‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 279 sur 299 · LOUIS DE FRANCE · texte numérisé non relu

LOUIS DE FRANCE

Le roi Philippe le Hardi , par son testament, ayant apanage d'une pension annuelle et perpëluelle de quinze mille livres , asjsignée sur des terres nobles, Louis , son fils , ne' de son second mariage avec Marie de Brabant, Philippe le Bel, son successeur, frère de Louis , donna , l'an i3or , à ce prince , par ses lettres da niois d'avril , le comté d'Evreus avec les seigneuries d'Elampes , de Meulent, de Gieu , d'Aubigni , et d'autres, pour lui tenir lieu de celte pension. Louis s'e'tait distingue', l'an i5o4 , à Ja bataille de Mons-en-Puelle. L'an i3i5, il accompagna le roi Louis Hntin , son neveu , dans son expe'dition de Flandre. Le roi Philippe le Long e'rigea le cointë d'Evrenx en pairie ,

£ar lettres datées de Rennes au mois de janvier i5i6 (V. S. )- ,e comte Louis mourut à Paris le 19 mai i^rc), et fut inhume' aux Dominicains de cette ville. Ce prince avait en partage la douceur, l'affabilité , la discrétion , l'amour de la paix. Il était instruit de» droits de la couronne , et ne cessa de les défendre contre les entreprises de la cour de Rome. Sa maxime était qu'un seigneur du sang, comme on parlait alors , n'est véritablement grand qu'à proportion qu'il est soumis à Dieu, au souverain et aux lois. li^ avait épousé, l'an i3oi , Marguerjte, fille de Philippe d'Arlois, seigneur de Couches, morte le 24 avril i5m , après lui avoir donné Philippe, qui suit; Charles, comte d'Etampes , qui mourut le 5 septembre i356; Jeanne, troisième femme du roi Charles le Bel; Marie, femme de Jeanne III, duc de Brabant, Marguerite , mariée à Guilldume Xil , comte d'Auvergne ei de i^oulogue.

PHILIPPE LE BON, ou LE SAGE.

1319. Philippiî , né Pan i5o5, succéda, Pan 1019, dans le çoml^ U'Evreux à Loui» sou père. Il avait e'pousé, Paii i5i8

DES COMTES d'ÉVRELX. 4?^

( N. S.), avec dispense du pape Jean XXII , Jeanxe , fille lUjiqué du roi Louis Hulin , âge'e seulement pour lors de six ans. Cette princesse , au lieu du royaume de Navarre et du comte' de Champagne et de Brie, dont elle devait he'riler de son père, n'apporta en dot que quinze mille livres de rente, assises sur le comté d'Angoulênie , avec cinquante mille livres à placer en fonds de terre, et cela en vertu d'un traite' fait , le 27 mars i5i8 (N. S.), entre le roi Philippe le Long et Eudes IV, duc de Bourgogne^ oncles , l'un paternel , l'autre maternel , de Jeanne. Il est vrai qu'une clause du traitd portait que si Pliilippe le Long mourait sans enfants mâles , les comle's de Champagne et de Brie , ainsi que lo royaume de Navarre^ retourneraient à la princesse Jeanne, comme son propre. Mais, le cas e'tant arrive' le 5 janvier j5?.2, Charles le Bel , successeur de Philippe le Long son frère , refusa de rendre à Philippe d'Evreux et à Jeanne, son épouse, les états qui devaient leur revenir. Ne pouvant lui opposer la force , ils firent, l'an i325 , avec lui une nouvelle transaction sur le modèle de la première. Enfin, l'an i528, après la mort de Charles le Bel, pendant la régence de Philippe de Valois, ils se mirent en possession de la Psavarrc , dans laquelle .ils se maintinrent, du consentement de ce prince. Le com!eroi Pliilippe accompagna cette même annc'e Phih'ppe de Valois, devenu roi de France, dans son expe'dilion de Flandre, .et s'y distingua tellement à la bataille de Cassel , que le .monarque français avoua qu'il lui devait la victoire. Philippe et Jeanne firent, le 14 mars i556, avec le roi de France un dernier traité par lequel ils confirmaient les renonciations que Jeanne avait faites au comte' de Champagne, sous la condition de l'indemnité qui leur avait ele' assurée. Le comte d'Evreux marcha , l'an loSg , au secours des villes de Cambrai et de Tournai, assie'ge'es par les Anglais. Il mourut, le 16 septembre 1545 , à Xëres , dans l'Andalousie , laissant de son épouse Charles, qui suit; Philippe, comte de Longueville; Louis, comte de Beaumont-Ie-Roger; Jeanne , religieuse à Longchamp; Blanche, mariée au roi Philippe de Valois; Marie, femme de Pierre IV, roi d'Aragon; Agnès , alliée à Gaslon-Phœbus III, comte de Foix; et Jeanne , femme de Jean , vicomte de Rohan. La reine, mère de ces enfants, mourut, le 6 octobre 1049, ^ C')nflans, près de Paris, et fut enterrée à Saint-Denis. Cette pri.icesse eut un attachement si tendre et si constant pour soti époux , qu'elle garda son cœur dans son oratoire pendant tout le t--iu3 qu'elle lui survécut. (Voyez les rois de i\avarre et Ie9 cxtmics de Champagne. )

