DES PRINCES DE SEDAN , PUIS DUCS DE BOUIIXON. OOC
après la ba'aille de Contras , où il â'et^it distingué , l'armée du roi de Navarre contre celle des liEçueurs. Mais se voyant abajidonne'des Suisses, qui firent leur paix sur la fin d'octobre avec le roi Plenri III , et ensuite p^ir les Pieitres , qui s'en retournèrent en Allemagne , il se retira Iiii-m-^me à Gonève, oii il mourut de maladie ou de cha^^riu le i®' janvier i58S, sans avoir e'te' marie'. Par son testament , lait le •j.y de'cembre , il institua Charlotte , "sa sœur, qui suit , son he'ritière en tous ses biens , spe'cialement en ses (erres et seigneuries souveraines de Bouillon , Sedan , Jamets et Rnucourt , lui substituant, au cas qu'elle mourût sans enfants , François de Bourbon, duc de Montpensier , son oncle maternel.
CHARLOTTE DE LA MARCK, et HENRI DE LA TOUR.
i588. Charlotte de i,a Marck , née le 5 novembre i574 » he'rita de tous les biens de Guillainne Robert , son frère. L'an iS^ijclle e'pousa, le i5 octobre, Henri de la Tour d'Auvergixe, vicomte de Turenne , fils de François III de la Tour , vicomte de Turenne , etd'Eléonore de Monlmorenci. Ce fut le roi Henri IV, qui fit cette alliance par inclination pour Henri de la Tour. Il se rendit même à Sedan pour assister au mariage. Ce prince s'e'tant retire' après avoir vu coucliei- la marie'e , et le vicomte l'ayant conduit à son appartement, lui dit: t Sire, votre majesté m'a )) fait aujourd'hui beaucoup d'honneur ; je veux lui en te'moigncr » ma reconnaissance : je la prie de m'excuser et de n'être pss )> inquiète si je ne couche sous le même toit pour veiller à la sù- » retc' de sa personne ; j'y ai mis bon ordre ». Le roi lui demanda de quoi il s'agissait. « Sire , lui repondit-il , vous le sau- » rez demain matin-, je n'ai pas le tems de vous le dire ». Il part aussitôt avec un corps de troupes qu'il avait pre'paré, se rend maître de la ville de Stcnai , et vient en apporter la nouvelle au roi à son lever, n Ventre- saint-gris , lui dit ce prince, je ferais )) souvent de semblables mariages , et je serais bientôt maître de )> mon royaume si les nouveaux maries me faisaient de pareils » pre'sents de noces. Mais en attendant allons à nos affaires ». Aussitôt il monte à cheval , se met à la tèle de ses troupes , et va faire le sie'ge de Rouen. ( Vie de Henri IV.) Charlotte apporta en dot à sou époux les souverainetés de Sedan et de Raucourt, avec ses droits sur le duché de Bouillon. Le roi, l'an i5q2, le 9 mars , honora du bâton de maréchal Henri de la Tour ; et depuis ce tems il fut appelé le maréchal-duc de Bouillon. L'an 1695 , il défit, le 14 octobre, près de Beaumont en Argonne, le duc de Lorraine, et reçut dans le combat deux coups d'épée,
5ld émiONOLOGIE HISTORIQUE
dont il fut légèrement blesse'. Il prit ensuite Dun-sur-Meusey se trouva au sie'ge de Laou en i594 > et se rendit maître d'Yvoi et d'autres places. Il jierdit, le i5 mai i5g4, Cliarlottc, sa femme, sans en avoir eu d'enfants. Par son testament, fait le lo avril préce'dent , elle avait doime' à son c'poux les terres souveraines de Bouillon , Sedan , Raucnurt , ei autres qu'elle posse'dait au paj'S de droit écrit, laissant toutes celles qu'elle posse'dait en France au comte de Maulevrier , son oncle. Cette donation souffrit de grandes difllculte's de la part du duc de Montpensier et du comte de Maulevrier. Le premier revendiquaitla successionde Charlotte en vertu de la substitution faite à son profit par le testament du duc Guillaume Robert. Le second prétendait, comme le plus proche du satig, devoir succe'der à tous les biens de sa nièce. Henri de la Tour transigea , le 24 octobre 1594, avec le duc de Montpensier, qui renonça au be'ne'fîce de la subsiitution moyen-^ nant des terres que Henri lui céda de son patrimoine en Auvergne. Cette transaction fut suivie d'urie autre du 25 août 1601 , entre le duc de Bouillon et le comte de Maulevrier , lequel, au moyen d'une pension de 5o mille livres (i ) que lui assura le duc, transporta à celui-ci tous ses droits sur le duché' de Bouillon et les souverainele's de Sedan et de Raucourt. Le roi Henri IV e'tait intervenu dans la première de ces deux transactions, et s'y e'tait de'sisté de toutes les prétentions qu'il pouvait avoir sur la souveraineté de Bouillon. Il avait aussi favorise' la seconde. Mais la conduite que Henri de la Tour tint depuis, ne re'pondit pas aux bonte's de ce prince à sou e'gard. L'an 1602, il fut violemment soupçonne' d'avoir trempé dans la conspiration du maréchal de Biron, et d'avoir excite' des mouvements dans le royaume. Henri IV eut avec lui des explicatious très-vives sur ce sujetà Blois et à Poitiers. Le peu de respect et de soumission qu'il montra pour lors au roi , confirma sa majesté' dans ses soupçons j et le voyage que le duc lit peu de tcms après dans le Limousin , où e'tait le foyer des conspirations, acheva d'irriter Henri IV. Ce monarque cependant, qui ne pouvait s'empêcher de l'aimer malgré ses e'carts , voulut bien encore le faire inviter à la cour, avec promesse de l'e'couter dans ses justifications s'il en avait à produire, ou de lui pardonner s'il faisait l'aveu de ses torts. Le ma-
(1) L'argent monnayé , c'cst-a-tllrc !c quart d'('cn , était h 1 1 deniers d'aloi, et delà tailh' de ïT» un cinquième au m^irc , qui valait 18 liv. 18 sous; ainsi 5o, 00(» liv. font 2645 marcs 4 onces 19, grains, qui , ;i 4f) l'^'- ' 1 sous 1 1 ilcn. einq sixièmes le raarc, produiraient, aujourd'hui 179, G.j6 liv. 16 sous 3 dcu.
