‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 147 sur 277 · RAYMOND VI · texte numérisé non relu

RAYMOND VI

Raymond VI , fils aîné de Raymond V , lui succéda , l'an J245, ou au commencement de l'an 1246. Nous voyons en effet que cette année, étant à Pontoise, il rendit hommage au roi saint Louis, et lui promit avec serment de lui remettre ses forteresses à grande el à petite force. (Baluze, Hist. Tute/., p. 168.) Hélie Rudel et sa femme Hélis recommencèrent le procès pour la succession de la vicomte de Turenne. Mais les parties , après bien des altercations, ayant fait un compromis entre les mains «ie la reine Blanche, régente du royaume, cette princesse, par sa décision du mois de juin labi , adjugea aux demandeurs une partie de l'héritage contesté. (/Z'/'J. , page. 62.) Raymond se fhsposant , Tan 1252, à partir pour la Terre-Sainte , fit, au mois d'avril, son testament par lequel, au cas quHl vînt à mourir sans enfants, il instituait son héritier universel Boson , et lui substituait , faute de postérité , Gui , son autre frère, auquel il laissait par provision cent cinquante livres de la monnaie courante de Turenne. (Ifnd., page 54- ) L'année suivante, étant au camp devant Sayète, ou Sidon , en Palestine , Raymond VI renouvela au roi saint Louis la promesse que son père et lui avaient déjà faite à ce monarque de lui remettre leurs forteresses à grande et à petite jurée.

Raymond fut encore inquiété, l'an i256, pour la vicomte de Turenne, par Marguerite, femme de Bernard II , vicomte de Comhorn, et Dauphine de Roquefeuille , toutes deux filles du vicomte Boson , fils et collègue du vicomte Ravmond 111. Le roi saint Louis, choisi pour arbitre, régla, par son jugement , que Raymond assignerait sur sa vicomte au vicomte de Comborn , à sa femme, et à Dauphine de Roquefeuille, une rente de cinquante livres, monnaie raymondaise, pour les tenir en [icf, eux et leurs héritiers , du vicomte de Turenne, et lui en fciire hommage. Llhid.., p. 55 et 56.) Ce monarque, par le traité de paix fait avec Henri 111 , roi d'Angleterre , lui ayant cédé, l'an 1219 , sous le titre de duché de Guienne , les trois diocèses de Périgueux, de Cahors et de Limoges, la vicomte de Turenne se trouva comprise dans cet abandon. Raymond VI alors réclama le privilège accordé , l'an 1289 , à Raymond IV et à ses successeurs par saint Louis même, de ne pouvoir être jamais

séftarés Je la couronne de France. Il refusa long-tems de s*ea départir et (\^ reconnaître le roi d'Angleterre. Mais enfin, parce qu'on ne pouvait autrement satisfaire au traité fait a\ec l'x\n-« giais , il lut oblige, par les prières et le commandeinent du roi , lie renoncfi- , par acte du 22 avril de Tan laliô , à son privilège , et de laire hommage au roi d'Angleterre. Mais il apposa à cri acte plusieurs restrictions qu'il fit agréer à son nouveau seigneur. {Ifjid. . page 62. ) Ce nnynarque fut si content de l'avoir acquis , qu'il lui accorda la même année plusieurs privilèges et immunités qui furent confirmes. Tan i^So , au mois rfaoût 5 par Philippe le Hardi , roi de France. La veille de son hommage, pour l'engager plus efficacement à le faire, Kenri lui avait assigné une pension de quatre cent quinze livres tour-nois sur son nouveau duché de Guienne. ( lùid . page G2, )

Toujours attaché à la l'rauie, Kayinoud, 1 an i:i7'i, accompagna i\ubert, comte d'Arlois (et non pas le roi Philippe le, Hardi, comme le marque Justel ; dans IVxpédition qu'il lit en. Navarre pour soutenir la reine Jeanne contre les barons révoltés, et contrihua beaucoup, par sa valeur, à les réduire. Pvaymond VI termina sa carrière l'an laHS. Il avait épousé, 1°. l'an 1265, Agathe , fille de Pvenaud (et non pas Raymond, comme le marque Sloréii ), sire de Pons, don! il eut uis fils ,, qui suit; 2'^ l'aa i2<S4, LoKE ou Lathe de ChabaNais, lille de Jourdain lil, seigneur de (Jiabanais, et sœur tl'Eschivat de Chabanais , comte de Bigorre , dont elle se porta pour héritière après sa mort, ai rivée l'an 1283. (Voy, les comtes de bigarre.) Ce deuxième mariage fut stérile,

