‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 288 sur 299 · XII · texte numérisé non relu

XII

49^ cHr.c?«;oi.GCiE historique

Macé^ on Mathieu . dernier fils du eomle Pierre, fut mmne de ta Trinité' de Vendôme , et peut-être est-il le même q-ic le ce'lébre Matliieu de Vendôme , abbe' de Saint-Denis , et re'gcnt du royaume pendant la dernière croisade de saint Louis. Le comte Pierre eut aussi deux filles, qui se firent religieuses à l'ab- J?aye de la Virginité.

BOUCHARD V

12.4g. Bouchard V, qne Guillaume de Nangis appelle Louis, soit par erreur, soit qu'il cùL deux noms , chevalier, seigneur de Montoire et de Lavardiu, succe'da à Pierre, son père, dans le eomte' de Vendôme. 11 fut, l'an i s54 • "" des chefs de 1 arine'e que Charles d'Anjou mena dsuis le Hainaut pour se mettre eu possession de ce comie', dont Marguerite de Flandre lui avait fcut donation. L'an laGS, il se mit en marche, vers le mois d'oclobre, avec plusieurs seigueur-> , pour aller au secours de ce nièine prince, appelé' par le pape Cle'meut IV à la conquête de la Sicile. jEa traversant la Lombardie , ils détruisirent les châteaux dcj villes de Crémone et de Br^scia , qui s'étaient opposées à leur passage. De là , continuant leur route , ils joignirent Charles à îlome. Ce prince , fortifie' par les troupes qu'ils lui amenaient et par la valeur des chefs , entre sans de'lai dans la Pouille, soumet tout ce ffui se rencontre sur sa route, et arrive en peu de jours devant San-Germano, qui hii ferma ses portes. Le comte de Vendôme lut celui qui se distingua le plus à l'attaque de celte place , qui fut prise par escalade, et dout la garnison s'enfuit en diligence pour aller se joindre à l'armëe de Mainfroi, compétiteur de Charles , compe'e sons Bene'vent. Bouchard n'eut pas moins de part au gain de la bataille de'cisive qui se donna , le i 2 février I 266 , entre Charles et son nval, qui périt dans l'action. (Nangis.) lia suite des e've'neinenls de la vie du comte Bouchard est demeurée dans l'oubli. Il ne vivait plus eu 1271. Marie de Royf. , sa femme, veuve d'Aubert deHangest, seigneur de Geulis,lui donaa Jean qui suit , deux autres fils et une fille.

Bouchard V est vraisemblablement ce comte de Vendôme qui fit, au mois de de'cembri; 1270, avec Charles P*", comte d'Anjou et roi de Sicile , une transaction par laquelle il reconnaissait tenir immédiatement de ce prince , ea sa qualité de comte d'Anjou ,

le 7 dt'cembre i56o ', et non j562 , comme le marque le P. Anselme. Qtielqnea jnoJerncs l'ont cm de la maison de Bourbon, parce qn'il vivait au tems où celte maison possédait le duché de Vendôme. // ei/iit illustre, dit Al. de Tliou, par sa naissance . puissant tn biens ^ d'un couiageet d'un etprit svpériaur mais trop enclin au maL

la lerre de Tro , sous la condition d'un seul hommage avec leS; autres fiefs du Vcndômois qui relevaient Jy, comte d'AnJ0iii; {^Chambre des Comptes , n. 2, fol. $1,,}

iXJi;;.; : TTT'vrf ; .! V • , ^ •■

1271 au plus fârdr'Ij'ÉAW'^ ctiiiiFd'dcrl^értiïèmc ajirès la mort de Bouchard son pore , alla en ï^ouille y l'an 1282, au secours de Charles , roi de Sicile , avec plîisieurs autres sci/^neurs français. Au printenis de l'an iiot) il passa en Aragon pour aideîrle roi don Jajuie dans la guerre qu'il faisait aux Mahbiiie'tahs' dé |'ife"d^' Majorque. '. ' ...

