JEAN DE BOURBON
i547- Jean, cinquième fils de Charles de Bourbon, premier duc de Vendôme , et de Françoise d'Alençon , né au cliàteau de ]a Fère, le 6 juillet i5?.8, succéda, l'an i547 , ^ Marie de Luxembourg, son aïeule, dans le comté de Soissons. Il accompagna le roi Henri 11 dans le voyage qu'il fit sur les frontières d'Allemagne. S'étant jeté dans Metz, l'an i55?, il servit à la défense de cette ville, assiégée par les Impériaux avec les plus
grands efForIs L^an i555 , il fut un des chefs qui commandèrent au siège d'Llpiano dans le Piémont, commencé vers la fia d'août , et achevé par la réduction de la place dans le mois suivant. Il combattit, le lo août iSSy, à la journée de Sainf- Quentin , et y périt d'un coup de pistolet. Il avait épousé, six semaines auparavant, RIarie de Bourbon, duchesse d'Estoutcville, comtesse de Saint- Pol . fille de François de Bourbon T*', comte de Samt-Pol , et d'Adrienne , duchesse d'Estouteville y dont il n'eut point d'enfanis.
LOUIS DE BOURBON
i557» Louis dk Bourbon, I'^'" du nom, prince de Condé, septième tils de Charles de î'ourbon , duc de Vendôme, né à Vendôme , le 7 mai 1 53o , succéda , l'an 1 55? , à Jean , snn frère , dans le comté de Soissous. il fit ses premières armes dans l'expédition du roi Henri II, pour le recouvrement de la ville de Boulogne, qui revint à la France le i3 avril i55o. L'année suivante , il accompagna ce prince dans le voyage qu'il fit sur la frontière d'Alh magne , pour soutenir les princes de l'Empire ligués contre Charles-Quint. A son retour, il se renferma dans Metz avec plusieurs seigneurs , et eut part à la belle défense que fît celle ville contre la puissante armée de l'empereur, qui, étant venu , l'an i55a, l'assiéger en personne, fut obligé d'en lever le siège. L'an i5J5, au mois de juin, il défit une partie des troupes de Philihcri de Savoie , prince de Piémont, avant la réduction de Terouenne. Louis s'étant joint, le 12 août suivant, au connétable de Montmorenci , ils battent, près de la Somme, le duc d'Arschot , qui commandait environ neuf mille liorrmes, et le font prisonnier. L'an i555, au mois de septembre, Louis se signale à l'assaut d'Ulpiano dans le Piémont, et parvient au grade de colonel de la cavalerie légère. Il combattit vaillamment , le 10 août 1557, ^ ^^ bataille de Saint Quentin , et recueillit à la Fère les débris de notre armée. Il Sf^rvit , ilans la campagne suivante , aux sièges de Calais et de Thionvillc. Jusqu'alors il avait fait profession de la religion catholique ; mais, après la mort de Henri II j divers mécontentements, les uns publics, les aulres secrets , le jetèrent dans le parti des Huguenots. On l'accusa d'avoir été le chef muet de la conjuration d'Amboise , et il fut arrêté, pour ce sujet, à Orléans. Il y était en danger de perdre la vie; mais la mort du roi François II changea la face des altiires. Le roi Charles IX, à son avènement au trône , lui rendit la liberté. Condé voulut ensuite être lavé de l'accusation dont on l'avait noirci. La chose fut aisée. Personne n'osant plus se déclarer sa partie, il obtint, le 18 décembre i56o.
Des comtes de soissopsS. 371
ïin jugement de la con- des piirs, qui le de'clarait innocent. Les HLifvuenot-; s'étant révollus en cor^)S pour la première lois , eu i562 , l'tflurent pour leur chef dans une nssembli-e tenue , le 1 1 avril , à Orle'ans. Coiido soutint ce choix par ses vertus guerrières et par sa liaine contre les Guises, les ennemis les plus terribles des Hngnenots , et les objets particuliers de sa jalousie. An mois de juillet, il rcnril Blnis, que le duc de Guise avait enlevé aux Protestants. Mais^ le 19 décembre, il fut battu et fait prisonnier à la batiilie de Dreux. De'livre' de prison par le traite' de paix publié au camp d'Orle'ans le 11 mars 1 563 , il engagea la reine-mère à faire le sie'ge du Havre, occupe' par les Anglais. La valeur et l'habilelè qu'il fit paraître dans cette expe'dition , sous les ordres du counc'table, et en pre'sence du roi, que la reine y avait amené' , contribuèrent le plus à la reddition de la place. L'an 1 5G6 , voyant le conne'tnble dclermine' à se démettre , il ambitionna cette place , mais eut pour concurrent le duc d'.\njou , qui le menaça, s'il continuait d'y penser, de le rendre aussi petit comimgnon qu'il 7)ou^oit faire du ^raiid. (Brantôme.) Ces paroles , suivant l'écrivain qui les rapporte, achevèrent de le précipiter dans la révolte; disposition où l'avait déjà mis la crainte où il était que la reine-mère ne s'entendît avec l'Espagne pour détruire les Huguenots. Ceux-ci, qu'il avait soulevés , forment, en i567, le projet de le faire roi de France. Ce fut dans cette vue qu'ils firent frapper des monnaies, ou, si l'on veut, des médailles, ayant d'un côté la tête du prince de Coudé, et de l'autre, l'écu de France, avec celte inscription :
LuDOVICL'S .\ln , DeI GHATIA FRA^CORUM REX PRIMUS CHRISTIANUS.
