GUI V
1 199. Gui, fils aîné d'Adémai V, et son successeur, fut un des seigneurs qui prirent le parti du jeune Artur, duc de Bretagne , contre Jean , roi d'Angleterre, son oncle. Mais ayant été surpris par ce dernier, l'an 1202, il fut enfermé à Chlnon par son ordre dans une étroite prison, d'où le roi Philippe Auguste le lira l'an 1204. Pendant la ilt-rnière année de sa captivité, l'évéque de Limoges, lesbaions , et le peuple du Limosin, ayant pris les armes , vinrent assiégei- le chàleau de Noailles ou les Brabançons et les Houllers, qui désolaient le pays, s'étaient renfermés. La place fut emportée, et tous ceux qui la défendaient furent massacrés. C'est ainsi , dit la chronique manuscrite de Saint-Martin de Limoges, que le sceptre du roi d'Angleterre commença d'être brisé dans l'Aquitaine, et que ce duché rentra sous la domination de la France. Le vicomte Gui , remis en liberté, servit avec zèle son libérateur, et contribua de son bras aux conquêtes qu'il lit sur le monarque anglais. Pour se fortifier dans sa vicomte , Gui fit bâtir, ran-1206, la tour du château (l'Alxe. Mais cette place fut prise , l'an 1214, par le roi Jean , dans le voyage qu'il lit en Limosln. La ville de Limoges ouvrit d'elle-même ses portes à ce prince, qui ordonna di; faire au château de nouvelles fortifications. Mais, obligé de fuir devant le prince Louis, fils aîné de Philippe Auguste , qui le poursuivait, il abandonna le Limosln à la dlbcrétlon de ce jeune héros , qui fit à son tour , sans éprouver de résistance , son entrée dans Limoges, et soumit en peu de jours presque tout le pays. Les habitants de Limoges étaient d'autant plus coupables u'avofr rendu si facilement leur ville aux Anglais, que , deux ans auparavant (en mars 1212), Philippe Auguste leur avait accordé des lettres de protection et de sauve-garde, avec promesse de ne mettre jamais Limoges hors de sa main , ncjue nos ipsam civi'alein de manu nostra renioi'e/n'miis. fouis était donc en droit de les punir. Mais les conjonctures et la bonté de son caractère le déterminèrent au parti de la clémence. Le vicomte Gui reprit, l'an i2iG, la tour d'Alxe. L'an 1224, au mois de juin, lettres du roi Louis Vill , qui confirment les privilèges lie la commune de Limoges. Après la mort de ce prince, ï'évêque , l'jlibé de Saint-Martial el les nobles de Limoges, reconnaissant
niCj. CHROÎSOLOGIE HISTORIQUE
le roi saint Louis pour vrai duc d'Aquitaine, sV.ngagent , par lettres du u6 mars 1229, à l'aider et à le défendre en cette qualité envers et contre tous. ( Cartul. de Philip. Aug. ) Dans cette espèce d'hommage , on ^oit que ni le clergé ni la noblesse de Limoges ne relevaient du vicomte. Il n'y parait pas luimême , parce qu'il était, comme on l'a dit, vassal de l'abbé de Saint-Martial. C'était toujours Gui V qni jouissait de la vicomte. Il mourut, suivant Bernard Ithier, le rit) mars 1229. La chro— 7iique de Saint-Martin met sa mort en 1280, et dit qu'il (ut inhumé à Saint-Martial. D'Ermengarde , sa femme (morte l'an libii au plutôt) , il laissa un fds , qui suit , dont la naissance est postérieure à la mort d'Adémar, son aîné, arrivée, suivant B. Ithier, en 122.3 (i) ; et Marguerite, femme, i». d'Aimeri VIII, vicomte de Rochechouarl ; 2*^. d'Archambaiid 111 , comte de Périgord. Geoffroi du \igeois se trompe en la donnant pour fille ainée du vicomte Adémar lY ; car selon le Laboureur dans un tilre de 1244 ^ le vicomte Gui Yl appelle Aimcri vicomte de Bochechouart , son beau-1'rère.