L'au i3o2 'N. S. )) p*''^ arn't du pai'lement de Pài'ià, r^îildu le mercredi après la chaire de Saint-Pierre (28 fè'vrier } , le coiûte Jean , au nom de sa fcairne ELÉoNofiE , fi1le,de Pliiîippe de Kîortt-' fort hérita de Jean de Monlforl son beau-frci'e, seigneur de Castres en Languedoc, etcortite de Squillace au royaume de Napîe^, la seigneurie de Castres , Cl cela auprcjudîce des enfants de Lati"è,sœlif d'Eîe'onorc, etfemmc de Bernard Vr,comte de Comminges,pa'r la raison que la représentation n'a pas lieu dans la coutume de Paris, qui régissait alors laterréde Castres La comtesse Eleonore prétendit encore à labarbnnicdeLerabcrs, et à tout le Lomberoîs en Albigeois , comaio he'riiière de Gui de Montfort , son grand oncle paternel. Mais elle eut pour adversaire Hugues de Mouteil-Adhe'- Diar, qui revendiquait cette succession par des raisons détaille'es dans la nouvelle histoire de Languedoc , T. îll , jj. j 5^. Ce fut la matière d'un procès dont ni l'un ni l'autre ne virent la firti 11' dura près de cent ans , et pendant cet espace le Lomberois fût administre' par les officiers du roi , qui l'avait mis sous sa main dès l'an i5i4. Le comte Jeau fit son testament le 18 mai de Vàh: i3i5 , qui fut vraisemblablement le dernier jour desa vie. De son' mariage, il eut Bouchard, qui suit ^ Jean, sire de Feuillet j Pierre, dont il sera parle' ci-après ; et Jeanne, mariée à Henri IV de Sulli.

C^est au comte Jean V qu'on doit attribuer la division dii haut et du bas Vendômois pour le civil. Il assigna pour capitale au bas Vendômois le bourg de Montoire , q^ui par la s'accrut et devint un lieu consîde'rable.

BOUCHARD VL

i5i5 au plus tôt. Bouchard VI, successeur de Jean , son père^ an coiiiië de Vendôme, etd'Elëonore, sa mère, dans la seigneurie de Castres, eut pour femme Amx, fille puînée d'Artus 11, duc de Brelague. Pierre, son frère ^ étant tombé en démence, le roi l'hi-

50O CIIRO^OLOCIE HISTORIQUE

lippe cic Valois le nomma pour son curateur avec le chevalier Briant de Monljean. Mais quelque lems après , Bouchard se de'mit de cet emploi , pour les désordonnées paroles desquelles Pierre vsoit soinxnt contre ledit comte son frère , à cawse de sa curation et gouvernement. Le vrai motif qui animait Bouchard contre son frère, c'tait le partage que lui demandait celui-ci dans la succession de leurs père et mère. Le roi , par ses lettres du 3o juillet i544 > avant nomme' pour nouveaux curateurs de Pierre , à la place du comte Bouchard , les chevaliers Barlhe'Iemi de Montbason , Philippe et Thibaut de Le'vis , les chargea de travailler avec le sire de Montjean à terminer à l'amiable la querelle des deux fpères , leurs cousins, ou, s'ils ne pouvaient y re'ussir , de lui en faire le rapport. Six anne'es s'e'coulcrcnt sans qu'on pût les amener à un accommodement. Enfin , l'an l'bSi (V. S. ), deux des curateurs , Barthe'lcmi de Montbason , et Briant de Montjean , les engagèrent à signer, au mois de janvier , un jugement arbitral , par lequel ils assignaient à Pierre , pour lui et ses hoirs et successeurs, la ville et chdtellenie de Ljsignhan , asecques les villes de Thorozele , Couillac et Cliâteoii-Neiif , et toutes les rentes, chas-, ieaux et forteresses , maisons , édifices ^ fi^f^i hommages , et quelconques autres droits et appartenances et appcndances à ladicte chdtellenie , estant en Narbonnois , en la sénéchaussée de Carcassonne. Mais conrne le roi Philippe de Valois avait excepte' les forteresses du partage qui serait fait à Pierre , les arbitres , après avoir déclare' qu'ils n'auraient pu le priver sans un pre'judice notable de celles qui se trouvaient dans son lot , ajoutent : Desquelles forteresses ledict comte ou ses gens de par lui auront la garde , selon ce que le rojnotredict seigneur l'a voulu par sesdictes lettres. Le comte, en souscrivant ce partage , se re'serva la foi et hommage pour les domaines qui avaient été as.signés à son frère. C'était alors le roi Jean qui occupait le trône. Ce prince confirma ce jugement par ses lettres du mois d'avril suivant. (Regist. du Trésor des Chartes, coté 82 , acte 160.) Le comte Bouchard ne vécut pas long-tenis depuis , étant mort le 26 février i554 (N. S.) Son corps fut enterré dans l'église de Saint-Georges de Vendôme. De son mariage sortirent Jean , qui suit ; trois autres fîls , Pierre et Simon , dont on ne sait que les noms ; Bouchard , qui forma la branche de Vendôme-Segré , dont le dernier mâle fut Pierre II, arrière -petit-fils de Bouchard VI 5 et deux filles, dontl'aiuée , Eléonore, éjjousa Roger- Bernard , comte de Périgord.

