BARONS, PUIS DUCS DE MONTMORENCI
ItXontmobenci {Mons Morenciacus , Morts l^forenciiis et Jifonniorencinm) , dont on a vainement cherclie jusqu'ici l'etyinolopie , ville de l'Ile de France , sitne'e sur une colline audessus d'une grande et fertile vallée, à deux lieues nord de 6aint- Denis et trois lieues et df-mic de Paris, a donne' le nom à l'une des plus anciennes et des plus illustres maisons qui s'est perpe'tuée glorieusement jusqu'à nos jours (i). On a supplée' dans cette Chronologie à ce qui man([uait dans l'ancienne édition , pour compléter l'iiistoire ge'ne'alogiquc de la maison de Mout-
(i) La terre de Montmorenci n'est point un fief nionvanr de l'cvèque de Paris, comme qnc!ijuus-uns l'ont a^a^^^• , niiiis du roi, î» cause du Chàteoc de Paris. Sauvai fait mention de l'hoiumage que lui en fît Guillaiiiiie de Montmorenci, le -iS octobre \^']'i- « Voici, dit M. le Beuf, une obseivaiion tin'e j> -d'un manuscrit de 400 ans , couwrixaul Moatmounci et la coutume qui s'y
2 CHROÎ^OLOGIE HISTORIQUE
morenci. Le public nous saura gré, sans doute, d'avoir re'uni dans cet ouvrage toutes les branches de cette puissaule maison., à laquelle se rattachent les plus grands souvenirs.
BOUCHARD I"
Bouchard I" est le plus ancien proprie'faire de la baronnie de Monlmorenci que l'on connaisse avec certitude. Ce n'e'tait rien moins qu'un homme nouveau. Il était chevalier ( miles) , fils du duc Albe'ric , et frère de Thibaut , seigneur d'un lieu nomme' en latin Centumliœ (peut-être Colombe). Sa mère était sœur d'Edred , roi d'Angleterre; et sa femme Hildegakde e'tait , suivant du Chesne , fille de Thibaut le Tricheur, comte de Blois : ■ce dernier point n'est pas ne'anmoins prouve'. -Ayant fait un voyage eu Anglelerre, il en rapporta le corps de saint Pavace , confesseur, et fut accompagne, à son retour, d'un certain nombre de moines de Persora , dans le Worchcstershire , que le roi, son oncle, avuncuîus ejiis , lui avait permis d'emmener avec lui. Arrive en France, il obtint du roi Lothaire , l'an qSS, à la demande d'Hiideman, archevêque de Sens, la permission de construire un monastère dans sa terre de Brai-sur Seine , pour y placer la relique qu'il avait apportée et les moines qui l'avaient suivi. Le lieu de Brai , villa Brajacus , et deux moulins près de Montmorenci, avec plusieurs familles de serfs, furent les premiers fonds dont il dota le nouveau monastère. Tout cela est clairement e'nonce' dans le diplôme que Lothaire accorda pour cet établissement. On voit par cet acte (i) , auquel on n'a
>» observait ylors sur les fiefs » : Les Fiez àe fa chnslelienie de Montmorency ne sont pas de la condition des fiez de la vicomte de Paris , comment qiia ladicte cJtusielienie soit enclose en ladicte vicomte ; et se goiiç'erncnt les /iei de ladicte chastellenie yar telle couslumt que l'aisné garantit Le puisné , se il relient en domaine de son fié jusqu'à soixante soudées de terre. (^Ilist. Eccl. rfe Pam,T. 111, p. 383.)
(i) Ce diplôme inériie d'clre mis sous les yenx de nos lecteurs. Lotliarius D t». Irancoiumrex. Notuiu fieri vohiraus fîdelibus nosiris quod Burch:irdus niilt'S, (ilius Albeiici Ducis , adiit screBitatem nostratn obsccrans ut quoàdam monasttriuui auod ipse consiiinerat, du conscn.sn Hildcgardis nxoris cjus et do cousilio Tneobalili duiiiini de Ccctuiiiliis fratris tjus, super Sc"quan;im fluviuiH piopè Biaiacuiu in lionore doniini Salvatoris , ad coHocaiidnrn , servaiidum et colendum corpora Sanctoruin Paierni Martyris et Favatii conf'cssoris, quod uliinivun corpus tx Auglia atiulit cuai aliqniljn> religiosis quos avuiiculus tjus rex ilidrcdus ci dcdcriu de Cœnobio de Persora ui siabilirentur et servirent. Dec iti dicio nionasiciio sub professione rcgul:e S. Bencdicii, et Hos irj perpeiuum slabile et linnuin iorc coaccderemus , et ûosliic iiiajestaiis