PIERRE L
i34i. Pierre î , fils aîné de Louis I , né Van i?oi , lui succéda au duché de Bourbon et dans la charge de grand-chambrler de France. Il accompagna , la même année, le duc de Normandie , héritier de la couronne , dans Texpédition qu'il fit en Bretagne, pour maintenir, dans la possession de ce duché , Jeanne la Boiteuse, contre Jean de Montfort , son rival. Les succès rapides du jeune prince , qui faisait alors ses premières armes, furent en parli*^. le fruit des sages conseils du duc de Bourbon. Les Anglais, s'étant emparés de la (iuienne française, Pierre fut envoyé , l'an i34o , avec un pouvoir illimité, tel qu'on l'accordait alors aux capitaines souverains , ou lieutenants de roi y pour commander dans nos provinces d'outre-Loire. Il était parti sans troupe et sans argent. Cependant , avec les milices qu'il rassembla dans ces contrées, il vint à bout, non-seulement d'arrêter les progrès des Aijglais , mais de reprendre la plupart Je leurs conquêtes. L'an 1046, il fut rappelé dans le Beau— vaisis pour aller à la poursuite du roi d'Angleterre , qui , chargé des dépouilles de la Normandie, dirigeait sa retraite vers la Flandre. Le duc harcela l'ennemi de manière qu'il donna le teras au roi Philippe de Valois de se mettre en campagne, et de venir le joindre avec une armée de cent mille hommes. On sait la suite de cette campagne , et le terrible échec que nous reçûmes, le 26 août i34(3i à la journée de Créci , avec des forces capables d'écraser les Anglais. Le duc de Bourbon y combattit à côté du roi , et fit , avec lui , des prodiges de valeur. Peut-être, s'il eût été cru, les choses auraient-elles autre-
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ment tourné: du moins , on ne voit pas que l'histoire l'inculpe tljns le récit de cette malheureuse bataille. Il périt , l'an i356 , à celiede Maupertuis ou de Poitiers, donnée, le 19 septembre, ])ar le roi Jean , avec autant de précipitation , de désordre et de malheur fjue celle de Créci. Ce fut en parant les coups qu'on ]iorlaiL au roi , qu'il reçut ceux qui le renversèrent mort à ses pieds. Son corps, porté aux Jacobins de Poitiers , j resta en dépôt , sans qu'on or-àt lui rendre les derniers devoirs. La raison de cela était le mépris qu'il avait fait des foudres de l'église, qu'on avait eiiiployés pour le contraindre à payer ses dettes.^ On le traita en excommunié , après sa mort, et il fallut , pour obtenir la permission de Tinhumer, que son fils s'engageât à satisfaire ses créanciers (1). Alors il fut conduit à Paris , où il fut enterré chez les Jacobins, à côté de son père. Nous avons lasentence du cardinal François, datée d'Avignon , le 12. des calendes d'avril i.Hoy , par laquelle , à la demande de Louis de Bourbon , fds de ce prince, il l'absout de l'excommunication qu'il avait encourue. Pierie avait épousé, le zS janvier i336 (v. st. ) , Isabelle , sœur du roi Philippe de Valois (morte le
(i) Voici les leKres que donna, pour l'absolution du duc Pierre, le cardinal François , par commission du pape en iSSy.
Franciscus miserationc divinà , etc. Sancti Maici presbyter cardinalis , dihcrelis viris, Bifuricensi, Claromontensi , Lemovicensi, Nivernensi , Eduensi , Parisiensi et Belvacensi offirialibus vel eorum lora tenentibus salutem in domino. Ex parte noljilis et egregii virl Liidovici dut is Borbonesii , filii primogeniti cpiondam doniini Pelri ducis Boiboncsii , nobis oblata petitio conlinebat . quod ipse dominus Pelrus, dum vilam duceret in hiimanis, olim fuit et adhuc est per domini nostri, papae camerœ auditorem ad inslantiam quorumdam creditornni suorum plunbus excojnmunirationuni sententiis interdictus. Et antequam super hoc àbsolutionis bencficium obtinuiïset , in bello domini régis Francire expiravit. Verùm cùm in fine vitae suse signa confritionis et pœnitentia; apparuerint in eodem, ejusque corpus sit traditum ecclesiasticœ sepulturœ . dictusque Ludovirus fiiius pro dicto pâtre suo detuiuto ip^is creditoribus et allis, si quitus, duni vivebat , obnoxiiis tcnebatur, salisfacere sit paratus ; sup— piicari feclt humilitcr eideni defuncto de opportuno remedio super hoc per Sedem Apr:.ioliram piovideri. Nos igitur auc'oritate domini papae cujus primari'.; ad pree.sen:. curam gf-rimus , vobis et cuilibet ■vestrum in solidum commiîtimus et mandiirnus , quatenus , si iîa est, praedicto filio adimplenle quod promiitit . faciaîis animam ipsius patris dtfuncti , dcbilâ absolulione praevià , suffragiis fidslium adjuvaii. Datum Avenioni Xli kal. aprilis. pônlifiraliis domini Innoceutii papce VI aufio tjuinto. ( Truilé des resiilutiom des Grands ^ Ut. 2, p. 25.)
DES DUCS DE BOURBOλ. 33y
26 juillet i383), dont il tut Louis, qui suit; Jeanne, femme du roi Charles V ; Blanche , marié à don Pèdre , ou Pierre le Cruel, roi de Casiille ; Bonne, femme, i". de Godefrol de Brabant , 2". d'Amédée VI, comte de Savoie; Catherine, épouse de Jean III, comte d'Harcourt et d'Aumale; et deux autres filles. Jean de Bourbon , seigneur de Rochefort , fut le fils naturel du duc Pierre, et mourut sans postérité.