CHARLES, niT LE MALVAIS.

1545. Charles, ne, l'an i532, à Evreux , succéda, l'an i345 , à Philippe , son père , dans ce comte'. Il apporta en naissant de bonnes et de mauvaises qualite's , les unes et les autres dans un e'minent degré' , que le tems et les conjonctures de'veloppèrent. L'an 1049 , il devint roi de Navarre par la raiort de sa mère. Le mariage de Blanche , sa sœur , qui se fit la même anne'e avec le roi Philippe de Valois , fut le lien d'une e'troitc imion entre ces deux princes. Le monarque français étant dc'ce'dé l'anne'e suivante , Jean , son fils et son successeur , he'rita de ses sentiments pour le roi de Navarre , qu'il nomma, l'an i55i , son lieutenant en Languedoc. «Il y a preuve, )) dit l'historien de cette province , qu'il exerça cet emploi pen- » dant cinq mois avec une autorite' iDresque absolue ». La France e'tait alors divise'e en Lieutenances de Roi, comme elle l'est aujourd'hui en gouvernements ; avec celte différence que le pouvoir d'un gouverneur de province ne ressemble en rien à celui qu'exerçaient les lieutenants de roi : ils commandaient les armées ; ils accordaient des privile'ges aux villes et aux particuliers , des lettres de noblesse , de grâce , de re'mission , d'état, de répit; quelquefois même ils ordonnaient des leve'ees de deniers dans l'e'tendue de leurs de'partements. Revêtu de cet emploi , Charles assie'ga , cette même année , Montréal d'Agénois sur les Anglais , et fortifia Moissac. L'an i555, au mois de février ( et non pas i55i, comme le marque le père Anselme ) , le roi Jean , pour se l'attacher inviolablement , lui fit épouser , au Vivier en Brie , Jeamne sa fille ainée du premier lit. Mais, par une imprudence que la politique ne peut excuser , il corrompit presque en même tems le prix de cette faveur en donnant au connétable Charles de la Cerda le comté d'^ngoulême , sur lequel était assise la rente de quinze mille livres que les rois Philippe le Long, Charles le Éel et Philippe de Valois avaient assignée à Jeanne , mère du roi de Navarre, pour indemnité du comté de Champagne. ( Voyez la fin des comtes de Champagne. ) Le Navarrois , irrité de cette préférence , fait assassiner le connétable dans son lit, le 8 janvier i554 (^- ^■) } ^ 'Aigle, immédiatement après qu'il eut reçu l'investiture du don qui lui avait été fa)t. Le roi Jean, dans l'impuissance de' punir cet attentat , prcMid le parti de !c pardonner. Il fait plus : apprenant que le roi de Navarre est en voie de traiter avec les Anglais , il lui députe le cardinal de Boulogne et le duc de Bourbon pour lui proposer un reniplaccmcat en fonds de terres de la rente qu'il avait sur

