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cire avec une grande joie de toute l'arme'e. (Le Beau. ) Hugues se trouva, l'aa 1097, au sie'ge et à la prise de Nice'e. L'anne'e suivante , il commanda pareillement au sie'ge d'Antioclie , fut des premiers entre ceux qui prirent d'assaut cette ville le 3 juin de la même année , et eut grande part à la victoire signalée que les Croisés remportèrent, le 28 du même mois, sur le général Corborau. La valeur qu'il fit paraître dans cette expédition lui mérita le surnom de Grand. (D'autres prétendent qu'il lui fut donné à cause de sa taille qui était extraordinaire. ) Après cette victoire, il fut député avec Baudouin II , comte de Hainaut , à l'empereur Alexis Comnène , pour lui en porter la nouvelle et le presser de fournir aux Croisés les secours qu'il leur avait promis. Mais s'étant mis en marche avec une escorte, ils tombèrent dans une embuscade de Turcs ou de Sarrasins , près de Nicée. Le comte de Hainaut y fut pris ou tué ( car on ne sait pas bien ce qu'il devint) , et Hugues ne put échapper qu'en se sauvant à toute bride. La réponse que l'empereur grec lui fit n'ayant pas été favorable , Hugues prit le parti de retourner en France pour V faire de nouveaux fonds , ayant épuisé ceux qu'il en avait emportés. L'an 1101 , il fit avec le duc d'Aquitaine et les comtes de Bourgogne , de Blois et de Vendôme , à la tête d'une aimée très-nombreuse, un second voyage en Orient , qui fut on ne peut plus malheureux. Hugues perdit sur la route plus de deux cent mille hommes dans les différentes attaques que les Ino Jèles lui livrèrent en Asie. Lui-même ayant reçu plusieurs blessures dans la dernière, donnée au mois de juillet 1 101 , se sauva avec peine à Tarse en Cilicie , où il mourut le 18 octobre suivant , laissant de son épouse, Raoul (jui suit j Simon, évêque de Noyon, qui fut le premier de son siège décoré du titre de comte et pair (Carlicr); Henri, ou Aimeri , qui fit la branche des seigneurs de Chaumont en Vexin j Mahaud , femme de Raoul , seigneur de Beaugenci j N. , femme de Boniface , marquis en Italie ; et deux autres filles , dotit l'une, nommée Elisabeth , épousa Robert , comte de Meuleut, puis Guillaume de Varennes, comte de Surrei j et l'autre fut mariée à Hugues II , seigneur de Gournai (1). Adélaïde, après la mort du comte Hugues, son époux, se remaria à Renaud II , comte de Clermont en Beauvaisis, et conserva le comté de Verrnandois jusqu'en 1 1 16 ou au commei!cement de l'année suivante. Alors étant rentrée dans le comté d'Amiens, que le roi Louis le Gros avait enlevé à la maison de
(i) le Président Hc'naat pense qao du mariage de Hugues et d'Adclaïde soriit au second degré un autre lingues, qui, ayant changé son nom en celni de Félix, concourut avec Jean de Mitllia à la fondation de l'oidru des Trinivûfi'5 ou Minihurias.
