‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 148 sur 299 · RENAUD · texte numérisé non relu

RENAUD

. Renaud I'''", fils de Gui et d'Ade'laïde, succe'da à sa mère dans le comte de Soissons l'an 1047 au plus lard. Etant tombe' dans la disgrâce de Henri I"^'', roi de France , il fut assiège' par ce monarque dans sa forteresse, appelée la l^our des Comtes. Yienvi^ l'ayant emporte'e l'an loSy, la fit de'molir. Renaud mourut pendant ce sie'ge, le premier avril , laissant d'ADÉLAÏDE de Rovci , sa femme, un fils nomme' Gui, qui mourut environ quinze jours après lui , sans alliance , et une fille qui demeura en la garde du roi Henri.

GUILLAUME lîUSAC.

To58. Guillaume, dit Busac , fils de Guillaume I<='', comte d'Eu, et de Lesceline de Harcouvt, comtesse d'Hyesiues , s'e'tant révolte' contre Guillaume le Bâtard , duc de Normandie , son. cousin, fut oblige' de sortir du pays, et vint chercher un asile à la cour de Henri 1*% roi de France. Ce prince lui fit épouser , l'an io58, Adélaïde, fille de Renaud , comte de Soissons , et lui donna ce comte' avec les autres biens de Renaud. Guillaume assista, l'an loSg, au sacre du roi Philippe ^*^ Ce comte, .-linsi que la plupart de ses e'gaux , u'u'tail pas exempt de rapacité. W voulut e'îendre son domaine aux de'pens de l'abbaye de Saint- Mëdard de Soissons, et commença par établir des coutumes sur le lieu de Sainl-Me'dard et sur le bourg de Croui. L'abbe' Renaud en ayant porte' ses plaintes à la cour , le jeune roi , Philippe P' , se rendit, l'an 1060, à Soissons, et tint dans l'e'glise de Saint- Me'dard un plaid dans lequel il condamna le comte Guillaume à se de'sister de son entreprise. L'arrêt rendu à cette occasion est important pour fixer le tems où Philippe sortit de tutelle. La chose était alors toute re'ceuîe. Exeunie me , dit Philippe, de Flundreiisiurm comitîs Baîduini Miindibardio. ( CarluL 6'. Ma-

^^4 Chronologie historiOue

dardi, fol. 122, v". ) Guillaume, malgré cette condamuatîoTîy n'en fut pas moins attache' au roi Philippe. 11 suivit ce prince dans ses guerres contre les ducs de Normandie, et y donna des preuves de sa valeur. Celle qui commença l'an 1098 , fut la dernière où il se trouva. Il mourut la même année ou la suivante . Ade'laïde, qui lui survécut, le fit père de Jean , qui suit; de Manassès , élu évêque de Cambrai par le peuple , sans le consentement du clergé, l'an 1092, puis transféré à Soissons en iioSj de Renaud, qui viendra ci-après j de Rantrude , femme d'Ives , seigneur de Nesle , tige de la branche de sa maison , qui dans la suite posséda le comté de Soissons ; de Lithuise , femme de Geoffroi III , seigneur de Donzij d'Agnès , mariée à Hervé de Monlmorenci, seigneur de Marli , grandboutillier de France; et d'Adélaïde, alliée à Gauthier I*', comte de Brienne. (Aibéric.)

JEAN I*^'

1099. Jean I*', fils et successeur de Guillaume au comté de Soissons , n'est bien connu que par le portrait que nous a tracé de lui et de sa mère, Guibert de Nogent, auteur contemporain, dans l'histoire de sa propre vie (l. 5, c. i5); et voici comme il le dépeint : a Quoique fort habile dans le métier des >• armes , le comte Jean cultivait néanmoins la paix avec soin , » mais uniquement pour <;on propre intérêt j c.ir , marchant sur i> les traces de ses ancêtres , il causa de grands dommages à » l'église de Soissons. Entre les hauts faits de sa mère, il ne » faut pas omettre qu'elle fit tm jour arracher la langue et les n yeux à un diacre. Voilà ce que lui fit oser un parricide qu'elle 3> avait auparavant commis : je veux parler de la mort de sou ï> frère, qu'elle fit empoisonner parle ministère d'uu juif, pour » avoir le comté de Soissons. Mais la vengeance divine ne laissa « pas ces forfaits impunis ; car le juif périt d'un coup de tonj) nerre , et la comtesse , après avoir bien soupe un jour de car- » naval, fut frappée la nuit d'une paralysie qui lui ôta l'usage » de la parole et la conduisitau tombeau dans l'octave de Pâques,' >) Or , il y eut entre elle et ses deux fils, le comte Jean et l'ëvê- )) que Manassès, je ne dirai pas du refroidissement , mais une i> haine mortelle. Je me souviens qu'aux funérailles de sa mère , » le comte, après m'avoir raconté les traits que je viens de rapi> porter, m'ajouta; Que puis-je donner maintenant pour elle , M puisqu'elle n'a jamais fait aucune aumône de son vivant? » Enfin , le comte , à qui on pouvait dire avec vérité , l'on père » était ylmorrhéen et ta mère Ilélhéenne , non seulement imita » l'un et l'autre, mais les surpassa en méchanceté. Il était si T» porté pour la doctrine perfide des Juifs, que ce que la crainte

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