‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 281 sur 299 · RENAUD · texte numérisé non relu

RENAUD

1012. Renaud, fils de Bouchard le Vieux , était évcquc de Paris à la mort de son père , auquel il succéda dans le comté de Vendôme et la terre de Melun. Il paraît que ce prélat fit de longs pt fréquents séjours à Vendôme. La forêt de Gatines occupait un grand terrain dans ce pays : il la fil défricher en grande partie , et y t'onda plusieurs villages , tels que ceux de Prunai , dit autrefois Vilie-l'Evêque , de Monlhodon, de Villedieu , de Perrière, etc. (Carttil. de J'eiidôme , charte i^!^.^ Ce prélat finit ses jours, suivant la petite chronique de Saint-Denis, le 6 janvier de l'an 1016.

ADÈLE, BODON, BOUCHARD II , et FOULQUES l'OISON.

AdÈi.e, seconde fille (et non pas fille unique , comme le dit Ordéric ) de Foulques Nerra, comte d'Anjou, et d'Elisabeth , succéd.i , par le droit de sa mère , dans le comté de Vendôme, à l'évêquc Renaud son oncle. Elle était mariée pour lors à BoDON , ou Eudes, fils de Landri , comte de Nevers , dont elle eut quatre fils, savoir, Bouchard, qui suit ; Foulques, qui viendra ensuite ) Gui , à qui on donna pour son apanage des terres

situées dans le voisinage du Blaisois et de la Touraine ; et Hugues, sarnoinmé Dublellus , fondateur, à ce qu'on croit, de la ville de Montdoubleau, et lige de la maison de ce nom, laquelle s'est fondue dans celle des vicomtes de Chàtcaudun. Bodon e'tant mort avant sa femme ( on ne sait point en quelle anne'e ) , Adèle s'associa son fils aine, Bouchard II, après l'avoir fait revenir d'Angers , où il e'tait e'Ieve' sous les yeux de Foulques Nerra , son aïeul. Le de'cès de Bouchard II prévint encore celui d'Adèle sa mère, qui lui substitua Foulques , son second fils , de manière toutefois qu'elle retint pour elle la moitié' du comte' , et voulut que Foulques lui fut subordonne' pour l'autre. Mais Foulques en usant mal avec sa mère , elle vendit, pour se venger, l'an io5t au plus tard, à Geofroi Martel , son frère, non la moitié seulement du comté de Vendôme , comme le disent les modernes , mais ce comte' tout entier : Eique honorem T^indocini lolum ex integro vendidit. (Bouquet, T. XI, p. 3i, D.)

GEOFROI MARTEL.

lo.^t au plus tard. GeoftiOi , surnomme' Martel à cause de sa valeur, fils de Foulques Nerra, comte d'Anjou, et d'Hilde* garde, né le 14 octobre lOoG (et non 1007 , comme le marque le cartulaire de Saint-Aubin d'Angers) ayant acquis d'Adèle» sa sœur , le comté de Vendôme , se rendit auprès de Henri P", roi de France , pour en recevoir de lui l'investiture. Foulques, son neveu , se vit ainsi dépouiller sans se mettre en devoir de défendre son héritage , ce qui lui mérita le surnom d'Oison , Anserculus. Geofroi n'était point sans domaine avant cette acquisition. Foulques Nerra s'étant rendu maître de Saumur , l'an 1026, lui en avait fait présent ; et ce don occasiona , dit l'histoire manuscrite de Saint-Florent de Saumur, bien des révolutions parmi les habitants de cette ville ; car Geofroi dépouilla les uns pour enrichir les autres , et l'abbaye même de Saint- Florent ne fut pas exempte de ses vexations. Geofroi fonda , l'an 1032, celle de la Trinité de Vendôme avec la comtesse Agnès , sa femme , veuve de Guillaume V, duc d'Aquitaine , qu'il avait épousée le l*"'' de janvier de l'année précédente. Ce mariage contraire à la discipline du tems , les deux époux étant parents dans un degré prohibé pour lors , indisposa contre Geofroi le coiute Foulques son père.

