MATHIEU I
Mathieu I, fils aînë de Bouchard IV, et son successeur dan* les seigneuries de Montraorenci, d'Ecouen , de Marli , de Conflans-Sainle-Honorine et d'Attichi , eut l'avantage de plaire e'galementà deux monarques rivaux, Louis le Gros , roi de France, et Henri I, roi d'Angleterre. Le second lui fit e'pouser, vers )'an 1 1 26 , pour gage de son affection , Aune ou Alix , l'une de ses filles naturelles. ( TVillelm. Gemmet. , c. 5a. ) On voit en quel degré d'estime 11 était à la cour de France par l'honneur que lui fit, l'an 1 138, le roi Louis le Jeune, en l'élevant à la dignité de connétable , et par le choix que fit de sa main , en 1 1 4ï > après la mort d'Aline, sa femme, la reine Adélaïde, veuve du roi Louis le Gros. Des distinctions si flatteuses supposent un mérite éminent dans celui qui les obtint. L'histoire cependant ne rapporte de Mathieu aucun trait d'héroïsme , aucune action d'éclat, propres à lui assigner un rang parmi les grands hommes de sou siècle. Il accompagna , l'an 11 4', le roi de France avec sa nouvelle épouse, mère de ce prince, dans l'expédition qu'il fit, sans succès , pour se rendre mailre du comté de Toulouse. ( Du Chesne , Généal. de Mont, pr, p. 4'- ) Sa signalure apposée à plusieurs diplômes que ce monarque fit en différents voyages , montre qu'il était l'un de ses plus assidus courtisans. Du Chesne prétend , mais sans en donner des preuves , qu'il fut associé , l'an 1 147 , lorsque le roi partitpour la Terre-Sainte , à l'abbé Suger, pour administrer en commun le royaume en son absence. La mort lui ravit en 1164 la reine Adélaïde, retirée depuis quelque teras à l'abbaye de Montmartre , qu'elle avait fondée en i r54 , et où elle est inhumée; on voit sa tombe dans le chœur. Elle laissa de son mariage avec ce second époux, si nous en croyons le même généalogiste, une fille nommée Adèle , mariée à Gui II, comtç de Châtillon-sur-Marne , qu'elle fit père , dit-il , de Gaucher ou Gautier, comte de Sainl-Pol. Mais nous ferons voir, à l'article de ce dernier qu'il était arrière-petit-fils de Louis le Gros et d'Adélaïde par Alix, sa mère , fille de Robert I^'' comte de Dreux.
L'abbaye de Sain'. - Victor de Paris regarde comme un de ses premiers bienfaiteurs Mathieu de Montmorenci , sous les yeux duquel elle se forma. D'autres églises reçurent de lui des bienfaits qu'elles ont consignés dans leurs monuments. L'année de sa mort est incertaine : tout ce qu'on ])eut assurer à cet égard , c'est qu'il était encore vivant en 1 160. De son premier mariage il eut Henri, mort jeune ; Bouchard, qui suit ; Thibaut, seigneur de Marli „ qui se croisa, l'an 1 173 , et mourut vers l'an 1 190 , moine cister- «iei» de N. D. du Val^ Hervé, doyen de l'église de Paris et abbe'