‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 155 sur 277 · HEIN RI DE LA TOUR · texte numérisé non relu

HEIN RI DE LA TOUR

iSSy. Henri de la Tour, né à Joze, en Auvergne , le uS septembre i555, fut élevé dans la maison du connétable de Montmorenci , son aïeul maternel , après la mort de François UI , son pare , auquel il succéda dans la vicomte de Turenne et SCS autres domaines. Appelé, par sa naissance, à la profession des armes , son goût répondit parfaitement à cette vocation. Le roi Charles IX lui donna, Tan lôyS, une compagnie de trente lances, avec laquelle il alla servir au siège de la Rochelle. L'année suivante, il lit la campagne avec le maréchal de Damville, son onch-. U paraissait, aiors, très-allaché à la religion catholique, dans laquelle il avait été nourri. Mai? , l'an iSyô , il embrassa le (.alvinisme ; et sur le refus que Monsieur , frère du roi Henri III., fit de lui donner le gouvernement du Berri et de l'Anjou , il se retira dans sa vicomte de Turenne. Il n'y resta pas oisif. Ayant pris des liaisons avec le roi de Navarre, il fit révolter, en sa faveur, la plupart des places du Bas-Limosin et du Périgord. Il accourut, l'an i58i, au secours de Cambrai , dont le duc de Parme faisait le siège. Mais les efforts qu'il fit pour se jeter dans la place, ne furent point heureux. Il fut pris au mois d'avril parles Espagnols, qui le retinrent prisonnier l espace de deux ans et dix mois, et ne lui rendirent sa liberté, qu'après avoir tiré de lui cinquante-trois mille écus de rançon. Le roi de ISavarre , qu'il alla rejoindre ensuite, le laissa en Guienne, l'an i585 , pour s'opposer aux forces des Catholiques. U y eut des succès; mais il ne put empêcher le duc de Mayenne de prendre Caslillon sur la Dordogne, le 29 août ihÔG, après deux mois de siège. Bien résolu de réparer cette perte, il vint à bout, l'année suivante, de reprendre Castillon , le 10 mars, par escalade. Le 20 octobre de la même année , il eut part à la victoire remportée par le roi de jSavarre, à la bataille de Coutras. Ce prince étant monté sur le trône de France, en i58g , sous le nom de lienri IV, il redoubla de zèle pour sa défense, et l'accompagna, en iSgo, au siège de Paris. Henri IV l'envoya, l'année suivante, vers la reine d'Angleterre et les princes protestants d'Allemagne pour solliciter du secours. A son retour, le roi, pour reconnaître ses services, lui fit épouser, le i5 octobre liJgi, Charlotte DE LA Marck , héritière du duché de Bouillon et de la principauté de Sedan. A cette faveur.^ le monarque ajouta lo bàlou

DES vrco:viTE.s de turenne. 29/

île niarécLal de France , dont 11 l'honora le cjrnars 1592. Dèsîors il ne fut plus connu que sous le nom de maréchal de Bouillon. L'an ^1594, il perdit, le i5 mai, Charlotte, sa femme, qui mourut sans laisser de posiérité. La succession de celle princesse, qui l'avait fait son légataire pour les souverainelés de Bouillon et de Sedan , et les autres terres qu'elle possédait au droit écrit , occasiona un grand procès entre lui et deux hériliers narurels , le duc de Montpensier et le comte <le Maulevrier. Deux accommodements que le roi menagt'a entre lui et ses deux parties, l'un, en 13941 avecle premier^ l autre, >avec le second, en iGot , lui assurèrent la jouissance paisible des riches domaines que sa fenmie lui avait laissés. Mais sa reconnaissance ne répondit pas aux ohligaîions qu'il avait à ce prince. Accusé d'avoir trempé dans Ja conspiration du maréchal de Biron , au lieu de se justifier, il se sauva dans le Palatinat, d'où, étant revenu Tan iGoB, il ohllnt son pardon du roi , par ses soumissions. Après la mort de Henri IV, il entra dans les factions qui s'élevèrent à la cour , sons la régence de la reine Marie de Médlcis, puis sous le ministère du connétable de Luynes. Une maladie dont il fut attaqué à Sedan, au milieu de nouveaux projets qu'il form.ait , leuleva le 2.5 mars iGsS. D'ISABELij- DE Nassau, qu'il avait épousée en secondes noces, il laissa Frédéric-Maurice , son successeur , et d'autres enfants. ( J^o)-. Charlotte de la Marck et Henri de la Tour , parmi les ducs (h Bouillon , où. vous trouverez, aussi la sitile des \?û:omtes de Tureiwe , jusqu 'à la vente faite de celte principauté au roi Louis XFf en 1708.)

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