‹ L'art de vérifier les dates (volume 3)Chapitre 106 sur 111 · CHRONOLOGIE HISTORIQUE DU NOUVEAU TESTAMENT · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE HISTORIQUE DU NOUVEAU TESTAMENT

ENTREMÊLÉE DE CELLE DES JUIFS QUI Y CORRESPOISD , DEPUIS l'incarnation DU VERBE JI'SQD'a LA RUINE DU TEMPLE.

AVANT L'ERE VULGAIRE

Années.

6 1j'aN747 (0 de la fondation de Rome, selon Varron , sous le consulat de C. Antistius Velus , et Decimus Lœllus Balbus , la 4'>'^« année de l'ère julieniie , la 3t)C. d'Auguste, depuis la mort de Jules César, ou la aS*., depuis la bataille d'Actium, la 65'^. depuis qu'Hérode avait été déclaré roi de la Judée, la a^. de la igS*. olympiade, et la 4"o^'« de la période julienne, c'est-à-dire cinq ans , neuf mois et sept jours avant l'ère vulgaire , le tems arrivé de la rédemption du genre humain , promise dès la chute du premier homme , prédite par tous les prophètes , figurée par toutes les cérémonies de l'ancienne loi, attendue, de tous les justes, le aS du mois de mars, l'ange Gabriel est envoyé du riel à Nazareth , ville de Galilée , à une vierge nommée Marie, de la maison de David,

(i) L'<epinion que nous suivons comme la plus probable (car nous ne la donnons pas pour absolument certaine) sur l'année de la naissance du Sauveur, est celle qui a pour auteur Marc-Antoine Cappelli, franciscain , el que M. le INoble de Saint-Georges , a développée dans une savante dissertation sur ce sujet , imprimée à Paris en i6g3. 11 est surprenant que M. Freret. qui a traité la même matière dans les ïMénioires de l'académie des Belles-Lettres, /om. XXI , pag. 278 el suivantes ^ ait donné la préférence au sentiment du P. Pétau, et d'autres

r6o CtiRÔ>'OLÔGIÉ ÏIISTOtliQUÈ

Av. rèie vu!.

mariée à Joseph (i) , do la même race (2.), pour lui annoncer cjuVlle concevra uans son soin , par Topëralion ilu saint Esprit, un fils qui sera appi'lé le fi/s du Très- Haut , e.i règnf.ra éternellement sur la luaison de Jacob i Voyant la Vierge troublée à ce discours , il la rassure en lui appre-

cluonologislcs , qui retardent d'un an rcvénement dont il s'agit , et ne le font précéder, que d'environ trois mois , la mort d'Hérode , arrivée , comme ils en conviennent d'après Josiplie, peu de jonr.^ avant Pâques, trente-sept ans après que ce prince eut obtenu des Romains la royauté ; ce qui revient à l'an 4^ de l'ere julienne , ^49 ^^ '«• fondation de Kome , 4*- année avant notre ère vulgaire. C'est assurément resserrer dans des bornes trop étroites, tout ce que 1 Evangile place entre ces deux époques. En effet,. il est constant, par le témoignage de saint Luc , que la sainte %'iergc se soumit à la loi de la purification. Après «pioi . cet évangéliste dit qu'elle retourna à Nazareth (d'où elle revint ensuite, comnii; nous le prouverons plus bas, à Bethléem.). Or, la purification de la ^'ierge est antérieure à l'adoration des Mages, quelque intervalle que l'on mette entre la naissance du Sauveur et leur arrivée à Bethléem ; puisque saint INIathieu dit, qu'après leur départ j Joseph fut averti par l'ange de prendre la mère avec l'enfant , et de les emmener en Egypte. 11 faut donc compter d'abord les quarante jours qui s'écoulèrent depuis la naissance du Sauveur, jusqu'à la purification de Marie ; placer ensuite l'arrivée des mages , puis la fuite en Egypte , qui n'a pu se faire qu'en beaucoup de jours , y ayant près de cinquante lieues de Jérusalem à la frontière d'Egypte , et enfin le tems, quelque bref qu'on veuille le supposer, que Joseph demeura dans ce pays , d'où il est certain qu'il ne revint qu'après la mort d'Hérode. (3r, il n'y a nulle apparence que toutes les circonstances (ju'on vient de marquer puissent se rassembler en aussi peu de tems qu'il s'en trouve entre le 25 décembre d'une année , et la fin de mars de la suivante. D'où il s'ensuit que Notre Seigneur na{(uit en la /^o^. année julienne , 748 de la fondation de Rome ; et cela s'accorde avec l'ancienne tradition, qui lui donne deux ans lorsqu'il fut ramené d'Egypte.