DE YERMANDOIS ET DE VALOIS. igS
Couci'et restitué à celle de Verraandois sur laquelle la première l'avait usurpé , Adélaïde céda le Vermandois à son fils Raoul , qui suit,
1116 ou II 17. Raoul I**" ou IV, dit le Vaillant , fils aîné de Hugues le Grand et d'Adélaïde, devint comte de Vermandois, par la cession que lui en fit sa mère l'an i r 17.II est remarquable que long-tems auparavant on lui donnait le titre de comte futur de Vermandois, et qu'il le prenait lui-même. C'est ce qu'on voit par des lettres du roi Louis le Gros, de l'an 11 00, confirmatives delà donation qu'Alix, dame de Péronne, avait faite de laville d'Alaine àl'abbayedu Mont-S.-Quentin. ( Martenne Ampliss. coll. T. I, col. 624.) C'était un prince, distingué dèslors par sa valeur et son habileté. Il servit utilement Louis le Gros et Louis le Jeune contre les rebelles de leur lojaume, excités et soutenus parle roi d'Angleterre. Hugues, seigneur du Puiset, était l'un des plus perfides et des plus obstinés. Thibaut le Grand , comte de Blois , étant venu à son secours, Raoul le défit, l'an 1 1 12 , devant le château du Puiset. ( Voyez Thibaut le Grand , comte de BloU.) Raoul devint comte de Valois , en I118 , par la mort de sa mère. L'an 1 1 24 > «*" mois d'août , il marcha avec Louis le Gros à la poursuite de l'empereur Henri V, qui était entré avec une armée formidable en France. Il accompai^na , en 1 12g ou I i5o , ce monarque aii siège du château de Livry, défendu par Amauri , baron de Montfort , que le roi d'Angleterre , le comte de Champagne et Guillaume de Garlande avaient porté à se révolter. Raoul y reçut un coup à la tête qui lui fit perdre un œil : mais la place fut prise et rasée. Irrité contre le fameux Thomas de Marie, qui avait fait assassiner Henri , son frère , comte de Chaumont , il engae;ea le roi , l'an 1 i5o, à. venir l'assiéger dans son château de Couci. Thomas fit une sortie dans laquelle il fut mortellement blessé par R^aoul , qui vengea ainsi la mort de son frère. L'an i i5i , suivant le Père Anselme et ses continuateurs, Louis le Gros conféra à Raoul la dignité de sénéchal , qu'il avait ôtée aux Garlandes. Raoul en était effectivement revêtu cette année dans le lems du sacre de Louis le Jeune, auquel il assista. { Chroii. Jlfaiirin.) Après cette cérémonie, qui fut faite à Reims par le pape Innocent II, Raoul emmena ce pontife à son château de Crépi. (Carlier. )
L'an ii57, il ^^^ ^^ cortège de Louis le Jeune, lorsqu'il se rendit en Guienne pour épouser l'héritière de ce duché. Il y vit la sœur cadette de la jeune reine , et l'aima. Au lieu d'étouffer cette passion naissante , il s'y livra avec tant d'ardeur , qu'il résolut de se séparer de sa femme Eléonore , parente de Thibaut le Grand , comte de Champagne, pour épouser Adélaïde |,
ig^ CHROPiOLOClE HlSTOi;lQt;E I>l£S COMTES
c'est ainsi qu'on appelait le nouvel objet de sa flamme , qifoiquc son uoni de baplème fût Pcironilie. Il réussit dans sou projet. Simon , sou frète , évèque de Novon , et les e'vêques de Laon cË de Senlis , l'un son allié et l'autre son ami, affirmèrent avec serment, Van i i4o ou i i4i > devant le roi, qu'il y avait parenté au degré prohibé entre Raoul et sa femine ; en conséquence ils cassèrent le mariage , et le lendemain ils unirent le comte de Vermandois avec Adklaide , ou Pétromllf, de Guienne , à lacpielle il assigna pour son douaire la ville de Péronne. De là vient que dans quelques chartes, en prenant le titre de comte de Vermandois , il ne lui donne que celui de d.ime de Péronne : Ego Radulfus comas T'^iromanduensis et Adelilia iixor mea Domina Peronensis. Thibaut , sensible à l'outrage fait à sa parente, écrivit au pape Innocent II pour lui en demander justice j t-î; saint Bernard appuya sa plainte. Le pontife nomm=» un légat qui tint sur cette affaire, l'an 1142, un concile à Lagni , où Raoul fut excommunié , ses terres mises en interdit, et les prélats qui avaient prononcé le divorce, déclarés suspens. La mort de la comtesse E le encre , arrivée l'an 1 147 > réhabilita en quelque sorte la seconde alliance de son époux. Il demanda son absolution au pape Eugène , qui était en France , l'oblîint , et garda sa femme. La même année , mais avant cet événement, il avait été nommé au paHement d'Etampes , tenu au mois de février , pour aider l'abbé Sager dans l'exercice de la régence pendant le voyage de Louis le Jeune à la Terre-Sainte. L'ail I i5i , Raoul , souffrant avec impatience que le comté d'Amiens fut hors de sa maison, prend si bien ses mesures , qu'il l'enlève à Robert de 15oves, son beau-frère, qui le possédait ea vertu de sou mariage avec Béatrix , sœur utérine de Raoul , comme étant fille de Renaud II, comte de Clermont, et d'Adélaïde, mère aussi de Raoul (i). Nous mettons cette invasion en I i5i , pour deux raisons : i* parce que nous avons une charte souscrite cette année parPiobert, comte d'Amiens ( du Chesne , pr. de CHist. de Coiici , p. 669 ); 2** parce que nous ne pouvons reculer plus tard cet événement , Raoul étant mort le 14 octobre de la même année, ou selon Lambert Waterlos , dans sa chronique manuscrite , au commencement de l'année suivante. Ce prince fut enterré à Saint-Arnoul dr; Crépi , et non au monastère de Long-Pont. Suivant les auteurs flamands, il avait épousé eu troisièmes noces , l'année même de sa mort , Laurence , fille de Thierri d'Alsace , comte de Flandre ; mais M. l'abbé Carlier prétend , sans en donner de preuves, qu'Adélaïde, sa deuxième
(1) On a onhlié, \ i'anirïpdcs rotiitcs H<; Clermont en Bauvaisis, de nommer «eue fille parmi les enfant^ de Renaud U et d'Adélaïde.