GUI Yl, DIT LE PREUX.
i23o. Gui Y^I succéda, en bas âge, à Gui V, son père , dans la vicomte de Limoges, sous la tutelle d'Ermengarde , sa mère. L'année suivante, le i5 septembre, la mère et le fils conclurent à Exideuil avec la commune de la ville de Saint-Front , qui fait aujourd'hui partie de Périgueux, un traité d'alliance qu'Ermengarde scella seule de son coté, parce que Gui, son fds, n'avait pas encore de sceau, comme il le déclare lui-même, promettant ♦l'apposer aussi le sien à cette charte lorsque l'âge lui permettra d'en avoir un. Devenu majeur , ses belles actions lui méritèrent le surnom de Preux ; mais le détail, à quelques-unes près, n'en est pas vema jusqu'à nous. 11 s'attacha au roi saint Louis ^ et travailla avec succès à lui soumettre les places du Limosin qui tenaient pour le roi d'Angleterre. L'an 1242 , accompagne des 1 abilants de Limoges, il vint mettre le siège devant le château de Blé, l'emporta d'assaut et le rasa. Durand , evêque de Limoges , se plaignit , mais inutilement, de cette démolition , parce que le château devait revenir à son église comme un biei; qui lui appartenait. Le roi saint Louis envoya, l'an 1240, dans les diocèses de Limoges, de Cahors et de Périgueux, (iuillaume de Malemort pour y exercer les fonctions de sénéchal; et ce fut ,
(i) Bernard Ithier appelle cet Adémar fils unique de Gui , en parlant de sa mort ; d'où il s'ensuit cjue cet événenieut prt'ttda la luiiiuncc du suivant. {Mss. i!u roi , n". 2400- )
BES VieOMTCS DE LIMOGES- 265
îllt la chronique de Saiut-Mailin de Limogt^s, le premier sénéchal du roi de Krai)ce qn on connut, de mémoire d homme , en ces pays. La même armée, 124-^1 tlaymoiid IV, viromle de Turenne , étant mort sans laisser d'ai)tre enfant qu'une fille mariée avec Helie Kuilel , seigneur de Bragerac, le vicomte de Limoges écrivit à la reine iilauche^le iti décembre, pour lui certifier que jamais fille n avait succède à la vicomte de Tiwenne , et lui recommander en conséquence les intérêts de Raymond de Ser— viere, fière de Raymond IV, comme étant son légitime héritier. (Justel, liLt. de la maison de Tur.^ pr,, pag. 5i. j Le roi de France arriva, le 27 avril de Tannée suivante, avec ses trois ireres et la reine , leur mère , à Limoges , en allant par dévotion à jNotre-Dame de Iloquemadour. ( Chron. S. Marlim'. )
Les viguiers du vicomte de Limoges étaient depuis long-tems en contestation avec ceux d:' l'abbave de Saint-Martial louchant les limites de leurs juridictions respectives. Gui termina, l'an 124.5 , ce différent par une transaction passée le jour de la décollation de saint Jean ( aq août. ; Guise joignit , l'an lalii, au vicomte de i^éarn pour faire soulever la Gascogne contre les Anglais , en faveur d'Alfonse X, roi de < asiille, qui avait des prétentions sur ce duché. Tous deux étant ailes trouver ce monarque, suivant Mathieu "de Westminster, se déclarèrent ses vassaux, et l'engagèrent à leur fournir des troupes pour soutenir la révolte. Mais les deux rois de Castille et d'Angleterre s'accommodèrent, l'an 1254. ( f^o/. Gaston Vil (i), ncom^e de Uéarn. ) L'an 1289 le Limosin retourna sous la domination anglaise , avec certaines restrictions, par le traité fait le 28 mars etjlre le roi saint Louis et Henri lll, roi d'Angleterre. Les querelles se renouvelèrent