(i) Les mariages, chez les juifs, se contractaient dans une assemblée de parents et d'amis, sans l'intervention d'aucun ministre de la religion. Ainsi les peintres manquent au costume, en représentant Marie épousant Joseph dans le Temple , en présence du grand-prètre qui les unit.

(2) Saint Mathieu et saint Luc ont tracé deux généalogies de Jésus- Christ , qui le font également descendre de David , mais qui édifièrent entr'ellts . d'ailleurs, en plusieurs points. Cela prouve qu'il ne les ont pas faites de concert, mais non pas qu'ils se contredisent. L'un a nommé le< ancêtres de Jésus-Christ; selon la nature ; l'autre ses ancêtres, selon la loi de Moïse, qui ordonnait qu'une femme étant devenue veuve sans enfants, le plus proche parent du défunt l'épou- .serait pour en avoir des enfants qui seraient ttnsés apparteniv au premier mari.

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ÀV. l'Ii» vul.

nant qu'Elisabeth , sa cousine , femme du prêtre Zacharie , avancée en âge, et stérile jusqu'alors, a conçu , dans sa vieillesse , un fils ^ et que déjà elle est au sixième mois de sa grossesse, parce que rien, dit-il, n'est impossible ii Dieu. Marie croit h la parole de l'ange , et se met en roule ^ après qu'il a disparu, pour aller trouver Elisabeth dans les montagnes de Judée (peut-être à Hébron, l'une des villes destinées pour les prêtres, à trente lieues environ de jXazareth); elle demeura trois mois auprès d'elle. Ce fut durant ce séjour , ou trr-s-peu de tems après le départ de Marie , qu'Elisabeth accoucha de son fils, qui fut nommé Jean. C'est le nom que Zacharie , son père, indiqua sur ses tablettes, par inspiration divine , étant uemeuré muet depuis sa conception , pour n'avoir pas ajouté foi à l'ange qui \a lui avait annoncée. Sa bouche s'étailt ouverte alors , il chante un cantique d'actions de grâces, dans lequel il prédit que Jean sera le prophète du Très-Haut , et le précurseur du Messie.

6 Au mois de décembre suivant , Marie se rend avec Joseph à Bethléem , ville de la tribu de Juda , et lieu natal dé David , pour se faire inscrire dans le dénombrement général des sujets de l'Empire , ordonné par Auguste, troià ans auparavant , mais qui n'avait pu s'exécuter dans la Judée avant qu'elle eût prêté serment de fidélité à ce prince. Les hôtelleries de Bethléem se trouvant remplies parla multitude des étrangers que le même sujet y avait attirés , Marie et son époux ne trouvèrent de retraite que dans une caverne qui servait d'étable (i). Comme l'heure de l'cn-

