge de Tillières. Ils furent battus dans une sortie que tirent les INormands assiége's. L'un et l'autre se retirèrent à Dreux j mais le comte du Mans s'enfuit et se cacha honteusement.
Du vivant de sa femme, Galeran voulut passer à de nouvelles noces, on ne sait pour quelles raison.s ; il n'en fallait que de fort légères dans ce siècle, où le divorce e'tait très-fre'quent. Fulbert , qu'il soUicitti de lui en accorder la dispense , la refusa. La comtesse ayant de'serte' la maison et quitté son mari, Galeran saisit cette occasion pour faire de nouvelles instances à Fulbert. II lui écrivit d'une manière très-pressante , pour lui faire sentir qu'il fallait <[u'il obligeât sa femme de revenir avec lui, ou qu'il lui accordât la permission d'en prendre une autre : sans quoi, disait-il., attendu qu'il lui en fallait luie absolument, le prélat, par son refus, deviendrait cause de ses désordres , et le réduirait à la nécessité de l'adultère. Fulbert fit tout ce qu'un père spirituel pouvait faire pour réunir les époux divises. La comtesse ne voulut jamais promettre de retourner avec son mari, dont l'humeur t'tait incompatible avec la sienne, et préférait de faire des vœux dans un monastère : elle promit même de s'y rendre ; si Galeran voulait donner cent écus chartrains au couvent qu'elle choisirait. Galeran répondit que cette proposition n'était qu'une feinte de la part de sa femme, qui, selon lui, n'avait déjà reçu que tropi d'argent. Fulbert ne voulut pas décider foirnelleraent la question; il se contenta de répondre aux sollicitations réitérées de Galeran, qu'il ne lui était pas permis d'avoir une autre femme tant que la sienne vivrait, ou (lu'eile ne serait pas en religion. ( Bouquet, T. X, p. 459.) Galeran, ne pouvant rien obtenir dé son évèqiie diocésain, se retourna du côté de Robert, archevêque de Rouen ,, diocésain de sa femme. Il ne réussit pas mieux. L'archevêque ne voulut rien faire sans la participation de Fulbert. Ils s'en écrivirent mutuellement, et firent cause commune. Il parait que l'affaire en resta là. Les époux ne se réunirent point, et c'est alors qu'Ode se retira à Pontoise , comme on va le voir.
Fulbert écrivit, l'an ïo25, à Galeran, pour l'exhorter à se convertir, et pour l'avertir, sous peine d'excommunication^ d^
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lui faire raison, ainsi qu'à Francon, eVèque de Paris, sur les plaintes qu'ils avaient porle'es des usurpations qu'il faisait des biens de leurs c'glises. Galeran tint peu de compte de ces monitions. Francon le fit ajourner. Le comte ne parut point, sous pre'texte qu'il avait donne' sa parole par serment à Eudes, comie de Chartres , de se trouver avec lui prccise'ment ce jour-là pour une expédition contre Foulques, comte d'Anjou. 11 s'agissait du siège du château appelé' en latin Budelli , que Foulques avait fait bâtir pi'ès de Tours. On ne sait pas comment se termina l'affaire de Galeran avec les deux pre'lats. (Bouquet, T. X, p. 475 et suiv.) En l'anne'e 1028^ il souscrivit la charte de re'tablissement de l'abbavede Coulombs 5 et cinq ans après, il ratifia, à la prière de l'abbë Be'renger, le don fait à ce monastère par sainte Helvise , sa belle-sœur, des terres de Lainville, etc., à la charge que l'abbe de Coulombs viendrait tous les ans à Meulent ce'Iebrcr l'office le jour et fête de Saint-Nigaise. {Tabiil. Coliimb. ; chron. S. Nig. Melleiens.; Mabil. , Ann. S. Ben. , T. IV, p. 54.5. ) Eu To52 , il affranchit un serf de main-morte et sa femme , de la paroisse de Juziers , en faveur des religieux de ce lieu. L'acte fut fait solennellement devant l'e'glise de Saint-Nigaise, en présence des officiers du comte , qui s'j trouvent de'nomme's. [Ibid. Rec. de Lal>be,p. 582.) C'est en celte même annc'e que la suzeraineté du Vexin français fut ce'de'e par Henri P*" au duc de Normandie, pour l'indemniser des frais de la guerre dans la(|nel!e il avait pris son parti contre ceux qui lui disputaient la couronne. Dreux , comte du Vexin , fut fort aise de cet arrangement. Il parait que Galeran ne le vit pas du même œil. Il s'attira Tinimitie du Normand, qui s'empara des biens qu'il avait en Normandie.- Celni-ci prit sa revanche sur les terres des religieux de Jumie'ge , situées à Bouafle , près Meulent. 11 les restitua cependant en io3G, lorsque sa paix fut faite avec le duc. [Neust. pia.) Cette paix fut cimente'e par l'alliance d'AdoIine, sa fille, avec Roger, comte de Beaumont, l'un des seigneurs les plus puissants de Normandie et des mieux accrc'ditès à la cour du duc.
