AGNÈS ET JEAN DE BOURGOGNE
1262. Agnès, sœur de Mahaut, lui succéda dans la sirerie de Bourbon et la seigneurie de Saint-Just, avec Jean, son époux, seigneur de Charolais, second fils de Hugues IV, duc de Bourgogne , l'an 12G8 , Jean fil son testament par lequel il fonda un hôpital à Moulins pour cent pauvres. Il mourut la même année vers la mi-janvier , ne laissant de son mariage
gros tournois, étaient a 11 deniers, 12 ginlns d'aloi , el le marc de cette espèce valait 58 sous ; par conséquent 36 mille livres produisent I24i3 marcs, 6 onces. 2 gros, 2 deniers, 6 grains. Ainsi puisque le marc d'argent, au titre de 11 deniers 12 grains, vaut , suivant le tarif de 1771 , 5i liv. 4 s. 8 d. i , il s'ensuit que I24i3 marcs, 6 once« , a gros, 2 deniers, 6 grains , valent environ 636,020 liv. de notre monnaie d'aujourd'hui (lySS.)
qu'une fille , qui suit. Agnès, sa veuve, se remaria, l'an ^277 , à Robert 11, comte d'Artois, dont elle n'eut point d'enfants. Elle mourut l'an 1283 , après le mois d'août. Les Dominicains de Nevers l'honorent comme leur {ondatrice. Elle possédait, près des murs de cette ville et du cloître des chanoines , un manoir, mancrium , qu'elle céda, l'an 1271 , à ces religieux pour y bâtir un monastère. ( Gali. Christ. , tom. XII , col. ûéi, Chartd LXr. )
BÉATRIX ET ROBEliT.
1283. BÉATRIX, fdle d'Agnès de Bourbon et de Jean de Bourgogne, succéda, l'an 1288, à sa mère dans la slrerie de Bourbon avec Robert de France, comte de Clermont en Beauvaisis , sixième (ils du rui saint Louis, qu'elle avait épousé l'an 127-2. iSn^ues , son aïeul paif^rnel , lui légua, par son testament, la même année les cliàtellenies et seigneuries de (.baroles , de Sauvement , du Moot-Salnt-Vincent , etc. ; ce qui fut confirmé , l'an 1279, par traite fait au mois d'août avec Robert II, duc 'de Bourgogne. De ces chalelleniesfLit compose, depuis , le comté de ( barolals. Le comte Robert , après son mariage , retint dans son écu les armes de France avec la distinction d'un bâton de gueules pour marque de puîné, sans prendre aucun quartier de celles des anciens seigneurs de Bourbon , qui étaient un lion rampant de gueules , armé de sable en champ d'or semé de coquilles. Béatrix , sa femme, mourut le i*^'. octobre i3io , laissant de son époux Louis, qui suit ; Jean , premier comte de Charolals : ( celui cl , mort en i3i6 , laissa de son mariage avec Jeanne, dame d'Argles, Béalrix, mariée en 1827 , avec Jean î , comte d'Armagnac , à qui elle porta le comté de Charolais) ; Pierre , archidiacre de Paru ; Blanche , alliée à Robert VU , comte d'Auvergne; Marie, prieure de Poissi ; Marguerite , femme de Jean deDamplerre, comte de Namur. Robert, père de cet, enfants, mourut le 7 février iSib. ( n.st. ) ( Foy. Robert, comte de Clermont. )
LOUIS I , DIT LE GRAND et LE BOITEUX.
i3io. Louis, né Tan 127g , appelé Louis-Monsieur du vivant de Robert, son père, succéda, l'an i3io, à Beatrlx, sa mère , dans la slrerie de Bourbon ; et, l'an 1018, à son père dans le comté de Clermont dont il prit le titre. Ses exploits
militaires lui avaient déjà fait uni- grande réputation. Il avait fait, l'an 1297, ses premières armes à la bataille de Furnes en Flandre. L'an i3o2 , à la funeste journée de Courtrai , il avait commandé l'arrière-garde , et sauvé les débris de l'armée française. Deux ans après il avait eu part à la victoire de Mons— en-Puelle. Dans le tournoi qui fut donné à Roulogne l'an iSoS» au mois de janvier, à roccasion des noces d'Isabelle de France et dEdouaid II, roi d'Angleterre, Louis- ^tonsieur et le-in , son frère , se distinguèrent de manière qu'ils remportèrent les prix sur les chevaliers les plus renommés de l'Europe. Chargés ensuite avec le comte de Valois de conduire Isabelle en Angleterre , ils ne la quittèrent que lorsqu'ils l'eurent vu couronner à "Westminster. A son retour, Louis-Monsieur fut revêtu delà charge de grand chambrier , l'une des cinq premières de la couronne. Celui qui en était revêtu signait les diplômes des rois avec les grands officiers; il assistait au jugement il>'s pairs et avait la surintendance des ornemeats royaux. Sou olfice lui donnait fief et justice foncii^re avec cens, rentes et droits seigneuriaux en la ville de Paris et aux environs , et juridiction sur dix-sept corps de métiers qui dépendaient absolument de lui. Cette charge fut héréditaire dans la maisonxJe Bourbon jusqu'à la défection du fameux counéiable de ce nom. François 1^''. alors en disposa en faveur de Charles, duc d'Orléans, son troisième fils, après la mort duquel elle fut supprimée. Depuis ce tems, le grand chambrier est remplacé par les premiers gentilshommes de la chambre et les maîtres de la garde- robe.