(i) Bethléem était bâti sur une montagne pleine de rochers dans les-* quels on avait creuse plusieurs maisons. On voit encore l'élabie où naquit le Sauveur-, sur laquelle on a ek'vc une e'glise qui est desservie par trois monastères de Grecs, d'Arméniens et de Latins, ^ dont Xa ï*. Naii , missionnaire . a donné la description dans son Voyage de la Palestine. 11 y a bien de l'apparence que cette étable n'était pas vide d'animaux , lorsque Marie et Joseph s'y retirèrent , vu l'affluence d'étrangers qu'il y avait alors à Bethléem. Ainsi les peintres et les sculpteurs n'abusent ])oint de la permission qu'ils ont de teindre , en mettant un bœuf et un une présents à la naissance du Sauveur. Ce qu'il y a de certain . c'est qu'ils étaiçnt, en possession , dès les premiers tems , •d'exprimer cette idée avec leurs pinceaux et leurs ciseaux , comme le prouvent de très-anciennes peintures sur verre, et des sculptures trouvées sur des tombeaux du quatrième siècle, V. Boltari {Explic, sacrar. IL 21

iGâ CHRONOLOGIE HISTORIQUE

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fantement de celte vierge était arrivé, elle y mit aii monde , vers le milieu de la nuit, le lils de Dieu , d'une manière aussi miraculeuse qu'elle l'avait conçu. Ce jour, mémorable à jamais, fut le 2.S décembre, suivant une tradition constante.

Des bergers alors faisaient paître lem's troupeaux dans ; la campagne, et seillaient sur eux, pendant la nuit, dans un

lieu nommé la tour d'Ader. Un ange vient leur apprendre riieureusc nouvelle de la naissance d'un Sauveur ; et aussitôt une multitude d'esprits célestes se joint à ce béraut pour cbanter la gloire du Très-Haut et soubaiter la paix aux bomraes chéris de Dieu ; après quoi ils se retirent dans le ciel. Etonnés et ravis de ce qu'ils vieniient devoir et d'entendre, les bergers se rendent à Bethléem , entrent dansl'étable, y trouvent l'enfant couché dans une crèche, enveloppe de langes , l'adorent , et s'en retournent gloriiiant Dieu et publiant les mei-veilles dont ils ont été témoins.

5 Huit jours après sa naissance , le (ils de Marie est circoncis ; et à cette cérémonie il reçoit le nom de Jésus (i) (c'est-à-dire Sauveur), comme Fange l'avait marqué à Joseph , avant qu'il fut né. La circoncision étant la marque du péché, rien ne paraissait plus opposé à la sainteté du fils de Dieu que d'en recevoir l'impression dans sa chair. Cependant il était d'ailleurs utile , et m.ême nécessaire pour son ministère , qu'il fût circoncis ; parce qu'autrement Il n'aurait pu avoir de commerce avec les Juifs , auxquels l'Evangile devait être annonce avant de l'être aux Gentils , et annoncé par lui-même , étant destiné

piclur. ef sculptur. Romœ subter ^ p. 88, 89. Tab. 22.) et Gorî {de prasepi. D. N. J. C. p. 82.) Cela est d'ailleurs ronforme à la lettre du texte sacré d'Isaïe (1.2.) et d'Habacur (111 2 ) que des modernes expliquent trop légèrement dans un sens allégorique.

La crèche où fut mis le Sauveur était de bois. Elle fut apportée , dans le septième siècle, à Rome , et placée dans l'église de Sainte- Marie-Majeure , où elle se voit encore aujourd hui. {Benêt/. XIV de Canonisât. SS. l. 4» par. 2.)

(i) La Circoncision se faisait ordinairement à la maison , par le ministère de tel parent, ou ami qu'on voulait choisir, même quelquefois par le père on la mère de l'enfant ; et ce n'était pas toujours à cette cérémonie qu'il était nommé.

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par son père à en être le ministre à Tégar J des enfants d'Israël.

Il régnait alors sur la terre une paix universelle , prélude bien convenable à la naissance de celui qui était Ifr Prince de la Paix , comme les prophètes le qualifient. Mais elle ne dura pas IVspace de douze ans, ainsi que le marque Paul Orose, écrivain du cinquième siècle ; puisqu'on voit , par les historiens du teius d'Auguste et de Tibère, que depuis Tan quatrième avant l'ère vulgaire, il y a eu des guerres continuelles sur les frontières de l'em— . pire romain.