JEAN VI

1554. JianVI, fils aîné de Bouchard VI , devint comte da

DES COMTES, PUIS Dl'CS, DE VENDOME. 5oi

Vendôme et seigneur de Castres après la mort de son père. Il avait , dès l'an i543 , fait preuve de valeur dans la guerre contre les Anglais, à la suite de Jean , duc de Normandie, et depuis roi de France. L'an i545 , il avait donné et transporté , du consentement de sa femme, la garenne et chasse C{\ii\s avaient des cerfs et sangliers dans leur forêt d'Ivcliue , à ce même Jean, duc de Normandie , en échange de quoi Philippe de Valois , par ses lettres du mois de juin de la même année, s'c'lait engage' de lui fournir annuellement dix cerfs et douze sangliers pris dans la forêt de Loches. (/îec. deColberl, vo\.i'j, -p. 3/^y.)l[ (ai dé\mté, l'an 1 553, par ce prince avec le cardinal Gui de Boulogne et Pierre , duc de I3ourbon, pour traiter avec Charles le Mauvais , roi de Navarre. Le roi Jean érigea, l'an i556, en sa faveur, le aS août , la seigneurie de Castres et. ses dépendances en comté, déclarant que cette seigneurie , qui avait été régie jusqu'alors suivant les us et coutumes de Paris , le serait à l'avenir suivant les coutumes de l'Anjou. ( Vaissète. ) Le comte Jean .. la même année , fut fait prisonnier, le 19 septembre, à la bataille de Poitiers. Il mourut à Montpellier dans le mois de février i 566, et non i568 , comme le marque le père Anselme. Son corps fut porté aux Jacobins de Castres, où il fut inhumé le 25 du même mois. jEAN^E-MAnir. (i), son épouse , fille de Jean II de Castille , ou de Ponthieu , comte d'Aumale , et de son chef dame d'Epernon , de Vernon , et d'autres lieux ( morte le 5o mai 1576), lui donna Bouchard, qui suit; et Catherine , femme de Jean de Bourbon , comte de la Marche.

BOUCHARD VII et JEANNE , sa fille.

