GILBERT
975. Gilbert, ou GibLEBERT, fut le successeur de Renaud, sou père, dans le comte' de Rouci , auquel il joignit la seigneurie de Marie. Jl souscrivit , le 2.5 mai 974 , avec l'archevêque Adal- Leron , et les comtes de Re'ihel et de Vermaudois , un diplôme du roi Lothaire , par lequel ce prince défendait à tout comte , vicomte , et autres personnes se'culières , de tenir des plaids dans les de'pendancfs de l'abbaye de Saint-Thierri , voulant que l'exercice de la justice dans ces lieux fût entièrement dans la main de l'abbe' re'gulier , sauf toutefois l'honneur dû à l'arche- ,' vèque de Reims. ( Bouq. , T. IX , p. 655. ) L'an 989, il courut risque de perdre la vie , ainsi que le comle de Soissons , pour s'êlre rendus cautions , l'un et l'autre, de la fide'lite' d'Arnoul , archevêque de Reims , envers Hugues Capet , que ce pre'lat trahit en livrant sa ville au duc Charles, son oncle. Il vivait encore après l'an 990. Nous avons en effet un acte , sans date à la ve'rité , par lequel on voit que Lambert, abbe'de Saint- Vincent de Laon (successeur de Berland , mort au mois de janvier 990), et sa communauté , ayant acquis du chevalier Adou un domaine situé dans le territoire de Chamouille ( terrant in Calmiigîa sitnm ), pour la vie seulement du comte Gilbert , dont il était vassal , le reprirent ensuite de ce même Adon, pour la vie de trois de ses héritiers , après la mort desquels il devait retourner au fief dudit comte Gilbert. (T'flôu/ar. SancU F'inceiitii Laudiin.) Le nécrologe de Saint-Remi de Reims nous apprend que Gilbert fut inhumé le 19 avril. Ce fut proprement le premier laïque qui prit le litre de comte de Reims , depuis l'établissement des fiefs. Il laissa deux fils, Ebles , qui suit , et Létard , seigneur de Marie, père d'Ade , femme d'Lnguerand L' , sire de Couci. Gilbert fut aussi père d'Yvette, ou Jutte, que Marlot fait , sans preuve, femme de Manassès II , comte de Réthel , graud-père de Baudouin du Bourg , roi de Jérusalem.
EBLES I«'.
Eblks P'", fils aîné de Gilbert, lui succéda dans les comtés de Reims et de Rouci avec Béatrix , son épouse , fille de Rainier IV, comte de Hainaut , et d'Hedwige ou Hadwige , sœur (In roi Robert. Albcnc de Trois-Fonlaines dit qu'après la mort d'Arnonl , archevêque de Reims , qu'il place en i025 (d'autres la mettent en 1021 ), Ebles ( étant veuf sans doute) trouva
Tnbyen , tout laïque qu'il était , de lui succe'der, en offrant pour appât aux électeurs la réunion du , comté de Reims à celte église. Baudri , dans la chronique de Cambrai , lui associe pour complice de ses intrigues Adalbcron ou Azzelin , évêque de Laon , le confident de ses secrets , dit-il , et le coopérateur de toutes ses manœuvres, a Ce fut lui ( Adalberon ) , ajoute-t-il , » qui , par ses discours séduisans , fit approuver au roi l'élec- » tion d'un homme qui n'avait aucune règle dans sa conduite, » nulle connoissance des lettres, à l'exception de quelques syl- » logismes , dont il se servoit pour en imposer aux simples et j» aux ignorans. C'étoit néanmoins sous l'apparence d'homme » lettré qu'Ebles visoit depuis long-temp« à cette haute dignité, » fortifiant son espérance par l'argent qu'il tiroit de ses usures , » et qu'il répandoit adroitement pour acquérir des suffrages »é Il dit ensuite que l'évèque de boissons ■, Gui d'Amiens , appelé pour l'ordonner et le sacrer , le refusa! d'abord , et qu'il n'y, consentit à la fin que malgré lui. Il est vrai que Gui témoigna du scrupule d'avoir prêté son muiistère à cette œuvre j mais ce ne fut point pour les causes qu'allègue Baudri. L'unique fondement de sa peine était qu'Ebles, contre les canons, avait été, tiré de l'état laïque. C'est ce que nous apprenons d'une lettre que Fulbert, évèque de Chartres, lui écrivit pour le tranquilliser. « Je ne vois pas , lui dit-il , que vous ayez beaucoup à craindre » pour cette