HENRI I
1096 au plus lot. Henri î", fils de Guillaume II, et son successeur après sa disgrâce, fut rn des seigneurs normands qui, ne pouvant souffrir la vie dissolue du duc Robert , appelèrent , l'an J i 04 , en Kormasdie, le roi Henri, son frère. (Ordèr. Vit., L. II, p. 814. ) Il combattit pour ce dernier, l'an 1106, à la journe'e de Tincliebrai , où le duc fut fait prisonnier. Dans la suite , il épousa les inte'iô-ts de Guillaume Clilon , fils de l'infortune' duc , et fit une ligue en s?, faveur avec les comtes de Flandre et d'Anmale, Eust?che de Breteuil, Hugues de Gournai , Richer de l'Aigle, Robert de L'^eubour^; et d'autres seigneurs. Mais le prudent roi d'Angleterre , dit Ordëric "Vital , averti à propos de l'orage qui le menarait, trouva moyen, l'an 1 118, défaire arrêter dans Rouen le comte d'Hu avec Hugues de Gournai , et ne leur rendit la liberté' qu'après les cvoir oblige's de lui livrer leurs cliâîeaux pour gage de leur fide'lite'. L'année suivante , le comte d'Eu combattît , le 20 d'août , sous les enseignes de ce prince à la journe'e de Brenneville , où les Français furent battus.) Orde'r. Vit. , L . 1 2 , p. 855. ) Au mois suivant , il eut encore part à celle d'Andeli , qui n'eut pas un succès aussi de'cide' pour les Anglais. 11 passa , quelque tems après , à la Terre-Sainte , d'où il revint eu 1121, Il parait que depuis son retour il ve'cut paisible. On ne le voit pas en effet figurer dans aucune des guerres qui s'élevèrent, dans la suite de sa vie, soit entre la France et l'Angleterre , soit en Flandre. Sa mort est marquée au 12 juillet dans le ne'crologe de l'abbaje de Fourcamont , qu'il avait fondée ea 1100, et où il est enterré. A l'égard de l'année, l'appendice imprimée de Robert du Mont place en iiSg cet événement; mais dans l'exemplaire manuscrit de ce même ouvrage , coté 4862 à la Bibliothèque du Roi, il est rapporté sous l'an i 140. Voyant le terme de ses jours approcher , il avait embrassé l'état mo— rastique à Fourcamont. De Marguerite, son épouse, fille de Guillaume de Champagne , sire de Sulli , le comte Henri laissa Jean, qui suit j trois autres fils , Enguerand , dont le sort n'est point connu ; Hugues , archidiacre d'Excester ; et Guillaume , chantre de l'église d'Yorck; avec deux filles, Béatrix et Mathiide. ( Anselme. ) Guillaume de Jumiége ne donne au comte Henri qu'une fille et trois iils , sans les nommer.
JEAN
ii3qou 1 140. Jean, fils et successeur au comle' d'Eu, fit de grands biens à l'abbaye de Tre'port , et confirma , l'an 1 149, les donations que ses pre'de'cesseurs lai avaient faites. Mais dans la }j;uerre du duc de Normandie contre la France , ayant pris parti pour son suzerain, il pdia le trésor de ce monastère pour entretenir les chevaliers qui e'iaient à son service. Etant rentré en lui-même, après que la paix eut e'te' rendue à la Normandie , il répara le mal qu'il avait l'ait à l'e'glise de Tre'port par de nouvelles donations , qui furent connrme'es par la comtesse son épouse , et Robert leur fils. Nous avons une lettre du comte Jean Giiduin, abbe' de Saint-Victor de Paris , où l'on voit que son attachement pour l'abbaye de ?J^. D. d'Su lui avait attire' une affaire de'sagre'able. C'est ce qu'il est à propos de de'velopper pour rinlelli£:;ence de celte lettre , que sa brièveté' rend obscure. Guillaume I '" , trisaïeul de ce comte , avait fonde' dans la ville d'Eu, comme on l'a dit, l'e'glise colle'giale de Notre-Dame. Maisles clercs qui la desservaient, désirant mener une vie plus parfaite, embrassèrent l'e'tat religieux l'an 11 19, et convertirent leur col- ]'"'giale en abbaye , avec la permission du comte Henri et de Gcofroi , pour lors archevêque de Rouen. Hugues d'Amiens , successeur de Geofroi , les mil depuis sous la congre'gation d'Arouaisc, dont il leur fît embrasser la règle. Mais le comle Jean, qui avait approuve' cette union , changea ensuite d'avis , et substitua des chanoines re'guliersdc sainl-Viclorà ceuxd'Arouaise. La noblesse et le cierge' du pays firent grand bruit de cette innovation, et l'archevèf^ue, les appuyant , en vint jusqu'à prononcer une excommunication contre le comte ; sentence dont la publication se re'pe'tait chaque dimanche au prône. Le comte ne pouvant y tenir, e'crivit a Giiduin qu'il eût à retirer de l'abbaye d'Eu ses chanoines, ou à consentir qu'ils se conformassent aux usages d'Arouaise -, que s'il ne voulait faire ni l'un ni l'autre, non seulement lui comte ne leur donnerait aucun seconrs, mais ferait tout son possible pour les exterminer : Quod si hoc nonfeceiilis, veraciter dico quia mmqiiam ampliiis vos dilexero , sed destriiam in quibus potero. Les Victorins restèrent nc'anmoins ea possession de l'abbaye d'Eu, et continuèrent d'y vivre sous le régime et la discipline de leur congre'gation. (Gall. Chr. , T. XI, col. 2q5 et 294-) Le comte Jean , sur la fin de ses jours , se dévoua lui-même à la vie religieuse à Pexenq>le de sou père , et se retira dans l'abbaye de Foucarmont, où il moiirut l'an 1170. l-e père et ie fils y curent la même se'pulture au pied du sanctuaire, sous une tombe , où l'ou grava répilaphe suivanle :
DES COMTES d'ëU. 4^5
Est pater tlenrims , priuius gregis hujus atnîcus;
Ejus erat nains Johaiints jure -vocalDs-
Fiîiiis isie fuit (Intrici . po'^tea iraicr.
Hos Monaclios gciiuit Doiuino doniiis liœc , pia mater.
Qui icgib , ab&que mora pro tantis i'ratribus ora
Le comte Jean avait e'pouse' Amx , nomme'e , par Gnibert de jVoi^ent, IlÉLisENDE , dame de Smergate , et fille de Guillaume d'Auhigni , comte d'Aroridel, et dont il eut quatre fils et deux filles. Les fils de'nommcs dans les chartes , sont Henri, qui suit, Raoul , Guillaume et Robert.