PxAYMOND VIL

1285. Raymond VII , Ids unique de Uayn^ond VI, lui suc-' céda en bas âge sous la tutelle du chevalier Gilbert Auboin et d'autres seigneurs. Les intérêts de leur pupille ne dé{);''rirent pas entre leurs mains. L'an i28iS, à leur demande, le roi Philippe le Hardi . par lettres données à f'aris au mois d'août , confirma au vicomte de ïurenne les libertés, privilèges et franchises accordés à ses prédécesseurs. Les principales de ceslibei tés étaient que le duc d'A(|uil3ine ne pouvait bàlir de nouvelles forteresses dans la vicomte de Turenne ; que ses officiers n'y pouvaient tenir d'assi.ses, excepté dans le lieu de Martel , prœlerquam in villa Martelli ; que les vassaux du vicomte n'étaient tenus dû: payer au duc d'Aquitaine aucuns subsides, présents réels , per-. sonnels ou mixtes, pour quelques causes que ce fut, quand, même il les lèverait sur tous autres lieux de son duché ; que lea sétiéchaux du duc seraient tenus, à leur création, de promettrQ

Î>r5 ■^ICO^tïTES THE TDnî!NîîT:. :i^j

qu'ils conserveraient lesJiles libertés et franchises. Ces leHrea ont été depuis confinnees par d'antres du roi Jean , datées d'Avignon au mois de décembre i35o, puis par celles du roi Cbarles VU , données à Rasiili au mois de mai i44'J? f* enfin par Louis XI au mois d^aoïii i47+- {Inoent. du Trésor des Chartes^ vol. ij >, fol. 4'^-^ , et vol. Lu, fol. 47 t.) Raymond n'était pas encore émancipé, l'an i '-i^o , comme on le voit par des lettres d'Iidouard i, roi d'Anglterre, aux tuteurs du vicomte Raymond, en da'.e du 5 juin de la seizième année de son règne; lettres par lesquelles \\ leur enjoint de livrer les clefs des châteaux de Turenui" et de Saint-(.éré à Hélie de Caupène, qu'il a nommé son sénéciia! en Guienne. Mais, l'année suivante , ce mon :rrjue , par letlres du 6 mai, manda à son sénéchal de se confoîUK'r aux conventions qui avaient été arrêtées par le roi Henri lil, son ppre, et le vicomte Raymond VI ; ce qui prouve qu'il jouissait alors de ses droits.

V:>.n 1.J04, le vicomte Ravmond, se disposant à partir sous les enseignes du roi de France pour la guerre de Flandre , fit .son tesiauienl le 1 1 juin , fête de Saint-Barnabe , par lequel, en cas que sa femme ne fut pas enceinte, il institue son h^Titière universelle Marguerite, sa fiile unique. S'étant mis en marche ensuite pour la Flandre, il y mourut la même année. Il avait épousé 1-EiiCE, fille de Fore, sa belle- mère, qui l'avait eue tlun premier mariage qui n'est point connu. Leticc le fit père de Marguerite dont on vient de parler. Jeanne de Brienne , fdle de Jean de Brienne, comte d'Eu, qu'il avait épousée ca secondes noces, ne lui donna point d'enfants. Jeanne se remaria à Renaud de Pequigni, vidame d'Amiens.

MARGUERITE et BERNARD.

i3o4. Marguerite, fille unique et héritière du vicomte Kaymond VII, porta la vicomte de Turenne dans la maison de Comminges, par son mariage avec le comte Bernard \H*^ L'an i3'i I , étant enceinte et près d'accoucher, elle fit son tes^lament par lequel elle instituait son héritier universel l'enfant qui nai. rait d elle, mâle ou femelle, et lui substituait, en cas de mort, le comte, son mari. Ce fut une fille qu'elle mit au inonde, qui eut le même nom que sa mère. Celle-ci mourut des suites de ses couches, et sa fille la suivit de près au tombeau. Le comte Bernard, en vertu du testament de sa femme, resta possesseur de la vicomte de Turenne. Mais, au bout d'environ quinze ans, il fut troublé par Renaud IV, sire de Pons, fils de Geoffroi, comme descendant de Marguerite de Turenne , soew

û88 CHROlStOLOGIE lIISTOKlQtJË

de Pvaymontl VI, vicomte de Turenne, et femme de Renaud Ht/ aïeul de Pienaud IV. Pour appuyer sa prétention , celui-ci soutint qu'il n'était point né d'enfant du mariage de Marguerite de ïurenne avec le comte de Commingcs, et que le contraire était une supposition laite par ce dernier, ce qu'il olfrit de prouver par gage de bataille qu'il donna en parlement. Renaud accusa de plus iîernard de crime de leze-majesté 5 sur quoi il y eut arrêt de la cour du 26 janvier i'6:>.8 (v. st.) qui annulait le gage de bataille pour la supposition imputée au comte , efe l'obligeait de répondre sur l'autre chef d'accusation. L'affaire fut depuis mise en compromis; et, par jugement des arbitres rendu le 1 1 avril i332, la paix se ht au moyen du mariage projeté de Renaud V, fils de Renaud IV, sire de Pons, avee Marguerite, llUe du comte de Commingcs, et de Mâthe DE l'Ile-Jourdain, sa troisième femme. Mais la mort de Marguerite précéda la célébration de celte alliance. Celle du comte» son père , arriva l'an i335. ( Voyez Bernard VII , comte de Comminges. )

Page 1