Le Blanc ( T'r. hist. des monn. de Fr. ) assure avoir vu une de ces pièces entre les mains d'un orfèvre de Londres. Autre projet du prince de Coudé et de ses partisans, peut-être une suite du précédent. Il concerte avec eux d'enlever le roi sur la route de Monceaux à Pans. La cour, avertie du complot, prend ses mesures pour le faire échouer. Le roi se met en route le 2C) septembre 1567, avant la pointe du jour; et la valeur des Suisses, rangés en bataille autour de sa personne, le sauve des embûches de ses ennemis. Ce coup manqué, le prince tente le blocus de Paris. Le connétable ayant levé une armée, lui présente la bataille , le 10 novembre, dans la plaine de Saint-Denis. Le prince l'accepte , quoiqu'avec des forces très-inégales. Il est battu , mais il se retire sans être poursuivi. Son armée étant presque ruinée , il obtient un renfort du comte palatin du Rhin , et va le joindre sur les confins de la Lorraine , an mois de janvier i5b8. Vers la fin de février, il vient mettre le siège devant Chartres. Le 25 mars, on fait une paix feinte , appelée /« petite paix, à raison de sa courte durée. Le 26 août, le prince et
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l'amiral, informés qu'on veut les enlever dans Noyers, où ilj s'e'taient rencontre's, se sauvent a la R ichellc. Pour faire subsister ses troupes, Louis vend tous les biens ecclésiastiques des pays dont il s'est rendu maître. Cette ressource n'étant point encore suffisante, il obtient de la reine d'Angleterre de l'argent et des munitions de guerre. I^es princes prolestants d'Allemagne viennent à son secours, et Wolfgand, duc des DeuK-Ponts , lui amène, l'an 1669, un corps de troupes. Le i5 mars de la nrième anne'e, Conde' arrive au secours de l'amiral en Poitou. Force' par le duc d'Anjou à donner bataille près de Jarnac en Angoumois , il reçoit avant l'action une blessure conside'rable à la jambe d'uu coup de pied que lui donne le clieval du comte de la Rochefoucauld , n'en combat pas avec moins d'ardeur et de pre'sence d'esprit. Mais , investi par un gros des ennemis , il est obligé de se rendre prisonnier. Le baron de Monlesquiou arrive sur ces entrefaites, et de sang froid lui casse la tète d'un coup de pistolet. Ainsi pe'rit Louis de Conde', dans sa trente-neuvième anne'e , prince à qui la nature , dans un petit corps assez mal fait, avait donné toutes les qualite's qui font les héros. L'ambition et le dépit de se voir contraint de plier sous la maison de Guise, yilutôl que le motif de la religion, le jetèrent dans la révolte , et le livrèrent an parti huguenot • la défiance qu'il conçut de la reine-mère et de ses ennemis toujours puissants , l'y maintint. 11 eut enfin le malheur de mourir les armes à la main conire son roi , après mille belles actions qu'il avait faites avant et durant ces troubles. (Daniel.) 11 avait épousé , 1", le 22 juin i55i, Eléonore ue PiOYE , fille aînée et héritière de Charles, sire de Roye et de Muret, comte de Rouci, et de Madeleine de Mailli, dame de Conti (morte â^Condé en Brie , le 25 juillet i565), dont il eut Henri de Bourbon, prince de Coudé ^ Charles, mort enfant j François, prince de Conti j Charles, cardinal-archevêque de Rouen j et quatre autres enfants morts jeunes. Louis l'' e'pousa en secondes noces, l'an i565, Françoisi: d'Orléans, fille de François d'Orléans , marquis de Rolhelin , qui le fit père de Charles, (jui suit, et de deux autres enfants morts en bas âge, et mourut, le 11 juin 1601 , dans l'hôtel de Soissons à Paris.