Deux affranchis de Phéroras , frère d'Hérode , viennent accuser la veuve de ce prince devant Ilérode de l'avoir fait empoisonner. Hérode , pour vérifier cette accusation , fait appliquer plusieurs personnes à la torture. En cher-i chant la cause de la mort de son frère , il découvre la vérité de l'intrigue nouée par Phéroras et Antipater , sort propre fils , pour l'empoisonner lui-même. Sa tendresse pour ce fds dénaturé se tourne alors en fureur. Il dissimule néanmoins, et attend pour éclater qu'il l'ait entre ses mains pour le punir. Antipater était alors à Pvome , où il s'était retiré après le complot dont on vient de parler.

5 Marie étant relevée de ses couches au bout de quaran'e jours, porte son fils au Temple le 2. février , le piésente au Seigneur , et offre en sacrifice, à la manière des pauvres , deux tourterelles ; l'une en actions de grâces ( les riches offraient un agneau ), l'autre pour le péché, c'est-à-dire pour l'impureté légale qu'elle semblait avoir contractée , comme les autres femmes, par les suites de l'enfantement. Un saint vieillard , nommé Siméon , à qui le Saint-Esprit avait promis qu'il ne mourrait pas sans voir le Christ (\a Seigneur, qu'il attendait , arrive au '1 empîe par l'inspiration divine en ce moment ; et ayant pris Tentant entre ses bras, bénit le Seigneur par un cantique ; puis , en le rentietlant à sa mère, il lui prédit que ce fils est né pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs, qu'il sera en butte à la contradiction, et qu'elle même erkaura l'àme percée comme par un glaive. Une femme de la tribit d'Aser , veuve dès sa jeunesse, nommée Anne , âgée pour lors de quatre-vingt-quatre ans, étant survenue à la même heure, parle de cet enfant avec admiration à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël.

Joseph et Marie , après cela -, s'en retournèrent à Naza-

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reth , leur ville ; mais ils y restèrent peu de tems , et revinrent à Bethléem (i), où vraisemblablerAent ils furent rappelés par des personnes pieuses , rpie les merveilles; opérées à la naissance de l'Enfant Jésus , avaient frappées et déterminées à le regarder comme le vrai Messie.

Depuis quelque tems, un météore lumineux , ayant l'éclat , la forme et la consistance d'une étoile , paraissait sur riiorizin d'un pays situé à l'Orient de la Judée , et exerçait la sagvicité des mages, secte de philosophes, principalement adonnée à l'astronomie. Dieu révèle enfin à quelques-uns d'entre eux, que ce phénomène annonce la ïiaissance d'un roi des Juifs , qui doit être le sauveur de sa nation et de tout l'univers. Ils partent pour l'aller adorer ; et étant arrivés à Jérusalem , ils s'informent où est le roi des Juifs nouvellement né. A celte demande , toute la ville est en trouble ; Hérode sur-tout en est consterné , comme si elle lui annonçait un rival qui dût le détrôner. Il assemble là-dessus les docteurs juifs, pour savoir d'eux où le Christ doit naître ; car il ne doutait point que cet enfant ne fut le Messie dont toute la nation juive attendait l'avènement comme très-prochain. On lui répond que c'est à Bethléem de Juda , ainsi que les prophètes l'ont prédit. Ayant fait venir ensuite les mages, il les interroge sur le tems où l'étoile leur avait apparu; puis il les congédie, après les avoir chargés de s'informer soigneusement de tout ce qui concernait le nouveau-né, pour lui en faire un récit exact à leur retour. Les mages s'étant remis en route, l'étoile qu'ils avaient vue en Orient reparaît (2), chemine devant eux, comme pour leur servir de guide , et s'arrête sur l'endroit où était l'enfant. Etant entrés dans la maison^ ils le trompent avec Marie , sa mère , et l'adorent en se prosternant ; puis , ayant ouvert leurs trésors , ih en tirent de l 'or , de l 'encens et de la mirrhe , yu 'ils lui offrent