(i) Ces prétentions étaient fondées sur la dot accordée par Henri II, roi d'Angleterre , et la reine , si iemme , à 1.3Ur fi le Elconore , en la mariant, l'an 1170, avec Alfonse IX, roi de (>astille : dot tjui consistait dans 'e diiché -le Gascog-ic , dont Alfonse a effectivement joui, comme le munlre M deiVIaica, par la donotiou que ce prince fit, l'an i2q4. de i5 seHs à 1 église de Dax , avec le consenfeTient de ia reine, son épouse, et dd ses deux fils, Ferdinand "et Henri Ce diplôme, où il prend les titres de roi de l-a^til e et de Tolède , il de souverain de Gascogne, e--t souscrit et contirme par l'.irchevécjue de I oiede, par les évèques de Burj^os. de Ségovie , de Palencia , de Bayonne , de Bazas, par Gaston, vicomte de Béarn, par ^inaud-IlaymonJ , vicomte de Tarlas , et d'autres seigneurs gascons ÎNIais les Anglais, mailres de la Guifnne , ne laissèrent pas les rois d'Espagne en pals ble j <u!ssance de la Gasf-ogne. C'est ce qui obligea, l'an i2i>4. Alfonse X a renoncer, par un accommodement , à ce duché. Tout ceci a été parfaitement ignoré des historiens français, et à peu près également des Espagnols. ( yoy. Marca , hùi. de Béarn , p. Soy. )
èG6 CHRONOLOGIE HISTORIQL^E
cotte année entre (iui et Tabbaye de Saint-Martial , et cfécaS sionèrent , de la part de ce vicomte , une guerre fort vive , suivant Bernard Ithier, qui n'en dit pas le sujet: mais il paraît qu'il s'agissait toujours de Félendue de sa juridiction vicomtale. Ce fut aussi par le même motif que Gui prit les armes , l'année suivante, contre les officiers municipaux de Limoges. Ils se mirent en état de défense, et il y eut divers combats plus sanglants que décisifs. Enfin , par la médiation de l'évêque diocésain, on convint d'une suspension d'armes et de s'en rapporter à la décision du roi saint Louis. Mais , tandis que le conseil de ce monarque est occupé à discuter ce procès , le vicomte Gui, l'an i263, va faire le siège de Bourdeilles où il échoue. De là il se rend à l'abbaye de Brantôme, où il meurt le i^ août de la même année. Son corps fut porte à Saint-Martial, où il fut inhumé le jour de l'Assomption. {Chron. S. Martini Lemovic.} De Marguerite, sa femme ^ fille de Hugues IV, duc de Bourgogne , et veuve de Guillaume , seigneur de Mont-Salnt-Jean f il ne laissa qu'une fille, qui suit.
MARIE ET ARTUR, et ARTUS DE BRETAGNE.
laBi. Marie, fille de Gui VI, lui succéda, l'an in63, à l'âge de trois ans, sous la tutelle de Marguerite, sa mère. Celleci fui inquiétée, Tan 1264 , par le soulèvement des habitant» d'Aixe , qui, se voyant opprimés par le chevalier Adémar de Maumonl,leur gouverneur, l'assiégèrent dans le château. Pour apaiser celte révolte, elle eut recorrs au sénéchal de Limosin et de Périgord ^ qui engagea les parties à s'accammoder ^ après quoi il s'en retourna. Mais le gouverneur, ayant muni de vivresle château , recommença bientôt ses violences. Nouveau siège qui oblige Marguerite à faire venir des troupes de Bourgogne pour le faire lever. L'évêque de Limoges et trois abbés se rendent à Aixe le jour de la Poiitecôte 1^65, dans ta vue de cal— fner les esprits et de les ramener à la paix. Mais ils sont insultés par les gens de la vicomtesse , et obligés de se retirer. l/évcque va trouver 1<" rui saii>t Louis pour le prier de mettre fin, comme suzerain, à cette guerre domestique. Le monarque envoie deux Commissaires , le doyen de Tours et le bailli d'Orléans , dont l'arrivée fait suspendre les hostilités. Les habitants d'Aixe consentent à rentrer sous l'obéissance de la vicomtesse , à conditionqu'elle leur donnera un autre gouverneur. Adémar reçoit en échange de ce gouvernement celui du château de Chalus. Mais Boson de Bourdeilles, et d'autres seigneurs ses ennemis, éfanÉ venus ly assiéger, se rendent maîtres de la place; et, l'ayant pris lui-même , ils le font mourir, Cette exécution toutefois