ï566. Bouchard VII , fils de Jean VI , lui succéda en bas âge , sous la garde-noble de Jeanne sa mère. La preuve de sa minorité à son avènement aux comtés de Vendôme et de Castres , se tire d'un acte de l'an i565 (V. S. ), par lequel Jeanne , sa mère, tran-

(1) Nous ÎdI donnons ces deux noms de baptême quoique les modernes ne lui donnent que le second , et nous sommes fondes en preuves. Kous voyons en effet qu'en iS^i , cette comtesse, en nommant son lieutenant au comte de Castres , Philippe de Bruyères, dit aussi de Ponmiers, par lettres datées de Vendôme 1371 , prend le nom de Jc;uine de Pontliieu , cl (^ue Philippe, le 23 mars de l'année suivante (IN. S. ) , donn.mt pour elle au roi et h ses officiers de Catcasson'.ie le dénombrement des îcrres qui composent le comté de Caicassonne, elle est aj)pe!ée Marie de Po milieu : Venen en la présentât île x'ons i\Ionsieur

le Sénéchal de Ctircaisonne joii Plidippe île Powniei s , Che^'olicr Seii-

hni de Reuel, Goiii'i inador del Contât dii i asti esper et en nom de iVridonna Marie de Pontliieu ^ Cfnttesse de f^cndosme et de Castres ■, etc. ^ Gallaud , Tr, du Franc aleii , p. j68. )

5o2 CHROIVOLOGIE HISTOlUQDE

«fpje sur un procès avec l'abbaj'^e de Vepdôme , comme ayant bail de son fils Bouchard j comte de Vendosme et de Castres. L'an 1367 au plus tôt (et non 1S64, comme l'avancent des mo-» dénies) , sa mère lui fil épouser Isabelle , fille de Jacques de Bourbon, comte de la Marche, et veuve de Louis, vicomte de inaumont arfMaine. L'année suivante, e'tant majeur, il se rendit Cîi Lanpfuedoc , où , le 20 avril , il rendit hommage au roi du conilé de Castres entre les mains du duc d'Anjou , lieutenant-ge'i^éral en celte province. ( Vaissète, T. IV , p. 541.) Ce prince ^ l'ainie'e suivante, e'tablit , au mois de mai, les comtes de Vendôme et de rile-Jourdain capitaines-ge'ne'raux des présentes guerres (celles qu'on avait alors avec l'Angleterre ) , à raison d^e frcis cents francs par mois. Les deux comtes firent cette campagne et les deux suivantes avec le conne'table duGuesclin. ( Ibi^ dent , p." 40. ) Bouchard , l'an 1^71 , fit son testament , dont un des articles porie que les joyaux et les habits d'Ysabelle , ou d'Ysabeau , soient remis à Jeanne , mère du comte , jusqu'à ce que Jeanne, sa fille unique, soit en élat de s'en servir. On voit par là que Bouchard e'tait veuf alors. 11 mourut peu de jours après cet acte. La mère de Bouchard prit alors le bail et la garde de sa petiic-fille qui e'iait encore au berceau , et nomma pour gouverneur et lieutenant au comte' de C.istres, par letti-cs du c>,5 novembre 1371 , un gentilhomme nojnnié Philippe de Bruyères. (Galland , du Fronc-aleu , p. 172.') La jeune comtesse Jeannk surve'cut peu de Icms à son père , et mourut au plus tard vers le milieu d© Tan i374- 1

CATHERINE et JEAN DE BOURBON.

t374 au plus tard. Cathrrine , sœur de Bouchard VII , suoceVlai au plus tard , l'an J574 , avec Jean de Bourbon, comte de la M.'.rche , son ëpoux , à Jeanne , sa nièce, dans les comtés de Vendôme et de Castres. En effet on trouve dans les archives de l'abbaye de Vendôme une transaction que l'abbé Guillaume du Piessis fit, le4aoûti574, avec Jean de Bourbon,, comte dë^^Vendôme, et la comtesse Catherine, son épouse, touchant la justice. [Tabul. Vindociii. ) Ce comte mourut le il juin 1395, laissant de son mariage Jacques de Bourbon , comte de la Marche et de Castres ^ Lonis , qui suit j Jean, tige des seigneurs de Carenci ; Anne, mariée, 1*^ à Jean de Bcrri , seigneur de Montpensier , 2° à Louis de Bavière, dit le Barbu , seigneur d'ingolstadt ; Marie, femme de Jean, seigneur des Croix ; et Charlotte , mariée à Jean I! , roi de Chypre. La comtesse Catherine survécut dix-sept ans à son époux, et mourut le i'^^ avril il^\-2,> (N.S.) Tou& deux ont