(i) Voici la preuve de ce retour. Lorsque Joseph ramena l'enfant d'Egypte, il appréhenda 1 dit l'Ecriture , d'aller en Judée ^ sur ce qu'il apprit qu^rchelaiis y rt'giiait à la place d'He'rode , son père. Son premier dessein e'taiti|^or.c d'aller s'y établir. Pourquoi cela, sinon parce qu'il demeurait en Jude'e , avant que de passer en Egypte? Oui sans doute il y demeurait , puisque ce lut de Bethléem , qu'il emmena en Epypie , l'enfant Jésus avec sa mère.

(2) L'opinion commune est que rctoilc avait conduit les mages de leur paj-sjiisqu'à Jérusalem, Mais cela n'est point marqué dans l'Exa^-i gile,

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en présents (i). Mais la nuit suivante, un ange les avertit en songe de changer de route en s'en retournant , et de, ne point répasser par Jérusalem. Furieux d'avoir été trom[>é par les mages , Hérode donne ordre de massacrer tous les enfants de deux ans et au-dessous , à Bethléem et dans les environs, afin que le Messie ne puisse lui échapper (2). Mais Joseph, prévenu de cet ordre cruel par Tange, emmène par son commandement l'Enfant Jésus en Egypte avec sa mère. L'historien Josephe ne parle point de cç massacre ; mais un auteur païen de la fin du quatrième siècle de l'Eglise ( Macrob. Saturn. h. II, c. 4- ) supplée à ce silence.

Antipater ignorant ce qui se passe à la cour de son père , et ne doutant point que les poisons qu'il lui avait fait préparer n'aient produit leur effet , part de Rome pour retourner en Judée. Mais à ïarente, il apprend que Phéroras n'est plus , et la découverte qui a été faite du complot après sa mort. A celte nouvelle , il veut rebrousser chemin. Ses amis dissipent ses frayeurs, et l'engagent à s'embarquer. Arrivé à Sébaste, il y est reçu, avec des imprécations , par les Juifs, qui l'appellent hautement le meurtrier de ses frères. Il arrive enfin à Jérusalem, où son père l'attendait avec autant d'impatience que lui-même avait de crainte de s'y rendre. On l'arrête aussitôt; et peu de tems après on instruit son procès, en présence d'Hérode et de Quintilius Varus, gouverneur de Syrie. Nicolas de Damas , premier ministre d'Hérode, parle pour le monarque dans cette affaire. Antipater convaincu , inalgi-é l'artifice qu'il avait mis dans ses défenses, est condamné à mort. La sentence est envoyée à l'empereur , qui la confirme à rc« gret. Ce fut^lors qu'il dit , à ce qu'on prétend, (ju'il valait mieux être le pourceau (V Hérode que son fils. 4 Hérode , sur ces entrefaites, tombe dangereusement malade. Mathias, fils de Margalothe , et Judas , fils de Sariphée, deux célèbres interprètes de la Loi, profitent de la conjoncture pour engager leurs disciples à arracher ,

(i) C'est sur le fondement de ces trois sortes de présents, qu'on a réduit les mages au nombre de trois.

(2) Le nombre di-s enfants c|ni pc'rirent dans ce massacre , n'est anarqué nulle paît. Mais comme Rethle'em était une petite ville dont le territoire, à raison du vûi.sinan;e de Je'rusaleni , ne pouvait être d'une plendue considérable , ce nombre ne saurait, être guère évalué au-delà l^'unç centaine.

