FOUCHER
FOUCHER , en latin Fuîcherius , et aussi FuU ardus , -^^eigneur de Ségur, dont on ignore la naissance , obunt la Mcomté de Limoges et du haut Limosin , en considéi'atioii , à et' iju'il paraît, de sa valeur et de ses talents. « Ludes , (iii Adémar de >» Chabannais , fils de Raymond , comte de Limoges , après w avoir supplanté Charles le Gros, fut couronne roi d'abord à » Limoges , dont il fit aussitôt frapper la monnaie à son nom , j> au lieu de celui de Cliarles qu'elle portait auparavant. Ce fut >> alors qu'il élah'iî vicomte à Limoges Foucher , luibile ou— » vrier en bois , iiuhi:,tniim fabrum in lignis (c'est-à-dire habile i> ingénieur en machines de guerre) , et qu'il régla que toute j) la province de IJmosin , ainsi que le Berri, serait admlnis- » trée par des vicomtes. Eudes, l'année suivante ( (S88 ) , fut » reconnu solennellement en France. En ce tems , Rodolphe, » roi de Bourgogne, vint à Limoges avec une puissante armée, n à la prière d'Eudes , q\ii était occupé à défendre la France j> contre les Normands. C'étaient les mêmes ennemis que Ro- » dolphe venait combattre en Limosin. A son arrivée , les n Normands, ayant rassemblé leurs forces, vinrent au-devant » de lui, et, Tayaut rencontre dans un lieu nommé Destrice, » ils lui livrèrent bataille. Mais , quoique beaucour» supérieurs >» en nombre, ils furent t.'iillés en pièces, ce qui fiî perdre, à w ceux qui avaient eu le bonheur de s'échapper, l'envie de « revenir en Aquilaine. » ( Labbe , Blht.^ no. mss. , tome I , p. i63. ) 11 y a tout lieu de croire que Foucher eut part à cette victoire. Du i-este, le récit d'Adémar manque d'exactitude , en ce qu'il fait Eudes fils de Raymond , puisqu'il l'était certainement de Robert le Fort. Nous voudrions , de plus , avoir d'autres garants que lui , pour affirmer qu'Eudes fut couronné roi de France à Limoges. C'est sur quoi les historiens du tems gardent \\n profond silenre. On ignore combien de tems Foucher posséda la vicomte de Limoges. M. Raluze {Ilist. Tutel. , [>. 17 ) , dit que, dans quelques actes , il prend la qualité de vicomte de Ségur, parce qu il était seigneur de cet endroit et qu'il y résitUiil. Car la dignité de vicomte, ajoutc-t-ii , était alors attachée
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à la personne , et non pas au lieu. Nous placerons encore ici deux observations; la Y'remière, que la juridiction dans Limoges n'appartenait pas au seul vicomte, et que l'ahbé de Saint- ^Martial y avait aussi la sienne, surtout dans le château qu'il avait inféodé au vicomte; la seconde, que, quoique Limoges ne fût pas la capitale de l'Aquitaine , c'était cependant là que les ducs se faisaient inaugurer , suivant un cérémonial publié , d'après un ancien manuscrit , par Besli , dans son histoire des comtes de Poitiers {pr., p. i83), depuis employé par Théodore Godefroi dans son Cérémonial de France, et par nous-mêmes dans la continuation de D. Bouquet. ( Tome XIl , pag. 4^1 • ) Ce rju'on y aperçoit de plus remarquable , c'est le cercle d'or dont on ceignait la trte du nouveau duc , la chiamyde dont on le revêtait, l'anneau de sainte Valeriec[u'on lui mettait au doigt, les éperons d'or qu'on lui chaussait, l'épée et l'étendard qu'on lui mettait en l'une et l'autre main , le tout entremêlé de prières et suivi d'un serment que le duc faisait de, conserver les privilèges de la ville de Limoges.
ÉDELBERT.
Édelbert ou Adelbert, dit aussi HiLDEBEPiT, succéda y dans la vicomte de Limoges, à Foucher , que M. Baluze prétend avoir été son père. Il eut un démêlé avec l'abbaye de INoaillé , près de Poitiers, au sujet de la forêt de Bouresse qu'il lui avait enlevée. L'affaire ayant été portée au tribunal d'Eblcs , duc d'Aquitaine , l'abbaye fut maintenue dans la propriété de ce fonds , par un jugement dont nous avons eu l'original sous les yeux. Le duc y déclare qu'il l'a rendu avec les grands de sa cour, cum optimatibus nostris ^ suivant la loi romaine. La date est (le la veille des ides de mai , sixième année du règne de Charles 5 c'est Charles le Simple, dont la sixième année, à compter de l'an 8c)8, qui est la plus commune de ses époques, tombe en 904. (Baluze.) Edelbert avait épousé Adeltrude , dont il eut un fils, nommé Hihicgaire, qui lui succéda. G<'oIfroi du Vigeois ne fait mention ni du père ni du fds dans la revue qu'il fait des vicomtes de Limoges. Mais ils ne l'ont pasmoins été l'un et l'autre, conmie la suite le fera encore mieux voir.
HILDEGAIRE.
HiLDEGAiRE OU Eldegaire, fds d'Edelbert , lui avait succédé dès Tan 914 ■ nous en avons la preuve dans une charte datée du premier mai de la seizième année du règne de Charles le Simple , depuis la mort du roi Eudes ( arivée l'an 898 ), Par
CPl acte, il donne à l'église de vSaint-Etienne de Limoges un de ses alleus , situé dans la vigucrie de Limoges, au lieu dit Cavail^ lac , pour le bien de son âme , de celle d'Âdelhert , son père , d'AdeUrude, sa mère , de l'abbé Pétrone , son cousin , et de tous ses parents. {^Cartul. Eccl. Liemov. , fol. i3, r°.) U souscrivit, en 934, une autre charte, par laquelle une nommée Elitilde léguait , à la même église , deux chapelles , avec quelqucs fonds , au mois d'août de la douzième année du règne de Kaoul , ce qui revient à l'an de J. C. que nous venons de marquer, {I/jid. , fol. 16, r°.) Le nom de la femme d'Hildegaire est inconnu ; et on ne peut leur donner , avec assurance, d'autre enfant qu'une fdle, nommée, comme son aïeule, Adelti'ude , qui eut pour époux Ebles , vicomte de Thouars. (Marlenne, ytmplis. coll. , tome V, col. n48. )