Le roi Louis liulin n'ayant laissé , l'an i3iG , qu'une fille, en mourant, la succession au trône fut disputée entre cette princesse et Philippe le Long, son oncle. Louis-INlonsieur fut un des grands qui se déclarèrent le plus hautement en faveur de ce prince , et par l.^ il contribua beaucoup au triomphe qu'il remporta sur sa rivale ou plutôt sur ses partisans ; car elle n'avait encore que cinq ans. Cet important service lui donna un grand crédit sur l'esprit du nouveau monarque. Louis-Monsieur était alors plt'in de l'idée d'exécuter la croisade que le concile général de Vienne avait fait publier en i3£2, et dont la plupart des seigneurs s'étaient détachés avec la même légèreté qu'ils s'y étaient engagés. Croyant avoir réussi à ranimer leur zèle, il obtint du roi des lettres données à Long-cliamp le i3 septembre i3i8 , par lesquelles il était nommé capitainegénéral de cette expédition. Files portent que « sa majesté a )> fait ce choix non seulement à cause de la haute noblesse du » comte de Clermont. ( c'est ainsi qu'on nommait Louis depuis » la mort de son père ) , mais en considération de sa puissancr» , »> de sa valeur , de sa prudence et de sa sagesse. » ( Recueil de
o34 cnno^oLOGiE historique
Colbert^ vol. X, fol. 42?-) Les choses en demeurèrent là ; des affaires plus pressantes firent évanouir le projet de la croisade, et obligèrent le comte de Clerraont à changer de résolution.
Philippe le Long étant mort , l'an i322 , sans enfants mâles, la providence fit trouver dans Charles le Bel, son successeur et son fj ère , un nouvel ami sur le trône au comte de Clermont. Il partagea la confiance de ce monarque avec Charles de Yalois , et tous deux furent envoyés, l'an i324, en Guienne pour faire la guerre aux Anglais. Leur expédition eut le succès le plus glorieux et le plus prompt. Il ne leur en coûta q'une campagne pour conquérir la plus grande partie de cette province. Le comte de Clcimont réduisit les places de Montségur , de Saint-Macaire , de Sauveterre et d'Agen. Pour récompense de ces exploits, le roi Charles le Bel, par lettre du 27 décembre 1^27 , érigea la sirerie de Bourbon en duché-pairie. Charles semblait prévoir les hautes destinées de la maison de Bourbon, lorsque dans ces lettres il disait : ISous espérons (fue la postéiité du nuuvcau duc , marchant sur ses traces, sera dans tous les tems V appui et l'orne— ment du trône. La même année , il donna aussi en pairie au dac de Bourbon le comté de la Marche en échange de celui de Clermont. La mort ayant enlevé Charles le Bel peu de tems après, il eut pour successeur Philippe de Valois, que la révolte dos Flamands contre leur comte appela dès le commencement de son règne dans leur pays. Le duc de Bourbon fut de cette expédition, et combattit avec gloire , le 24 août 1828, à la j{;urnée de Cassel avec ses neuf compagnies de gens d'armes, ses vassaux. Ce prince n'était pas moins habile négociateur que granJ capitaine. Le roi Edouard 111, après avoir fait' hommage au roi de France , chicanait sur la nature de cet hommage, prétendant qu'il n'était que simple et non pas lige. Le duc de Bourlion fut envoyé à Londres pour l'engager à se dédire, et il y r'ussit. Philippe de Valois lui rendit , l'an i33i , le conilé de Clermont, avec litre de pairie, par une générosité qui marquait combien sa personne et ses services lui étaient agréabhs. La guerre ayant été depuis déclarée par l'Angleterre à la France, le duc de Bourbon accompagna le roi dans ses campagnes , et le servit également de son épée et de ses conseils. Il fut envoyé, l'an io4o, au congrès d'Arras, ' tenu pour traiter de la paix. Mais on ne put y obtenir qu'une prolongation de la trêve. Ce fut le dernier service que le duc de Bourbon rendit à l'état. Il mourut vers la fin de janvier i34i (v. st.) , à l'âge de soixante-deux ans , et fut enterré aux Jacobins de Paris. Philippe de Valois, dit une moderne, perdit en lui Ihomme le plus sage de son royaume , et le seul peut-être dojit rexpérience et l'autorité fussent ca pablcs de prévenir et de
réparer les maux sous le poids desquels la France fut sur le point de succomber. Il avait épousé, l'an i3io, Makie, fille de Jean d'Avênes, comte de Hainaut (morte en i354), dont il laissa Pierre , qui suit ; Jacques , mort en bas âge , et enterré aux Cordeliers de Cbampaigue, en Bourbonnais; Jacques , comte <le la Marche; Jeanne, femme de Guignes Vil, comte de Forés; Marguerite, mariée, i". <à Jean II, sire de Sidly, 2.'^. à Hutin de VVermeilles ; Béatrix , femme, 1". de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, 2". d'Eudes, seigneur de Graucei, en Bourgogne; Marie, laquelle épousa, i". , l'an i33o, Gui,
E rince de Galilée, fds de Hugues IV, roi de Chypre, 2.°. Rocrt de Sicile, prince de ïarente et dWchaïe, morte en i3Sy ; €t Philippe, décédée en bas âge, et inhumée aux Cordeliers de Champaigue , où sa mère eut aussi sa sépulture. On a donné encore à Louis un fds naturel nommé Gui, seigneur de Cluys «t de la Ferté-Cbauderon.