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At. l'ère vul.

comme une profanation du lieu saint , l'aigle d'or qu'Héroae avait fait placer sur le portail du Temple, Hérodc , imputant cette entreprise à tous les Juifà, se fait transporter à Jéricho , ou les chefs de la nation sont mandés. Ils s'excusent d'avoir eu part à l'attentai dont il se plaint , et en nomment les véritables auteurs, tierode fait brûler ceux-ci tout vifs. JosepLe dit que la nuit même de cette exécution , il y eut une éclipse de lune, laquelle effectivement arriva le i3 mars de l'an 4^ de l'ère julienne, environ à di'ux heures et demie du ni.il in, suivant les tablfs astronomiques. La maladie d Mérode augmentant , les Jiîifs font sur sa mos t pn^cdaine des réjoiiisoances publiques, dont le bruit retentit jusqu'à ses oreilles. Transporté de rage, il fait enfermer les principaux d'entre eux dans le cirque, avec ordre à Salome , sa sœur , et à son époux Alexas, de les faire égorger dès qu'il aura rendu l'esprit. C'esi aùisi, dit-iL i/ue je préfends non-seulement réprimer la maligne joie de ce peuple^ mais V obliger de i>er~ ser des larmes à ina mort. ^,

Un faux bruit se répand quTlérode vient d'expirer , et pénètre jusque dans la prison d'Antlpater. Croyant le moment arrivé, non-seulement île s:> délivrance , mais de son élévation au trône , il sollicite , mais en vain , son geôlier de rompre ses liens. Hérode en étant instruit , envoie sur-le-champ un garde poiir le tuer , et commande qu'on l'enterre sans pompe dans le château d'îlin anion ; ce qui est exécuté. Il meurt enfin lui-même, cinq jours après, quelques jours avant Pâques, selon Josephe ( et non vers le milieu de l'automne, comme porte le calendrier actuel des Juifs ), la quatrième année avant notre ère vulgaire, la soixante-dixième année de son âge, la trente septième de son règne, et trente-quatre ans après la mort d'Antigone. Le jour de sa mort fut vraiment, pour les Juifs, un jour de triomphe, dont aucun événement fâcheux ne troubla la sérénité ; car Alexas et Salomé rendirent la liberté aux malheureuses victimes qu'il leur avait ordonné d'immoler à ses obsèques. Peu de princes, jusqu'alors , avaient laissé une mémoire plus odieuse que lui. Esclave des Romains, tyran de ses sujets, bourreau de sa famille, implacable dans sa haine, fyrieux dans ses transports, sacrifiant tout à son ambition, et ne connaissant de Inique sa volonté ; iTiais adroit , courageux , entreprenant , porté aux choses d'éclat et habile à les exécuter : il eut les vices et les talents qui font les scélérats illustres»

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Av. l'ère rul.

C'est ce mélange de qualités cmineiitcs en bien et en mal , qui lui a valu dans la postérité le surnoiii de Gr-IiND.

