JEANNE DE PENTHIÈVRE , CHARLES DE BLOIS \ £T JEAN DE MONTFORT
i34ï. Jeanne, comtesse de Penthièvre, fille unique de Gui de Bretagne, frère du duc Jean III , mort le 26 mars i33i, se porta pour héritière universelle du duc, son oncle, décédé sans enfants. Mais elle eut un concurrent dans la personne de Jean de Montfort , frère du duc, lequel étant venu à Limoges aussitôt après la mort de ce prince, s'empara des trésors qu'il y avait mis en dépôt. Malgré les secours qu'il en tira, Charles de Blois , époux de Jeanne , vint à bout de le battre, et de le faire prisonnier. Mais du fond de sa prison , Monifort fit ses protestations contre la donation que Jeanne avait faite à son mari de la vicomte de Limoges. Les affaires changèrent bien de face dans la suite. Charles , après avoir essuyé les plus grands revers, après avoir été fait prisonnier en i347 » ^^ emmené l'anné suivante en Angleterre , finit par être tué le sS septembre i364, à la bataille d' Aurai. L'an i365 , Jeanne, sa Veuve , fit le 1 1 avril ( jour du vendredi-saint ) , avec Jean de Montfort , le fameux traité de Guerrande , dont le quatrième article portait qu'elle conserverait la vicomte de Limoges, et que le duc de Bretagne eraploirait son crédit , ses prières , et touUt
^ya CnftOîîOT.OGIE HISTORIQUE
Ifs voies amiables^ pour engager le prince de Galles à la laisse/ jouir de cette lerre. Par le huitit-me et le neuvième articles du ïTiènie traité , il était dit , que pour erilrelenir la paix enUe les deux maisons , et ôttr tout sujet de division , Jean de Bretagne , fds aîné de la dame de Penthièvre , épouserait Jeanne , s;enr du comte de Monfort ; alliance en considération de laquelle la dame de Penthièvre donnerait à sou fds la vicomte de Limoges en a{>ance'r>eiit d'}wirie\ que, de son côté, le comte de Woullort donnerait à sa sœur la somme cent mille livres suf les aides de Bretagne , pour la délivrance de son mari. Entin, le treizième article portait, que 'si Jeaii de Bretagne mourait avant la sœur du comte de Montfort , la vicomte de I^imoges resterait à sa veuve pour son duuaire. Mais ce mariage n'eut point lieu. L'an i37(j , la comtesse Jeanne i-emit , le 9 juillet, au roi Charles V sa vicomte. J^es citoyens de Limoges refusant de changer de maître, les ducs de J5erri et de Bourbon vinrent jassiéger cette ville. Jllle ouvrit ses portes, par le conseil de son cvèque, lorsqu'elle vit arriver Bertrand du Guesclin. Le prince de (ialles, dont les pertes aigriss.aient le caractère, apprit avec iine extrême indignation l'espèce de trahison que l'évèque /ean de ( ros , qu'il appelait sonconii>ère et son ami ^ venait de lui faire. Klle lui rendit odieux tous les gens d'église ; il jura de s'en v-nger , et il ne tint que trop fidèlement sa parole. Tandis que <iu Guesclin était occupe à soumettre d'autres places du I.imosin, il survint à Limoges , où il Ht un grand carnage , après quoi il sépara son armée, et se retira à Cognac. Limoges et le J.imosin reslcrcnt à la France, et du (àuesclin, en parlant au mois de septembre de la même année pour se rendre à Paris , laissa la garde de ses con<piêtes à son neveu Olivier de Mauni. Il paraît cjue Charles V rendit à Jeanne de Penthièvre la vicomte de i.imoges , peu de tems après avoir enlevé ce pays à l'Anglais ; car, en i'6-j i , elle prenait le titre de vicomtesse de Limoges. ( Morice , hist. de Bre/agne , 1. <S, p, Syi. ) Celle princesse iinit ses jours le 10 septembre i.j84 , et fut enterrée aux Cordeliers de Guingamp, en Bretagne. Llle avait eu de son mariage Jean , qui suit ; Henri , mort en i4oo ; Marguerite , dame de l'Aigle , limme de Charles d'Espagne ; et Marie , femme de Louis , duc d'Anjou , second fds du roi Jean. ( Voy. les ducs de Bretagne et les comtes de Pentliiè<>re. )
JEAN DE BLOL«=.
i384. Jean de Blois , dit de Bretagne^ comte de Penthièvre et de <joello , seigneur d'Avaugour , d'Avènes , etc. ,
fils de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre , succéda à sa mère dans la vicomte de Limoges. Il était pour lors prisonnier en Angleterre depuis l'an i35i , qu'il y avait été conduit pour tenir la place de son père , jusqu'à ce qu'il eût acquitté sa rançon , qui était de cent vingt mille livres. Incapable de payer de ses propres fonds une somme si considérable , il eût vraisemblablement fini ses jours dans la captivité , sans la générosité d'Olivier de Clisson , connétable de France, qui satisfit pour lui en l'ôHj , et lui procura par-là sa liberté. Clisson fit plus , il lui donna en mariage , l'année suivante , Marguerite , sa fille cadette , avec la terre de Châteauceau pour sa dot. Mais le bonheur de Jean de Bretagne eut plus'd'apparence que de réalité. Ce prince sembla n'être revenu en France que pour être plongé dans les embarras d'une vie continuellement agitée. Instrument des vastes proiefs de son beau - père , il eut presque toujours les armes à la main contre le duc de Bretagne. Il avait pris possession de la vicomte de Limoges , peu de tems après son retour en France. On ne voit pas qu'il ait rien fait de mémcrable pour cette portion de ses domaines. Il termina sa vie à I^amballe , le 16 janvier i4o4 ("• st.), et fut inhumé aux Cordelieis de Gningamp. Des quatre fils qu'il laissa de son mariage , l'aîné, qui suit, fut son successeur dans la vicomte de Limoges. ( Foy. Jean , comte de Penthièvre. )