£)r.S COMTES, PUIS DUCS, DE VENDOME. 5p5

ïeur s-epulture dans la coUti^iale Je Vendôme. ( Voy. les comtes de la Marche. )

LOUIS DE BOURBON

t4i2. Louis de Bourbon , second fils de Jean de Bourbon et de ■Catherine de Vendôme , seigneur de Montdonhleau , terre qu'il acquit, en 1406, de Charles de la Rivière et de Blanche de Trie sa femme , grand-chambellan depuis 1408 , succéda , l'an 1412 , à sa mère dans le comte' de Vendôme. Depuis environ dix ans , il le re'gissait avec elle , et il en avait fait hommage , dès l'an i4')3 , à Louis II , comte d'Anjou et roi de Sicile. Jacques , son frère aînc, comte delà Marche, e'tait alors retenu dans les liens par la faclioti des Bourguignons. A peine fut-il délivre' par la paix d'Auxerre , conclue au mois de juillet 1412, que, jalon-x de voir son cadet partage' si richement, il cliercha les moyens de le de'pouiller. Dans ce dessein il lève des troupes à la hâte, fond tout-à-ccup sur le Vendômois, surprend son frère et le jette dans une affreuse prison. Louis était si ge'ne'ralement aime' et estimé, que les deux factions des Orle'anais et des Bourguignons se re'unirent pour travailler à sa de'livrancc. Le comte de la Marche, pendant huit mois, méprisa les prières et brava les menaces qu'on lui fit à ce sujet. A la fin ce'dant aux remords de sa conscience, il alla lui-même tirer son frère de prison.

Louis , pendant sa captivité', .avait fait vœu de visiter en oualile' de pèlerin les e'glises de N. D. de Chartres et de Saint-Denis en France , s'il recouvrait la liberté'. Fidèle à cet engagement , il fie rendit à l'une et l'autre e'glises., nu-pieds , en chemise , portant un cierge de cinquante livres , et suivi de cent domestiques dans le même état de pénitence et d'humiliation. De retour à la cour, il fut mis à la tête de l'ambassade que Charles VI envoya , dans le mois de septembre ou d'octobre «4'3} ^n Aragon pour soutenir les droits d'Yolande d'Aragon , fe)iime de Louis II, duc d'Anjou et roi de Sicile , sur la couronne d'Aragon. Mais tout ce que les ambassadeurs purent obtenir de Ferdinand de Castille, à qui elle venait d'être adjugée , ce fut une promesse d'argent pour Yolande! avec le renouvellement des anciens traités d'alliance entre la France et lAragon. L'année suivante, Louis, par lettres du i5 novembre , fut pourvu de la charge de grand-maîlre (i) de l'hôtel , ou de la surintendance générale des maisons du roi , de la reine et du dauphin. Depuis, il eut les gouvernements de Chanipagae , de Brie et de Picardie. Son zèle pour le bien de l'état lui