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le comte d'Angoulême, et une assiette de la dot de sa fcmnie. Les deux commissaires , par accord conclu le 22 fe'vrier suivant à Mantes , lui de'laissent au nom du roi le comte' de Beaumontle-Roger , les cliâtellenies de Conches et de Breteuil, le Cotentin , Pont-Audemer , et les vicomte's de Valognes, de Coutances et de Carentan , avec un e'chiqiiier ou cour souveraine , telle, que la possédaient les anciens ducs de Normandie. Le roi de France te'moigne son me'contentement de ce traité, où ses inte'rêts e'îaient si peu ménage's. La rupture continue entre les deux princes. Charles se retire en Navarre , d'où un second traite' , signe' à Valognes le 10 septembre, le rappelle en France. La concorde semblait être rétablie entre les deux rois : mais le calme e'tait ime situation violente pour l'esprit inquiet de Charles. L'an i556, il séduit par ses insinuations le dauphin Charles , et l'entraîne dans une conspiration contre le roi sori père. Elle fut de'couverle. Le dauphin , pour expier sa faute , dont il obtint le pardon , attire auprès de lui le roi de Navarre à Rouen, où le roi Jean , de concert avec son fils , e'tant venu les surprendre le 5 avril , fait arrêter le Navarrois et l'envoie prisonnier au château d'Arleux, d'où il fut ensuite transfère' au chàtelet de Paris. Telle fut la source de l'inimitié' qui rogna toujours depuis entre les deux Charles. Le roi Jean perdit lui -mémosa liberté' celte même année à la baiaille de Poitiers , où il fut fait prisonnier. L'an i^Sy, pendant le gouvernement du dauphin , le Navarrois est élargi , le 8 novembre , par l'adresse du seigneur de Péquigni , et se met] aussitôt à la tête des Parisiens révoltés , dont il devient l'oracle et l'idole. Il ose même faire revivre la prétention de Jeanne , sa mère , au trône de France. Les Anglais, avec lesquels , pendant sa prison, Philippe , son frère , avait négocié pour lui , flattent son ambition , et promettent de l'appuyer. Mais après avoir oblig« le dauphin à sortir de Paris , il en est chassé lui-même par les chefs des factieux qu'il avait mécontentés. Il couvre de ses troupes les provinces de l'intérieur du royaume , où il avait des intelligences , assiège Paris , prend Melun , et fait cnHn la paix, le 21 août iSSg, par un traité qui prépare celui de Melun. ( T^orcz Jean II , roi de France. )

La mort de Philippe de Rouvre , duc de Rourgogne, décédé , l'an i56i , sans lignée , inspire au roi de Navarre de nouvelles préleutions , qui font revivre les vieilles querelles. Arrière-petitfils du duc Robert II par son aïeule Marguerite, première femme de Louis Ilutin , il se porte pour héritier de ce duché. îl fut prévenu par le roi Jean, qui s'en mit prom|)(ement en possession, et le fit légîlimcmeiit , parce qu'étant petit-fils de ce même dix Robert , par Jeanne sa mère , sœur cadcUe de Marguerite , il