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femme , eut de lui tin enfant posthume ; ce qui détruirait ce troisième mariage. L'opinion de cet historien n'est pas ne'anmoins sans difficulté, comme on le verra dans un moment, îlaoul eut du second lit un fils nomme Hugues , qui prit le noui de Raoul après la mort de son père , et deux filles : Elisabeîîi , nu Isabelle, marie'e en i i56, à Philippe d'Alsace, comte de Flandre j et Ele'onore , qu'on dit être ne'e après la mort de soji pore. Celle-ci eut quatre maris conse'cutifs , qu'on nomtixera ciaprès. Lambert Walerlos , de'jà cilè , taxe le comte Raoul î'' d'une avarice extrême : ^t^«m/cz, dit- il, inconiparahilis fuit. Il rapporte de ce prince une longue prière en prose rime'e , qu'il composa dans sa dernière miladie pour demander a Dieu la grâce de bien mourir. Une ancienne chronique manuscrite , compose'e par un chanoine de Laon , donne de ce comte la même idée que Lambert Walerlos , et la confirme par les faits. Ce Raoul , dil-il , e'tait venu à bout de dépouiller par surprise ou ]iar force tous ses voisins; car il avait enlevé Chauni aux seigneurs de Rouci j Amiens à ceux de la branche de Boves ; Pe'ronne à la maison de Mauroi; Ribemont à celle de Saint-Otbert; Montdidier à une certaine veuve; et pour avoir Alhies avec ses dépendances , il épousa une autre veuve , qu'il renferma ensuite et re'pudia. Voici le passage latin, tel que nous l'avons donné dans notre îroizième tome de la collection des historiens de rratice , p. C^S : Hic Radiilfus , aut dolo aiit vi omnes Ttcinos suos exhceredavit. NamCauniacnm ahstitHtdotninis de Rnceio ; Anibianum ilUs de Bova ; Peronam illis qui cognominaniur Maitroi ; Rihodi-Monlem ilUa de S. Otberlo ; Munlem-Desiderii ciiidam. iJidiiœ. Pro Athies et terra illi adjacente dnxil quanidani vidiiam quant incarceravit et repudiavit. Si l'on défère entièrement à ce témoignage d'un auteur presque contempor.Tin , mais peu exact, il faut en conclure aussi ta réalité du mariage de Raoul avec Laurence , fille de Thierri d'Alsace , et de Suanéchilde , sa première femme; car ce ne peut être qu'elle qui Ua ait apporté en dot la seigneurie d'Athies , située dans le Vermandois. Tous les historiens du tems conviennent qu'elle avait épousé, i° Ivain d'Alost , 2° Raoul , 5° Henri, comte de Limbonrg , 4" Henri l'Aveugle , comte de Namur. Â'Iais, en accordant même à M. Cartier, qu'Eléonore fut née posthume , il ne s'ensuivrait pas que Raoïd n'aurait pas épousé Laurence , mais seulement qu'Eléonore était fille de Laurence , et non d'Adelaide. (/'^oyes Thierri d'Alsace , comte de Flandre.)
RAOUL H ou Y.
iiSa. Raoul II ou V, nommé Hugues, mais mal. par Robert du Mont, fils de Raoul le Vaillant et d'Alix d'Aqui-
igS CHRONOLOGIE HISTORIQUE DES COMTES
taine , succéda en très-bas âge à sou père. Il eut pour tuteur , ainsi que ses deux sœurs : i" Waleran, comte de Meulent , son cousin; 2° Ives de Nesle, comte de Soissons , qui défendit vaillamment ses comtes contre les entreprises des seigneurs des environs , et surtout de Robert de Boves , digne fils du fameux Thomas de Marie. Ce prince , attaque' de la lèpre , finir ses jours l'an 1167, sans laisser d'enfants de Marguerite, son e'pouse , fille de Thierri d'Alsa'ce , comte de Flandre , qui se remaria , en 1 169 , à Baudouin V, comte de Hainaut. Raoul fut enterre' à l'abbaye de Long-Pont.
