‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 4 sur 299 · HERVÉ · texte numérisé non relu

HERVÉ

1090 ou environ. Hkrvé , seigneur de îîarli et de Deuil, et 2;rand-honleillcr de France, fut le successeur de Thibaut, sou i'rère , dans la baronnie de Montmorenci et la terre d'Ecouen. Le premier diplôme du roi Philippe L""" , qu'il souscrivit avec le titre de boufeiller, est de l'an loçS. (Du Chesne , pr., p. a8.) Ses libéralités envers les églises furent considérables', et l'on n'en connaît aucune qui ait formé des plaintes contre lui. H mourut vers l'an 1094, après avoir eu d' Agnes, son épouse, fille de Guillaume JBussac, comte de Soissons , Bouchard, qui suit, et trois autres fils : Geoflroi , Hervé, dont on ne trouve que les noms j et Alhéric, engage dans la cléncalure ; avec une lille , Havoisc , mariée à Nivelon , seigneur de Pierrefons. (Du Chesne, p. 8u )

DES BARONS ET DUCS DE jNÎONTMOKENCr. 7

BOUCHARD IV

iog4 ou environ. Bouchard, fils aîné d'Hervé, fut soh siiccessem" dans les seigneuries de Moutniorenci , d'Ecouen , de Marli , de Fcuillardc, de Saint-Brice, d'Hérouville et d'Epinai. Il afl'ectionna particulièrement le nionaslère de Saint - Martindes Champs, rétabli vers l'an 1060 , et lui fit don, entre autres libéralités , des églises de Ûlonlmartre et de Sainte-Opportune avec les dîmes et leurs dépendances. D'autres églises eurent part à ses libéralités. Mais l'abbaje de Saint-Denis ne fui pas de ce nombre : Elle se plaignait au contraire d'avoir en lui un voisia très-incommode. Bouchard en effet empiétait sur ses terres et y établissait à son profit des coutumes onéreuses. L'abbé Adam, qui gouvernait alors ce monastère , se mit en devoir de réprimer ces usurpations. Ils s^ entre défièrent et s entrecoururent sus à armes et à bataille, et ardi II uns à V autre sa terre. ( Chron. de S . D. ) Le prince Lonis le Gros , désigné roi des Français , ne vit pas d'un œil indiiférent ces hostilités. Dès qu'il eu fut informé , il fit sernondre de droit le baron de Montmorenci par-devant le roi Philippe , son père, au château de Poissi. Bouchard comparut et perdit sa cause par le jugement de la cour. Mais il en appela à son épée , et se retira aussitôt sans qu'on pensât à mettre la main sur lui ; ce car l'usage des Français , dit Suger, )) ne le permettait point ». Louis, déterminé à le réduire par la lorce , assemble aussitôt son armée , et la mène dans la vallée de Montmorenci, dont il livre aux. flammes les villages et les hameau:? à la vue de Bouchard, retranché dans le château sans oser ea îortir, quoique secondé par Mathieu , comte de Beaumont, soi\ beau frère, et Hugues de BIcuchi , gendre de ce dernier. La place était forte par son assiette et par les ouvrages qui la défendaient. Louis, pour s'en rendre maitre, appelle à son secours Robert II, son oncle maternel ( avwicnhnn) , comte de Flandre (1). Adèle, femme d'Etienne, comte deBlois, envoya de son côté cent chevaliers au prince dans l'absence de son époux qui était à la croisade ; et Simon II, comte de Montfort-l'Amauri , vint le joindre dans le même tems avec ses vassaux. ( Ordéric Vital , 1. XI, p. 856. ) Louis , avec ce renfort, ayant investi le château de Montmorenci, en pressa vivement le siège, qui fut soutenu avec une égale valeur par Bouchard et ses confédérés.

(1) Robert II était filsde Robert I , dit Je Frison , et de Gertrnde de Saxe, qTii de Florent , cotote de Hoilandc , son premier mari , avait eu Bcrthç, mèra de Louia le, Gïqs.

8 C!II\0NOL.0î;iE HlSJOniQUC

Le prince eut même le de'safjie'menl de se voir abandonne', dan? un assaut qu'il donna, par une partie de ses braves , qui de'couragèrent leurs compagnons eu fuyant par une terreur feinte de l'ennemi : lâcheté dont Je vrai motif e'tait la crainte de se voir à leur tour exposés à la vengeance de leur souverain, en se livrant à des excès semblables à ceux qu'il voulait punir. Cet assaut coûta la vie à Raimbaud Creton , qui avait monte' le premier à celui de Je'rusalem; au chevalier Richard de Ligne , qui s'e'lait aussi distingue' dans la même action , et à d'autres braves chevaliers.

Bouchard ne se laissa point éblouir par l'avantage qu'il venait de i-emporler. Considérant que tôt outard il succomberait aux efforts d'un prince dont la puissance était incomparablement supérieure .à la sienne , il négocia sa paix avec lui, et la conclut en soumeltajit le sujet de leur querelle à sa décision. Depuis ce lems il vécut dans une parfaite intelligence avec ce prince et le roi, son père.