DES PRINCES DE SEDAN, PC iS DUCS DE BOUILLON. Si f
recbal-duc , au lieu de se rendre à une invitation si ge'ne'reuse « porta ridiculement sa cause à la chambre de Castres , tribunal e'tabli pour les protestants, mais incompe'tent dans l'affaire dont il s'agissait Après quoi , ne voyant plus de sûreté' pour lui dans le royaume , il prit la fuite au commencement de l'an i6o5 , et se relira d'abord n Genève : de là il passa chez l'électeur palatiu Frédéric IV , sous prétexte de rendre visile à l'èlcctrice, sa bellesœur, qu'il n'avait jamais vue. Fre'de'ric e'crivit en sa faveur au roi , qui , par sa réponse du ty mars , promit d'oublier le passé , pourvu , disait-il , cjue dans deux mois il se rende à la cour pour répondre devant tious aux accusations intentées contre Uiy\ Il iTij a personne , ajoutail-il, qui s^intéresse plus à sa gloire que moj, et qui soit plus disposé à défendre son innocence contre les calomnies de ses ennemis. Mais le duc ne déféra point à ces ordres , disant qu'il ne voulait point se livrer à la merci de ses ennemis , qui pn-vaudraient aisément sur l'esprit du roi. Il continua de résider à Hcidriberg. Son séjour y fut d'environ trois ans , pendant lesquels l'électeur et les autres princes protestants d'Allemagne , de concert avec ses amis de France et ses parents, ne cessèrent de travaillera sa réconciliation avec le roi. Elle ne dépendait en quelque sorte que de lui-même ; Henri IV n'attendait que sa soumission pour lui pardonner. Il obtint enfin ce qu'il désirait et qu'il avait droit d'attendre. Le duc vint le trouver le G avril 1608 S'élant jeté à ses ])ieds , il lui remit sa principauté de Sedan. Henri IV n'eut pas de peine à lui pardonner, et lui rendit même Sedan au bout d'un mois. Mais depuis ce tems , prévoyant mieux qu'auparavant F.ibus qu'il pouvait faire de ses grands talents , le roi fut toujours soigneux de le tenir (en bride. Après la mort de Henri IV , le maréchal de Bouillon s'occupa des moyens de se rendre nécessaire, et donna de l'ombrage à la régente. Cette princesse le lit rechercher et lui donna de l'emploi, mais pas assez , ou de trop peu d'importance , au gré de son ambition. De retour d'une ambassade extraordinaire dont il avait été chargé pour l'Angleterre, il forma un parti de mécontents, sous prétexte du mauvais gouvernement de l'état. Il ménagea cette affaire avec tant de dextérité , qu'il en fut toujours le maitre et le médiateur. Il fut l'ennemi du maréchal d'Ancre , parce qu'il le trouvait trop puissant, travailla long-tems à sa ruine, et à la fin y réussit. La révolution arrivée dans le ministère n'ayant point rempli ses espérances , il se tourna du côté de la reine-mère, arrêtée à Biois , et la fit résoudre à se servir du duc d'Epernon pour sortir de captivité. Il roulait d'autres projets dans sa tète, lorsou'il fut attaqué à Sedan d'une maladie qui l'emporta , le aS mars de l'aa i6a5 , à l'âge de soixante-sept ans et demi. Après la mort de Charlotte, sa première lemme, il avait épousé en secondes noces,
5 12 CHRONOLOGIE HiSTORlOtE
par contrat du 16 avril 1695 . Isabelle de Nassau, fille puînée de Guillaume , prince d'Orange ( morte en 1640, ) , dont il eut Fréde'ric-Maurice , qui suit • Henri , dit le vicomte de Turenne , ne' le il septembre 1611 , le lit-ros de son siècle (1)5 Marie , femme de Henri de la Tre'nioille , duc de Thouars j et d'autres enfants. ( P^oj-. Henri de la Tour, vicomte de Turenne.