40 Oa duaû »lors-SoBTc»iu-Maitre

5o4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Jît enheprendre divers voyages à Londres pour de'tourner Henri V , roi d'Angleterre , de porter la guerre en France. Croyant avoir fait quelques progrès sur l'esprit de ce prince , il se rendit ensuite auprès de lui à la tête d'unr biillante ambassade, et lui offrit laprnicesse Catherine, fille de Charles VI, qu'il désirait passionnément d'cpouscr , avec un certain nombre di' provinces. Mais ces offres ne satisfirent point l'ambitieux mon.iique , qui se ffattait , disait-il , d'avoir 1^ fille et le royaume de France tout entier. L'ambassade fut donc sans effet , et la guerre inévitable. Le comte de Vendôme fut aussi malheureux les arme;s à la main qu'il l'avait e'ie dans les ne'^ociations. II (ut pris à la bataille d'Azincourt , l'an i4i5, etconduitàla lourde Londres. Après quelques anne'es de captivité', il traita de sa rançon avec le roi Henri V. Elle fut fixe'e à trois cent mille livres (2)j somme exorbitante alors , qui prouvait que Henri n'avait nulle envie de relâcher ce prisonnier. Le comte , avec l'aide de ses parents et de ses amis, ne put jamais en faire que la moitié', parce que les Anglais e'taient maîtres de la plupart de ses terres , ainsi que de celles des personnes qui s'intéressaient pour lui. Henri mourut , l'an i422 , avec la satisficlion de laisser dans les liens le comte de Vendôme ainsi que beaucoup d'autres seigneurs français. Louis obtint cependant des tuteurs du jeune Henri VI la permission de venir saluer son nouveau mailro le roi Charles VII ; après quoi il revint , selon sa promesse , en Angleterre. La re'gence de ce royaume montra la même inffexibililc que Henri V pour le payement de la rançon des prisonniers. Louis se voyait condamné à Unir ses jours dans la captivité' , lorsqu'en 1426 (et non pas i423 ], e'iant tombe'dangereusement malade, et désespe'ré des médecins, comme il le dit lui-même , il s'adressa à J. C , lui promit et voua que , s'il lui plaisait a^'oir pitié de luj et de la prinson oit il éioit , il peust être délivré sans mort , sans désonheur de sa personne et sans perdition de sa seigneurie et héritage , en l'honneur et ré^ vérance de luy et de sa glorieuse Sainte Larme , qui en l'église de la Sainte T'iinité de J^endnme réponse , iljeroit et accomplirait , de\>ant la présence d'icelle Sainte Larme , le 7iœu qui s^ensuit. Voici le pre'cis de ce vœu, qu'il serait trop long de transcrire sur la charte où il est rapporté : 1° le comte s'engage à venir, la première année après sa délivrance , présenter , le jour du i^endredi du Lazarre ( c'est celui qui précède le dimanche des Rameaux ) dans l'église de la Trinité de V^endôme , son corps tout nud avec un cierge du poids de i.renle-deux livres de cire , en mémoire et remembrance que quand notre Seigneur soujjfrit

(2) Cette somme reviendrait aujourd'hui à celle de 2,00'» , 687 Uv. 10 sous

DES COMTES, PUIS DUCS, DE VENDOME. 5o5.

mort et passion , il avait régné en son humanité en cest monda par Tespace de trente-deux ans : 2° il promit (\\ià pare'l jour , tous les ans à perpétuité, il sera fait dans la même église une procession solemnelle dais lacjueUe on délivrera de ses prisons de ladicle ville de J^endônie le mn/Jaiieur ijue les gens de son conseil , gouver/ieur et officiers de sa justice , et aucuns des notables religieux de Vabbaje delà Trinité, le cfievecier, chantre, et autres du chapitre de son église collégiale de monsieur Saint- George de T^endosme y diront en leur conscience avoir fait tt commis le plus piteux cas rémissible ; et que, dans le cas oi!i il n'y en aura pas de cette espèce dans les prisons de Vendôme , ou soudoiera un pauvre homme pour, le repre'senter , lequel , nud~ pieds et en petits dràps ( en cliemise ) , portera à la procession un cierge de trente-deux livres , qui brûlera ensuite devant la Sainte Larme jusqu'au jour de Pâques. Le Cvimte Louis, après avoir (ait ce vœu, recouvra la saule' , et sortit de prison sur la fin de 1/^-i.Ci d'une manière qu'il regarda comme miraculeuse. Ce miracle consistait en ce que les Anglais le voyant dangereusement malade , et craignant de perdre la moitié' de sa rançon , l'e'largircnt en se faisant donner caution de la somme dont il était encore redevable (i). De retour en France, les alFaires de l'état, où il fut employé , ne lui permirent d'accomplir son vœu qu'en 1428. Ce fut cette anne'e qu'il fit expe'dier , le 21 avril > la charte qui contient tout ce que nous venons de rapporter. ( Martenne , jinecd. , T. I, col. 1774- ) Depuis ce tems la fondation qui en est l'objet a toujours e'te' lidèlemeut exe'cute'e au jour et en la manière qu'elle prescrit.

