‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 115 sur 277 · ALDEBERT V · texte numérisé non relu

ALDEBERT V

I i5o au plutôt. Aldebert V, fds et successeur de Bernard II, vécut dans des agitations continuelles, mais infructueuses , pour défendre ses domaines. Les seigneurs aquitains, dont il implora le secours , augmentèrent ses malheurs en l'engageant dans leurs révoltes contre le souverain. A la fin , se voyant dépouillé d'un côté par le sire de Lusignan, de l'autre par le roi d'Angleterre, il vendit à ce dernier ce qui lui restait, par traité passé le 17 décembre 1177, à l'abbaye de Grandmont, moyennant quinze mille livres angevines, vingt palefrois et vingt mulets. (Roger de Hoveden , Jean Brorapton. ) (1) Aldebert se détermina d'autant plus facilement à cette vente, qu'il n'avait, dit Geoffroi du Vigeois, qu'une fille, nommée Marquise, femme de Gui de Comborn , laquelle était stérile , et qu'il était séparé de sa femme que le sire de Pons avait épousée depuis leur divorce. Il avait perdu quelque tems auparavant, suivant le même auteur , un fils unique, lequel ayant tué, dit Vincent de Beaurais, un chevalier en trahison, fut enlevé par un parent du mort et ne parut plus. Mais Geoffroi de Lusignan et ses frères, ajoute le prieur du Vigeois, s'opposèrent, à titre de plus proches héritiers , à celte aliénation dont le roi d'Angleterre se désista. Aldebert partit , l'an 1180 après Pâques, pour la Terre-Sainte; mais il n'y arriva pas, et mourut à Constantinoplc, le 29 août suivant, fête de la décollation de Saint-Jean. {^Gaufr. Vos.) N'oublions pas qu'en n6o il donna des statuts à la ville de Bellac pour assurer ses privilèges et fixer la jurisprudence qui devait la régir.

WATHILDE ET HUGUES, IX*. du nom, sire de Lusignaîï.

1180. Mathilde, fille de Wulgrin 111, comte d'Angou-

(i) Geoffroi du Vigeois, au lieu de quinze mille livres, dit cinq mille marcs. Si cet auteur, qui était contemporain . ne s'est point trompe, il paraît que trois livres angevines valaient un marc; et comme le marc d'ar{>ent fin ^taif, sur la fin du règne de Louis VII , à 53 sous 4 deniers , la livre angevine devait valoir 17 sous g deniers uie tiers : ainsi , quinze mille livres angevines reviendraient à près de 2^07,500 livres de notre monnaie actuelle.

2^0 CHROXOLor.ir. historique

l<^mc , et pctile-fiUe de Ponce de la Marche, femme tle ^Vulgrin II, conxte d'Angoulême , succéda, par l'autorité de Richard , duc d'Aquitaine , et depuis roi d'Angleterre , comme plus proche parente, à Aldebert IV, dans le comté de la Marche, dont Hugues le Brun, IX^. du nom, sire de Lusignan, ou Lesignem , tenait déjà la plus grande partie. Richard , en appuyant le bon droit de Mathilde , agissait autant par intérêt que par justice , ayant alors envie, suivant Geoffroi du V^igeois, de l'épouser. Mais le roi, son père , qui l'avait fiancé avec Alix, fille du roi de France , l'empêcha de suivre ce dessein. L'an iiSi , après la mort de Wulgrin III, comte d'Angoulême , Mathilde forma des prétentions sur ce comté. Les frères de \Vulgrin lui disputèrent cette succession , et vinrent à bout de lui en arracher la plus grande partie , malgré la protection que lui accorda le duc Richard. Mathilde n'était pas plus tranquille du coté du sire de Lusignan , qui cherchait toujours à lui ravir ce qui lui restait du comté de la Marche. A la fm , elle se rendit (on ne peut dire en quelle année) à la demande qu'il lui fit de sa main , et l'épousa. Hugues IX de Lusignan était le fils de Hugues VIII , dit le Brun , surnom qui passa aux aînés de ses descendants. Bourgogne , sa mère , fille de Geoffroi Rançon , soigneur de Taillcbourg , avait apporté en dot, à son époux , la terre de Fontcnai. Hugues IX , depuis son mariage , vécut en bonne intelligence avec le duc Richard , et ce prince ne changea point de dispositions à son égard lorsqu'il fut monté sur le trône d'Angleterre. L'an 1190 , il fut de son voyage d'outre -mer. Cependant Benoit de Péterborough semble dira qu'il était dans l'armée de Philippe Auguste , lorsque ces deux monarques séjournaient ensemble à Messine , en allendant le printems pour continuer leur route. Après la mort de Richard, la reine Eléonore , sa mère , étant venue en 7\quilaine, Hugues le Brun , dit Albéric de Trois- Fontaines {ad an. 1 190) la surprit dans une embuscade , et l'obli-rea de lui céder la portion du comté de la Marche dont jouissait l'Angleterre. Le roi Jean, successeur de Richard, son frère, n'eut point, au commencement de son règne , de partisans plus zélés que le comte de la Marche. Hugues prit hautement sa défense contre Artur , comte de Bretagne , neveu de ce prince, auquel il disputait ses états. L'an 1200 , apprenant qu'Artur avait été reçu dans Tours aux i(^\.es de Pâques, il lève des troupes , et s'étant associé le vicomte de Thouars et d'autres seigneurs du Poitou, il vint fondre inopinément sur cette ville , le dimanche avant l'Ascension , la prend, l'abandonne au pillage, et peu s'en fallut , dit la chronique de 'J'ours , qu'Artur, qui était encore dans la place, ne ioinbat entre ses mains, ayant à peine eu le tcms de se sauver

DES COMTES DE L\ MARCHE. ûSi

avec quelques-uns de ses gens. Hugues, en servant ainsi le roi Jean, n'obligeait qu'un ingrat. La même année (et non pas I202 , comme le marque la chronique de Tours) , ce prince enleva au fils de Hugues , Isabelle d'Angouléme , qui lui était promise , et l'épousa lui-même. Hugues et son fils , irrités de ce noir procédé , soulevèrent contre le roi d'Angleterre toute la noblesse du Poitou , de l'Anjou , et de la Normandie , et furent ainsi la première cause de la grande révolution qui fit perdre au roi d'Angleterre une partie de ses provinces d outremer , et pensa le renverser du trône. Hugues , vers l'an 1206 , voulut allier signaler sa valeur à la Terre-Sainte. Il tomba , soit sur la route , soit dans le pays , entre les mains des Sarrasins qui le fuent prisonnier. S'étant racheté , 11 revint en France , et alla se faire religieux grandmontain au monasière de l'Ecluse, qu'il avait fondé. 11 y mourut dans un âge fort avancé, tt fit porté à Grandmont pour y être inhumé. {Gai. Chr.^ noo., t. II, col. 65i.) Mathilde , sa femme, termina ses jours l'an 1208, après avoir fait avec Isabelle , sa bru , un traité par lequel elle lui céda ses prétentions sur le comté d'Angouléme. De so:» mariage, elle eut Hugues, qui suit; Raoul, dit d'issoudun , sire de Mello , de Chisai et de Slvral , en Poitou, puis comte d'Eu, par son mariage avec Alix, héritière de ce comte; Aliéner ou Aliprote, mariée au comte de Leycester, et d'autres enfants.

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