COMTES DE VERMANDOIS ET DE VALOIS
L'an 1077 , le même Herbert, du chef de sa femme , Hilde- ERANTE , OU AnÈLE , succéda dans le comté de Valois au comte Simon , son beau-frère. Il n'en jouit qu'environ trois ans , étant mort l'an 1080 et non pas 1081. De son mariage il eut un fils , Eudes , dit V Insensé, qui fut déshérité à la demande des barons , et duquel descendent les anciens seigneurs de Saint-Simon, avec une fille , qui suit.
1080- Adélaïde , fille d'Herbert IV et d'Hildebrante , hérila d'eux, l'an 1080, le comté de Vermandois avec celui de Valois et l'avouerie de Monchi-Ia-Gâche. Elle était mariée dès-lors à Hl'gues le Grand , second des fils vivants de Henri 1er ^ ,-oi de i'iauce, qui , dans l'espérance de jouir sans partage du Verman-
DE VEi.MA.>^DOiS EX DE VAlQlS. IC)3
dois et du Valois , prit possesiiou du château de Crépi après la mort de son beau-père , et y fixa sou séjour. Hugues , non contentdes droits que Roger, eVêque de Beanvais , avait attache's à l'avnucric de Monchi , en la coufëraul au comte Otton , aïeul (l'Adélaïde, voulut les e'Iendre aux dc'pens de l'e'glise de Beauvais. Sur les plaintes des chanoines, les t'vèques de la province s'e'tant assendile's , condamnèrent Hu^^ues à restituer les usurpations qu'il avait faites , et le roi Philippe I^' , son frèrt- . confirma leur jiif^ement. [Cart. de S. Pierre de Beauvais , fol. 85, r».) La date de ce diplôme ayant été' omise par le copiste, on ne peut la suppléer que par conjecture. Il nous parait que nulle mention n'étant faite de l'évêque de Beauvais dans cet acte , il a dîi être passé dans une vacance de ce siège , c'est-à-dire entre l'an io83, où l'évêque Guillebert avait cessé de vivre . et l'an io85, où son successeur Lrsion paraît pour la première fois. L'aniogô, au mois d'avril , Hugues partit à la tête d'une florissante armée pour la conquête de la Terre- Sainte , et prit sa route par l'Italie , où il fi'i joint par le duc de Norniandie, les comtes de Flandre , de Boulogne , de Blois , et d'autres seigneurs. En passant à Lucques , ils reçurent la bénédiction du pape ; de là ils allèrent visiter k Rome les tombeaux des SS. apôtres , et n'étant arrive's dans la Fouille qu'au mois de novembre, ils mirent leurs troupes en quartier aux environs de Bari , à dessein de passer en Grèce au retour du pnnlems. Hugues, trop in»patient pour attendre ce terme , voulut reconnaître le p^ys par lui-même. II s'embarque à Bari avec trois seigneurs seulement , et passe au rivage de Durazzo. Le gouverneur de la ville, instruit de l'arrivée des Croisés dans la Fouille , et de la descente du prince, vient au devant de lui avec toutes les démonstrations du respect dû à sa naissance. L'ayant amené à Durazzo avec sa compagnie, il les régale magnifiquement ; mais lorsque Hugues songe a se retirer , il lui déclare qu'il ne peut laisser partir un prince de son rang sans avoir recules ordres de l'empereur , qu'un courrierpar lui dépêché doit rapporter au premier jour. On ne fut pas en effet longtems à les attendre. Ils portaient que Hugues et ceux qui l'accompagnaient fussent conduits sous bonne escorte à Constantinople. L'empereur, les ayant reçus avec une honnêteté plus apparente que sincère, les fit garder à vue. Godefroi de Bouillon , instruit au bout d'un mois de leur aventure , envoie demander leur délivrance. Il était alors en Thrace. Sur le refus de l'empereur , il ravage ou brûle tous les environs de Selymbria , à quatorze lieues de Constantinopie. Ces hostilités mettent le monarque grec à la raison. Il promet de rendre les prisonniers : le ravage cesse ; et Godefroi, deux jours avant Noël va camper à la vue de Constantinopie . Les prisonniers vi«unont aussitôt le join-