‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 187 sur 299 · FREDERIC-MAURICE DE LA TOUR · texte numérisé non relu

FREDERIC-MAURICE DE LA TOUR

1620. Frédéric-Maurice de la Tour, ne' à Sedan le 2.1 octobre i6o5 , fils aine' do Henri de la Tour et son successeur au duché de Bouillon, principautés de Sedau , Jamets et Raucourt j vicomte de Turenne , comte de Montfort, etc. , fît ses premières armes sous Maurice et Heuri-Fréde'ric de Nassau, priuces d'Orange, ses oncles maternels. Itmarcba sur les traces de ces grands capitaines , et acquit en peu de tems une grande re'putation. 11 contribua, l'an 1629, à la prise de Bois-le-Duc, et en i652 , à celle de Maèstricht, dont il tut e'tabli gouverneur II de'fendlt cette place en i654 contre les forces re'unies de l'Empire et de l'Espagne. L'année suivante, LouisXHI, ayant envoyé unC/puissantc armée dans le Brabant , donna le commandement de la cavalerie au duc de Bouillon. L'an lëSy, il lit profession de la relig'oa catholique. Vers le môme tems il donna retraite dans Sedan au comte de Soissons , à qui le roi permit d'y rester l'espace de quatre ans. Il embrassa, l'an 1641 , le parti de ce comte , déterminé A faire la guerre à la France pour contraindre le roi à renvoyer son ininistre.il commanda avec lui à la bataille de laMarfée, donnée le 6 juillet de cette année ^ et retint sous ses drapeaux la victoire prête à échapper après la mort de ce prince. Mais peu de tems aprcs il rentra au service de Louis XHl , qui le lit lieutenant-général de l'armée d'Italie. Il partit au mois de janvier 1642 ; mais, accusé d'avoir trempé dans la conspiration de Cinq-Mars, il fut arrête, le 2D juin, parle comte du Plessis-Praslin dans Casai, d'où il fut ensuite transféré au château de Pierre-Encise. Au mois de septembre suivant^ apprenant la condamnation de Cinq-Mars, et craignant un semblable sort pour lui-même , il lit oftVir au roi sa principauté de Sedan et celle de Raucourt , par une lettre qu'il écrivit au cardinal de Richelieu , qui était pour lors à Lyon. Richelieu, en quittant cette ville , le 12 septembre, jour de l'exécution de Cinq-Mars, laissa l'abbé Mazarin pour traiter avec le duc. L'accommodement fut conclu en trois jours. Mazaiin partit ensuite pour aller au nom du roi prendre possession de Sedan , qui lui fut livré, le 29 septembre , par la duchesse, après quoi

DMS Pr.iNCES Dîi SEDAN , PUiS DLCS Dl. tiOUILLOiN* ù ï :y

elle se retira avec ses enfants à Turcnnc. Le duc obtint des lettres d'abolition le même jour ou le lendemain ; et, le 4 octobre siuvant, il sortit de prison avec espe'rance de rentrer dans Sedan sou,, un autre ministère. Il tenta en elfet, après la mort de Louis XUÎ, de recouvrer cette principauté' par la voie de la ne'gociation ; mais le cardinal Mazaiin s'y opposa, et la reine revente, quoique fortement sollicile'e, fut inflexible à cet e'gard. On ne refusa cependant point au duc les dédommagements qu'on lui avait pmiTus ; mais il furent remis à un autre tems. L'an i644' il se retiia me'content de la cour, et passa en Italie au service du pape, dont il commanda les troupes. De retour en France , il se jeta dans le parti des princes pendant les troubles de Paris et de Bordeaux. Enfin, le lOmars )65i, il fit son accommodement avec U; cour Ce fut alors que, par traite' d'ëohangen }, !e roi lui donna les comle's d'Auvergne, d'EvreuK, les duchés de Château-Thierri et d'A.lbret, avec d'autres terres d'un revenu considérable, pour la proprie'le' de Sedan. (Voy. fa fin de l' article des comtes d^ Auvergne. ) Il obtint aussi rang Je prince c'traogcr à la cour tant pour lui que pour sa poslc'ritè. Le duc de Bouillon mourut à Pontoise le C) août de l'anuëe suivante , « au moment , dit l'au- « teur des mémoires de la princesse Palatine, 011 il allait remplir » la place de surintendant des iiiiances. Le cardinal ( Mazarin ), n ajoute-t-il, n'en avoit aucun ombrage j mais un espritaussi su- » përieur que celui du duc de Bouillon , dans un poste qui lui eût » dotme' autant d'autorité, joint à l'éclat de son nom et à sea' » prétentions, ne pouvoit que préparer au ministre beaucoup I) d'embarras. » Ce prince fut enterré à l'abbaye de Sainl-Tauria d'Evreux. 11 avait renouvelé , dès l'an 1640, le procès contre l'église et les états de Liège , touchant la propriété du duché de Bouillon et les créances qu'il avait à exercer contre elle et les états du pays. Enfin , le 5 septembre de l'an 1641, on fit sur le second point une transaction par laquelle ou réduisit toutes ce» créances à la somme de i5o,ooo florins. C'est sur ce seul objet que porte l'acte, parce que l'évèque de Liège, ni les états ne voulurent entrer dans aucune explication sur le premier point concernant la propriété du duché. Frédéric-Maurire avait épousé, l'an 1654, Exjsaueth-Febf.onie , fille de Frédéric, comte de

(0 !\I- Expilli prétend <\nc cet t'chnnge avait c'tû conclu dès l'an 1642 , mai» que le contrat n'en fut signe <ju'en iG5i. 11 y est dit qne les teneA d'Alhtet et de Château- Ihiei ri pasièretit entre ies mains du seigneur de Bouillon e/

de sesf àescendans ntdles et feuielles at'ec tous les litres el dignités

pour ài^oir leur eJJ'et du jour de leurs premières tréalions.

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