M avait eu dix femmes: 1". DORIS ; a*'. Mahiamne , fille dWlexaudre Jannée; 3". MalthAcÉ, samaritaine; 4". CleoP-.tre; 5". Mariamne, fille du prêtre 5" mon , qu'il éleva au souverain pourificat , et qu'ensuite il destitua ; 6". Pal LA ; 7". IMiédra ; 8». Èlpide , et deux autres qui ne lui doimèrenl point d'enfants. De la première, il eut Antipaîcr, qui laissa en mourant d'Antigona , sa première épouse, fille d'Antigoneasmonéen et de Mariamne, deuxième femme du même Antigone et sa nièce, un iils marié à la fille de Phéroras, son oncle. De Mai'iamne , fille de Jannée, Herodeeut Alexandre et Arisiobule , qu'il fit mourir l'un et l'autre, et deux filles, Salampsa, mariée à Phasael , sonco\isin, et Cypre , femme d'Anti- {)ater, fils de Salomé. Malthacé fit Hérode père d'Archéaiis et d'irlérode Antipas. De Cléopâtre , il eut Philippe ; et de la deuxième Mariamne Hérode-Philippe, mari d'Hérodias, sa nièce, iille d'Arislobule (i). Par son testament, qu'Auguste raliiia dans la suite , Hérode fit héritier de son royaume Archélaiis; Antipas fut tétrarque de Galilée et de Pérée ; et Philippe , iils de Cléopâtre . tétrarque de la Gaulonite, de la Trachonite, de la iJatanée et de Pa-i néas , nommée aussi Cesarée, avix ses environs, toutes provinces comprises sous le nom d'Iturée. A l'égard d'Hérode-Philippe , qui survécut aussi à son père , il n'eut que de l'argent, sans aucune principauté. Eusèbe de Césarée donne encore à Hérode pour fils Lysatiias, qui fut , suivant saint Luc, tétrarque d'Abilèae , pays situé erltre le Liban et l'antl-Liban, dont la capitale était Abila, aujourd'hui Belinas ; d'autres pensent, avec plus de fondement, que ce Lysanias était petit-llls de Ptolémée Mennée, par son père Lysânias , que la reine Cléopâtre fit mourir. 4 Arciif.laus est reconnu roi de Judée dans une grande; assemblée qu'Alexas et Salome avaient convoquée à Jéricho aussitôt après la mort d'Hérode , son père. Cependant le testament de ce prince, que t'tolémée , son secrétaire, y lut, portait formellement que les dispositions qu'il renfermait n'auraient lieu qu'âpre. qu'Auguste l'aurait confirmé. C'est ce qui fit qu' Archélaiis refusa de porter le diadème avant que cette condition fût remplit^. Son premier

(1} Voyez ci-après les descendants d'iiéiode.

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soin , après avoir congédié l'assemblée, fut de travaiîler aux obsèques de son père; elles" furent magnifiques, le corps d'Hérode , revêtu à la royale, était porté dans une. litière d'or enrichie de pierreries. Les fils du mort et ses proches parents suivaient la litière. Les gens de guerre , armés comme en un jour de combat , marchaient après eux , distingués par nations. Cinq cents officiers du défunt roi portaient des parfums et fermaient la pompe. Us marchèrent en cet ordre, durant huit sla les , ou raille

iias , jusqu'au château d'Iîérodion , où ce prince fut inlumé, comme il l'avait ordonné.

De retour à Jérusalem , Archélaiis fit pendant sept jours, suivant la coutume, le deuil du roi, son père; après quoi étant monté au Temple, il s'assit sur un trône d'or, et parla au peuple avec une bonté qui lui attira de grondes acclamations. On lui souhaita toutes sortes de prospérités pour le voyage de Rome , auquel il se préparait , et on lui témoigna un grand empressement de le \ oir de retour avec la confirmation de sa royauté. Mais peu de jours après, des Juifs , mécontents et inquiets, excitèrent une sédition dans les fêtes de Pâques, en demandant vengeance de la mort de Mathias et des autres qu'[lerode avait fait massacrer pour avoir arraclié l'aigle qu'il avaitfait placer dans le Temple. Un grand nombred étrangers, qui étaient venus à la fête , se joignirent à eux. Archélaiis ne pouvant calmer ces mutins par la voie des remontrances, fut obligé de recourir à la force pour les réprimer. Trois mille d'entre eux furent massacrés par l'armée du prince au sortir du Temple, et le reste se dissipa.

Archélaiis se met en route pour Rome , accompagné de Malthacé , sa mère, de Salomé , sa tante , avec sa famille, de plusieurs autres de ses parents, de Nicolas de Damas , principal conseiller dlîérode , et de divers amis. Hérode-Antipas , son frère, le suit, dans le dessein de le supplanter et d'obtenir de l'Empereur la Judée, en vertu d'un premier testament d'IIérode fait en sa faveur. Anlipaler, fils de Salomé , jeune homme éloquent et grand ennemi d'Archélaiis , appuie la demande d'Antipas. Nicolas de Damas parle pour Archélaiis, et réfute tout ce qu'on alléguait contre lui. On produit de part et d'autre des mémoires que l'impercur remet à son conseil pour les examiner.

La Judée cependant était en proie à de nouvelles sédi-

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