ordination , s'il est vrai , comme la renommée le » publie, que le sujet ait fait profession du christianisme de» M son enfance, qu'il ait le sens droit, qu'il soit versé dans les » saintes lettres, qu'il ait 'toujours été sobre, chaste , ami de » la paix, charitable, qu'il soit d'une réputation saine et entière,, » et qu'enfin il ait été librement élu par le clergé et le peuple » de Reims : car de grands hommes , comme vous le savez fort' » bien, tels qu'Ambroise de Milan, Germain d'Auxerre, et 1» d'autres, après avoir vécu comme celui-ci dans l'éiat laïque, » sont devenus de saints prélats.» Dans le portrait que l'évèque de Chartres fait ici d'Ebles , les couleurs sont bien différentes , comme on le voit , de celles dont Baudri le dépeint. A l'égard de l'année de son ordination , D. Mabillon ( Annal. B. , T. IV, p. 280 ) prouve qu'elle se rapporte à l'an 1021 , par un acte des' chanoines de Reims , daté de l'an io25, la cinquième année de l'épiscopat d'Ebles. L'an 1027, Ebles , le jour de la Pentecôte, couronne le roi Henri I^'' , du vivant de Robert son père. Il finit ses jours le i i mai io53 , selon le nécrologe de Reims et la chronique de Mouson. Il laissa deux filles, Alix, qui suit, et Avoie, mariée à Geofroi , seigneur de Florines et de Rumigni. Marlotet MM. de Sainte-Marthe , pensent que Béatrix , femme d'Ebics, loin d'èlrc morte avaut sou épiscopat , lui survécut, Qfî
384 CHRONOLOGIE HISTORIQOE
épousa en secondes noces Manassès le Chauve , viJame Je Keims , qu'elle fit père d'un fils de même nom que lui, et qui devintarchevêque de Pveims . Mais Fulcoins, sous-diacre de Meaux, qui fit l'épitaphe de la mère de l'archevêque Manassès , nomme Arlélaïde , etnc n Bëalrix, la femme du vidame JVlauassès. {GaU, Chr. , T. IX, coi. 70.)
HILDUiN ET ALIX.
io55. HiLDum , comte de Montdidier , quatrième du nom , seigneur de.Rameru^ d'Arcis et de Breleuil , succéda, du chef d'ALix ou Adélaïde , sa femme , fille aine'e d'Ebles , dans le comîe' de Rouci à l'archevêque Ebles , son beau-père. L'an 1069, il assista , le 25 mai, au couronnement du roi Philippe I"'. On ne sait point d'autres e've'uements de sa vie , sinon qu'il fonda le prieure' de Rouci, en 1060, pour l'abbaye de Marmoutier. Le père Anselme , d'après Marlot , met sa mort vers l'an io65. De son mariage il laissa Ebles , qui suit ; André' , seigneur de Rameru j Félicie , femme de Sanche I"^» , roi d'Aragon ; Béatrix , marie'e à Geofroi II, comte du Perche; Marguerite, femme de Hugues, comte de Clermont en Beauvaisis; Hermentrude , dite Heliardepar un autre écrivain , quatrième fille d'Hilduin, e'pousa Thibaut , comte de Rcsnel ; la cinquième , nomme'e Ade , fut mariée, 1" à Godefroi , seigneur de Guise, 2° à Wautier de Aath, 5° à Thierri d'Avesnes ; la sixième, appelée Adèle, épousa, suivant Heriman de Laon , Ernulphe , comte de Waren ; la septième , Adélaïde , fut recherchée par Falcoii , ou Faucon , fils de Renaud I^^ , comte de Bourgogne, et refusée par son pèrcj qui avait juré de ne jamais avoir pour gendre un Bourguignon. Or, il arriva, dit un écrivain du douzième siècle , que le roi Philippe I*"" envoya en ambassade à Rome le comte Hilduin avec Helinand , évêque de Laon. Falcon les ayant épiés à leur retour, comme ils traversaient le comté de Bourgogne , où il possédait la terre de Serre , près de Besançon , les arrêta et les retint prisonniers jusqu'à ce qu'Hilduiu eîit promis de lui donner sa fille en mariage. Alors il les relâcha, les combla d'honneurs, et les renvoya chargés de présents. Hilduin, rendu chez lui, fit partir sa fille pour aller épouser Falcon, et de ce mariage vint, en- Ir'autres enfants, Barlhélcmi, évêque de Laon. ( Heriman , ifs Mirac B. M. Laudun. p. 629. )
EBLES IL
10G5 oa environ. Ebles II , successeur d'Hilduin , son père , dans les comtés de Rouci et de Montdidier, marcha plusieurs foi*