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HILDUIN

H11.DU11V , ou Haudouix , appelé aussi Gilduin, et Guimw , fils aine de Guillaume , devint son successeur au comté de iMontreuil. Il ajouta à cet héritage, suivant M. Carlier , les comtés de Bï€teuil et deClermont en Beauvaisis ; ce qui n'est point prouvé. L'an 981 , le 3 juin , il était dans la compagnie de Hugues Capet

Ù22 CHRONOLOGIE niSTOlUQUE

lorsqu'il reçut les corps de saint Valeri et do saint Riquici*. Hugues les avait retire'a des mains d'Aï noul II, comte de Flandre, qui les avait emportes , l'an 94^, après avoir fait la conquête du Ponthieu. On ne connaît point d'époque plus re'centc de la vie d'Hilduin. Il laissa de N... , sa femme, deux fils , Hugues , qui suit, et Hilduin , ou Haudouin , seigneur de Rameru, de Breteuil et de Nanteuil , qui de son nom fut appelé' Nanteuil-Haudouin. •

HUGUES I«'

Hugues l", successeur d'Hilduin, son père, au comte' deMontreuil , mérita, par son attachement et ses services, l'estime et la confiance de Hugues Capet. Ce prince n'étant encore que comte de Paris et duc de France , lui Ht épouser Gicelle, sa fille et lui donna le gouvernement du château qu'il avait fait construire à Abbeville , après avoir retiré ce lieu des mains des religieux de Saint-Riquier. Hugues I''^', suivant Hariulfe , porta toujours I0 litre d'avoué de Saint-Riquier ( parce que Hugues Capet l'avait établi défenseur de celte abbaye ) , sans jamais prendre celui de comte. Il Istendit encore soi> domaine par la conquête qu'il fit d'Encre et de Dommart , où il fit bâtir des forteresses. La chronique de Saint-Riquier ajoute qu'il subjugua tous les seigneurs des environs qui n'avaient point de châteaux pour se défendre , et s'empara ainsi de toute la province. On ignore l'année de sa mort. Herbert , moine de Lihons en Santerre , dit qu'ayant surpris Giselle , sa femme, en adultère avec Gothelon , seigneur de Gonnicourt et de Gonnelieu , chevalier vaillant , de belle taille et d'une figure agréable , il se saisit de son épée et lui en perça le cœur. Il ajoute qvie la comtesse voulut s Cvcuser en alléguant la violence que Gothelon lui avait faite , mais que ce fut en vain » et que son mari la fit mourir quelque lems après de poison. Quoi qu'il en soit, il laissa de son mariage Euguerand , qui suit , et Gui, abbé de Foresl-Moutiers.

EjNGUERAND I".

Enguerand P', nommé Isambart par le continuateur de l'histoire deBede , fils aîné de Hugues, et son successeur , ne porta au commencement que le titre d'avoué de Saint-Riquier, comme son père. Etant entré en guerre , l'an io35j avec Baudouin , comte de Boulogne, il le tua, s'empara duBoulonais , épousa la veuve du défunt, Adélaïde m. Gand, et prit alors le titre de comte de Ponthieu. Du tems de Robert I*"" , duc de Normandie y dit Orderic Vital, c'est-à-dire, entre l'an 1028 et l'an io55, Gilbert, comlede Brionue (petit-fils du duc RicliiU'd 1") s'avisa 4

faire une expédition dans le Vimeu à la tète de trois mille hommes. Mais il fut, ajoute-t-il, si bien accueilli parle comte Enguevand, qu'il ne ramena qu'une très-petite partie de sa troupe, et même toute couverte de blessures, le reste ayant e'te' pris ou tue dans le combat qu'Euguerand lui livra. Ce fut en celte occasion qu'Herlum, chevalier tiormand, e'tant en risque de perdre la vie, fit vœu , s'il e'chappait au danger, de renoncer au monde et de se retirer dans un monastère j ce qu'il exécuta en faisant bàlir le ce'lèbre monastère du Bec , dont il fut le premier abbe'. Gilbert Cre'piuj dans la vit d'Herluin , a touche' quelque chose de cette guerre 5 mais il ne dit pas qu'elle se fit dans le Vimeu , ni même qu'elle ait occasione' la conversion d'Herluin.

