‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 154 sur 277 · FRANÇOIS II DE LA TOUR · texte numérisé non relu

FRANÇOIS II DE LA TOUR

iSaS. François II df. la Tour, fils d'Antoine de la Tour, et son successeur, né à Limeuil, le 5 juillet 1497, fut placé , dans la dixième année de son âge, à la cour du roi Louis XII , en qualité d'enfant d'honneur. Dès-lors il fit voir combien ses mœurs seraient différentes de celles de son père. Un livre intitulé, \ Instruction d'un jeune prince pour se lien gouverner em'ers Dieu et le monde, lui étant tombé entre les mains , il en fut si enchanté, qu'il se mit à le transcrire, et acheva sa copie avant (l'avoir atteint l'âge de onze ans. L'an i5io, il fut émancipé par son père, qui lui fit don en même tems de la vicomte de Turenne et de plusieurs autres terres , ce qu'il lui confirma Tan i5i6, dans son traité de mariage. Ce fut à cette époque qii'il prit le titre de vicomte de Turenne. L'an 1621 , la guerre <-lant prête à s'ouvrir entre l'empereur Charles- Quint et le roi i rauçois 1, le vicomte de Turenne alla joindre le connétable lie Bourbon, et conduisit, dans la ville d'Amiens, avec quel- (]ues autres seigneurs , la cavalerie de ce prince. L'année suivante , il fut du nombre des braves qui s'enfermèrent dans Terouenne, avec l'amiral Chabot, pour défendre cette place contre les troupes réunies de l'empereur et du roi d'Angleterre. Le roi , Tan 1024 , le nomma lieutenant-général des troupes qu'il envoyait au-delà des monts, sous le commandement du duc d'Albanie. Il était encore en Italie, lorsque François I fut fait prisonnier, le 24 février i525 , à la bataille de Pavie. L'année suivante , il fut de l'ambassade envoyée au roi d'Angleterre, pour traiter du mariage de Marie, sa fille, avec le roi de Fiance, et conclure une ligue défensive avec lui contre l'empereur, à l'eflet de le contraindre à rendre la liberté aux enfants de François I , détenus en Espagne. Il partit ^ i'an i528, avec Lautrec, pour l'Italie , et eut part à la conquête que ce général fit d'une partie du royaume de Naples. j/au ïi^o (n. st. ), s'étaut rendu en Espagne par ordre du roi François I, avec titre d'ambassadeur, il obtint de l'empereur

toES VICOMTES DE TURFÀ'NÈ. àcjS

là délivrance des enfants de France, qu'il retenait en otage, conclut le mariage de la reine Kléonore, sœur de Charles- Quint, avec le roi son maître ; et , comme son procureur spécial , épousa la princesse , le dimanche 20 mars de la même année. L'an i532, le roi s'étant transporté en Bretagne pour consommer la réunion de ce duché à la couronne de i'rance^ le vicomte de Turenne , qui fut de sa compagnie , se logea à Yilleches , à trois lieues de Châteaubriant , où le monarque tenait sa cour. Il y fut attaqué d'une fièvre épidémique causée

Î>ir les chaleurs excessives des mois de mai et de juin ; elle 'emporta le 12 juillet, trois jours après avoir fait son testament. Son corps fut transporté dans une grande pompe , que Baluze décrit en détail, aux Cordeliers de Brive-la-Gaillarde. Il avait épousé, 1°. par contrat du 19 avril i5i6, Cathfrine, fille et héritière de Gui d'Amboise, seigneur de Ravel; a**, par traité du 21 juin loiH, yVNNS DE la Tour , dame de Monlgascon, fdie de Godefroi de la Tour, U^ du nom, veuve, en premières noces, de Charles de Bourbon , comte de Boussillon , et en secondes, de Jean de INIontmorenci, seigneur d'Ecouën, morte à Paris en i53o , dont il eut un fds , qui suit ; et quatre filles.

FRANÇOIS m.

i532. François III, né au château de Ferrières, en Bourbonnais , le 20 janvier 1S26 (v, st. ), succéda en bas âge a François II, son père, dans la vicomte de Turenne et la baronnie de Monlgascon. il fit ses premières armes en Italie, sous François de Bourbon, duc d'Fnghien , et se comporta si vaillamment à la bataille de Cérisoles , gagnée le 14 avril i54i-, par ce prince, qu'il fut fait chevalier de sa main, avec Biaise de Montluc, comme étant l'un et l'autre des braves qui avaient contribué le plus à la victoire. Le roi Henri U lui donna, l'an i554, la charge de capitaine delà seconde compagnie des cent gentilshommes de sa.maison. On le voit dans l'armée fi^ançaise , l'année suivante, en Piémont. L'an iSSy , il vole au secours de la ville de Saint-Quentin, assiégée par les Espa» gnols et les Anglais. Il est blesse dangereusement, le 10 août, à la fameuse bataille, qui porte le nom de cette ville, dans le village d'Essigni-le-Grand , qui en est éloigné de deux lieues. On le porte au camp dos Anglais, où il meurt quelques jours après, ayant fait son testament le i3 du même mois. Ses grandes qualités lui méritèrent des regrets. Il avait épousé, par contrat du i5 février i545 (v. st.), EleonORE, fille ainée du connétable de Moatinorenci , dont il laissa un fils , qui suit ; et Madeleine de la Tour , dite mademoiselle de Montgascoa ,

29Ô CHRO^^OLOGÎE HISTORIQUE.

mariée, par contrat du premier janvier 1572, avec Honorât Je Savoie, comte de Tende, grand-sénéchal et gouverneur de Provence , mort de poison , le 8 septembre suivant à Montélimar.

Page 1