ne resta pas impunie. On assure que saint Louis en tira vengeance ; mais on ne dit pas comment. ( Chron- S. Martini LemoQic. ) Ce monarque avait dessein de marier Robert , son fils, avec ia jeune Marie. La proposition en ayant été faite à Marguerite , elle promit par lettres données à Paris, l'an 1268, d'accomplir cette alliance lorsque sa fille aurait atteint Tâge de puberté. ( Mss. du roi . ra". 94^0 , fol. i , c**. ) Ce mariage c^pen^ dant n'eut pas lieu. ( Yov. les comtes de Cleimonf en Beammisis. ) Marguerite était fort jalouse des droits de sa vicomte. L'an 1272, elle fit revivre les querelles qu'avait eues son époux avec les citoyens de Limoges, et surtout avec les bourgeois du château qui ne reconnaissaient d'autre seigneur que l ahbe de Saint- Martial. On lui résiste; elle se met en devoir de soutenir ses prétentions par la voie des armes. Mais le roi Philippe le Hardi ayant défendu les hostilités , elle répartit les troupes qu'elle avait levées dans les châteaux d'Aixe et de Chalucet. Ces garni-f sons n'y demeurèrent point oisives. Chaque jour, elles faisaient: des sorties qu'elles poussaient jusqu'aux portes de Limoges , pillant tout ce qu'elles rencontraient sur leur route. L'année suivante , les habitants de Limoges , s'étant formés en ordre de bataille , viennent se présenter, le 4 juillet, devant le château d'Aixe , dont ils ravagent par représailles les environs. Mais la garnison, étant tombée sur eux, en tua plusieurs et en fit d'autres prisonniers. Trop faibles par eux-mêmes pour tenir contre les forces de la vicomtesse , ils implorent le secours d'Edouard I, roi d'Angleterre, qui leur envoie le sénéchal de Guienne avec des troupes. Les deux partis en viennent aux mains le Icndemaia de la fête de Saint-Sixte ( 7 août), et les troupes de Marguerite sont battues. Elle porte ses plainte* au roi de France contre la conduite du roi d'Angleterre, qui veut exercer à son préjudice l'autorité souveraine sur la ville de Limoges. Philippe le Hardi se plaint , mais inutilement, à Edouard de l'atteinte qu'il donne au traité fait entre son père et le roi saint Louis, en s'attribuant la souveraineté sur cette ville. Edouard arrive lui-même, le 8 mai 1274, à Limoges où il est reçu avec pompe. Mais sa présence ne peut apaiser l'animosité des deux partis. Pendant qu'il est aux environs de Limoges , les gens de la vicomtesse se rendent maîtres par surprise du château de Limoges , où ils arborent ses enseignes. {Gaufred. Vos. ) Des intelligences qu'elle avait dans celui de îsoailles lui soumettent également cette place , où elle établit une garnison qui fait le dégât dans le V oisinage. Le monarque anglais part verâ la mi-juin pour aller conférer avec le roi de France. Son sénéchal, s'étant mis, da:is le mois suivant, à la tête des habitants de Limoges, les mèn^ devant le château d'Aixe doi>t ils font le siège. Il était ïoiX
sBS CHRONOLOGIE HISTORIQUE
avancé, lorsqu'un héraut du roi de France arriva, le 24 juillet," pour enjoindre à lun et à l'autre partis de mettre bas les armes, et les ajourner au parlement prochain. L'aftaire ayart été examinée dans ce tribunal, il en émana un jugement provisoire qui condamna le roi d'Angleterre à payer aux babitaiils d'Aixe la somme de vingt-deux mille six cent treize livres, pour répa-^ ration des dommages que les assiégeants leur avaient causés* (^Cliruii. S. Bhir'îni Ltmuvic.^
].a vicomtesse Marguerite donne sa fille Marie, l'an layS, en mariage à Artuk, comte de ï\icliemont , fils de Jean H et petit -fds de Jean 1 , duc de Bretagne. Artur n'avait encore que treize ans : les noces furent célébrées à T-urs, Cependant la paix n'était pas encore rétablie entre Marguerite et la ville de Limoj^es. Enfin, l'an 127(1 , les parties lasses des maux que cette guerre ilomes!if|ue entraînait , convinrent de s'en remettre à l'arbitrage de Gérard de Maumont , chanoine de Limoges et chapelain du oi de Fiance, (jérard étant à Paris, donna au mois d avril sa décision , par la(juelle il réglait les droits resppclifs de la vicomtesse et de la ville de i imoges. ( Bimao. de 6'. Amable ^ pag. 082. ) Il