DES COMTES DE SOISSOKS
» les empêchait de dire coiilre le sauv^eur, il avait la liardiesse » de le profe'rer. Mais pour biea connaître l'extravagance de ses » discours , on n'a qu'à lire le livre que j'ai e'crit contre lui à la j) prière du doyen Bernard. ( C'est son traite' contre les Juifs. ) » Cet homme ne'anmoins , qui se plaisait à e'Iever les Juifs au- » dessus des Chrétiens , e'tait regardé comme un insensé' par • les Juifs même , qui le voyaient pratiquer notre religion tandis M qu'il approuvait la leur. Et certes aux fêtes de Noël , de la V Passion , de Pâques , etc. , il se montrait si de'vot , qu'on » avait peine à se persuader qu'il fut un infidèle». Guibert , après avoir rapporte' ensuite plusieurs traits de son irreligion et •de sa lubricité , finit par dire qu'il mourut comme il avait ve'cu. Sa mort est rapporte'e au 24 septembre dans le ne'crologe de l'eglis* de Soissons. T^îais les anciens monuments ne fournissent aucune lumière sur l'année où elle arriva. Ce qui est certain , c'est que tous les modernes se trompent en la plaçant vers l'an ii5i, puisque Guibert de Nogent mourut luiniême en 1124, et qu'il n'écrivit pas cette année l'histoire de sa vie, d'où nous avons tiré celle du comte Jean. En supposant que cet écrit fut composé vers l'an 1120 ( car ce fut un des derniers de Guibert), ce ne sera pas trop s'éloigner de la vérité que de mettre la mort du comte Jean vers l'an 1 1 18. Son corps fut inhuiûé au prieuré de Coinci , près de l'évèque Manassès, son frère , décédé le premier mars 1 109, (N. S. ) Il avait épousé AoELiiVE , fille de Nevelon , seigneur de Pierrepont, avec laquelle il vécut fort mal. Cette dame, à qui il faisait mille infidélités, ayant été soupçonnée par lui d'user de représailles , offrit de se justifier par le fer chaud , ou par le combat d'un champion qui se battrait pour elle. 11 est parlé de cette affaire dans la lettre cent quatre-vingts d'Ives de Chartres, écriteau comte Jean, pour lui remontrer que la loi de Dieu ne permet pas ces sortes d'épreuves. Ces remontrances firent leur eft'et. Content des offres de son épouse, le comte lui rendit la justice qui lui était due. Adeline lui survécut plusieurs années, On ignore si le comte Jean eut des enfants de son mariage ; mais il est certain , par Albéric , qu'il n'en laissa point.