HUGUES , X«. DU NOM DE LUSIGNAN
1208. Hugues X , fds de Hugues IX, succéda à Mathilde , sa mère , dans le comté de la Marche. L'an 121 3, 11 se déclare pour Jean , roi d'Angleterre, contre le roi de France, et va le recevoir à sa descente , au port de la Rochelle , avec des troupes. L'an 1217, il épouse Isabelle, fdle d'Almar, comte d'Angouléme, et veuve du roi d'Angleterre , la même que ce. prince lui avait enlevée en 1200. Hugues, en vertu de ce mariage , hérita , l'année suivante , du comté d'Angouléme , par la mort de son beau-père. Il partit pour la croisade , l'an 1218 , avec le comte de Bar-sur-Seine , et se trouva au siège de Damièle, qui fut pris le 5 novembre, (et non le 9 mars) 1219. Hugues, l'an 1226, entra dans le parti des seigneurs ligués contre la reine Blanche, régente du royaume : mais fan mn-j , il fut obligé, avec le duc de Bretagne , de venir faire satisfaction au roi saint Louis, le 16 mars, dans le château de Ve:i -
aSa CHRONOLOGIE HISTCRIQUE
dôme. Ce monarque ayant investi, l'an 1241 , son frère AlfonSfî, du comté de Poitiers, Hugues va, comme les autres vassaux du Poitou , rendre hommage à son nouveau suzerain. Mais les re-
E roches de la comtesse-reine , sa femme ( car c'est ainsi qu'Isaelle se qualifiait) , l'ayant fait repentir de celte démarche trop humiliante au gré de cette princesse , il ose insulter publiquement le comte de Poitiers. Saint Louis ne laissa pas impuni l'outrage fait à son frère. L'an 1242 , il arrive dans le Poitou, ravage les terres du comte de la Marche, prend ses meilleures places, bat le roi d'Angleterre, qu'il avait appelé à son secours, et le force enfin à venir demander pardon , avec sa femme , et à se soumettre , haut et bas , à toutes les conditions qu'il plut au monarque de lui imposer. Le traité d'accommodement fait entre le roi et le comte, est daté du 3 août 1242, au camp près de Pons. On conserve encore (l'jSS), au trésor des chartes, ce traité, signé de la main du comte de la Marche , et du Change le rapporte tout au long dans ses observations sur la vie de saint Louis. L'an i243, Hugues est accusé de haute traliison par un gentilhomme qui s'offre d'en fournir la preuve par le duel. Hugues accepte le défi. Le jeune Lusignan demande à combattre pour son père : le comte de Poitiers s'y oppose , disant que l'innocent ne doit pas périr pour le coupable. Saint Louis tranche la difficulté en déclarant qu'il veut bien tenir l'accusé pour innocent. L'an 124^, le comte de la Marche donne son fils à ce monarque pour l'accompagner à la croisade. H meurt lui-même l'année suivante, et son corps est porté à l'abbaye de Valence , près de Couhé. Il laissa neuf enfants, dont les principaux sont : Hugues, qui suit ; Gui, sire de Cognac et d'Archiac; Guillaume, dit de Valence , tige des comtes de Pembrock , en Angleterre ; Geoffroi, sire de Jarnac; Adémar, évêque de Winchester ; Marguerite, femme de Raymond VII, comte de Toulouse ; Alfaïs , femme de Jean I , comte de Varennes. La comlesse-reine Isabelle mourut en 124^7 et fut enterrée à l'abbaye de la Couronne : l'ambition démesurée de cette femme , la noirceur de son caractère , et ses emportements, qui allaient jusqu'à la fureur, lui firent donner le nom de Jézabel au lieu de celui d'Isabelle, par une anagramme qui lui convenait fort. Lorsqu'après avoir soulevé le comte, son époux, contre le frère de saint J>ouis , elle vit arriver le monarque pour punir celte révolte , elle prépara de ses mains un poison dont elle avait le secret , et chargea des scélérats d'en faire glisser dans la coupe où le roi buvait. Dieu permit que le complot fût découvert. On arrêta ces émissaires, et, sur leur déclaration , ils furent pendus. Quand la comtesse ^ disent les Aunales de France, sut ijue sa maiumisetié estait dé-'
DES COMTFS DE LA MARCHEo 233
'couverts, de deuil elle se cuida précipiter et frapper d'un cousfel en sa poitrine , (jui ne lui eust usié de la main ; et quand elle vit ijiielle ne pouvait j aire sa volonté , elle desrompit sa guimpe et ses cheveux , et ainsy fut longuement malade de dépit et de déplai-^^ sance.
HUGUES LE BRUN , XI^ du nom de Lusîgnan.
1249. Hugues XI, comte de Penlhlèvre par sa femme, fîlg aîné (le Hugues X , lui succéda aux comtés de la Marche et d'Angbuleme. Il était entré , l'an 1247, <^a"S l'association des seigneurs, formée pour r<*streindre là juridiction des ecclésiastiques, qui ruinait la justice séculière. On prétend que cette association fut autorisée par saint I.ouis ; mais on n'a aucun détail sur les suites qu'elle eut, ni sur la manière dont la disoute
termina. Ceque nous savons , c'est que vers l'an la.-i.H, le comte .«îpugues excita la plus violente persécution contre son évoque^ Hobert de Montberon, jusqu'à le chasser avec son clergé , après s'être emparé des revenus de l'évêché. L'infortuné prélat im-
iîlora la justice de saint Louis , qui soumit cette affaire à 'examen et au jugement des évéques de Limoges et de Cahors. Le comte fut condamné à assister, couvert d un sac, ayant la tête et les pieds nus. à une procession indiquée pour ce sujet , à confesser publiquement son crime et à en demander pardon à l'évèque. On l'obligea de plus à payer une amende de cinq cents livres , et à l'entretien de trois cierges qui brûleraient à perpétuité au grand autel , pendant la célébration des Saints- Mystères. ( Les rois de France , comme représentant les comtes d'Angouléme, doivent payer ces trois cierges.) Le comte Hugues mourut âgé de quarante ans, suivant le P. Anselme, en is6o. Yola>'DE de Dreux, son épouse, fdle de Pierre ;\îauclerc , duc de Bretagne, lui donna cinq enfants , dont l'aîné, nommé comme son père, lui succéda. (Voy. les comtes de Penihièvre. )