RAYMOND V
1243. Raymond, seigneur de Servières , se mit en possession de la vicomte de Turenne après la mort de Raymond IV, son frère. Mais ce ne fut pas sans opposition de la part d'Hélie ÏVudel, gendre de ce dernier, qui revendiqua cette succession au noîii d'IIélis, sa femme. La contestation fut portée au conseil du roi. Gui, vicomte de Limoges, consulté là-dessus par la reine Rlanche, lui répondit, par lettres en date du 17 décembre 1243, qu'ayant interrogé les plus sages et les plus éclairés du pays, il n'hésitait point à dire que jamais fille n'avait possédé la vicomte de Turenne , et que , tontes les fois qu'un vicomte érait mort sans enfants mâles, son frère , s'il en avait un, lui avait succédé préférablement aux filles. (Justel, ibîd. y page 5i.) Cet avis prévalut au conseil, et Raymond demeura possesseur de la vicomte. Mais il n'en jouit pas ïong-tems. L'an ^^45, étant tombé dangereusement malade à Paris, il fit son testament le 17 décembre, par lequel il instituait son héritier, dans ses droits à la vicomte de Turenne , Raymond, son fils aine; droits, dit-il, que j'avais poursuivis à la cour du roi jusqu'à sentence définitive, quod ego pateram et cujiis jus per~ seculus fiieram usque ad definilnHim seiiientiani coram domino Tcge Francorum. Çlbid.) A Roson, son second fils, il donne Brlve avec ses dépendances , excepté Chameirac et Cotsage , dont il ordonne qne sa femme jouira sa vie durant. A Gui, son troisième fils, il lègue cent livres de rente. Il enjoint à l'aîné de faire chevaliers Hugues de Saint- Amand et Pierre de lo , et fait exécuteurs de son testament Ebles de Venladour et G. de Maîemort. ( Ibid. , p. 5i. ) Raymond revient de cette maladie , suivant Justel ; mais il paraît plus probable à M. Raluze , qu'il y succomba , et nous sommes de son avis. Il fut enterré dans l'hôpital de Turenne, nommé lalfa. {ILîd.^ p. 62.) Outre les fils qu'on vient de nommer, il laissa cinq filles, Allemande, femme de Pons I , seigneur de Gordon ; Comtor , mariée à Bertrand de Cardaillac ; Hélis , femme de Pierre de Cazillac ; Marguerite, qui, l'an 1262, céda à Raymond VI, son frère, tous les droits qu'elle avait tant aux biens paternels et maternels
DES VICOMTES DE TURENNE. sSb
<}u\t ceux cle Raymond IV, son oncle, excepté la dot qui lui avait été promise, qu'elle se réserve de lui demander lorsqu'elle se mariera. Elle épousa, quelque tems après, Durand de Montai, fils d'Astorg, seigneur d'Aurillac ; puis, en secondes noces, Kaymond lU , sire de Pons.