Louis fut, en 1429, un des seigneurs français qui contribuèrent avec la Pucelle à la leve'e du siège d'Orle'ans. Il fit, la même année, sous le duc d'Alenoon , celui de Gergeau , qui fut emporté d'assaut. L'an 14^0, il contraignit les Bourguignons et les Anglais, le premier novembre, à se retirer de devant Compiègne , qu'ils assiégeaient depuis six mois. On le voit, en i4^5, au nombre des négociateurs du fameux traité d'.^rras. L'an il^'b'à , Louis fut chargé , avec les archevêques de Reims et de Narbonne, de conduire à la cour de Bourgogne Catherine de France, destinée pour femme à Charles, comte de Charolais. Ces seigneurs reçurent à Saint-Omer les instructions du roi Charles VU , pour traiter de la paix avec l'Angleterre. Les conférences se tinrent avec beaucoup d'apjjareil à Gravelines , dans le cours de l'an

(i) Villarel qui n'avait pas connaissance de cette charte, s'inscrit en faux {^Hist. (le France , in 4° , T. VU , p. 35i ) contre le récit qu'elle con lient , énonce dan^ l'histoire moderne de Charles Vlï. Mais les raisons qu'il apport» pour Je conibittHo soal déirwiles par le précis iidèle (j[u'ou eu vient de fairs.

XIL 64

5o6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

1459. Isabelle de Portugal , duchesse de Bourgogne, et le car* diual de Winchcsler, y présidèrent. Les ple'nipotenliaires anglais ayant pre'sente' leurs me'moires, dans lesquels ils ne donnaient au roi Charles VU que le titre de Charles de J^alois , le comte de Vendôme et les ambassadeurs, ses collègues, menacèrent de. se retirer , si l'on ne donnait pas à leurxnaître le titre qui lui apparîenait. La duchesse de Bourgogne fit rectifier ce qui avait choque les seigneurs français ; mais on ne put convenir de riert dans ces conférences. [Hist. de Bourgogne , T. IV, p. 255.)

Louis de Bourbon entra, l'an 144°» dans la conjuration des. princes, nomm<^e la Pragnerie. Ce parti ayant e'ie' dissipe' dan* la même anne'c , le comte de Vendôme fit ses soumissions, et fut pleinement absout. Sou pardon ne l'empêcha pas ne'anmoins de. rc'cidivci. L'an i44^> '' se laissa entraîner dans une nouvelle ligue des princes, forme'e par le duc d'Orle'ans , sous le spe'cieux pre'lcxte du bien de l'état. La sagesse du monarque l'ayant dissipée en peu de tems , le comte de Vendôme fut des premiers à rentrer dans le devoir. La guerre continuait toujours avec l'An- {^leterre. Louis part , l'an i44^; ^ ^^ tête d'une ambassade solennelle ] our aller traiter de la paix à Londres. Mais il ne put obtenir (p.i'nne trêve de dix-huit mois. Il mourut à Tours le 21 dc'ceinbre de la même anne'e (et non en i447> comme son e'pitaphe le porte), à l'âge d'environ soixante-dix ans. Ce princa /t-taitsage, vaillant, spirituel, et ne'anmoins il ne re'ussit ni à la guerre, ni dans les négociations. Il avait e'pousé , x" , le qi de'cembre i4'4> Blanche, fille de Hugues II, comité de Rouci , qui mourut sans eufants le 22 août \l\ii', 2*, le 24 août 1423 (et non pas 1424)5 Jeanne de Laval (morte le 18 décembre 1468), dont il eut Jean, qui snit, et Catherine, morte sans alliance. Une Anglaise , avec laquelle il eut un commerce à Londres, lui avait donne un fils naturel , nommé Jean, connu dans l'histoire sous le nom de Bâtard de f^endôtne.

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