Galeran entra, l'an 1007, dans une nouvelle ligue avec les comtes de Chartres et de Champagne contre le roi. Ils re'ussirent très-mal. Le roi les battit complètement , re'duisit les comtes de Chartres et de Champagne à des conditions dures et honteuses, et confisqua le comte' de Meulent en 1041 , j)our cause de félonie. ( Bouq. , T. XI j p. iSq.) Il fut réuni ])«ur quelques instants au domaine de la couronne. Peu de lenis après les choses changèrciit de face; le roi fut oblige' de restituer le comte' de Meulent, et Galeran fut remis en possession paisible des domaines dont le sort des armes l'avait dépouille'. Il fut du nombre des seigneurs qui assistèrent à la translation des reliques de saint Ueois en io5o.
L'année suivante, il souscrivit une charte du roi en faveur de l'abbaye de Mannoutier. Hugues , son fils aiue', fut associe' à sa dignité de comte , et, en cette qualité', donna des biens à l'église de Jumie'ge , en io56, par une charte datée du château de Meu- ]ent , et souscrite par ses officiers et par ses vassaux des environs. {Cartul. Gemet.) Galeran accompagna le roi au sie'ge de Tilliéres en io58, et signa une charte, date'e du camp devant ce château, en faveur de l'abbaye de Saint-Germain -dcs-Pre's. {Hist. delà Maison de Broje , p. 8.) Henri ayant déclaré la guerre au duc de Normandie en l'année fo6o, fit marcher une année considérable, dans laquelle il y avait entre autres douze comtes. Galeran se trouva l'un des six qui commandaient a l'arrière-garde. L'armée française alla camper près de la chaussée de Varaville ; le duc la surprit, la mit en déroute , tua beaucoup demande, en fit prisonniers un grand nombre. {Chron. franc, de Norm. apiid Bouq. , T. XI, p. 345 j du Moulin, Hisl. de Norm. , p. 154.) Galeran fut de ces derniers. Le normand , poursuivant sa conquête, fit assiéger Meulent, qui fut pris ainsi que la garnison qui était dedans. (Du Ch. , Ord. Vit. , p. 586 et suiv.) Hugues, fils de Galeran, trouva moyen d'y rentrer, et gouverna pendant l'absence de son père. Galeran, livré à de tristes réflexions dans sa prison, et craignant l'esprit vindicatif du normand , fit vœu de construire une nouvelle égfise à son patron saint Nigaise , s'il sorlait sain et sauf de sa captivité. ( Chr. S. Nig. Mell. ) .11 donna vers ce tems-là sa chapelle de Sainte-Rade£;onde et celle de Sainte-Marguerite à l'abbaye de Préaux , fondée par la famille de Roger de Beaumont, son gendre. C'était une manière de faire sa cour au duc. Il obtint sa liberté en 1062. Revenu à Meulent, il ne s'occupa plus que de l'accomplissement de son vœu. Il fit jeter les premiers fondements de la nouvelle e'glise de Saint-Nigaise, qui fut achevée telle qu'on la voit aujourd'hui, et consacrée en l'année 1067, le 28 octobre, fête de Saint-Simon et Saint-Jude , en présence du roi Philippe l^"", alors âgé de treize à quatorze ans , de Baudouin , comte de Flandre, son tuteur, de plusieurs évêques et abbés, et de beaucoup d'autres seigneurs. ( Chron. S. Nig. Melletens. )
L'année précédente notre comte avait souscrit une charte portant remise , en faveur du monastère de Marmoulier, des droits seigneuriaux qui lui appartenaient à Mantes. ( Mabil. , Ann. 5. ^e/z. ,T. IV, p. 755. . . -.
Il semble que Galeran n'ait fait reconstruire l'église de Saint- Nigaise que pour lui servir de tombeau. On n'entendit plus parier de lui depuis ce moment. Il mourut le 8 octobre 1069 ou 1070, et fut inhumé dans cette église. Son tombeau s'étant perdu , il ne fut découvert qu'en iSgo, pendant le siège de Meulent par l'ar-
ïnée de la ligue. Plusieurs boulets de canon entr'ouvrirrnt im côté de l'e'glise : en la réparant on aperçut le cercueil dans l'e'paisseur du mur. Il fut ouvert eu pre'scnce de Henri IV, qui e'iait dans la place pour la de'téndre. On trouva les ossements et les armures de guerre du ti'ms , avec des inscriptions qui firent reconnaître Galeran. On le transporta ailleurs, et ce monument curieux existe, encore actuellement.
Oda, sa femme, lui surve'cut. Elle eut une dévotion particulière pour l'église et l'abbaje de Saint-Martin de Pontoise , dont elle fit bâtir la nef et la tour. S'étant relire'e dans une cellule près de la , elle y mourut. Oda est inhumée à côté de saint Gauthier premier abbé. Sa tombe s'y voit encore , élevée de quatre doigts au-dessus du pavé de la chapelle , et scellée par cinq clous d'airain.