L'an io54> guerre entre Geofroi et Guillaume VI , duc d'Aquitaine. Elle avait pour objet la Saintonge, que Geofroi prétendait lui appartenir du chef de son aieul. L'événement n'en fut point douteux. Geofroi battit le duc d'Aquitaine près de Moncontour le 20 septembre io54> le fit prisonnier, le lia

4^6 CHRONOLOGIE IIISTORÎQtTE

de cliaînes , et l'enferma dans une prison, où il demeura trois ans et demi ou environ. Durant cette captivité', le comte et la comtesse de Vendôme exercèrent toute l'autorité' ducale dans l'Aquitaine, comme il parait par divers actes. Geofroi , l'an io3H, relâcha le duc , au mois de mars, moyennant une rançon conside'rable en argent; et la cession des comtes de Saintes et de Bordeaux. Le comte de Vendôme ëlait ])0ur lors brouille' à l'excès avec son père. Ce vieillard , indigne de la conduite insolente de son fils envers lui , ranima son courage et leva des troupes pour le mettre à la raison. Il le poursuivit avec tant de vigueur et de persévérance, qu'il le re'duisit à venir lui demander pardon, une selle de cheval sur le dos. Foulques , le voyant prosterne devant lui , dit, en lui mettant le pied sur le cou: 7'« es vaincu, tu es donc enfin vaincu. — O///, re'pondit Geofroi , je le suis par mon père ; mais pour tout autre je suis invincible. Cette repartie, e'galemcnt noble et respectueuse, jointe à la posture du suppliant , désarma le père et le réconcilia parfaitement avec son fils, (jnilelm., Malmcsb., L. 5, p. 97.)

Geofroi Martel, l'an 1040, ayant achevé la construction de l'église de la Tiinité, en fit célébrer la d'.'dicace avec la plus grande solennité. La charte qui fut expédiée à ce sujet par ses ordres , et qu'il souscrivit avec les personnes les plus qualifiées, présentes à cette cérémonie pour en conserver le souvenir, renferme aussi la fondation de ce monastère ; ce qui a fait croire faussement à plusieurs modernes qu'il n'avait été commencé qu'en 1040. Cette même aimée, Geofroi, de concert avec son e'pouse , fonda la collégiale de Saint-Georges dans l'enceinte du château de Vendôme ; et depuis ce tcms , le cri de guerre des comtes de Vendôme fui saint Georges. La mort du père de Geofroi Martel, arrivée dans ces entrefaites, lui ouvrit la succession au comté d'Anjou.

L'an 1046, Geofroi Martel et sa femme vont rendre visite au roi de Germanie, Henri III, et à la reine Agnès , son épouse, fille de la comtesse Agnès et de Guillaume V, duc d'Aquitaine, son premier mari. Dans cette entrevue qui se fit à Goslir en Saxe , le roi de Germanie , à la cour duquel Foulques l'Oison s'était retiré , parla si efficacement en sa faveur à Geofroi , qu'il l'engagea à lui rendre la moitié du comté de Vendôme. De Goslar, Geofroi et sa femme accompagnèrent le roi et la reine dans leur voyage d'Italie , et assistèrent à leur couronnement impérial, qui se fit à Rome le jour de Noël de la même année. S'étant ensuite avancés jusqu'au mont Gargan dans la Fouille , ils reprirent la roule de France , rapportant de leur voyage diverses reliques dont Henri 111 leur avait fait présont, et entr'autrcs un petit vase d'une espèce de cristal, contenant,

■ ce qu'on pretciifl.'it , une larme de Notre Seigneur. lîcnri tenait ce vase de JNilker, cvêque de Frisingiie , comme il est grave' sur la boite d'or où ce vase est renferme'. Le comte et safemme en firentprt'sent à l'abbaye de Vendôme. (Mabil. jinn.y L. 60, n. 19.) La même année, 1047? ils fondèrent dans un faubourg de Saintes, sous l'invocation de Notre-Dame , un mouastère de filles, qu'ils dotèrent ricbement. Enlre les droits qu'ils lui accordèrent , est comprise la dîme de tous les cerfs et bicbes qni seront tue's dans l'ile d'Ole'ron , pour faire de leurs peaux des couvertures de livres. Permis aussi à l'abbesse d'envoyer tous les ans, dans une certaine forêt, un chasseur nour y prendre vifs un cerf et une biclie, un sanglier et une laie, un chevreuil et sa femelle, un daim pareillement avec sa femelle, et deux lièvres, adrecreandamfemmeamimhecillitatem. (Ibidi L. 59 , n. 21.) Foulques l'Oison obtint, l'an io5o, de Gcofroi le comte' de Yendônie tout entier, à la re'serve de l'abbaye de la Trinité', qu'il retint pour lui et ses successeurs, et moyennant l'hommage. ( /^oj es Geofroi Martel , comie d'Anjou.)

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