1167. IsABELî.E, sœur de Raoul, lui succe'da au Valois et au Vermandois avec Philippe d'A.lsace , son e'poux. Gilbert de Mons nous a laisse' le de'nombrement de ces deux comte's , dont le second comprenait la ville de Saint- Quentin. Ribemont , Repis , Roclis , Pe'ronne , Athies, Claris, Chépi , Roye , Channi , Torote , Choisi , Rîssiins , Lacheries , Montdidier , le comte d'Amiens, Belcasne , la suzeraineté' de Guise et Leschièves , de Belvoir et Goui , de Him , de JNesle , de Braî , d'Encre , de Marchais , de ï^ilelr , surnomme' V Arcnos , de Hangest , de Pierrepont , de Rôuai , de Morenil , de Péquigni , de Breteuil , de Bulles, de Poix, de Milli , de Marie et \'ervins. Le Valois renfcnngit Cre'pi , Mornenval , Villiers - Cotterets , Viviers , la Ferté-Milon , et autres terres à hommage. Le premier acte d'autorité' que Philippe exerça dons le Vermandois, fut l'établissement d'une commune à Chauni , sur le modèle de celle de Saint- Quentin ; ce qu'il fit de concert avec Isabelle, sa femme , par lettres donne'es à Hesdin le jour de Noël 1167. Les conditions qu'il attacha à cette faveur, furent : 1° que cha(pie feu lui paierait un cens aunuel de douze deniers le jour de Nool ; oP que le maire de Chauni lui fou inirait des lits lorsqu'il viendrait dans cette ville ; 3» que les habitants feraient l'est ou la clievauche'e comme sous le comte Raoul ; 4° qu'ils ressorliraient au );)ai!li de Vermandois pour les affaires importantes ; 5° que celles de moindre conse'quence seraient termiue'es par le juge du château de Chauni , comme le juge de Saint-Quentin a coutume de faire. {^ Hotel-de- Ville de Chauni.) La comtesse Isabelle étant morte sans enfants, le 26 mars ii85 (N. S. ), Philippe d'Alsace , son époux , voulut retenir sa dot en vertu d'une donation qu'elle lui en avait faite pour sa vie. Mais Eléonore, sœur d'Isabelle , réclama celte succession , comme plus proche liéritière, soutenant que la donation était nulle , comme ayant été faite par une fejnme qui était en puissance de niari , à sou mari même , contre les lois du royaume , qui ne permettent pas ces sortes de dispositions. Le com'.e lui opposait l'autorité du roi
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Louis le Jeune , qui avait ratifié cette donation , à quoi elle re'pondait que cette ratification ne pouvait préjudicier au droit d'un tiers. Mais, forcée par sa faiblesse d'entrer en composition avec lui , elle consentit à se restreindre au comie' de Valois , abandonnant le reste au comte de Flandre. Le roi Philippe Auguste 11c vit pas ce traite' d'un œil indifïe'rent. Jaloux de la puissance du comte de Flandre , avec lequel il avait de'jà eu l'anne'e préce'denle quelques de'niêle's , il engagea Elëonore à revenir contre l'accommodement, et à lui céder ses prétentions. Ayant alors sommé Philippe d'Alsace de rendre la dot entière de sa femme , il essuya un refus qui devint le signal de la guerre. Le roi commença par s'emparer de Saint-Quentin, d'où ses officiers chassèrent ceux du comte. De son côté, Philippe d'Alsace , par l'avis de Baudouin , com.te de Hainaut, son allié, fit marcher des troupes du côté de Chauni-sur-OIse. Le duc de Bourgogne et les comtes de Champagne et de Blois vinrent à son secours. Les hostilités qu'ils exercèrent furent horribles suivant l'expression d'un auteur du tems. ( Voyez Marten. , deuxième vojage llu. , p. 61.) Le roi d'Angleterre voulut se rendre médiateur dans celte querelle ; il ménagea une entrevue avec \e3 comtes de Flandre et de Hainaut à Gerberoi , où l'on convint d'un parlement qui se tiendrait à la grange de Saint-Arnoul , entre Senlis et Crépi. Les députés du roi et de PhiHppe d'Alsace s'y trouvèrent; mais rien n'ayant été-'conclu dans cette assemblée, on s'ajourna pour l'année suivante à Rouen. Le roi d'Angleterre s'y rendit pour le roi de France , et le comte de Hainaut pour le comte de Flandre. Meyer