Le comte de Beaumont ne s'appliqua pas, ou du moins ne réussit pas également à regagner les bonnes grâces de Louis. Nous voyous en eflet que ce prince l'année suivante ( 1 102), vint assiéger son château de Chambli dans le Bcauvoisis. Mais il essuya le même revers qu'au siège de Montmorenci, et cela, dit Ordéric Vital, par Tes intrigues de Bertrade, sa marâtre, qui avait corrompu la fidélité des cliefs de l'expédition. Le baron de Montmorenci s'abstint de prendre parti dans cette aflaire , suspendu par la reconnaissance qu'il devait au comte de Beaumont et par l'attachement qu'il avait voué à l'héritier du trône.

Quoique l'histoire se taise sur l'article de Bouchard IV pendant les dix-huit années qui suivirent sa réconciliation avec Louis le Gros, il n'est guère vraisemblable que sa valeur soit demeurée oisive au milieu des fréquentes guerres qui agitèrent la France dans ce long espace de tcms. On pourrait même affirmer positivement le contraire , s'il était certain , comme le prétend du Chesne que Bouchard fût alors pourvu de la charge de connétable. Mais c'est une assertion de cet écrivain , qui, loin d'être fondéesur aucun ancien monument , se trouve formellement combattue par un de ceux qu'il nous fournit lui-même. (Pr. p. 56.) Celte pièce est un diplôme de Louis le Gros , daté de l'an in 6, par lequel il confirme les donations faites par Bouchard au monastère de Saint- Martiu-des-Cliamps. Parmi les grands qui le souscrivirent, on voit le connétable Hugues de Chaumont , dit le Borgne, qu'on sait d'ailleurs avoir joui de cette dignité dès la première année du règne de Louis le Gros ( no8) , et n'être mort qu'en ii38. ( Anselme , T. VI, p. /j5. )

L'an n 19 fut une époque remarquable de la vie de Bouchard.

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Depuis trois ans Louis le Gros était en guerre avec Henri I , roi d'Angleterre. Rc'solu d'aller alla([ucr ce prince dans son duché' de Normandie, il consulta sur ce dessein le baron de Montmorenci,qui ne l'approuva pas. Bouchard lui repre'senta , mais eu vain, que son ennemi l'attendait avec des forces supérieures aux siennes. L'e've'nemcnl justifia ses remontrances. Le combat do Breiineville, près de Noyon-snr-Andèle , s'e'tant engage', le 9l> août 1 1 »9, par l'obstination du connétable Hugues deChanmonl, contre l'avis de Bouchard, celui - ci , à la tête des troupes du Vexin, fond sur l'avant - garde des JN'^ormands, dont il renverse la cavalerie surl'infanterie. (Suger. ) Mais les troupes du corps de Lataille, commande par Louis, e'tant arrive'es, combattirent avec une telle confusion, qu'il fut aise' au roi d'Angleterre de le metlr(j ende'route. Tandis qu'elles entraînent le roi de France dans leur fuite, Bouchard, enveloppe' par les troupes re'unies des enuemis, voit échapper de ses mains la victoire, et devient prisonnier avec Gui de Clermont et d'autres braves qui combattaient à ses côtes. Le vainqueur auquel il est présente' après le combat, lui rend la liberté' ainsi qu'à Hervé' de Gisors , son cousin, tant en considération de leur mérite, que parce qu'ils e'taient vassaux de l'une et de l'autre couronnes. Depuis ce tems on n'aperçoit [plus de traces de l'existence de Bouchard que dans une charte de Pau ï 124, par laquelle il confirme les dons qu'il avait faits à l'église de Saint- Martin-des-Champs. (Du Chesne , pr. , p. .S8.) Le jour de son de'cès , dont on ne peut marquer l'anne'e, est lixe' dans le calendrier de l'e'glise d'Amiens au 12 janvier. Bouchard IV avait e'pouse' en premières noces Agnes, fille d'Yves II, comte do Beaiimont-sur-Oise , qui lui apporta en dot la terre de Conflans- Sainte-Honorine, près de Ponloise, et dont il eut Mathieu , qui suit ; Thibaut, qui accompagna le roi Louis le Jeune au voyage d'oufre-mer , en ij47 7 Adeline , ou Heivide, dite aussi Machiiiiie , femme de Gui, seigneur de Guise ; et Agnès, marie'e, diîon , à Salon, vicomte de Sens. La seconde femme de Bouchard , nomme'e aussi Agnès , fille de Raoul, surnomme' le Délicat, seigneur en partie de Pontoise, eut de lui , Hervé, qui , après avoir servi les rois Louis le Gros et Louis le Jeune dans leurs guerres , cml)iassa le parti de Henri II, roi d'Angleterre, engagé à cela , dit Silvcstre Girald, par son mariage avec Elisabeth de Meulent, veuve de Gilbert Clare , comte de Pembrock ; et Hermer, dont la mort est marquée au 24 juillet dans l'obituaire de l'abbaye du Val, près de l'Ile-Adam,

lO CHRONOLOGIE HISTORIQUE

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