Ces époux , avant leur séparation , avaient eu cinq enfants : Hugues, l'ainé, qui succéda à son père j Galeran et Foulques , qui moururent sans enfants avant leur frère ; Adeline , mariée à Roger, comte de Beaumont, qui recueillit la succession de Meuîent après la mort de Hugues ; et Dode , ou Deude , femme de. Guillaume , sire des Moulins , seigneur puissant de Normandie,
• HUGUES IL
1070 au plus tard. Hugues II continua le gouvernement qu'il avait partagé avec son père. Une partie considérable de sa vie se, trouve confondue avec celle de Galeran. On ne sera pas fâché de trouver ici tout ce qui estpersonnel et particulier à ce comte, réuni sous un seul point de vue.
Il fut présent, comme témoin, à une donation que fit à l'église de Préaux , Pvobert le Libéral , duc de Norjnandie. Il était si jeune alors , qu'il reçoit un soufflet de la main de Humphroi, fondateur de cette église , pour lui imprimer le souvenir de cet événement. Notre jeune comte avait avec lui deux camarades du même âge, à qui Ton fit la même chose. L'un d'eux, moins endurant que les autres, fut fort mécontent de la cérémonie , et demanda à Humphroi à quel propos on lui donnait ainsi un soufflet. C'est , lui réponrlit-il , parce que vous êtes plus jeune que moi , et que vous vivrez plus long-tems , et afin que vous puissiez vous souvenir de ce que vous venez de voir, cjuelque jour quand il cn^^scra besoin. ( Mabil. , Jnn. Ben. , T. IV, p. 3(p.) Il y a toute apparence que l'enfant, occupé uniquement du présent, et pour qui l'avenir était très-indifférent, ne trouva pas la réponse fort sutisfaisante, Hugues souscrivit, en io5vi, l'acte d'afifrauchisscmenl d'un i>erf ,
DES COMTES DE MEULES T. l49
fait par Galeran son père. On voit par cette charte qu'il e'tait dèslors marié , et que sa ternnie se nommait Adélaïde. Elle e'tait, à ce que l'on croit, fille d'un chevalier du pays chartrain , nommé Unverius , et sœur de 'l'eudon , d'Arembiiraje et de Raherius , dont le dernier avait épousé Aloise, fille d'Eudes I", comte de Chartres, et de Berthc de Bourgogne. (Cari. S. Peir. Carnot.) Ij'an io56 environ , il se trouva , en qualité de baron , à la cour que le roi tenait à Dreux , et y souscrivit un privilège pour Sainl- Père-en- Vallée. {Tahiti. S. P(^tr. Carnot., p. 216; et GalL Christ. , T. II , p. 4B7 , anc. édition.) A la prière de Godefroi , abbé de Coulombs , et de Robert , alors moine et depuis abbé du même lieu , ses cousins :;îfrniains , Hugues donna , l'an loGç^, à cette maison l'église de Saint-Côme, située en une ilc près de Meulent (aujourd'hui l'Iie-Belle), et y fonda un prieuré qui devint asssez considérable par la suite et fut enrichi par les largesses de différents seigneurs des environs. ( Ann. Ven. , T. VI, p. 608 j et Coll. Amp. , T. I , p. 471.) La même année le con.te de Meulent fit don à l'abbaye du Bec , du village , de la métairie et de l'église de Tessencourt , près de Meulent. Il se forma aussi un monastère en ce lieu. La charte fut donnée en présence de tous les barons qui étaient alors avec le roi qui tenait sa cour ou parlement à Poissi. [Cart. S. Nig. A/ell. et Bec; et Mab. , Ann. />'e«. , T. V, p. 59.) Hugues souscrivit, en 1071, à la demande de Bouchard , l'immunité accordée à l'église de Sainl-Spirc et t»aint-Loup de Corbeil. Il fit un voyage à Préaux en 1076, et jnfa les franchises du monastère sous les ponts de Meulent ; par reconnaissance il fut affilié à cetle maison et associé aux prières- La dernière charte qu'on trouve souscrite de lui est celle que Philippe I" donna à l'abbaye de Cluni l'an 1076, pour restituer les terres de Mantes- la-Viile , Arnouville et Boinvilic, dont il s'était emparé de vive force an préjudice de la donation (jui en avait été faite par Simon de Crépi , dernier comte du Vexin, En qualité de parent, d'héritier et de successeur, en cette partie, de Simon , le comte de Meulent approuva la restitution de ces objets situés dans l'étendue de son comté. La charte est souscrite par Hugues , so.n vicomte à Mantes. ( Biûl. Clan. , p. 527. )
Il quitta le monde et prit l'habit monastique au Bec vers l'année 1077. Il y mourut le i5 d'octobre 107c) ou 1080. Adélaiue, sa femme, était morte avant lui le 5i du mois de mai, on ne sait pas de quelle année. ( Obit. S. Nig. Mell, Ils ne laissèrent point d'enfants.
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