dit que l'Anglais offrit, au nom du roi de France, de laisser au Flamand la jouissance du Yermandois sa vie durant , mais que celui-ci le refusa , soutenant que ce comté lui appartenait en propre et à ses héritiers. Tout le fruit de ce pourparler fat une trêve dont on convint pour un an. A peine était- elle expirt-c , que les hostilités recommencèrent. Le comte de Flandre, dont celui de Hainaut s'était séparé , fit une irruption sur les terres du roi , brûlant et saccageant le plat pays jusqu'auprès de Senlis , et de-là s'avançaùt , il surprit le château de Dammartin , puis descendit dans le Beauvaisis où il mit le siège devant le château de Bétisi. Mais le roi étant survenu , l'obligea de le lever. Le comte en se retirant marcha droit à Corbie , qu'Albéric appelle une ville très-florissante, ^ore«/wsimum oppidum. Il avait déjà emporté les dehors de la place, lorsque le roi , qui avait assemblé son armée à Compiègne , étant arrivé, le mit en fuite. Guillaume le Breton place le siège de Corbie avant celui de Bétisi , et dit que le Flamand, contraint d'abandonner cette place , tourna du côté de Guise , d'où il vint assiéger le château de Choisi j qu'eofin, talonné par le roi qui le
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suivait pas à pas , il fut oblige de se retirer en Flandre après, avoir perdu une partie de ses troupes. Le roi, voyant que le comte lui avait e'chappe' , conduisit ses troupes vers Amiens , à dessein tic l'assiéger. Le comte n'avait rien ne'glige' pour rendre celte place imprenable. Avant de l'attaquer, le roi crut devoir se rendre maître de tous les châteaux voisins , aiiii qu'elle n'en pût tirer aucun secours. Le plus im^^ortant e'tait celui de Bovcs tant par sa propre force que par la valeur de Robert qui en était le seigneur. Guillaume le Breton se trompe en nommant Raoul ]c. proprie'taire de cette place. Il a pris apjjaremment le seigneur de Couci pour celui de Boves. Robert, qui était dans les intérêts du Flamand , soutint le siège , pendant lequel on vit paraître l'arme'e du comte de Flandre qui venait au secours de son allie'. Le roi, dès qu'il la vit approcher, rangea la sienne en bataille à dessein de l'aller combattre , quoique le jour fût déjà fort avance. Le comte , surpris et e'pouvautë de sa bonne contenance , lève le camp , et, ayant fait repasser la rivière à ses troupes , il se retire à Amiens , d'où il envoie des de'pute's au comte et au cardinal de Champagne, qui accompagnaient le roi , leur neveu , pour obtenir par leur entremise une trêve de huit jours, pendant laquelle on pourrait traiter d'accommodement. Le roi l'ayant accordée , Philippe d'Alsace vint le trouver dans son camp , et s'étant prosterné devant lui , il le supplia de vouloir bien oublier ses torts , déclarant qu'il lui abandonnait Je Vermandois avec toutes ses dépendances , et le suppliant de vouloir bien lui laisser, pour sa vie seulement, la jouissance des places de Saint-Quentin et de Péronne. Le monarque , «'étant laissé fléchir , consentit à la demande du comte , envoya sur-le-champ des officiers prendre possession en son nom du Vermandois , et rendit le Valois à Eléonore et au comte de Bcaumont, son époux. Albéric ajoute qu'Eléonore laissa au roi le comté d'Amiens pour les frais de la guerre ; ce qui s'accorde avec le témoignage de Guillaume le Breton, qui dit que ce comte' , avec le pays de Santerre , entra dans le partage de Phi- Jippc Auguste :
Sic regio qnse latn patct Viromannia tota , Ambiancnsis humus, pariiicr ruin Sanleriensis Ubcriaic soli , jcgi ccsseie Philippe.
C'était Jacques d'Avêncs , suivant le chroniqueur Jacques de Guise , qui avait porté le comle à faire la démarche et le sacrifice dont on vient de parler ; mais à peine fut-il de retour en Flandre, qu'il commença à s'en repentir. Avant de revenir sur SCS pas , il pensa à se fortifier de la protection de l'empereur