JACQUES D'ARMAGNAC
1462 au plus tard. Jacques , fils aîné de Bernard d'Arma-;-
gnac, lui succéda au comlé de la Marche comme à celui de Pardiac, et obllut du roi Louis XI le duché de iScmours , en considéiation de son mariage contracté , le 12. juin i4t):i , avec Louise , fille de Charles d'Anjou, comte du Maine. Le comle de la Marche ayant été dispute , l'an i465 , à Jacques d'Armagnac, par Louis Jean de Bourbon, comte de Vendôme, le premier fut maintenu dans sa possession par arrêt du conseil, rendi le 2 1 janvier i46(J (n. st.). Le jugement, auquel présida Louis XL ne le rendit pas plus attaché à ce monarque. Artificieux, inquiet, audacieux, ingrat et perfide, il ne se forma point de complot, de faction et de révolte ou il n'entrât. Louis XI, après lui avoir pardonné plusieurs fols, voyant qu'il bravait, en quelque sorte, l'autorité souveraine dans son château de Cariât, où il vivait dans l'indépendance , chargea , l'an i^J^, le sue de Beaujeu d'aller le forrer dans cet asile, Jacques, se voyant investi par des forces supérieures, consentit à se rendre, à condition qu'on lui conserverait la vie. Le sire de Beaujeu le promit , de l'avis des généraux qu'on lui avait donnés pour «clairer sa conduite. Mais Louis XI n'eut pas honte de désavouer son gendre , et l'obligea même de présider au jugement du procès qu'on fit au prisonnier. Il est vrai <.jue , voyant le duc de Bourbon , son frère , impliqué dans les dépositions du duc de Nemours, il crut devoir s'abstenir de donner sa voix ; mais il recueillit celles des autres juges, et l'arrêt de mort qu'ils rendirent fut prononcé, en son nom, le 10 juillet 14.77. ^"3 rendu compte plus haut, à l'article des comtes de Pardiac, autant que les bornes d'un abrégé peuvent le pejmettre, de l'appareil effrayant avec lequel ce jugement fut exécuté le 4 août suivant, €t du sort qu'éprouvèrent les enfants de Jacques d'Armagnac.
PIERRE DE BOURBON, sire de Beaujeu.
1 477- Pierre , quatrième fils de Charles I , duc de Bourbon , et d'Agnès de Bourgogne , marie , l'an 1474» a^ec Az^.ne, fille du roi Louis XI , eut , dans la dépouille de Jacques d'Armagnac , par lettres du mois de septembre 1477 ■> le comté de la Marche et la seigneurie de Montaigu , en Combraille. Il devint <luc de Bourbon, en 14^'^ , par la mort du duc Jean , son frère aîné, et finit ses jours à Moulins, le 6 octobre iScii, ne laissant de son mariage qu''une fille , nommée Susanne, mariée à Charles de Bourbon, comte de Montpensier. (Voyez les sires de Beaujeu *l les ducs de Bourbon. )
DES
XjimoGES, appelée anciennemcnK Aiigtistoritum el Linwdîa, dairs les Annales nazariennes , a pris depuis le nom des peuples dont elle était capitale. Les Limosins , Lemooices ^ auxquels on donnait le surnom à' Annuvid ^ occupaient autrefois un territoire beaucoup plus étendu que celui où ils sont aujourd'hui resserrés. C'est une opinion très-probable que les Pirtones étaient une de leurs colonies , et qu'ils s'étendaient , par conséquent , jusqu'à l'Océan. Leurs voisins au nord étaient les Bituriges cubi : au midi, les Cadurcî;ài l'orient, les Ari^erni ; à l'occident, les Santones et les Fetrocuriî. Les Visigoths , sous la conduite du roi Euric, enlevèrent ce pays aux Romains l'an 472. ^Sidon. ApoUin. , /■ 7 , ep. 9. ) Après la bataille de Voulilé , gagnée, l'au 5o- , par Clovis sur Alaric , il tomba sous la domination des Francs. Nos rois de la première et de la seconde races, ayant nommé des ducs pour gouverner l'Aquitaine, comprirent le Liniosin , alors distingué du Poitou , dans ce duché. Ces ducï eurent sous eux des comtes en quelque partie de l'Aquitaine. Tel fut le comte l\oger, qui , par son testament fait de concevt avec Enphrasie, sa femme, le *(.) mai 7«^'J , dota l'abbaye de Charroux, en Poitou, qu'ils avaient fondée en 769, de plnsieurs biens dont la plupart étaient situés en Liraosin ; ce qui douno lieu de croire que ce pays était dans son département. (^Cartul. Caroff.^ Adémar de (diabannais fait aussi menlion de lialliier, nommé , dit-il , par l'empereur Louis le l/ébounaire , en ^'i-j , comte de Limoges , et tué, Tan 841 , à la bataille de Fonlenai.
A relul-ci, le même écrivain substitue le comle Raymond , qu'il ne faut point confondre, à l'exemple de quelques modernes , avec Raymond I , comte de Toulouse. \ Raymond succéda le comte Gérard , après lequel on ne voit plus que des vicomtes en Limosin, sous la mouvance du comte de Poitiers. Ils étaient plusieurs à la fois ; chacun avait son district particulier , et l'un des plus distingués était le vicomte de Limoges.