L'an 1044? Henri I"' , roi de France, e'tant venu dans le Ponthieu, Enguerand obtint de lui l'abbaye de Saint-Riquier pour Foulques , son fils, moine de ce lieu, du vivant et à l'insu de j'abbe' Angeham qui e'tait paralytique. Angelram fut très-me'content qu'on disposât ainsi de son abbaye sans son aveu. S'e'tanl fait transporter auprès du roi, il fit tant par ses remontrances, qu'il l'engagea à re'voquer cette concession ille'gitime. Le comte Enguerand vivait encore à la fin de l'an io45, puisque dans la chronique d'Hariulfe, il est dit qu'après la mort d'Angelram , arrive'e le 9 de'cembre de cette anue'e , il fit nommer Foulques , son fils , à l'abbaye de Forest-Moutiers. Outre ce fils, il laissa Hugues , qui suit, et Gui, successeur de Foulques II , e'vêque d'Amiens.

HUGUES IL

1046. Hugues H, successeur d'Enguerand , son père, au comte' de Ponthieu, termina ses jours le 20 novembre loS?. , et fut enterre' dans l'e'glise de Saint-Riquier, à laquelle il avait fait du bien. Il laissa deux fils , Enguerand et Gui , qui suivent , avec une fille , N... , marie'e à Guillaume de Talou , comte d'Arqués , fils puîné de Richard II, duc de Normandie.

ENGUERAND II.

io52. Enguerand II succe'da à Hugues, son père, dans le comte de Ponthieu; mais ce fut pour peu de tems. L'an io55 , Guillaume de Talou s'e'lant soulevé contre Guillaume le Bâtard , duc de Normandie, son neveu , celui-ci vint l'assiéger dans son château d'Arqués , où il s'était fortifié. Enguerand ne crut pas devoir manquer au premier dans cette occasion périlleuse. Il engagea le roi de France ( Henri I*' ) à venir à son secours. Mais s'éant avancé lui-même inconsidérément avec ses gens pour entrer dans la place, il fut vivement attaqué parles troupes du duc.

524 CHRONOLOGIE HlSTOP.tOtTE

qui le renversèrent mort et firent prisonnier Hugues Bardouî, seigneur de Pitiviers en Beauce , l'un des plus vaillants hommes du royaume. Cet ëchec fit prendre au roi le parti de la retraite. Guillaume de Talon , re'duit à ses propres forces trop ine'gaies contre celles de son neveu, rendit la place, et alla chercher avec sa femme un asile auprès d'Eustache , comte de Boulogne , où il finit ses jours, de'pouille' de tous ses domaines. Un ancien auteur, parlant du comte Enguerand , dit qu'il e'tait également ce'lèbre par sa valeur et sa noblesse: Nobilitale nolus ac fortitudlne. ( Apud Chesii. Script. Norm. , p. i85.) Orderic Vital l'appelle aussi un rude chevalier, Miles asperrimus.

GUI I*»

io55. Gui 1°»", frère et successeur d'Enguerand II , voulant venger sa mort, entra, l'an io54» dans la ligue du roi Henri et de Geofroi Martel contre le duc de Normandie. Il s'en trouva mal.L'anne'e suivante, il fut pris au combat de Mortemer, donne' avant le carême , et conduit prisonnier à Bayeux. La paix ayant été' faite l'an io56, il recouvra sa liberté' avec son patrimoine , après avoir fait hommage au duc de Normandie , et s'être engagé à marcher tous les ans à son service , lorsqu'il l'ordonnerait, à ]a tète de cent chevaliers. Le duc, en le renvoyant, le combla niême de pre'sents pour gage de son amitié' et pour me'riter la sienne. (Orderic Vital , 1. VIL ) L'an 1069, ^"^ assista , le 23 mai , au sacre du roi Philippe I^' . L'anne'e suivante , il souscrivit la charte de la fondation du monastère de Saint-Martin des Champs , faite par le roi Henri. Ce fut un des courtisans les plus assidus à la cour du roi Philippe, comme le prouvent un grand nombre de diplômes de ce prince , qu'il souscrivit.

