‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 278 sur 299 · SIMON , DIT LE CHAUVE · texte numérisé non relu

SIMON , DIT LE CHAUVE

1 140. Simon , fils d'Amauri I*', succe'da aux comtés d'Evreux et de Montfort après la mort d'Amauri II , son frère. Il fut le troisième de sou nom comte de Montfort. Une ancienne enquête, conservée au trésor des chartes [Regîst. i55, Let. 180), nous apprend le trait suivant , s.tus en marquer la date. « Comme » en tems du bon comte Simon, qui eut le comte' d'Evrcux par » partage des rois de France , il fut venu une si grande quantité » de gens d'armes, ennemis du royaume , en la ville d'Evreux, » qu'elfe fut prise , et tant que ledit comte se retrahit en la tour » du chàtel d'Evreux ; et lors vinrent les bourgeois demourans » à la porte du cliàtel , et la gardèrent tellement , que par eux y» ledit chàtel fut sauve'. Plusieurs bourgeois y moururent de « faim; et quand ils e'toicnt morts , on les mettoit aux garites, » tout arme's, pour faire signe que le châtcl e'toit bien garni. » Simon, Tan 1 iSp, remit entre les mains de Henri II, roi d'Angleterre, tous les châteaux qu'il avait en Beauce, pour y mettre gjrnisou; ce qui incommoda tellement le roi Louis le Jeune, qu'il ne pouvait aller de Paris à Orle'ans , ni même à Etampes. L'an II 73, il fut fait prisonnier dans le château d'Aumale avec le comte Guillaume , qui en e'iait le proprie'taire , par Henri au court Mantel , fils aine' de Henri II, roi d'Angleterre, contre lequel il était révolté. Plusieurs historiens disent que c'était ua jeu concerté entre les deux comtes et le prince anglais, dans le parti duquel ils étaient secrètement entrés. Mais Raoul de Diceto assure le contraire , et dit en preuve qu'ils furent obligés de $«

DES COMTES d'ÉVIIEUX. 4?^

racheter comme de ve'ritables euncmis. Simon fut présent , l'an 1 177, à la conférence que Henri , roi d'Angleterre, eut à iVri , le 21 septembre, avec le roi Louis le Jeune, et souscrivit, avec plusieurs seigneurs et pre'lats , le traite' de paix qui en fut le re'sultat. (Iloveden. ) Il finit ses jours l'an ri8i, au plus tard. Il avait épouse', 1° Mahaut , dont on ne sait que le nom; 2° Amiette, fille de Robert de Beaumont , comte de Leicester {Monaslic. Anglic, T. I , p- 3i2), dont il eut Amauri , qui suit; Simon, seigneur deMonlfort; Gui , seigneur de la Fcrté- Alais en Beauce , et de Castres en AlLîi^eois , tige des seigneurs de Castres , tue' , le 5 i janvier 1228 , au sie'ge de Vareilles , dans le comté de Foix; Bertradc, mariée, avant 1171, à Hjgues, ^ comte de Chester , morte en ii8t ', Perronelle , femme de Barthelemi de Pioye, graiid-cliambrier de France; Guiburge, mariée à Gui P"" de Lévis , baron de Mirepoix.

AMAURI m.

T181. Amauri III devint comte d'Evreux , troisième du nom, après la mort de Simon, son père. Mais il uf jouit pas du cbeflieu de ce conilé , parce que son prédécesseur l'avait remis entre les mains du roi d'Angleterre. Le roi Philippe Auguste , l'an 1195, pendant la prison de Richard, roi d'Angleterre, s'étant emparé d'Evreux, cède la ville au prince Jean, frère de Richard , qui était d'intelligence avec lui , et garde le château. Jean, l'année suivante, après le retour de son frère, voulant regagner ses bonnes grâces, se rend à Evrcux , invite tous les officiers de la garnison à diner, et, pendant le repas, les fait tous égorger au nombre de plus de trois cents ; puis étant tombé sur la garnison avec le secours des bourgeois, il la fait passer au fîl de l'épée , fait attacher aux murs de la ville les tètes des oflioiers , et part ensuite pour aller offrir cette place à son frère. Celui-ci le reçoit en grâce , et se rend par là complice de son horrible perfidie. Philippe Auguste, qui faisait alors le siège de Verneuil , accourt à Evreux, prend la ville d'emblée, et la met en cendres. U avait espéré d'y brûler le prince Jean lui-même ; mais cet assassin s'était enfui aussitôt après son crime Amauri se voyant sans enfants , céda , l'an i 200 , par acte passé dans le mois de mai au Goulet, le comté d'Evreux au roi Philippe Auguste , qui en avait conquis la meilleure partie , l'année précédente , après la mort du roi Richard. Ce fut par ordre du roi Jean qu'il fit celte cession , dont il fut dédommagé par le don que ce prince lui fit du comté de Glocester; mais la mort ne lui permit pas d'en jouir long-tems. {Monaslic. Angl. , T. 1,

Page 1