4?^ £HRO^OLOGIE HISTORIQUE

elait plus proche d'iiu degré. Mai* le roi de Navarre n'e'tail point de caractère à faire céder son latérèt à la jiisLice. Sur les menacçà qu'il fait de reprendre les armes , le roi de France consent de sonmettre leur diffe'rent à la de'cision da pape. Ce trait de ïtiode'ration ne le de'sarme point. Comme on le voit prêt à })>nter la guerre en Normandie , du Guesclin et Boucicairt le tl^'vaucent , s'emparent de Manies et de Meulent , le de'font eaisuite à Cocherel, le 16 mai i5G4» et lui enlèvent presque toutes »cs places. Aide' des Anglais et de son de'sespoir , il se jette sur lea provinces voisines de la Loire , et se rend maître de la Charité. Deux reines , la veuve de Charles le Bel, sa tante, et la veuve de Philippe de Valois, sa sœur, me'nagent entre lui et Ciiarlcs V, devenu successeur du roi Jean , un accommodement conclu le 6 mars i565 , par lequel on lui ce'da Montpellier avec SCS dépendances , en échange de ses domaines de Normandie, et. en attendant la décision du pape sur le duché de Bourgogne , dont par provision le roi Jean avait investi le dernier de ses fils. Ja^ guerre s'étant renouvelée , l'an 1570, entre la France et I Angleterre , le roi Edouard III attire dans son parti le roi de Navarre, en lui promettant la restitution de la Champagne, de la Bourj^ognc , et de tous les autres domaines dont on l'avait dépouillé, ou auKquels il prétendait, avec engagement de lui céder acluclleiuent la vicomte de Limoges. Le traité fut signé à Londres par le roi d'Angleterre et les ambassadeurs du roi de Navarre* le 2 décembre 1570. ( Martenne , Anecd. T. I, col. ï5>4 — i54i> ) l^es difllcultés ménagées ))ar le roi d'Angleterre Iiii-mènie ayant empêché l'effet de ces conventions , le roi de Navarre prêta l'oreille aux propositions de Charles V, qui , eu lui remettant ses domaines de Normandie et de Montpellier, s'obligea à marier le dauphin son fils avec la princesse de Navarre. Le Navarrois vint à Paris pour ratifier ce traité. On le vit à la cour de France spectateur oisif des coups que se portaient les Anglais et les Français.

L'an 1578, sur des bruits vrais, ou du moins très-vraisemblables , de desseins formés par le roi de Navarre d'empoisonner Charles V, et d'une nouvelle alliance par lui conclue aven l'.inglais , le roi de France fait passer des troupes en Normandie, sous les ordres de du Guesclin , pour s'emparer des domaines échus aux jeunes princes de Navarre par la mort de leur mère. Charles V se sert de l'ainé de ces princes ^ que soa ]>ère lui avait envoyé, pour l'exécution de celte entreprise. Ou îe montre aux Normands à la tète de l'armée française , et il» çc rendent. ïl ne reste plus au roi de Navarre que Cherbourg , et dans son désespoir, il le cède aux Anglais. Réduit à la Navarre, il ne s'occupa pUu que d.o bannci œuvres , si l'on en

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croit les historirns espagnols, qui se p'iiiejnent, mais à tort, de l'injustice pre'tendue de la cour de France envers lui. Eiifin, a])rès avoir marié Jeanne , sa fille aine'e , avec Jean le Vaillant, duc de Bretagne , il mourut le premier janvier 1587. « Une » chose remarquable , dit un moderne , c'est, qu'à la cour de )» France , on commença son procès deux mois après sa mort. » Les pairs e'tant assemble's , le premier huissier l'appela à la » porte du parlement. Comme il ne se présenta personne , 1a » procédure se fit en règle. Celle affaire fut appointée , et n'eut » point de suites. On ne cherchait vraisemblablement qu'un titré » pour confisquer les possessions du IN'avarrois en Normandie.» ï^es enfants qu'il eut de Jeanne de Franci son c'pouse , sont Charles , qui suit ; Philippe , mort en bas âge par la faute de sa nourrice , qui le laissa tomber d'une fenêtre en jouant, Pierre en faveur duquel la terre de Morlain fut érigée en comté le 5i mai 1407 ( et non le 21 de ce mois 1401 , comme le marque le père Anselme ) ( Mss. de Coislin , n" i55 , fol. 204 > r°. ) ; et quatre filles. {Voyez Charles II -, roi de Navarre. )

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