semblait que ce jugement dût établir une paix élernclle dans le Limosin. Mais la vdle de Limoges lo trouvant trop favoiable à la vico.ntesse , en interjeta appel au parlement de Paris. Le roi Philippe le Hardi é\oqua l'affairô à son conseil , et volc.i quelle fut sa décision au sujet du droit de battre monnaie, qui faisait l'un des points contestés. « Nous » disons et nous ordonnons que les consuls^ communes, homi) mes cl bourgeois , et leurs successeurs , ne pourront doré-' 3> navant rien prétendre dans une partie de la monnaie qu'ils 3> avaient ou disaient avoir; qu'elle appaiMicndra tout entière
V et de plein droit à Marie, vicomtesse de Limoges , et à soa
V mari , pour en jouir et en avoir la g;irde au nom de sa femme , )j dont ses héritiers jouiront après elle ; qu'ils la feront fabriquer j> dans tel endroit de leur terre qu'ils jugeront à propos, sanS M que la commune puisse s'y opposer ; qu'ils seront au contraire 3t obligés de s'en servir, à l'exclusion de toute autre, excepté 3> celle du roi , fabriquée à Paris ou à Tours. » ( Du Cange , G/oss. verl/0 D'IoNETA.) Marguerite, fière de cet arrêt qui lui était aussi favorable sur les autres points, vint à Limoges, où elle fit une entrée triomphante , comme dans une place conquise , et se mil en possession de la justice. Jacques, abbé ile Saint- Martial , la fit alors sommer de lui rendre hommage comme à son suzerain immédiat, et sur son refus , il se saisit de la justice el la fit administrer en son nom. Nouvel appel de Marguerite au parlement. Le procureur du roi d'Angleterre intervient dans le procès , alléguant que l'hommage qui 'cn fait
le sujet appartient à son maître, comme duc de Guienne. L'abbé Jacques ne vit point la fin de la contestation , étant mort à Crassai , dans le Berri , en revenant de Paris , le G février i 277, et non pas 1276, comme le marquent les auteurs du Gallia Chiistiana , et leur abréviateur. Mais Tabbé Pierre àc Voubri , son successeur, obtint un arrêt , en vertu duquel Marguerite fut contrainte de lui rendre hommage en son nom, et au nom de sa fille et de son gendre , dans le chapitre de Saint-Martial. La vicomtesse, à son tour, exigea des habitants de Limoges le même acte de soumission ; et non contente de dominer sur cette ville et ses dépendances, elle voulut étendre son autorité sur tout le Bas-Limosin. Dans ce dessein, elle vint à Uzerche pour y tenir ses assises. ]\Lais l'abbé d'Uzerche, étant seigneur de cette ville, lui en refusa l'entrée. Marguerite, irritée de cet affront , fait venir des troupes , et met le siège devant Uzerche. L'évêque (de Limoges prend la défense de l'abbé, somme la vicomtesse de lever le siège , et sur son refus , non content de Texcommunier, il jette l'interdit sur la vicomte. Marguerite se pourvut contre ces censures devant l'archevêque de Bourges. Elles furent levées, et le siège d'Uzerche aussi, par la médiation plutôt que par les ordres de ce métropolitain. Marguerite touchait alors à la fin de sa carrière. Ce moment fatal arriva le 2^ ou le 26 août de cette année 1277 , et non pas i2(:)o, comme l'avancent des modernes. Marie et A.rtiir , son époux, prirent alors en main le gouvernement de la vicomte de Limoges. L'aa. 1280, ils donnerai en fief le château de Chalus , avec ses dépendances , à Gérard d^p Maumont , pour reconnaître le seivice qu'il leur avait rendu par son jugement arbitral. Il était déjà en possession de celui de Chalucet, que la vicomtesse Marguerite lui avait vendu , et qu'il céda ensuite au chapitre de Limoges. L'an lagi (n. st.), la vicomtesse Marie finit ses jours , laissant de son mariage trois fils , Jean , Gui et Pierre. Artur, son époux , devint duc de Bretagne en i.So5 , et mourut le 27 août i3i2. ( Voy. Artur II , duc de Bretagne. )