L'an 1 062 , Harald , fils de Godwin , comte de Kent et beaufrère de saint Edouard , roi d'Angleterre, s'e'tant embarque' pour se rendre à la cour de Guillaume le Bâtard , duc de Normandie , dans la vue, dit Walter d'Hemingfort , d'en retirer son frère et son neveu , qui étaient en otage chez ce prince, fut jeté' par la tempête sur les côtes de Ponthieu , où il e'clioua. Arrive' à terre , les sujets de Gui l'arrêtèrent et le menèrent à leur seigneur, qui le retint prisonnier et le mit aux fers. Car telle éloit la coutume barbare du Ponthieu , dit Guillaume de Malmesburi , {jue ceux (jui avoient évité le naufrage sur ses côtes, se t rouiraient exposés à un nouveau danger sur ses terres. Du reste , cet usage qu'on appelait droit de Lagan , jus Lagani , viéiaM point particulier au Ponthieu. Depuis l'embouchure de la Somme jusqu'à celle du Rhin, tous les seigneurs e'iaient en possession de saisir et de s'approprier les hommes cl les effets des vaisseaux qui venaient échouer

sur leurs cotes. ( Du Cange, Gloss. voce Lagan. ) Mais Harald ayant trouve moyen d'informer de sone'tat le duc de Normandie, celui-ci le redemanda impérieusement à Gui, qui le lui amena dans la ville d'Eu. Le duc , pour le dédommager de la rançon qu'il comptait extorquer d'Harald , lui donna une belle terre sur la xivière d'Eaune au pays de Caux. Du reste, Gui fut un prince équitable et bienfaisant envers ses sujets. Il abolit, en 1074 » plusieurs des mauvaises coutumes que ses pre'décesseurs avaient établies à leur profit dans le Pontbieu. Il fonda, l'an loyS , le prieuré de Saint-Pierre d'Abbcville. L'an 1077, après que Simon, comte de Valois, du Vexin et d'Amiens, eut renoncé au monde pour se retirer à l'abbaye de Saint-Claude , Gui s'empara , dit-on, d'une partie du comté d'Amiens par droit de bienséance ; car on ne voit pas qu'il eu ail eu d'autres. ( Voyez les comtes de Valois. )

L'an 1097 ou environ, Gui fit la cére'monie , le samedi après la Pentecôte , d'armer chevalier , dans Abbeville , le prince Louis , fils du roi Philippe I". C'est ce qu'il nous apprend luimême dans une lettre qu'il écrivit à Lambert , évêque d'Arras , pour l'inviter à celte fête. (Baluze, Miscel. , T. V, p. 3io.) Gui avait donné, on ne sait en quelle année , à l'abbaye de Saint-Josse , patron du Pontbieu , pour obtenir du ciel la conservation de sa fille Agnès , ires aquatias , trois marées , une à Etaples et deux à Vaben. ( On entend ici par aquatias , que nous rendons par marées , le droit de pêcher le poisson que chaque marée amène sur h cote. ) A ce don, par une charte de l'an 1100, Gui ajouta cinq autres marées à Vaben. Vers le même tems , il donna une autre charte pour affranchir , envers lui et se.s successeurs , de toute servitude les étrangers établis ou qui s'établiraient au village de Rue , dépendant de cette abbaye. ( Cartul. S. Judoci. ) Malbranq place la mort du comte Gui au i5 octobre de l'an 11 01 ; mais du Cange, convenant du jour, prétend que cet événement est de l'année précédente , attendu que Robert, gendre de Gui, se trouve qualifié comte de Pontbieu au mois de septembre 1 loi. Ade , sa femme , morte avant lui, ne laissa que la fille dont on vient de parler. Un fils qu'il avait eu d'elle, nommé Ives , et qu'il s'était associé dans le gouvernement, ne lui survécut pas. Nous ne devons point finir l'article de Gui sans éclaircir une difliculté qui se rencontre à son sujet dans le nécrologe de l'église d'Amiens. On y lit que Gui , fils du comte Enguerand I", évêque d'Amiens , décédé ^ suivant Hariulfe, l'an 1074, devint comte de Pontbieu par droit de succession. XI Cal. Decernb. , porte-t-il , obilus Guîdonis hujus Ecclesiœ prœsulis egregii.... cui ciim obvenisset jure hœrediiario Comiiatus Pontiyi , dédit Capitula hujus Ecclesiœ XI t

V7olendina , etc. Il y a apparence , suivant la remarque de M. du Cange , que celui qui a dressé ce uécrologe , ayant su que,du terns de Gui , e'vêque d'Amiens , il y avait eu un Gui , comte de Ponlhieu, aura confondu l'un avec l'autre d'autant plus aise'ment qu'ils e'iaient de la même famille. On voit encore aujourd'hui le tombeau du comte Gui dans l'e'glise de Saint-Pierre d'Abbeville.

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